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taire, et bachi, chef, c'est-à-dire, chefou surintendant des secrétaires.

TEST (SERMENT DU). C'est une déclaration ou protestation publique sur certains chefs de religion et de gouvernement, que les rois d'Angleterre et les parlements exigent de ceux qui prétendent aux charges de l'Eglise et du royaume. On y joint des lois pénales contre ceux qui refusent de prêter le serment. Tel est celui des ecclésiastiques :

Je N. déclare ici sans dissimulation que j'approuve et consens, soit en général, soit en particulier, tout ce qui est compris dans le livre intitulé: Le livre des communes prières, de l'administration des sacrements, et les exercices et cérémonies de l'Eglise, suivant l'usage de l'Eglise anglicane.

Loi pénale. Celui qui sera en retard

volontaire de faire cette déclaration, sera entièment déchu de toute promotion ecclésiastique. Tous les doyens, chanoines, prébendaires, maîtres, chefs, professeurs, etc., ne seront point admis à leur emploi, qu'ils n'aient fait cette protestation. >>

TEST DU SERMENT DE PRIMATIE.-Je N. confesse et déclare, pleinement convaincu en ma conscience, que le roi est le seul souverain de ce royaume, et de toutes les puissances et seigneuries, aussi bien dans les choses spirituelles et ecclésiastiques que temporelles, et qu'aucun prince étranger, prélat, Etat ou puissance, n'a et ne peut avoir nulle juridic tion ni prééminence dans les choses ecclésiastiques de ce royaume.

Loi pénale. Personne ne pourra être reçu à aucune charge ou emploi, soit pour le spirituel, soit pour le temporel; il ne sera. non plus admis à aucun ordre ou degré de doctorat, qu'il n'ait prêté ce serment, à peine de privation du dit office ou emploi. »>

Ces serments, imposés par Henri III, varièrent pour la forme jusqu'au règne de Charles II, qui les révoqua et accorda la liberté de conscience, et ils ne furent rétablis qu'àprès la révolution qui détrôna le roi Jacques II. On ajouta au serment du Test la formule suivante :

Moi N. j'atteste, justifie et déclare solennellement et sincèrement, en la présence de Dieu, que je crois que dans le sacrement de la Cène du Seigneur il n'y aucune transsubstantiation du pain et du vin dans le corps et le sang de Jésus-Christ, dans et après la consécration faite par quelque personne que ce soit, et que l'invocation ou l'adoration de la Vierge Marie, ou de tout autre saint, et le sacrifice de la Messe, de la maniere qu'ils sont en usage à présent dans l'Eglise de Rome, sont superstition et idolâtrie.

On exige que ce serment soit fait sans aucune rélicence, ou restriction mentale.

