Page images
PDF
EPUB

Mais elle se base sur la confiance que le législateur a dans le médecin.

Le médecin du lieu d'où part le nouveąu-né doit s'assurer que celui-ci n'emporte pas avec lui une maladie dangereuse pour la nourrice.

Le médecin du lieu où arrive le nourrisson doit s'assurer que la nourrice est saine, que les soins de propreté sont bien donnés, que le lait qui sert à l'allaitement est de bonne qualité et provient d'une bête saine, enfin que ses conseils sont réellement suivis.

Ces constatations sont souvent bien difficiles à faire, et le médecin se plaint avec raison que sa responsabilité et ses moyens de contrôle sont bien peu concordants.

Les fonctions confiées à ces médecins par la loi Roussel sont bien plus préservatrices que curatives. Ici encore l'hygiène prime la thérapeutique.

[blocks in formation]

Depuis 1882, il existe une inspection médicale des écoles, mais, en dehors des grandes villes, ce service laisse beaucoup à désirer. Tout d'abord, il ne peut guère fonctionner de manière efficace dans les communes où ne réside

pas

de médecin. A Paris, le Préfet de la Seine, par arrêté du 15 décembre 1883, a organisé le service de l'inspection médicale des écoles primaires et maternelles, qui sont groupées par circonscriptions comprenant chacune de quinze à vingt classes. Tout enfant qui présente les symptômes d'une affection contagieuse est immédiatement renvoyé à sa famille et n'est de nouveau admis à reprendre place dans la classe qu'après avoir obtenu un certificat médical, constatant qu'il ne présente aucun danger pour ses condisciples.

Des arrêtés préfectoraux ont fixé les mesures prophylactiques à observer dans les écoles.

C'est ainsi qu'il est prescrit que les locaux doivent être désinfectés une fois chaque année, et lorsqu'il est survenu une épidémie.

Un autre arrêté porte que lorsqu'un enfant aura été atteint de diphtérie, le médecin inspecteur devra joindre à son certificat, constatant la guérison de l'enfant, une attestation du service bactériologique de la ville de Paris, portant que l'enfant n'a plus dans la gorge ou la bouche de bacilles de Loeffler.

La rentrée des élèves, lorsqu'ils ont eu une fièvre éruptive, est réglée, quant à sa date, conformément aux prescriptions de l'Académie de médecine.

Ces mesures prophylactiques sont excellentes, elles garantissent l'enfant contre les maladies. surtout contre les maladies épidémiques. Mais, pour être efficaces, elles doivent être mises en pratique par un médecin très soigneux. Je sais qu'à l'école le maître signale au médecin les enfants qui lui paraissent souffrants, qui ont la fièvre, qui sont fatigués ; mais il est des maladies transmissibles qui ne se traduisent chez l'enfant par aucun malaise appréciable, tel est le groupe des teignes, qui font tant de ravages parmi les écoliers. Le médecin est donc obligé de procéder avec un soin extrême à l'examen de ces jeunes élèves.

La loi porte que les écoles doivent être blanchies et lessivées tous les ans et que tous les jours elles doivent être balayées et arrosées.

A Paris, ces prescriptions sont suivies, mais je crains bien qu'il n'en soit pas de même dans les campagnes. Pour ce qui est du balayage, il est le plus souvent pratiqué à sec par les élèves euxmêmes, et balaye le mieux celui qui fait le plus gros nuage de poussière. Il serait bon d'imposer le balayage à l'aide d'une serpillère mouillée, ce serait peut-être moins amusant, mais à coup sûr plus hygiénique.

En Allemagne, les médecins scolaires sont astreints à prendre deux fois par mois la taille et le poids des enfants; en France, une commission du Ministère de l'instruction publique élabore un règlement analogue, qui serait mis à exécution dans tous les établissements qui reçoivent des pensionnaires. Les familles seraient ainsi constamment tenues au courant de l'état de santé et du développement de leurs enfants.

Le même règlement supprimera, excepté pour les jeunes enfants, le dortoir commun, il n'est rien de plus contraire à la propreté que le débarbouillage public, on lave ce qui se voit et c'est tout. Je pourrais citer certains internats de jeunes filles où il n'existe aucun local isolé où elles puissent prendre, même à l'époque

cataméniale, les soins de propreté intime les plus strictement nécessaires.

Ce que je voudrais que les enfants apprissent à l'école, c'est le besoin de la propreté complète si je puis dire, et non pas seulement la propreté apparente qui existe souvent seule. Il y a quelques jours, à l'occasion d'une expertise nécessitée par la strangulation d'une fillette de 7 ou 8 ans, nous avons pu nous rendre compte de ce que, dans une certaine classe, on appelle la propreté. La fillette avait des vêtements propres, car elle allait à l'école et on ne l'aurait

pas

admise sans cela, mais tout son corps était dans un état de malpropreté repoussant, et il est probable que jamais une goutte d'eau ne l'avait touché.

Tel est l'ensemble des mesures dont la surveillance incombe au médecin. Ce qu'il faudrait en outre, ce serait de donner à l'enfant quelques notions sur la façon dont on peut se garer des maladies évitables ; c'est à peu près impossible pour l'enfant de l'école ; c'est difficile, même dans les lycées.

Mais il est une règle qu'il faut à tout prix inculquer dans son esprit, car cette règle contient

« PreviousContinue »