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vèrement observées jusqu'à présent contre le commerce direct avec l'Angleterre; S. M. est prêle, de plus, à convenir avec S.M. l'empereur des Français, et roi d'Italie, d'un système de licenses à introduire en Russie, à l'exemple de la France; bien entendu qu'il ne pourra être admis qu'après qu'il aura été reconnu ne pouvoir augmenter par ses effets le préjudice qu'éprouve déjà le commerce de la Russie.

S. M. l'empereur de toutes les Russies s'engagera aussi par cette convention, à traiter, par un arrangement particulier, de certaines modifications que la France peut désirer pour l'avantage de son commerce dans le tarif des douanes de Russie de 1810.

Enfin, S. M. consentira aussi à s'engager de conclure un traité d'échange du duché d'Oldenbourg contre un équivalent conve. pable, qui sera proposé par S. M. l'empereur et roi, et dans le quel S. M. I. déclarera retirer la protestation qu'elle a été dans le cas de donner pour mettre en réserve les droits de sa maison sur le duché d'Oldebourg.

Telles sont, M. le duc, les bases qu'il n'a été ordonné de présenter ici, et dont l'admission dans ce qui regarde l'évacuation des états prussiens et de la Pomeranie Suédoise, la réductiou de la garnison de Dantzick sur le pied où elle était avant le 1er. Janvier, 1811, et la promesse d'une négociation avec la Suède peut seule rendre possible encore un arrangement entre nos deux cours. C'est avec un vif regret que, malgré l'intervalle qui s'est écoulé depuis que je les ai coinmuniquées verbalement à V. Exc., je me vois encore dans une incertitude complette sur les effets qu'auront mes démarches, malgré les augures favorables que je m'étais plu à tirer de l'entretien que S. M. I. et R. a bien voula m'accorder Lundi, et des assurances que V. Exc. y a ajoutées de son côté. Je ne puis ne pas renouveler à V. Exc. ce que j'ai déjà pris la liberté de porter moi-même à la connaissance de S. M. l'empereur, et ce que j'ai eu l'honneur de vous dire aussi à vous. . même, M. le duc, que si, à mon grand regret, la nouvelle me parvenait que M. le comte de Lauriston eût quitté Pétersbourg, il serait de mon devoir de demander sur-le-champ, que mes passeports me fussent délivrés et de quitter aussi Paris.

Que V. Exc. reçoive, &c.
(Signe) Le prince ALEXANDRE KOURAKIN

Pour copie conforine,
Le ministre des relations extérieures,

Le Duc de BASSANO.

No. IV. Copie d'une note du prince Kourakin au ministre des relations

extérieures.

Paris, le 29 Avril, (7 Mai) 1812. M. le Duc, Il s'est écoulé près de quinze jours depuis que je me suis acquitté des communications que mes dernières instructions, apportées par le baron Serdobin, m'ont enjoint de faire à V. Exc., et que je ne suis empressé de mettre sous ses yeux deux heures après leur réception. J'ai eu l'honneur de porter aussi moimême à la connaissance de S. M. I. et R. dans l'audience qu'elle m'a accordée Lundi, 27 du même mois, les propositions de S.M. l'empereur mon auguste maitre, qui en faisaient l'objet. Les espérances que j'eus à fonder sur tout ce que S. M. voulut bien me dire, dans cette audience, de son désir extrême de prévenir, par les voies de la conciliation, la rupture qui menace l'Europe d'une nouvelle guerre, me firent concevoir l'attente flatteuse de voir ma démarche réussir au gré de S. M. l'empereur mon maître, dont les souhaits n'ont jamais été autres que ceux de la conservation de la paix et de son alliance avec la France, et de voir les propositions essentiellement équitables et modérées dont je venais d'être l'organe, devenir la base d'un arrangement amical. Je pouvais d'autant plus me livrer à cette espérance, que vouismêine, M. le duc, n'avez cessé, dans les premiers entretiens qui suivirent mes communications, de l'encourager par la justice que vous avez rendue à leur esprit conciliant, pacitique, et principalement dirigé à satisfaire s. M. l'empereur Napoléon sur toutes les demandes qu'il a formées jusqu'à présent auprès de la Russie. S. M. l'empereur et roi, dans l'audience du 27 Avril, en m'engagement à discuter immédiatement avec V. Exc. ces propositions dont j'étais chargé, m'avail autorisé à prévoir la possibilité de rendre compte à l'empereur mon maitre, dans un délai peu considérable, de l'accueil fait ses offres. Jamais circonstances plus urgentes n'ont autorisé plus justement un désir et des instances pour recevoir une prompte solution: cependant, M. le duc, je suis encore toujonrs à l'attendre. Mes démarches pressantes et réitérét's, mes démarches journalières auprès de V. Exc. n'obtiennent d'autre résultat de sa part que le refus de s'expliquer encore sur nos propositions, fondé sur le défaut d'ordres à cet effet de S. M. I. et R.

