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appareils, places dans une caserne capable de loger 14 compagnies d'infanterie (1400 hommes), ont donné, dans l'espace de 74 jours, une économie de 3851 florins (8664 fr. 75 cent.) Ainsi, s'ils eussent été employés pendant 6 mois ou 181 jours, on auroit diminué la dépense de 9419 florins (19192 fr. 75 c.), déduction faite des frais d'entretien; somme qui surpasse de beaucoup celle nécessaire pour la construction des appareils.

« L'ouvrage est divisé en quatre chapitres. Le premier traite des poêles propres au chauffage et à la préparation des alimens; le deuxième, des foyers économiques propres à être employés en été; le troisième, des buanderies établies sur les nouveaux principes; le quatrième, des moyens de chauffer avec économie l'eau des bains.

« Les planches au nombre de vingt-deux, gravees avec le plus grand soin, représentent les détails des appareils proposés et donnent les dimensions exactes de toutes les pièces qui les composent. Elles facilitent l'intelligence du texte, au point que nous sommes persuadés que, d'après la simple inspection des figures, il seroit possible de construire quelques uns de ces appareils. Des tables particulières indiquent le prix de chaque objet et les frais de démolition, de construction, d'entretien, etc.

Espérons que les travaux de la commission de Vienne, dirigés avec autant de zèle que de talent, ne seront pas perdus pour la France, et que l'exemple utile, donné par le gouvernement autrichien, sera suivi dans un empire dont les ressources sont immenses, et dont l'industrie, parvenue à un haut degré de splendeur , prend chaque jour un nouvel accroissement.

« Ce bienfait ajouteroit à tous ceux que la patrie re.connoissante doit déjà aux vues paternelles du héros qui nous gouverne. »

Nos lecteurs doivent remarquer que nous ne négligeons aucune occasion de les tenir au courant, soit des découvertes, soit des expériences qui ont pour objet de propager , d'une manière avantageuse, tous les moyens d'économiser les combustibles.

Quand on songe que les bois sont le lent ouvrage de la nature(1), et qu'un moment suffit pour consom: mer le fruit de plusieurs siècles de végétation, tout bon citoyen ne peut qu'applaudir au zèle des savans qui s'appliquent ainsi utilement à pourvoir à nos besoins, en ménageant les ressources que présentent nos forêts, à l'amélioration desquelles on s'occupe d'ailleurs. de pourvoir.

S. 2. Ouvrages nouveaux. Histoire des arbres forestiers de l'Amérique sep

tentrionale, considérés principalement sous les rapports de leur emploi dans les arts, et de leur introduction dans le commerce : par F. A. MICHAUX.

- En terminant le 23o Numéro de ces annales (Mars 1810) nous avons annoncé que M. Michaux se disposoit à publier prochainement les premiers cahiers de son ouvrage; comme tout porte à croire que nos lecteurs désireront en connoître le plan et les divers objets d'utilité, nous pensons qu'ils lirontavec quelque intérêt le détail que donne l'auteur sur les travaux auxquels il s'est livré et dont son livre doit présenter le résultat.

Voici comme il s'explique à cet égard :

< Si, dans ces derniers temps, }'agriculture et les arts ont marché d'un pas rapide vers leur perfection,

(1) Ah! songez que du temps ils sont le lent ouvrage! dit M. Delille en parlant des arbres de haute futaie.

1

on ne peut se dissimuler que ces heureux résultats ne soient dus aux connoissances exactes acquises en physique et en chimie : cependant tout ce qui peut tendre, même lentement, à l'accroissement de ces deux principales sources de la prospérité publique, l'agriculture et les arts, est digne sans doute de fixer l'attention des chefs des Gouvernemens et de tous les hommes éclairés qui aiment sincèrement leurs pays. L'économie forestière, qui n'est pas étrangère aux arts, est liée intimément à l'agriculture dont elle forme une des branches essentielles; car, bien entendue en Europe, elle fournit de grandes ressources aux Etats, et subvient aux besoins indispensables des peuples. Ce sont ces puissantes considérations qui ont engagé les administrateurs chargés des fonctions importantes de la conservation des forêts, en France et en Allemagne,

