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qu'elle avait eu pour le travail. On conservait précieusement, dans le terople de Sangus, sa quenouille et son fuseau chargé de la laine qu'elle avait filée. On montrait dans celui de la Fortune une robe royale qu'elle avait travaillée elle-même. De là venait, diton, la coutume de porter devant les nouvelles mariées une quenouille et un fuseau garni de fil.

tarie.

TANJA OU TANJOU. Nom des anciens chefs des Turcs avant leur sortie de la TarTANISTERIE. Ancienne loi d'Angleterre qui adjugeait les biens d'un défunt à son parent le plus âgé et le plus en état de gouverner l'héritage, sans aucun égard à la proximité du degré. Cette loi du plus fort causa souvent des luttes sanglantes entre les familles. Elle fut abolie par Jacques I", roi d'Angleterre et sixième roi d'Ecosse.

TANQUAM, etc. - Les Chinois partagent le gouvernement du ciel et de la terre entre soixante et douze dieux. Les cinq premiers régissent les cieux, et le premier de ces cinq a la supériorité sur les autres; c'est vraisem blablement un certain Causay, qui règne dans la partie la plus basse du ciel, et à qui ils attribuent un pouvoir de vie et de mort. Ces cinq dieux ont pour ministres les génies Tanquam, Tsuiquam et Teiquam. Ces huit divinités ont pour conseillers huit sages, qui habitaient autrefois la terre, et qui maintenant sont dans le ciel, et trente-six des autres dieux disposent à leur gré des affaires sublunaires pour Tanquam, il donne la pluie. Tsuiquam préside à la nativité, à l'agriculture et à la guerre, et Teiquam est le Neptune des Chinois, et domine sur les eaux.

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TAN-SI.-Nom que l'on donne aux lettres dans le royaume de Tonquin. Avant que de pouvoir entrer dans cette classe supérieure, il faut en avoir franchi deux autres: celle des sin-de, où l'on étudie la rhétorique, afin de se mettre en état d'exercer les fonctions d'avocat, de procureur et de notaire, et celle des dow-cum, où l'on étudie pendant cinq ans les mathématiques, la poésie et la musique, l'astrologie et l'astronomie. Après avoir étudié durant quatre années les lois, la politique et les coutumes dans la classe des tan-si, on subit un rigoureux examen devant le roi, les grands du royaume et les let trés. Si l'on s'en tire avec succès, on est conduit sur un échafaud, et revêtu publiquement de la robe de satin, qui est l'habit affecté aux lettrés. Ensuite on inscrit le nom du nouveau tan-si sur des tablettes suspendues à la porte du palais royal. C'est de la classe des tan-si que le roi tire ses grands officiers, les gouverneurs de provinces et les premiers juges du royaume. Ils ont tous une pension payée par le trésor du monarque.

TAOURAT. Nom donné par les musulmans aux cinq livres de la Loi que, d'après eux, Dieu envoya à Moïse écrits dans la langue hébraïque, et qu'ils prétendent avoir été altérés et corrompus par les Juifs, particulièrement en ce qui concerne les voyelles, qui servent à la prononciation des mots.

Hagi Khalfah, auteur musulman, dit qu'il y a trois exemplaires de l'Ancien Testament: que le premier est la version des Septante, qui depuis a été traduite en Syriaque et en Arabe, que le second est l'exemplaire des Juifs, qui est commun aux Rabbanites et aux Caraïtes, c'est-à-dire à ceux qui reçoivent les vingt-deux livres entiers, qui se trouvent aujourd'hui dans le canon des Hébreux; et que le troisième est l'exemplaire des Samaritains, qui ne contient que le Pentateuque, ou les cinq livres de la loi. Il rapporte ensuite la fable d'Abdias, au sujet de la traduction des trente-six livres faite de l'hébreu en grec, par soixante et douze docteurs, enfermés dans des cellules particulières.

Il ajoute, un peu après, qu'on ne trouve dans ce livre autre chose sinon que l'unité de Dieu, et qu'il ne s'y rencontre pas un précepte qui oblige les Juifs ni à la prière, ni au jeûne, ni à la distribution d'une partie de leurs biens aux pauvres, ni au pèlerinage de Jérusalem, ce qui est faux, et que l'on n'y trouve aucun endroit où il soit parlé de l'autre vie, ni de sa résurrection, ni du paradis, ni de l'enfer; ce qui vient de ce que les Juifs ont corrompu leurs exemplaires, et la raison pour laquelle les musulmans ne doivent rien citer de l'Ancien et du Nouveau Testament, tels qu'ils sont aujourd'hui entre les mains des Juifs et des Chrétiens.