Il est impossible, M. le duc, de se dissimuler les funestes effets que vont inévitablement entraîner ces délais. La proximité chaque jour plus grande des arınées de S. M. l'empereur et roi, et de ses alliés des frontières de la Russie, peut amener d'un instant à l'autre des événemens après lesquels tout espoir de conserver la paix sera perdu, et qui peut-être même en ce moment

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ont déjà détruit cette possibilité. Le seul moyen qui peut épargner à l'Europe des malheurs qui vont s'appesantir sur elle, était dans l'acceptation des offres conciliantes que l'empereur nion maitre m'a chargé de présenter. Non-seulemeut nulle réponse de la part de V. Exc. ne m'a fait connaitre qu'elles fussent acceptées, mais jusqu'à présent elle n'a cessé de se refuser aur explications que je lui ai demandées et lui demande encore, sur la manière dont ces offres sont envisagées et sur ce qui, dans l'ensemble de nos propositions, a pu ne pas convenir à l'empereur.

Au milieu des circonstances critiques où se trouvent les deux empires, la prolongation de semblables délais aux explications propres à produire un rapprochement, ne saurait être interprétée autrement que comme uoe détermination déjà prise de ne point entrer dans ces explications, et par conséquent, que, comme le choix de la guerre: il ne m'est point perniis de dissimuler à V. Exc., que c'est ainsi que j'envisagerai les nouveales retards qui seront mis à me donner une réponse cathégorique sur les communications dont je me suis acquitté par ordre de S. M. l'empereur mon maître. Je dois donc vous prévenir, M. le duc, que si, dans la conférence qu'elle a fixée avec moi pour demain matin, j'avais encore le regret de la trouver sans instructions de S. M. I. et R. pour répondre sur mes propositious et pour m'annoncer qu'elles sont acceptées sans inodification, car V. Exc. sait qu'il ne m'est permis d'en admettre aucune, je me verrai, par le départ de S. M. l'empereur et roi, annoucé pour après de main matin, etqui ne me permettrait plus d'espérer la réponse que je réclame, dans la nécessité d'envisager le manque de cette réponse comme le choix de la guerre, et de considérer alors ma présence à Paris comme tout-à-fait superflue, et qu'avec un prófond regret de n'avoir pu contribuer au inaintien de cette paix et de cette alliance, à l'établissement desquelles le plus grand bouheur de ma vie est d'avoir participé, il y a cinq ans, je serai forcé de demander à V. Exc. nes passeports pour quitter la France. Je la prie d'avance bien instamment d'obtenir les ordres de S.M. I. et R. pour pouvoir alors me les remettre sans délai.

Recevez, M. le duc, la nouvelle assurance de ma baute considération. (Signé) Le prince Alexandre KOURAKIN.

Pour copie conforme,
Le ministre des relations extérieures,

Le duc de BASSANO.

No. V. Copie d'une note du ministre des relations extérieures, au prince

Kourakin, ambassadeur de Russie.

Paris le 9 Mai, 1812, M. L'ambassadeur,

J'ai reçu les notes que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser les 30 Avril et 7 Mai. Avant d'être dans le cas d'y répondre, je dois demander à V. Exc. si elle a des pleins pouvoirs pour arréter, conduire et signer un arrangement sur les différends qui se sont élevés entre les deux puissances, et de la prier dans ce cas, et conformément à l'usage de tous les cabinets, de m'eu douner préalablement communication.

J'ai l'honneur d'offrir à V. Exc. les nouvelles assurances de ma haute considération.