à diriger tous leurs soins vers ce qui peut tendre à leur amélioration. On savoit que l'Amérique septentrionale recéloit, dans ses vastes forêts, une très-grande variété d'arbres dont le noinbre, seulement dans les Etats-Unis, approche de cent cinquante espèces, tandis qu'en Europe, on en compte à peine quarante. L'expérience avoit aussi appris que plusieurs de ces espèces transplantées sur notre con tinent y avoient parfaitement réussi. Guidé par des vues d'utilité générale, Son Exc. le Ministre des finances, dans les attributions duquel se trouve placée l'Administration forestière, voulut, d'après le rapport qui lui fut soumis, que celles de ces espèces étrangères dont on avoit déjà reconnu que les bois étoient de bonne qualité, fussent propagées dans les forêts de l'empire, et que l'on s'assurât des qualités intrinsèques de celles qu'on ne connoissoit encore qu'imparfaitement, afin que désormais on eût des idées fixes à cet égard; je fus , dans cette circonstance, honore du choix du Ministre , et c'est ce qui

détermina mon troisième voyage aux Etats Unis où j'arrivai au commencement de l'année 1806.

« Pendant mon séjour dans ce pays, j'ai fait parvenir à l'administration de nombreux envois de graines, et j'ai employé la plus grande partie de mon temps à rassembler toutes les notions acquises par l'expérience, sur les qualités de bois et leurs différens degrés d'utilité dans les arts. J'ai dû aussi entreprendre plusieurs voyages pour réunir un plus grand nombre d'observations, et me procurer les renseignemens que je désirois obtenir. A partir du District de Maine, où l'on éprouve en hiver des froids aussi longs et aussi rigoureux qu'en Suède, je traversai d'abord tous les Etats Atlantiques jusqu'en Géorgie, ou six mois de l'année les chaleurs sont aussi intenses que dans les colonies des Indes occidentales. J'ai parcouru ainsi plus de 1556 kilomètres (400 lieues) du nord est au sud-ouest. J'ai fait encore sous différentes latitudes, cinq autres voyages dans l'intérieur du

pays;

le

premier, vers les sources de la rivière Kennebeck; le deuxième, de Boston au lac Champlain; le troisième, de New-York aux lacs Erié et Ontario; le quatrième, de New-York aux bords des rivières Monongahela , Alléghany et Ohio; et le cinquième enfin, de Charleston dans la Caroline méridionale, aux sources des rivières Savannah et Oconée. Dans mon premier voyage, le long des côtes de l'Océan, je me suis arrêté dans les principaux ports de mer, pour visiter les chantiers de constructions maritimes et, en général, tous les ateliers où l'on s'occupe du travail du bois. Je me suis appliqué à consulter les ouvriers les plus habiles, nés dans le pays, et surtout ceux venus d'Europe qui se sont trouvés à même de juger les qualités respectives des bois des deux continens. Jei ferai connoitre ceux d'Amérique qui sont l'objet d'un commerce assez considérable entre les Etats du

centre, du midi et du nord , et ceux qui sont exportés aux Indes occidentales et en Europe; ainsi que les parties de l'intérieur du pays d'où on les tire, et les ports de mer d'où on les expédie pour ces différentes destinations. J'indiquerai aussi celles de ces espèces d'arbres qui fournissent le meilleur bois de chauffage, et celles dont l'écorce est employée pour le tannage

des cuirs, et je donnerai leur prix comparatif basé sur leur plus ou moins de qualité.

# En me transportant du nord au midi , j'ai dû remarquer avec soin l'apparition ou la disparition des différentes espèces d'arbres , suite d'une température plus douce ou d'un changement marqué dans la nature du sol; recueillir dans les différens Etats de l'Union tous les noms vulgaires pour les rattacher aux noms scientifiques; observer les forêts, soit qu'elles se presentassent à mes yeux conime primitives, ou qu'elles fussent altérées par le voisinage de l'homme civilisé et des animaux domestiques dont la présence fait changer rapidement de face à la nature. Tels sont encore les principaux objets qui ont attiré mon attention et dont je me propose de rendre compte. Je terai connoitre aussi fidèlement les seules espèces d'arbres que je crois utile de propager pour l'amélioration des forêts Européennes, et celles si variées qui méritent seulement de trouver place dans les parcs et jardins, à cause de la beauté remarquable de leur feuillage et de leurs fleurs.

« Tel est le précis (plus développé dans l'introduction qui précédera la première livraison) des recherches auxquelles je me suis livré et dont j'ai l'honneur d'offrir le résultat au public. J'ai pensé que la manière dont j'ai envisagé mon sujet en dirigeant surtout mes observations vers un but d'utilité générale, ce qui n'avoit pas été lait jusqu’iei , fera accueillir mon ouvrage en Europe et dans les Etats

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