longtemps avant la loi de Moïse. Abraham, avant qu'il eût un fils, voulait faire son héritier le fils d'Eliézer, son intendant, et ensuite, après avoir donné tous ses biens à Isaac, ce même patriarche fit des legs particuliers aux enfants de ses concubines. Les Hébreux faisaient des testaments; mais ils ne pouvaient tester pendant la nuit. Il leur était permis de distribuer leurs biens à volonté entre leurs enfants, et même de faire des legs à des étrangers; toutefois les immeubles légués devaient revenir aux héritiers légitimes, après l'année du jubilé. Vraisemblablement les Egyptiens reçurent des Hébreux, leurs captifs, l'usage des testaments. Les Grecs empruntèrent cette coutume des Egyptiens, et les Romains la prirent à leur tour des Grecs, d'où elle se répandit chez les autres nations. Dans les premiers temps de Rome, lorsque l'Etat jouissait de la paix, on convoquait l'assemblée du peuple deux fois chaque année, et là chacun testait publiquement: c'est ce qu'on appelait testament calatis comitiis Les tils de famille et les femmes qui n'avaient pas encore le droit de tester n'entraient point dans les comices. Le testament qu'on nommait in procinctu, était celui que faisaient les soldats avant que de partir pour la guerre. Un peu plus tard, ces deux manières de tester cessèrent d'être en usage, et l'on introduisit la forme du testament per æs et libram, comme qui dirait par poids et argent. Le lestateur faisait venir un acheteur, nommé par cette raison emptor familiæ; celui-ci donnait de l'argent à un peseur, appelé libripens, qui pesait ret argent en présence de cinq temoins måles, pubères et citoyens romains, et après cette formalité, la famille était censée vendue à l'héritier futur. Mais comme il arrivait souvent que l'héritier attentait à la vie du vendeur, on prit dans la suite la précaution de faire acheter la succession par un tiers, et, par un écrit séparé, l'on déclarait le nom de l'héritier. Une autre formalité, appelée nuncupatio, était la déclaration publique de la volonté écrite en ces termes sur des tables de cire, encadrées dans d'autres tablettes de bois : Hæc uti his tabulis cerisve scripta sunt, ita lego, ita testor; itaque, vos, Quirites, testimonium præbitote. En pronoçant ces mots, le testateur touchait les témoins par le bout de l'oreille, que l'on prétendait être consacrée à la mémoire. Cette vente imaginaire fut en usage jusqu'au rè gne de Constantin; quelquefois les Romains testaient en présence de leurs officiers municipaux, et cette forme de tester avait lieu en France dans quelques pays coutumiers.

TESTAMENT (ANCIEN ET NOUVEAU). Saint Paul, en parlant du terme grec qui signifie proprenient le testament d'une personne qui fait connaître ses dernières volon tés, dit ces paroles : « Jésus-Christ est le médiateur du Testament Nouveau, afin que par la mort qu'il a soufferte pour expier les iniquités qui se commettaient sous le premier Testament, ceux qui sont appelés de Dieu, reçoivent l'héritage éternel qu'il leur

TESTAMENT. - Déclaration que fait une personne des choses qu'elle prétend être éxé cutées après sa mort. Quelques auteurs rapportent que Noé, par ordre de Dieu, fit son testament, dans lequel il partagea la terre à ses trois fils. Les Livres sacrés nous certifient que l'usage des testaments avait lieu

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Les livres de l'Ancien Testament sont au nombre de quarante-cinq, savoir: la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome, Josué, les Juges, Ruth, les quatre livres des Rois, le premier et le second livre des Paralipomènes, le premier et le second livre d'Esdras ou Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique des cantiques, la Sagesse, l'Ecclésiastique, Isaïe, Jérémie et Baruch, Ezéchiel, Daniel, Osée, Joel, Amos, Abdias, Nahum, Jonas, Michée, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, le premier et le second livre des Machabées.

Les livres du Nouveau Testament déclarés canoniques par le concile de Trente, aussi bien que les précédents, sont au nombre de vingt-sept, savoir: les quatre Evangiles de saint Matthieu, saint Marc, saint Luc, saint Jean; les Actes des apôtres, les Epitres de saint Paul, savoir aux Romains, I et II* aux Corinthiens, aux Galates, aux Ephésiens, aux Philippiens, aux Colossiens; I et II aux Thessaloniciens; I et II à Timothée, à Tite, à Philémon, aux Hébreux; les Epitres canoniques au nombre de sept: I" de saint Jacques; I et II de saint Pierre; I, II et III de saint Jean; celle de saint Jude; l'Apocalypse de saint Jean.

TETE COUVERTE. L'usage était en France autrefois d'avoir la tête couverte devant le roi. Lorsque le monarque faisait l'honneur d'adresser la parole à quelque courtisan, celui-ci devait seulement baisser son chaperon. Cette coutume existait encore, lorsque Charles VIII passa en Italie; mais elle cessa peu à peu par le refus que firent les seigneurs napolitains de se couvrir devant le roi. Vers la fin du règne de Louis XII, nos seigneurs français commencèrent à s'accoutumer à avoir la tête découverte; mais ils prirent l'usage de porter certaines coiffures ou béguins, qui devaient être assez ridicules; enfin sous François I", tous les courtisans cessèrent de se couvrir la tête, soit chez le roi, soit dans les compagnies.