Le même auteur rapporte que Mahomet disait : Quand ceux qui ont des livres vous les présenteront, n'y ajoutez point foi, et ne les rejetez pas aussi; mais dites seulement: Nous croyons en Dieu, en ses livres, et en ses envoyés.

On appelle aussi taourat une loi que promulgua Gengis-Khan, qui contenait plusieurs préceptes généraux pour la conduite de la vie. Les successeurs de ce conquérant l'ont beaucoup étendue pour la police et le gouvernement. La loi de Gengis-Kban établissait l'unité de Dieu, proscrivait l'idolâtrie, et toutes ses maximes étaient conformes à la loi naturelle.

TAPISSERIE (du latin tapes ou tapetium, dont on fait tapis).-Ouvrage fait à l'aiguille sur du cannevas, avec de la laine, de la soie, de l'or, etc. L'histoire nous apprend que les Babyloniens out excellé dans cette sorte d'ouvrage. Les tapis de Turquie et de Perse ont eu autrefois beaucoup de vogue en Europe. Dans le temps que les Sarrasins firent une irruption en France, sous le règne de Charles-Martel, quelques-uns de leurs ouvriers s'y établirent, et y fabriquèrent des tapis à la manière de leurs pays. Cette fabrique de tapis façon du Levant, se perfectionna sous le règne d'Henri IV. Les tapisseries peuvent se faire de toute espèce d'étoffes. Cette sorte d'ameublement à une origine très-ancienne. Attale, roi de Pergame, qui institua le peuple romain pour son héritier, avait son palais meublé de tapisseries magnifiques, brodées d'or. Les Grecs et les Romains en eurent aussi de très-riches. Cet art s'est répandu peu à peu chez divers peuples; mais les Français sont ceux qui lui

ont fait faire le plus de progrès par leur manufacture des Gobelins.

TARABITE. Machine fort singulière et très-simple, qui sert aux Péruvingiens pour passer les rivières, et même pour transporler les bestiaux d'un bord à l'autre. La tarabite est une simple corde faite de liane, ou de courroies très-fortes de cuir, qui est tendue d'un des bords d'une rivière à l'autre. Cette corde est attachée au cylindre d'un tourniquet, au moyen duquel on lui donne le degré de tension qu'on veut. A celte corde, ou tarabite, sont attachés deux crocs mobiles, qui peuvent parcourir toute sa longueur, et qui soutiennent un panier assez grand pour qu'un homme puisse s'y coucher, en cas qu'il craigne les étourdisse ments auxquels on peut être sujet en passant des rivières, qui sont quelquefois entre des rochers coupés à pic d'une hauteur prodigieuse. Les Indiens donnent d'abord une secousse étonnante au panier, qui, par ce Inoyen, coule le long de la tarabite, et les Indiens de l'autre bord, par le moyen de deux cordes, continuent d'attirer le panier de leur côté. Quand il s'agit de faire passer un cheval ou une mule, on tend deux cordes ou tarabites, l'une après l'autre : on suspend l'animal par des sangles qui passent sous son ventre, et qui le tiennent en respect sans qu'il puisse faire aucun mouvement. Dans cet état, on le suspend à un gros croc de bois qui coule entre les deux tarabites, par le moyen d'une corde qui s'y attache. La première secousse suffit pour faire arriver l'animal à l'autre rive. Il y a des tarabites qui ont 60 et 80 mètres de longueur, et qui sont placées à 60 mètres audessus de la rivière.

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TARAXIPUS.- Génie malfaisant, dont la statue était placée dans les hippodromes des Grecs, et qui remplissait d'épouvante les chevaux attelés aux chars de ceux qui disputaient les prix de la course. Aussi les écuyers faisaient-ils des sacritices à Taraxipus pour se le rendre favorable. Il est vraisemblable que cette statue était taillée de telle forme, ou placée de telle manière, qu'elle devait faire naturellement cet effet. A Nenée, au tournant de la lice, il y avait une grosse cloche rouge comme le feu, dont l'éclat éblouissait les chevaux, de sorte que souvent ils n'obéissaient plus ni à la voix ni à la main de ceux qui les conduisaient : tout ceci sans doute n'était qu'un artifice pour rendre le succès des courses plus douteux, et en même temps le triomphe plus glorieux; mais les Grecs, adonnés à la superstition, voulaient tout attribuer à la puissance des dieux qu'ils s'étaient forgés.

