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Pour le mal dont lu meurs, le baume le plus sûr?
Ab! conservant du moins ta robe immaculée,
Ta forces Albion à se tenir voilée

Devant ta bappière d'azur.

Dénouant les faisceaux que sa main n'a pu rompre,
Ta fière suzeraine est habile à corrompre !
Mais chaste Siloé qui jamais pe tarit ,
La foi des O'Connell retrempe ton courage...
Ne lombe-t-il pas moins de rameaux sous l'orage,

Qu'aux vents du ciel il n'en fleurit?

Le Christ a sur l'amour fondé la loi nouvelle...

Oui, comme les épis d'une même javelle ,
Tous les drapeaux, un jour, seront entrelacés ;
Oui, par l'ordre du Dieu que ta douleur révère,
Up
ange

descendra bientôt sur le Calvaire ,
Pour dire à la mort : « C'est assez. »

Déjà,

, pour recueillir cette douce parole, Les fleurs ouvrent au loin leur bumide corolle; Déjà les gais oiseaux, transfuges de ion ciel, Sont ramenés vers toi par des brises plus chaudes, Et posent sur ton sein, comme autant d'Emeraudes,

Leurs nids de rosée et de miel.

Sous l'haleine de Dieu, noble terre d'Irlande,
Tu verras refleurir la splendide guirlande
Dont la beauté céleste aimait à se parer :
Dans les veines d'un sol jonché de funérailles
Par le mal dévorant qui brûle ses entrailles,

J'entends la sève murmurer.

Aux parfums s'exhalant de l'urne des fontaines , J'entends frémir d'amour, sur tes plages lointaines, Les rameaux sybillios trop long-temps assoupis. Dans tes champs désolés qu'un air plus par abreuve, J'entends, ô verte Erin, ondoyer, comme un fleuve,

Des forêts de fleurs et d'épis.

En implorant le jour où l'baleine divine
D'un lait plus généreux doit gonfler ta poitrine,
Plaintive Niobé, penchée au bord des eaux,
Tu tournes tes regards du côté de la France,
Depuis qu'un saint appel de gloire et d'espérance

A frissonné dans tes roseaux.

S'il est des cours d'airain que la plainte importune,
S'il en est de muels pour la noble infortone ,
Ceux-là n'ont pas souffert , ceux-là n'ont pas aimé !
Moi je souffre et je t'aime! oh terre qu'on oublie!
Et je pleure sur toi... car au bras qui supplie

Je crois bien plus qu'au bras armé,

Jetez le bouclier, peoples, brisez le glaive :
Vous marchiez dans la nuit, mais l'aube enfio se lève;
Plusieurs ont entrevu la colonne de feu :
Et le poète unit ses accents prophétiques
Aux longs gémissements des vieux chênes celtiques ,

Pour chanter la Irève de Dieu !

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DE L'INDIFFÉRENCE

EN

LITTÉRATURE.

Par M. D'ARGIS.

MESSIEURS,

N ne peut se défendre d'une profonde

amertume, en voyant l'indifférence littéraire à laquelle incline le XIXe siècle. La préoccupation des intérêts matériels devient chaque jour plus générale, et menace de renverser bientôt les barrières qui s'opposent encore à leur action envahissante.

Et ne me diles pas, tout d'abord, que je me plais à créer un fantôme, afin de me procurer l'occasion d'une victoire facile. La France, il est vrai, possède des colléges, des bibliothèques,

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