TETE-PLATE. -Nom que l'on donne aux peuples qui habitent le long de la rivière des Amazones. Ce sobriquet leur vient de la bizarre coutume qu'ils ont de presser entre deux planches le front des enfants qui viennent de naître, pour les faire d'autant mieux, disent-ils, ressembler à la pleine lune.

TETE-RONDE.-Sobriquet que les Anglais donnèrent sous Charles I, en 1641. aux partisans du peuple, qui prétendaient exclure les évêques de la chambre haute. Comme la populace se répandait dans les rues de Londres et de Westminster en criant, Point d'évêques, et que la plupart des apprentis qui la composaient, portaient leurs cheveux coupés en rond, la reine en remarqua un, nommé Barnadiston, et s'écria: Oh! la belle tête ronde! Il n'en fallut pas davantage pour faire donner le nom de têtes-rondes aux parlementaires de la chambre basse. Celui de cavaliers fut attribué aux partisans du roi. Ces deux sobriquets durèrent jusqu'au rétablissement de Charles II, et ils cédèrent la place aux noms de tories et de whigs, qui sont les mots de ralliement pour ou contre la cour.

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TETRALOGIE. — On nommait ainsi, chez les Grecs, quatre pièces dramatiques du même auteur, dont les trois premières étaient des tragédies, et devaient avoir chacune pour sujet les aventures du même héros; la quatrième devait être satirique ou bouffonne. Ces grands ouvrages se composaient pour disputer la couronne de la poésie aux Dionysiaques, aux Lénées, aux Panathénées, et aux Chytriaques, fêtes, qui toutes, à l'exception des Panathénées, dont Minerva était l'objet, étaient consacrées à Bacchus. Quand Sophocle, tout jeune, donna sa première pièce, il s'éleva une telle rumeur entre ses partisans et ceux d'Eschyle, son concurrent, que Conon fut obligé d'entrer dans le théâtro avec ses collègues, de faire des libations à l'honneur des dieux, de prendre pour juges dix spectateurs choisis'dans chaque tribu, et de leur faire prêter serment avant qu'ils adjugeassent la couronne. Elle fut donnée à Sophocle, et Eschyle, de rage, passa en Sicile, où il mourut bientôt après. Les Romains n'ont jamais connu les tétralogies des Grecs.

DICTIONN. DES SAVANTS ET DES IGNORANTS. II.

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TETRAPLES (du grec tétra, quatre, et de haplod, développer à quatre versions.) Nom d'une bible rangée par Origène sur quatre colonnes. Dans chaque colonne était une version différente: celle d'Aquila, de Symmaque, des Septante et de Théodotion; les Tétraples furent composés après les Hexaples (voy. ce mot), pour la commodité de ceux qui ne pouvaient avoir ce dernier ouvrage.

TETRARQUE (du grec tétra, quatre, et arché, empire, gouvernement). Titre par lequel on désignait des princes du second

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ordre, subordonnés à une puissance supérieure; et ainsi nommés, parce que leurs Etats étaient censés faire à peu près la quatrième portion d'un royaume démembré. On appelait tetrarchia ou tétrarchie, la principauté d'un tétrarque.

TEUT OU TEUTATES OU THOT. Ce nom dans la langue celtique signifiait père du peuple. Les Gaulois et les Celles en général le donnaient au premier de leurs dieux, à ceJui qu'ils regardaient comme le créateur de tout ce qui existe; et spécialement comme le fondateur de leur nation et le grand maître des arts et des sciences. Ils lui donnaient le nom ou plutôt le surnom de Tarannis, lorsqu'ils l'honoraient comme le dieu de la guerre et le lanceur des éclairs et du tonnerre. On croit que ce dieu était le même que l'Athotès ou Thot des Egyptiens qui lui avaient donné le chien pour symbole et le représentaient sous la figure d'un homme ayant une tête de chien. Les Germains adoraient le même dieu sous le nom de Woth, Voden, d'où probablement sont venus Got et God qui signifient encore dieu.