TARD - VENUS ou MALANDRINS. — C'étaient, en France, des espèces de grandes compagnies composées de gens de guerre, qui s'assemblaient sans être autorisés par le prince, se nommaient un chef, couraient le royaume et le ravageaient. Ils commencèrent à paraître, suivant le continuateur de Nangis, en 1360, et furent nommés tard-venus. Jacques de Bourbon, comte de la Mar

che, fut tué à la bataille de Briguais, en voulant dissiper ces grandes compagnies qui avaient désolé la France, et qui passèrent ensuite en Italie.

TARGE. Nom d'une ancienne sorte de bouclier. Il paraît qu'on prononçait targue, et que c'est de là qu'on a formé se targuer. Se larguer de quelque chose, c'est s'en prévaloir, s'en vanter, en prendre droit d'être plus fier, comme si l'on s'en faisait une targue ou un bouclier.

TARGELIES. - Nom des fêtes que les Athéniens célébraient en l'honneur du soleil, de qui ils reconnaissaient tenir tous les biens de la terre. Pendant cette solennité, on sacrifiait barbarement un homme et une femme, qu'on avait eu soin d'engraisser auparavant et que l'on offrait aux dieux comme des victimes expiatoires pour les crimes du peuple. Ces victimes portaient des colliers de figues sèches; elles en avaient les mains garnies; et pendant la marche on les frappait avec des branches de figuier sauvage, ensuite on les brûlait, et leurs cendres étaient jetées dans la mer.

TARPEIEN (MONT). - Montagne d'où les anciens Romains précipitaient les criminels, et sur laquelle ils bâtirent le Capitole. Ce rocher reçut, dit-ou, son nom de la vestale Tarpeia, qui livra le Capitole aux Sabins, à la condition qu'ils lui donneraient tout ce qu'ils portaient à leur bras gauche, c'està-dire leurs bracelets; mais les ennemis, au lieu de ces joyaux, lui jetèrent leurs boucliers, qu'ils portaient en effet au bras gauche, et l'écrasèrent sous le poids de ces lourdes armes. Quelques auteurs contredisent cette histoire, et prétendent que ce fut le traître Spurius Tarpeius qui livra le Capitole aux Sabins, et qui, en punition de ce crime, fut précipité de ce rocher par ordre de Romulus.

On nommait jeux Tarpéiens ou Capitolins, une fête instituée par Romulus en l'honneur de Jupiter, surnommé Feretrius, à qui on donnait aussi le surnom de Tarpéien, à cause du temple qui lui était consacré sur cette montagne.

TASSES A BOIRE.-Les Romains avaient trois sortes de tasses ou coupes : les grandes, les moyennes et les petites. Celui qui versait à boire, puisait avec un petit gobelet appelé cyathe dans la cratera ou vaisseau contenant le vin. L'inégalité des coupes, chez les Grecs comme chez les Romains, nous est confirmée par ce passage d'Athénée introduisant un convive qui se fait verser dix cyathes dans une seule tasse: Echansons, dit-il, apportez une grande tasse; versez-y les cyathes qui se boivent à ce qu'on aime : quatre pour les personnes qui sont ici à table; trois pour l'amour ajoutez-y encore une cyathe pour la victoire du roi Antigone. Holà encore une pour le jeune Démétrius; versez-en maintenant une dixième pour l'aimable Vénus. >>

Les Romains commandaient autant de cyathes qu'il y avait de lettres dans le nom de la personne dont on allait porter la santé.

TAUREAUX (COMBATS DE). -Spectacle favori des Maures, adopté par les Espagnols qui en font leurs délices, malgré les dangers qu'on y court, et les fréquentes censures de l'Eglise, contre ceux qui idolâtrent ces sortes d'exercices. Ces combats font partie de toutes les grandes réjouissances publiques, et sont toujours honorés de la présence de la cour de Madrid.

