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la déclaration des maladies épidémiques, quelles qu'elles soient.

Ces conventions ne seront efficaces et non vexatoires pour le commerce que lorsque ces déclarations seront sincères. Mais les Conférences n'ont prévu que pour la peste, le choléra, la fièvre jaune; or, depuis un demi-siècle les puissances européennes ont singulièrement étendu leurs domaines coloniaux. Elles se sont trouvées dans les différents pays en présence de maladies nouvelles, un grand nombre d'entre elles étaient peu ou mal connues, les industriels qui, dans ces nouvelles régions, allaient tenter fortune étaient eux et leurs employés frappés par elles, le désastre répondait à leurs efforts, le discrédit atteignait les colonies nouvelles. Ces maladies pénétraient en Europe avec les rapatriés. Les compagnies coloniales ont compris qu'en France, comme à Liverpool, à Londres, à Hambourg, on devait créer des enseignements médicaux spéciaux pour les colonies et en ce moment on en

à Paris; il en existe déjà deux, à Bordeaux et à Marseille.

Lorsque cet effort aura été accompli dans les

crée un,

divers pays colonisateurs, lorsque les médecins y exerceront avec compétence, lorsque chacun aura confiance dans les avertissements adressés par eux, les règles de prophylaxie sanitaire seront plus faciles à formuler et surtout plus faciles à exécuter au moment même où leur efficacité est réelle, c'est-à-dire au moment même où surgissent les premiers cas.

VII. - EUVRES D'ASSISTANCE ET

DE PRÉVOYANCE MÉDICALES

La situation du corps médical au commencement du xx° siècle est donc celle-ci : diminution du nombre des malades, grâce aux généreuses initiatives prises par lui, augmentation des fonctions d'ordre prophylactique, en général peu ou mal rétribuées.

Pour lutter et pour atténuer les abus dont il est souvent victime, le médecin est impuissant, s'il reste isolé; nous l'avons bien vu pendant près d'un siècle, alors que la profession médicale était régie par la loi de Ventôse; le médecin, victime de la concurrence déloyale d'un charlatan, était dans l'impossibilité presque absolue de le faire condamner, puisqu'il devait faire la preuve qu'un dommage avait été causé à lui personnellement. Aujourd'hui, il n'en est plus de même et les poursuites sont possibles, car il suffit de prouver l'existence de l'exercice illégal; la personnalité du médecin reste en dehors du litige, le dommage est apprécié non visà-vis d'un individu, mais de l'ensemble de la corporation médicale.

La première euvre de solidarité médicale date de 1833, et c'est à Orfila que revient l'honneur d'avoir fondé à cette date l'association médicale française : « l'Association des médecins de la Seine ».

Puis plusieurs années plus tard, en 1856, sous l'impulsion de Rayer et d'Amédée Latour, fut fondée l'Association générale des médecins de France. Ces sociétés poursuivaient un triple but. Tout d'abord, elles devaient assurer l'honorabilité du corps médical. En effet, pour être reçu dans ces associations, il faut offrir de sérieuses garanties d'honorabilité morale et professionnelle. Ce but a été atteint. Je sais bien qu'il y a eu quelques erreurs, car s'il est facile de refuser l'entrée à un médecin d'honorabilité douteuse, il est bien difficile d'en débarrasser l'association, si, une fois entré, il commet des actes repréhensibles. De ce côté, le résultat obtenu fut à peu près parfait.

En ce qui concerne le second but, la lutte contre l'exercice illégal, l'échec fut complet, à cause de la difficulté des poursuites judiciaires contre les charlatans et les rebouteurs.

Aussi après de louables efforts, les associations médicales s'étaient de plus en plus confinées dans une troisième action de haute portée morale, dans laquelle elles ont pleinement réussi.

Nuln'ignore que le médecin ne s'enrichit guère; le plus souvent le praticien n'a pour vivre et élever sa famille que le produit de ses visites ; si la maladie ou des infirmités précoces surviennent, la famille tombe dans le plus profond dénument. C'est à cet état de choses déplorable que les associations se sont efforcées d'apporter remède.

A l'Association des médecins de la Seine, la cotisation annuelle est de 20 francs, mais cette

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