TEUTONIQUE (CHEVALIERS De l'ordre). Bientôt après l'établissement des Hospitaliers et des Templiers, un nouvel ordre naquit vers l'an 1190, en faveur des pauvres Allemands abandonnés dans la Palestine. Ce fut l'ordre des moines Teutoniques qui devint plus tard une milice de conqué

rants.

Des particuliers allemands fonderent cet ordre pendant le siége d'Acre; et Henri Valpot, en ayant été nommé le cho, bâtit, après la prise d'Acre, une église et un hôpital qui fut la première maison de l'ordre. Le Pape Calixte III en confirma l'exécution en 1192, et accorda aux chevaliers Teutoniques de Notre-Dame de Sion tous les priviléges dont jouissaient les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem; mais à condition qu'ils vivraient sous la règle de Saint-Augustin, seraient soumis aux patriarches, et qu'ils payeraient la dime de tous leurs biens. L'habit de l'ordre était un manteau blanc chargé d'une croix noire.

Conrad, duc de Souabe, appela les frères Teutoniques en Prusse vers l'an 1230, pour soutenir les chevaliers de Dobrin qu'il avait fondés, et leur assigna en pleine propriété tout le territoire de Culm.

de cet ordre, abandonna la religion catholique, renonça à sa dignité de grand maître, Soumit la Prusse et en chassa les chevaliers qui ne voulurent pas suivre son exemple et accepter sa nouvelle profession de foi. Ceuxci se retirèrent à Mergentheim ou Mariendal, en Franconie.

Ils devinrent extrêmement puissants sous Jeur quatrième grand maître, Hermand de Salza; ils conquirent la Prusse, y bâtirent les villes d'Elbing, de Marienbourg, de Thoru, de Dantzik, de Koenisberg et quelques autres. Ils soumirent aussi la Livonie. Leur nom de frères se changea en celui de seigneurs, et comme tel Conrad Wallerod, ayant été nommé grand maître de l'ordre, se fit rendre les honneurs qu'on rendait aux plus grands princes.

Quelque temps après, la division s'étant mise dans l'ordre, les rois de Pologne en profitèrent; la Prusse se révolta, et Casimir IV reçut les chevaliers à hommage. Enfin, Albert, marquis de Brandebourg, grand maître

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THALOUT. — Surnom que Mahomet, dans son Alcoran, donne à Saül, premier roi des Israélites. On trouve dans le chapitre intitulé Bacrat, où il est parlé fort au leng de ce prince: Et leur prophète leur dit : Dieu vous a envoyé Thalout, pour régner parmi vous. Et ensuite, Samuel ayant demandé à Dieu de la part des Israélites un roi pour les gouverner, Dieu lui envoya un vase plein d'huile, cornu olei, ainsi qu'il est marqué dans le 1 Livre des Rois, et une verge ou bâton, et lui révéla que de tous ceux qui viendraient chez lui, celui en la présence duquel l'huile bouillonnerait dans son vase, et dont la taille serait égale à son baton, avait été destiné par lui pour être leur roi.

Samuel annonça aussitôt au peuple celle grande nouvelle, et les principaux de la nation se rendirent en foule chez le prophète. Mais à leur approche l'huile ne fermenta point et la longueur du bâton ne s'accordait en aucune façon avec la taille de ces aspirants à la royauté. Saül, qui n'était qu'un simple porteur d'eau ou corroyeur de son métier, entra par hasard dans la maison de l'ami de Dieu, et aussitôt l'huile commença à bouillosaer, et le bâton se trouva parfaitement juste à sa hauteur: ce qu'ayant vu, les Israélites, qui aspiraient au trône, dirent: Comment cet homme sera-t-il notre roi, lui qui n'a point de bien ! Nous sommes plus propres que lui à être élevés à cette dignité. Nous sommes de la tribu de Juda à laquelle la royauté et le don de prophétie ont été promis, et Saül est de la tribu de Benjamin, qui n'a aucune préten tion à l'un ou à l'autre de ces priviléges. De plus il gagne sa vie dans l'exercice d'un métier fort vil; il est sans bien, et ne pourra fournir aux frais de la guerre que nous allons entreprendre contre les Philistins. Samuel leur répondit de la part de Dieu : C'est le Seigneur qui l'a choisi pour votre roi, et qui par consé quent l'a pourvu de toutes les qualités de