Dans la place destinée pour ce spectacle, il y a un endroit où, dès le matin, on renferme une trentaine de taureaux. Les combattants, autrefois personnes de distinction et aujourd'hui hommes rabaissés par l'opinion générale au rang des comédiens de profession, sont habillés de noir, et leurs valets superbement vêtus à la turque, ou à la moresque. On lâche un taureau, qui ne peut être attaqué que par un seul combattant, armé d'une lance, ou de javelots, qu'on appelle réjonnes.

Le champion entre dans la carrière à cheval, monté à la genette, c'est-à-dire avec des étriers si raccourcis que les pieds touchent les flancs du cheval. Le taureau, qu'on a irrité, ne manque pas de fondre sur son adversaire, qui le prévient en lui jetant son manteau, sur lequel l'animal passe sa première fureur. Quelquefois un cavalier est jeté en l'air par le taureau, foulé aux pieds, et reste mort sur l'arène. Le combattant attaque son ennemi de côté, et tâche de lui percer le cou, qui est l'endroit favorable pour le tuer d'un seul coup, car tant que le taureau attaque et combat, il n'est pas permis de mettre l'épée à la main pour le tuer. Si le cavalier est désarçonné, il peut alors se servir de son épée, et les trompettes annoncent ce nouveau combat; alors les amis du combattant entrent dans l'enclos, et tâchent de couper d'un seul coup les jarrets du taureau. Ce périlleux exercice se continue ordinairement jusqu'à ce qu'il y ait vingt-trois taureaux mis à mort. Ce divertissement est recherché avec une sorte de fureur dans toutes les grandes villes d'Espagne.

Toreador est le nom général des gens qui prennent part aux combats de taureaux; picadores est celui des cavaliers qui entrent les premiers dans l'arène pour animer le taureau à l'aide d'un long aiguillon appelé garocha; chalos est le nom des excitateurs qui accompagnent les picadores et portent les voiles aux couleurs éclatantes qui doivent mettre le taureau en fureur; on appelle matador, entin, celui qui est destiné à attaquer l'animal arrivé au comble de la fureur et à le tuer.

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était distribuée au peuple. Ces jeux tauri、、 liens étaient toujours célébrés hors de Rome, de crainte d'évoquer en la ville les dieux des enfers. Il y avait d'autres jeux appelés compitaux, qui se solennisaient dans les carrefours en l'honneur des dieux lares, et des jeux nommés tarentins, dont la solennité ne revenait que de cent ans en cent ans, à la gloire de Pluton et de Proserpine.

TAUROBOLE. C'était une espèce de sacrifice expiatoire et purificatoire du paganisme, dont Prudence nous a conservé les cérémonies bizarres et singulières. « On creusait, dit-il, une fosse assez profonde, où celui pour qui se devait faire la cérémonie, descendait avec des bandelettes sacrées à la tête, avec une couronne, et enfin avec tout un équipage mystérieux. On mettait sur la fosse un couvercle de bois percé de quantité de trous; on amenait sur ce couvercle un taureau couronné de fleurs, et ayant les cornes et le front orné de petites lames d'or; on l'égorgeait avec un couteau sacré; son sang coulait par un trou dans la fosse, et celui qui y était le recevait avec beaucoup de respect. I y présentait son front, ses joues, ses bras, ses épaules, enfin toutes les parties de son corps, et tâchait de n'en point laisser tomber une goutte ailleurs que sur lui. Ensuite il sortait de là hideux à voir, tout souillé de ce sang, ses cheveux, sa barbe, ses habits tous dégouttants; mais aussi il s'était purgé de tous ses crimes, et régénéré pour l'éternité. Il parait positivement que ce sacrifice servait de régénération mystique et éternelle à ceux qui l'offraient : mais il était nécessaire de le renouveler tous les vingt ans, autrement il perdait sa force pour l'avenir. Les femmes recevaient aussi cette régénération.

»

TAUTOGRAMME (du grec tauto, le même, et gramma, lettre). On appelle un poëme tautogramme, et des vers tautogrammes, ceux dont tous les mots commencent par uns même lettre, tels que le célèbre poëme latin du combat des porcs, contenant trois cent cinquante vers dont tous les mots commencent par un P. On l'attribue à Pierre Placentz, Allemand, qui s'y est déguisé sous le nom de Publius Porcius. Un autre Allemand, Christianus Pierius, en a composé un de deux mille deux cents vers sur la mort de JésusChrist, dont les mots commencent tous par C; et un autre sur l'empereur Maximilien, dans lequel ils commencent par M. et C.

