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« De tels ordres ont été donnés pour arrêter la nouvelle entreprise annoncée contre le Nicaragua. On a su rendre vaines toutes nos précautions. Le chef de cette entreprise1, arrêté personnellement à la Nouvelle-Orléans, a recouvré sa liberté moyennant caution insuffisante il est parti.

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« Je recommande ce sujet à la plus sérieuse attention du Congrès. C'est à la fois notre devoir et notre intérêt d'adopter des mesures qui puissent empêcher nos concitoyens de commettre de tels outrages. >>

Déplorons ici l'impuissance du Gouvernement fédéral. Deux des trente et un États confédérés peuvent braver les ordres les plus légitimes; les magistrats locaux font des lois préventives une application dérisoire; la douane ne veut voir et saisir ni les munitions ni les armes qu'on exporte; les soldats flibustiers déclarent qu'ils sont des planteurs de café, paisibles émigrants, qui vont féconder le Nicaragua! Cette explication suffit; un croiseur laisse passer les navires envahisseurs sans les visiter, et les flibustiers débarquent en paix !

Ou le Gouvernement fédéral n'a qu'un pouvoir méprisé par sa douane, par sa flotte et par son armée, ou luimême court le danger d'être taxé de ne pas être sincère. Sa déconsidération serait plus grande s'il tolérait des expéditions qu'il qualifie de vols, d'incendies et de crimes publics; il nous en coûterait trop d'accepter de pareils soupçons. Nous aimons mieux espérer que l'Union américaine prêtera force à son propre honneur, afin qu'elle sorte victorieuse et pure de la plus infâme récidive contre le droit des nations.

Il faudra voir si le Congrès saura répondre à l'appel moral du Président. Plus d'un mois s'est écoulé sans que

Le sieur Walker.

la censure ni des représentants ni des sénateurs ait prononcé pour satisfaire à cet appel.

Eh quoi! la croisière sacrée de l'Éloquence laissera-t-elle aussi passer les corsaires envahisseurs, sans qu'une seule parole puissante fasse entendre au moins le cri de : Qui vive! Si l'illustre et vertueux Henri Clay respirait encore, lui qui flétrissait avec tant d'énergie l'essor des flibustiers vers le Texas et le Canada, les vrais amis de l'Amérique ne seraient pas réduits à former ce vou.

Un dernier acte fait honneur à l'énergie d'un marin. Le commodore de la croisière américaine a compris qu'il pouvait saisir le flibustier récidiviste et réfractaire, déjà signalé par sa récente capture de quatre navires à vapeur dans la rivière de Saint-Jean de Nicaragua; il a capturé le corsaire même, à terre, en vue du rivage. C'était rendre un immense service au peuple ami du Nicaragua.

Pour avancer de surprise en surprise, le flibustier rebelle aux lois de son pays serait déjà de retour à NewYork, et gracieusement relaxé; tandis qu'on répand la nouvelle, incroyable pour nous, que le commodore honnête et courageux serait menacé d'un jugement!...

Au simple bruit que le vaillant commodore avait saisi le flibustier Walker en flagrant délit d'invasion, les sympathiseurs des actions illégales font entendre un cri d'exécration contre leur propre marine militaire, employée à défendre l'honneur de l'Union américaine.

Si par impossible le commodore Paulding comparaissait devant des jurés choisis parmi ceux qui l'incriminent, il pourrait leur faire une réponse qui l'absoudrait sur-lechamp à leurs yeux :

« Vous m'accusez d'avoir débarqué sur un territoire ami pour y saisir un flibustier et préserver un allié de la spoliation, de l'incendie et du meurtre. Soyez plus consé

quents avec vous-mêmes. Si j'étais venu répandre ces fléaux sur un peuple en paix avec nous, vous me porteriez en triomphe, comme un autre Walker. Contentez-vous de m'accorder l'ovation, le petit triomphe, et vos éloges pour l'infraction que peut-être j'ai commise au droit des gens, mais, il est vrai, sans brûler, sans piller et sans verser le sang des alliés. »

Second message.

Un second message de M. le Président Buchanan contient un passage qui justifie pleinement mes prévisions ou, si l'on veut, mes visions sur l'occupation future des deux Amériques par un peuplement émané des ÉtatsUnis. Voici le passage que je veux signaler à l'attention

du lecteur :

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«Incontestablement la destinée de notre race est de se répandre sur tout le continent de l'Amérique du Nord, « et cela avant longtemps, si on laisse les événements suivre «<leur cours naturel. Le flot de l'émigration se dirigera « vers le Sud, et rien ne saurait arrêter sa marche. »

Voici donc la différence entre deux systèmes : La destinée des Amériques est qu'elles soient peuplées par les États-Unis: suivant M. Buchanan, ce sera par voie d'infiltration; suivant le citoyen Walker, ce sera par voie d'effraction.

Voyez 1 pages 595 et suivantes, Idée du peuplement des États-Unis aux XVIII* et XIX′ siècles; 2° pages 731 et suivantes, Avenir du Mexique; 3o pages 870 et suivantes, Avenir des forces productives du Brésil; 4o pages 1057 et suivantes, Avenir de Cuba.

FIN DU VOLUME.

$2.

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Ports et navires de l'Écosse occidentale...

Glasgow.

Parallèle de la voile et de la vapeur dans les ports du Clyde.....

Progrès généraux de l'agriculture écossaise....

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