l'esprit et du corps, nécessaires pour bien gouverner; enfin c'est Dieu qui dispose des royaumes en faveur de qui il lui plati.

Cependant les Israélites demandèrent à Samuel un signe auquel ils pussent reconnaître la volonté de Dieu dans cette élection, et Samuel leur dit : Voici le signe de la royauté: l'arche du Seigneur sur laquelle sa majesté repose, et dans laquelle sont renfermées les choses que Moise et Aaron y ont laissées, viendra à vous portée par les anges, L'Alcoran est plein de ces traits, puisés dans nos Livres saints et plus ou moins défigurés.

THAMIMASPADES. Divinité que les Scythes révéraient, et qu'ils représentaient sous une figure moitié femme et moitié poisson. On ne peut pas douter que ce ne fût un symbole de la lune et de la iner.

glise de Saint-Martin de Tours à Rome. Saint François de Paule et saint François Xavier sont aussi appelés thaumaturges.

THAMMUZ. - Dixième mois de l'année civile des Juifs, et le quatrième de leur année sainte. Les tables de la loi brisées par Moïse; le sacrifice perpétuel cessé et la prise de Jérusalem, sont les motifs du jeune solennel des Juifs le dix-sept de ce mois.

THAM-NO. Fausse divinité du Tunquin, à laquelle les superstitieux habitants de ce royaume attribuent l'invention de l'agriculture: elle est particulièrement révérée par les laboureurs qui se ruinent à lui faire des offrandes, dans la ferme persuasion où ils sont qu'elle veille sans cesse à la conservation de leur récolte.

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Les thanes ordinaires, thani minores, étaient des seigneurs de terres ayant juridiction dans l'étendue de leurs seigneuries, et rendant justice à leurs vassaux et tenanciers. Ils prirent, eux aussi, le titre de barons, et c'est pour cela que leurs juridictions portent encore aujourd'hui le nom de cour des ba

ronies.

THAUMATRON.-Les anciens nommaient ainsi une récompense qui s'accordail à ceux qui avaient fait voir au peuple quelque chose de merveilleux; cette récompense était prise sur l'argent que les spectateurs avaient payé pour la voir.

THAUMATURGE (du grec thauma, merveille et ergon, ouvrage opérateur de miracles). On a donné ce nom à plusieurs saints qui se sont rendus célèbres par le nombre et par l'éclat de leurs miracles. Saint Grégoire de Néo-Césarée a été surnommé thaumaturge on a aussi donné ce nom à saint Léon de Catanées, qui vivait dans le vir siècle, et dont le corps repose dans l'é

THAY-BOU - TONI. Imposteurs du royaume de Tunquin qui se font passer pour magiciens et qui seuls pratiquent la médecine. Ils ont certains livres qu'ils consultent dans tous les cas et dans lesquels ils prétendent trouver les causes ordinaires et surnaturelles de toutes les maladies, que cependant ils attribuent presque toutes au malin esprit. Lorsqu'ils sont appelés auprès d'un malade, après s'être fait servir à boire et à manger, le principal thay-bou- toni, qui fait l'office de conjurateur, et qui est habillé de la façon la plus bizarre, s'approche du moribond, l'examine, et se met à danser autour de lui avec ses camarades, qui tiennent à la main chacun une sonnette. Après diverjours, il arrive nécessairement que le mases contorsions réitérées pendant plusieurs lade meurt ou recouvre la santé, alors il leur est facile de bâtir leur oracle. Si par hasard, possédé d'un mauvais esprit, ils ordonnent en arrivant, ils ont annoncé que le malade est des sacrifices, qui toujours tournent à leur profit, pour le chasser, et si ce moyen ne réussit pas, pour lors ils emploient la force.

