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SUR

LES CENT JOURS,

EN FORME DE LETTRES,

AVEC DES NOTES ET DOCUMENS. INÉDITS ;

PAR M. BENJAMIN CONSTANT... keberatan

NOUVELLE ÉDITION,
augmentée d'une Introduction.

PARIS.
PICHON ET DIDIER , ÉDITEURS,
LIBRAIRES-COMMISSIONNAIRES , SUCCESSEURS DE BÉCHET AINÉ,

QUAI DES AUGUSTINS, N° 47.

1829.

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IMPRIMERIE DE HUZARD-COURCIER,
RUE DU JARDINET,

NO 12.

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DE LA

DEUXIÈME ÉDITION.

La première moitié de l'ouvrage qui se réimprime aujourd'hui fut publiée en 1819. C'était une époque d'espérance. Une Chambre en partie constitutionnelle, des ministres qui avaient rendu à la France le jury pour les délits de la presse, une administration vacillante, mais qui semblait animée par le désir de faire le bien, tout annonçait des améliorations progressives.

Le but des Lettres sur les Cent Jours était de favoriser ces améliorations, en montrant que la faction qui les repoussait avait à elle seule, au 20 mars, sacrifié la monarchie à la haine de la liberté.

Durant la publication périodique de ces Lettres, les choses changèrent: un évènement à jamais déplorable, l'assassinat du duc de Berry , vint frapper la France d'effroi et bouleverser ses destinées. Les ennemis de nos institutions s'en emparèrent ; ils firent d'un sujet de deuil un moyen d'ambition; ils dirige

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rent contre un ministre une accusation déclarée calomnieuse, mais qui n'en renversa pas moins celui qui en était l'objet; et parvenus à la puissance, ils gouvernèrent comme toujours ils ont gouverné, par la censure , l'arbitraire, la fraude, quelquefois la violence.

La seconde moitié des Lettres sur les Cent Jours parut sous ces auspices. La presse périodique était enchaînée, la liberté individuelle était suspendue, des vexations et des injustices provoquaient des complots insensés, et au défaut de conspirations vraies, les dépositaires du pouvoir en supposaient de fausses dans l'un des départemens les plus beaux, les plus industrieux, les plus constitutionnels de France.

Il y avait peut-être quelque courage à dévoiler alors les excès antérieurs d'une faction triomphante. Il n'y en a plus aujourd'hui ; la faction est yaincue, ses efforts sont impuissans, ses fureurs ridicules; aussi la publication actuelle a-t-elle un autre but.

Lorsq'uun parti aspire au pouvoir, le moyen le plus sûr de le combattre, c'est de montrer qu'il a de tout temps été inhabile, qu'il n'a jamais, connu la situation de la France ni la sienne propre, qu'il s'est toujours bercé d'illusions empruntées à un régime à jamais détruit;

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