(Signé)

Le duc de BASSANO.
Pour copie conforme,
Le ministre des relations extérieures,

Le duc de BASSANO.

No. VI.

Copie de la lettre en réponse du prince Kourakin à la note

précédente.

Paris, le 27 Avril (9 Mai) 1812. Monsieur le duc,

Je viens de recevoir la lettre de V. Exc. en date d'aujourd'hui. Elle me permettra de lui témoigner ma grande surprise des queslions qu'elle m'y fait, et que je croyais entièrenient prévenues par la franchise avec laquelle je lui ai communiqué sans réserve toutes les instructions que j'ai reçues en dernier lieu de S. M. I. mon auguste maître. *v. Exc. connaît les propositions conciliantes qui en sont l'objet, et qui indiquent d'une manière très-positive le désir instant de mon auguste maître de maintenir la paix, et son alliance avec S. M. l'empereur Napoléon. Je suis toujours prêt à m'entendre avec elle sur la forme à leur donner, par la rédaction d'une convention que je signerai avec elle sub spe Rati quoique sans pouvoirs particuliers et spéciaux pour signer cette convention; le caractère dont j'ai l'honneur d'être revêtu auprès de S. M. I. et R. me suffisant pour cet effet; et je puis promettre à V. Exc. d'après la connaissance parfaite que j'ai des intentions de l'empereur mon maître, et d'après l'annonce qui m'est faite d'un envoi de pleins-pouvoirs spéciaux, au cas où les bases proposées par moi seraient acceptées par S. M. l'empereur et roi, que l'anangement que je signerai, sera Fatifié par S. M. I. J'observe à V. Exc. que quand même

j'aurais, pour cet objet, dès-à-présent les pleins-pouvoirs spécialis, d'après les usages généralement admis, la ratification des deux souvreaius serait nécessaire encore avant que l'acte pût aroir sa pleine et entière validité. J'ai vivement à regretter, au milieu des circonstances si urgentes, où chaque instant peut amener le commencement des hostilités, que le silence qui a été gardé vis-à-vis de moi par le ministre de S. M. I. et R. pendant le long espace de quinze jours, sur la manière dont s. M. a envisagé kes bases que j'ai été chargé de lui présenter pour ces arrangemens, ait retardé si considérablement la possibilité de les conelare.

J'avoue à V. Exc. mon étonnement de ce qu'elle a cru devoir attendre l'explication que je viens de lui donner, ou plutôt de lui confirmer, (puis que j'ai eu l'honneur de lui détailler trèsclairement dans mes entretiens précédens tout ce qui fait le sujet de la question d'aujourd'hui) avant que de répondre à mes potes du 30 Avril et du 7 Mai. V. Exc. ne fait pas mention de celle du 6 Mai (1), sur laquelle je ne suis pas moins fondé à espérer de sa part une réponse que je réclame également. Je la prie instamment de me faire parvenir les trois réponses le plutôt qu'il lui sera possible. Elles doivent contenir des éclaircissemens qui me sont indispensablement nécessaires, par les devoirs très-positifs que n'impose le poste que j'occupe.

Recevez, M. le duc, l'expression renouvelée de ma haute considération, (Signé)

Le P. Alexandre KOURAKIN.
Pour copie conforme,
Le ministre des relations extérieures,

Le duc de BASSANO.

No. VII. Copie d'une lettre de M. le prince Kourakin, au ministre des

relations extérieures.

Paris, le 29 Avril (11 Mai), 1812. M. le duc,

Je me proposais de me rendre ce matit chez V. Exc. pour lui rappeler que je n'avais pas eu de réponse à ma lettre d'hier, quand j'ai reçu celle qu'elle m'a fait l'honneur de m'écrire hier au soir, quelques heures avant son départ, que, d'après ce qu'elle a bien voulu me dire, je ne supposais devoir avoir lieu que dans deux ou trois jours. Quoiqu'elle veuille bien m'y annoncer les passeports que j'ai désirés, je n'y ai trouvé que celui pour Je gentilhomme de la chambre, Kologrivoff, sur lequel niême il n'est point marqué que c'est un courrier qui se rend à Pétersbourg. Je prie V. Exc. d'avoir la bonté de m'envoyer les trois autres quélle m'avait promis pour les personnes attachées à ma

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