Les parents, les amis s'arment de longs bâtons et, courant comme des insensés, tant au dedans qu'au dehors de la maison, ils croient par leurs cris et par leurs gestes menaçants, forcer le diable à s'éloigner. Quelquefois ils annoncent qu'ils ont trouvé le secret de renfermer l'esprit persécuteur dans une bouteille remplie d'eau, et ils l'y retiennent jusqu'à la guérison du malade; mais s'ils sont trompés dans leur attente, ils ne manquent pas d'excuses pour se disculper.

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Si un habitant du Tunquin revient malade d'un voyage, on fait pour lui des sacrifices dans les carrefours les parents y portent la robe de l'infirme, et la suspendent à une haute perche, ensuite ils offrent au Génie qui préside à cette place sept boules de riz que le malade doit manger. Le nombre des sept boules est fondé sur un pareil nombre d'esprits vitaux qu'ils attribuent à l'homme. Magiciens du royaume de Tunquin, dont l'emploi le plus important est de choisir les lieux les plus favorables pour la sépulture des morts. Ce ne sont point les fourbes du pays les moins employés; car, suivant le caractère superstitieux des Tunquiniens, il n'y a rien au monde de plus intéressant que ce choix.

THAY-DE-LIS.

THEATRES DES ANCIENS. - Il faut se représenter les théâtres des Grecs et des Romains comme un lieu vaste et magnifique, accompagné de portiques, de galeries couvertes, et d'allées plantées d'arbres, où le peuple se promenait en attendant les jeux. Ces théâtres se divisaient en trois parties principales: là scène, le théâtre et l'orchestre. La scène était occupée par les acteurs, le théâtre par les spectateurs; l'orchestre, chez les Grecs, ser

vait aux mimes et aux danseurs, et chez les Romains, il était rempli par les sénateurs et les vestales. La scène se divisait aussi en trois parties, dont la plus considérable était proprement la scène, et qui était fermée par une toile, qui, au lieu de s'élever en l'air pour faire yoir les acteurs, s'abaissait et se pliait. La seconde partie était l'avant-scène où les acteurs venaient jouer la pièce; et la troisième était destinée à serrer les décorations et les machines.

Les décorations des tragédies représentaient de grands bâtiments avec des colonnes et des statues; celles des pièces comiques offraient à la vue des maisons de particuliers, avec des toits et de simples croisées; les satiriques, des maisons rustiques, des arbres, et les rochers, un vieux temple ruiné et des paysages; mais il fallait toujours qu'elles représentassent un lieu découvert,et non comme sur nos théâtres, l'intérieur d'un paJais ou d'une maison. Il y avait trois entrées de face et deux sur les ailes; celle du milieu était toujours réservée pour le premier acteur, les deux autres de face servaient aux acteurs qui remplissaient les seconds rôles; ceux qui étaient censés venir de la campagne arrivaient par l'entrée d'une des ailes, et ceux qui venaient de la place publique ou du port passaient par l'autre. Les machines pour introduire les divinités des bois et des campagnes occupaient un des côtés de la scène, et celles de la mer étaient à l'opposite. Les dieux célestes, qui venaient souvent aider les poëtes dans le dénoûment des pièces, étaient conduits sur la scène au moyen d'une grue, et les Furies et autres divinités infernales sortaient par des trappes, comme dans nos opéras.