TAVIDES.- Espèces de talismans com posés de caractères magiques, dans lesquels les habitants des îles Maldives mettent a plus grande confiance, et qui doivent, lors quils en sont munis, les garantir de toutes sortes d'accidents, et même des maladies. Par leur moyen, ils prétendent inspirer un violent amour aux personnes à qui ils se proposent de plaire. Ces insulaires portent ces précieux tavides dans des boîtes d'or ou d'argent qu'ils pendent à leur cou, qu'ils attachent étroitement autour de leurs bras, ou dont ils se font une ceinture.

TAXE SUR LES DAMES ROMAINES. - Lorsque

les cruels triumvirs, Octave, Antoine et Lépide, eurent inondé du sang romain la capitale de l'empire, après la mort ou la fuite des proscrits, ils mirent en vente les biens immeubles de ces malheureux, et imposèrent dessus une taxe de deux cent mille talents, soit plus d'un milliard. Les dames romaines furent comprises dans cette taxe, au nombre de quatorze cents, et elles vinrent représenter à la mère et aux sœurs d'Octave les funestes conséquences ac cette nouvelle injustice. Ne pouvant par cette voie faire révoquer cet impôt exorbitant, elles se rendirent au palais des triumvirs, qui furent contraints de leur accorder une audience publique. Hortensia, fille du célèbre Hortensius, le rival de Cicéron en éloquence, prit la parole au nom de toutes.

Les dames, dit-elle, que vous voyez ici, seigneurs, pour implorer votre justice et vos bontés, n'y paraissent qu'après avoir suivi les voies qui leur étaient marquées par la bienséance. Nous avons recherché la protection de vos mères, et de vos femmes, mais nos respects n'ont pas été agréables à Fulvie, ce qui nous a obligées de faire éclater nos plaintes en public contre les règles prescrites à notre sexe, el que nous avons jusqu'ici observées rigoureusement. Vous nous avez privées de nos pères et de nos enfants, de nos frères et de nos maris; vous prétendiez en avoir été outragés. Ce sont des sujets qu'il ne nous appartient pas d'approfondir'; mais quelles injures avez vous reçues des femmes, pour leur Ster leurs biens? Il faut aussi les proscrire, si on les croit coupables; cependant aucune de notre sexe ne vous a déclarés ennemis de la patrie. Nous n'avons ni pillé vos fortunes, ni suborné vos soldats; nous n'avons point assemblé de troupes contre les vôtres, ni formé d'oppositions aux honneurs et aux charges que vous prétendiez obtenir. Puisque les femmes n'ont point eu de part à ces actions qui rous offensent, l'équité ne veut pas qu'elles en aient à la peine que vous leur imposez. L'empire, les dignités, les honneurs, ne sont pas faits pour elles. Aucune ne prétend gouverner la république, et notre ambition ne lui attire point les maux dont elle est accablée. Quelle raison pourrait donc nous obliger à donner nos biens pour des entreprises où nous n'avons point d'intérêt?

La guerre, continua-t-elle, a élevé cette ville au point de gloire où nous la voyons; cependant il n'y a point d'exemple que les femmes y aient jamais contribué: c'est un privilége accordé à notre sexe, par la nature même, qui nous exempte de cette profession. Il est vrai que durant la guerre de Carthage, nos mères assistèrent la république, qui était alors dans le dernier péril; cependant ni leurs maisons, ni leurs terres, ni leurs meubles ne furent vendus pour ce sujet; quelques bagues et quelques pierreries fournirent ce secours, et ce ne fut pas la contrainte, les peines, ni la violence qui les obligèrent, mais un pur mouvement de générosité. Que craigez-vous à présent pour Rome, qui est notre commune patrie? Quel danger pressant la menace? Si

les Gaulois ou les Parthes l'attaquent, nous n'avons pas moins de zèle pour ses intérêts que nos mères; mais nous ne devons pas nous mêler des guerres civiles; César ni Pompée ne nous y ont jamais obligées; Marius et Cinna ne l'ont jamais proposé, ni Sylla même, qui a établi la tyrannie.

