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EXAMEN

DES ACTES ET DES OUVRAGES

QUI TENDENT A DÉTRUIRE OU A CONSOLIDER

LA CONSTITUTION DE L'ÉTAT.

Si quos præesse oportet, ita sunt
præficiendi , ut custodes legum

atque ministri.
ARISTOT. Politic. Lib.3, Cap. 12

PAR M. COMTE.

TOME PREMIER.

A PARIS,

Chez Madame MARCHANT, rue des Grands-

Augustins, no. 23.

1814.

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AVERTISSEMENT.

LORSQUE Napoléon Buonaparte se fut emparé des, rênes du Gouvernement, il presenta aux Français une Constitution qui leur garantissait le libre exercice de leurs droits civils et politiques, et qui aurait fait leur' bonheur, s'il n'avait pas eu le soin d'y introduire tous les vices qu'il crut propres à favoriser son ambiiion. Comme les hommes qu'il avait appelés pour la rédiger (et qu'il désigna ensuite pour la maintenir ), n'avait eu pour objet que de s'emparer de l'autorité souveraine, ils

y pore tèrent des aiteintes continuelles, et la renver= sèrent entièrement dès qu'ils sé crurent arrivés

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à leur but, en proclamant que Buonaparte était la loi suprême et toujours vivante, et que

le Sénat lui-même était au-dessus des lois. Si un homme courageux avait alors élevé la voix pour la défense de la Constitution, la police, après l'avoir fait signaler par les journaux comme un séditieux et comme un traître, l'aurait envoyé dans un des cachots où Pichegru fut étranglé.

: Ce règne de violence et d'oppression a cessé, et un nouvel ordre de choses lui a succédé. La plupart des vices qui se trouvaient dans notre Constitution ont disparu; mais il faut empêcher qu'ils sły introduisent de nouveau;

il faut surtout qu'elle soit respectée, et qu'elle le soit par les ministres du prince comme par le dernier des Français. Ce respect, que tous les citoyens doivent aux lois de leur pays, ne peut exister que par l'opinion publique, et l'opinion pe peut êure formée que par l'éducation,.ou par des écrits périodiques qui soient à la portée de tout le monde. Sous ce rapport, les journalistes pourraient être d'une grande utilité ; mais la haute importance qu'ils altachent à de simples discussions littéraires ; l'indifférence qu'ils ont pour tout ce qui tient à la morale ou à la législation, et l'habitude de cette adulation servile, que la plupart d'entre eux ont contractée sous le dernier Gouvernement, ne permettent pas d'espérer qu'ils s'occuperont d'éclairer les citoyens sur leurs véritables intérêts. Comment attendre, en effet, que des hommes toujours prosternés devant la puissance, aient jamais le courage de dire la vérité, et de dénoncer au public les erreurs ou les actes arbitraires d'un ministre?

Ce qu'ils ne font point, j'ose l'entreprendre. Etranger à tous les gouvernemens qui se sont succédés en France durant l'espace de vingt années, je n'ai, en écrivant , que l'intérêt qui doit animer tous les Français, celui de voir mes concitoyens obéir aux lois, respecter la morale publique, et résister à l'oppression. Que les hommes de tel ou de tel parti, de telle ou

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