Ces immenses théâtres étaient défendus des ardeurs du soleil au moyen de voiles soutenus par des mâts et par des cordages, et pour tempérer la chaleur que pouvaient causer la transpiration et l'haleine d'une noubreuse assemblée, on pratiquait quantité de tuyaux, qui, serpentant dans les statues dont le théâtre était couronné, répandaient, en forme de rosée, des eaux de senteur. Si quelque orage interrompait les représentations des pièces, le peuple pouvait se mettre à l'abri sous les portiques.

tribuées dans les intervalles des colonnes, étaient au nombre de trois mille; le théâtre pouvait contenir quatre-vingt mille personnes, tandis que celui de Pompée, qui n'en contient que quarante mille suffit à un peuple beaucoup plus nombreux, par les diverses augmentations que la ville avait reçues depuis Scaurus.

Marcus Emilius Scaurus, étant édile, fit bâtir, nous dit Pline, un théâtre auquel on ne peut comparer aucun des ouvrages qui aient jamais été faits, non-seulement pour une durée de quelques jours, mais pour des siècles à venir. Cette scène, composée de trois ordres, était soutenue par trois cent soixante colonnes, et cela dans une ville où l'on avait fait un crime à un citoyen des plus recommandables d'avoir placé dans sa maison six colonnes du mont Hymète.

Le premier ordre était de marbre, celui du milieu était de verre, espèce de luxe que l'on n'a pas renouvelée depuis, et l'ordre le plus élevé était de bois doré. Les colonnes du premier ordre avaient trente-huit pieds de haut, et les statues de bronze dis

Si l'on veut avoir une juste idée des tapisseries superbes, des tableaux, en un mot des décorations en tout genre, dont le premier de ces théâtres fut orné, il suffira de remarquer que Scaurus, après la célébration des jeux, ayant fait porter à sa maison de Tusculum ce qu'il avait de trop, pour l'employer à divers usages, ses esclaves y mirent le feu par méchanceté, et l'on estima le dommage de cet incendie 100 millions de sesterces (environ 12 millions de notre monnaie).

Curion fit construire deux grands théâtres de bois assez près l'un de l'autre ; ils étaient si également suspendus chacun sur son pivot, qu'on pouvait les faire tourner. On représentait le matin des pièces sur la scène de chacun de ces théâtres. Alors ils étaient adossés pour empêcher que le bruit de l'un ne fût entendu de l'autre; et l'après-midi, quelques planches étaient retirées, on faisait tourner subitement les théâtres, et leurs quatre extrémités réunies formaient un amphithéâtre où se donnaient des combats de gladiateurs. Curion, ajoute Pline, faisait ainsi mouvoir tout à la fois et la scène et les magistrats, et le peuple romain. Que doiton ici le plus admirer? l'inventeur, ou la chose inventée, celui qui fut assez ha di pour former le projet, où celui qui fut assez teméraire pour l'exécuter?

Varron nous apprend que, dans la crainte d'être retenus trop longtemps au théâtre par le charme de la représentation, les pères de famille de Rome portaient dans leur sein des colombes domestiques, qui servaient à envoyer de leurs nouvelles chez eux, au moyen de billets qu'ils leur attachaient aux pattes.

Après avoir offert au lecteur une esquisse des fameux théâtres des Grecs et des Romains, tâchons de lui présenter une légère idée de la naissance de la tragédie et de la comédie, et des chefs-d'oeuvre dramatiques de ces peuples à jamais illustres.

On célébrait des fêtes en l'honneur de Bacchus; on lui immolait un bouc, et pendant ce sacrifice, le peuple et les prêtres chantaient en choeur à la gloire de ce dieu des hymnes que la qualité de la victime fit nommer tragédie ou chant de bouc. Un hom me déguisé en silène, monté sur un âne, suivi d'autres hommes barbouillés de lic, tous perchés sur des charrettes, se prome naient dans les bourgades, en chantant les louanges du dieu du vin. C'est de cette solennité moitié religieuse, moitié bouffonne et licencieuse, qu'est sortie la tragédie.

Pour rendre la fête plus intéressante el sauver de l'ennui qu'occasionnait sans doute

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