Ce discours confondit les triumvirs. Pour empêcher une révolte publique, ils crurent devoir réduire leur affreuse liste à quatre cents dames romaines, du nombre de celles dont ils avaient moins à redouter le crédit. TAXE TERRITORIALE OU LAND-TAX. C'est une imposition établie en Angleterre, en 1692, sur les fonds territoriaux, ou les revenus que les propriétaires en retirent.

La taxe sur les terres a été accordée par le parlement, pendant 135 années de suite, et chaque fois pour une année seulement; mais elle fut rendue perpétuelle en 1798.

TAYAMONT. Chez les mahométans, espèce de purification ordonnée par l'Alcoran. Elle consiste à se frotter avec du sable ou de la poussière lorsqu'on ne trouve pas d'eau pour faire les ablutions ordinaires. C'est ainsi que se purifient les voyageurs et les armées qui traversent les déserts. THEBET. Quatrième mois de l'année civile des Juifs et le dixième de leur année sainte. Les Juifs jeûnent le sixième jour de ce mois à cause de la traduction de la Bible, dite des Septante, faite sous Ptolémée. Ils soutiennent que par cette version la loi a été profanée, et que Dieu, pour en témoigner de la douleur, répandit pendant trois jours d'épaisses ténèbres sur la terre. Ils jeûnent aussi le dix, à cause du siége de Jérusalem par les Babyloniens. Le vingt-huit ils célèbrent la fête de la réformation du sanhédrin, dont voici l'origine : Alexandre Jannée favorisait les sadducéens, et en introduisit un si grand nombre dans le conseil, qu'il n'y restait plus que le président Siméon, fils de Sharach, qui fût orthodoxe. Comme il connaissait les sadducéens pour être les plus ignorants des Juifs, il fit une loi qui ordonnait que, pour obtenir séance et voix délibérative dans le conseil, il faudrait être en état de rendre raison de son avis, et de l'appuyer sur la loi. Siméon proposa le lendemain une question; un sadducéen ne put y répondre, et demanda un jour pour se préparer, mais la honte l'empêcha de reparaitre, et suivant l'usage, qui ne permettait pas de laisser une place vide, le président la remplit aussitôt; ainsi peu à peu il chassa du conseil tous les sadducéens.

TECKIDA. C'est le nom d'une ere solennelle que célèbrent toutes les années les idolâtres du Touquin. Il est question pendant les cérémonies de cette fête d'exorciser et de chasser les démons et les esprits malfaisants qui peuvent être dans le royaume; mais apparemment que les prêtres craignent, en faisant leur exorcisme, de n'être pas les plus forts, car pour remplir les fonctions de leur ministère, ils exigent que toutes les troupes se tiennent sous les

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armes, pour leur prêter main forte en cas de résistance.

TECUITLES. Nom de certains chevaliers mexicains, tirés d'entre les principaux seigneurs de l'empire, et qui n'étaient admis dans une espèce d'ordre de chevalerie qu'après un noviciat rude et fort bizarre. Le jour destiné pour sa réception, le nouveau chevalier était conduit par ses parents et par les anciens chevaliers dans un temple, où après s'être mis à genoux devant l'autel, un prêtre lui perçait le nez avec un os pointu ou avec un ongle d'aigle. Cette cérémonie était accompagnée d'injures atroces que lui vomissait le sacrificateur, tandis qu'il le dépouillait de ses habits, et que les anciens chevaliers faisaient à ses dépens un somptueux festin, sans paraitre prendre aucune attention à ce qui se passait. Le repas fini, les prêtres apportaient au récipiendaire un peu de paille pour se coucher, un manteau pour se couvrir, de la teinture pour se barbouiller le corps, et des poinçons pour se percer les oreilles, les bras et les jambes. Des soldats restaient toute la nuit auprès de lui pour l'empêcher de se livrer au sommeil, et souvent ils le perçaient avec des poinçons, lorsque par accablement il paraissait prêt à s'assoupir. Dans le milieu de la nuit il devait encenser les idoles, et leur offrir le sang qui sortait de ses plaies. Ces cérémonies superstitieuses et barbares duraient quatre jours, pendant lesquels le novice ne prenait pour nourriture qu'un peu de pain de maïs et un peu d'eau. Ce temps expiré, il quittait les prêtres pour aller remplir quelques devoirs, moins rudes à la vérité, dans plusieurs autres temples. Ce noviciat durait un an; alors on le conduisait dans le premier temple, où on le revêtait d'habits pompeux, et après avoir reçu de la bouche du grand prêtre les éloges dus à son courage, on le déclarait digne de défendre la religion et la patrie. Tous les trous que le nouveau chevalier s'était faits au nez et aux autres parties de son corps, étaient ornés d'anneaux d'or, garnis de pierres précieuses, ce qui devenait la marque de la dignité qu'il avait acquise par sa valeur.

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TE DEUM. Cantique attribué à saint Ambroise ou à saint Augustin, que l'on chante ordinairement à la fin des Matines, les jours qui ne sont point simples féries, ni dimanches de Carême et d'Avent. Le Te Deum laudamus occasionna anciennement un procès assez singulier pour être rapporté dans ce Dictionnaire. Un chanoine de Chartres avait ordonné expressément dans ses dernières dispositions qu'on chanterait le Te Deum en l'église aux jour et heure de son enterrement. L'évêque, nommé Guyard, trouva non-seulement le fait nouveau, mais même scandaleux, et refusa sa permission pour le chant du cantique, prétendant que c'était une hymne de louange et de réjouissance, qui ne convenait point au service Jugubre des trépassés. Ce refus donne lieu à une instance, et l'affaire est débattue en pré

sence de juges compétents. L'avocat du mort soutient que sa partie a pu faire légitimement cette disposition, et après avoir interprété savamment tous les versets, il s'arrête à celui-ci Te ergo, quæsumus, famulis tuis subveni, quos pretioso sanguine redemisti. Eterna fac cum sanctis tuis in gloria numerari, et prouve qu'il contenait une prière formelle pour les morts. Un arrêt intervint, qui ordonna que, nonobstant la défense de l'évêque, on chanterait le Te Deum aux obsèques du chanoine, et cet arrêt fut baptisé du nom de Te Deum laudamus.

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Une dame du XVIIe siècle disait que le Te Deum que les rois faisaient chanter pour des victoires remportées était le De profundis des particuliers. TEFFILIN. Nom que les Juifs modernes dor.nent à ce que la loi de Moïse appelle totaphot. Ce sont des parchemins mystérieux, dont Léon de Modène va nous donner la description. « On écrit sur deux morceaux de parchemin, avec de l'encre faite exprès, et en lettres carrées, ces quatre passages avec bien de l'exactitude, sur chaque morceau Ecoutez, Israël, etc.; le second: Et il arrivera que, si obéissant, tu obéis, etc.; le troisième Sanctifie-moi ton premierné, etc; le quatrième: Et il arrivera quand le Seigneur te fera entrer, etc. Ces deux parchemins sont roulés ensemble, en forme d'un petit rouleau pointu qu'on renferme dans de la peau de veau noire; puis on la met sur un morceau carré et dur de la même peau, d'où pend une courroie de la même peau, large d'un doigt et longue d'une coudée et demie ou environ. Ils posent ces teffilins au pliant du bras gauche, et la courroie, après avoir fait un petit noud en forme de jod (lettre hébraïque), se tourne autour du bras en ligue spirale, et vient tinir au bout du grand doigt, ce qu'ils nomment teffilaseel-jad, c'est-à-dire de la main. Pour ce qui est de l'autre, ils écrivent les quatre passages dont je viens de parler sur quatre morceaux de vélin séparés, dont ils forment un carré, en les attachant ensemble, sur lequel ils écrivent la lettre scin; puis ils mettent pardessus un petit carré de peau de veau dure comme l'autre, dont il sort deux courroies semblables en figures et en longueur aux premières. Ce carré se met sur le milieu du front, et les courroies, après avoir ceint la tête, font un nœud derrière, en forme de la lettre dalet; puis ils viennent se rendre devant l'estomac. Ils nomment celui-ci teffilascel-tose, c'est-à-dire de la tête. »

Au reste, il n'y a maintenant que les Juifs rabbinites qui portent ces teffilins pendant leurs prières. Les caraïtes, leurs adversaires, les nomment aussi par raillerie des dnes bridés.

TELEARQUE. - Magistrat de la ville de Thèbes, dont les fonctions se réduisaient à faire nettoyer les rues, emporter les fumiers et nettoyer les égoûts au moyen de l'eau. Les ennemis du brave Epaminondas le firent nommer téléarque, bien moins pour honorer son mérite et ses talents que dans le dessein

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