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SECTION IV. EXPLICATIONS.

Question. Les gardes généraux sont ils tenus d'affirmer

leurs procès-verbaux ? Il s'est élevé, la question de savoir si les gardes généraux étoient affranchis de l'obligation d'affirmer leurs procès-verbaux. Son Ex. le grand-juge, Ministre de la justice, à qui cette question a été soumise, a pensé que la loi du 29 septembre 1791, n'assujetissant à la formalité de l'affirmation, que les procèsverbaux des gardes, ceux des gardes généraux ne devoient pas être soumis à cette affirmation; puisqu'aux termes de l'article 15, du titre 9 de cette loi, les procès-verbaux des antres préposés en sont formellement dispensés. Cette opinion est encore fondée sur le décret du 19 juin 1809, qui classe les gardes généraux au nombre des agens chargés de représenter l'administration des forêts devant les tribunaux, et qui distinguant ainsi les gardes généraux des simples gardes, leur rend applicable l'article 15 ci-dessus.

MM. les conservateurs peuvent donc lorsque le cas se présentera, donner à leurs préposés des instructions conformes à cette décision, qui d'ailleurs paroît être d'accord avec la jurisprudence de la cour de cassation.

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DEUXIÈME PARTIE.

ÉCONOMIE FORESTIÈRE.

SECTION II. AMÉLIORATIONS.

Questions sur les moyens de favoriser la produc

tion naturelle des bois de marine.

1". Question.

La situation, se trouvent les arbres dans les

forêts, influe-t-elle sur la direction de leur tige et de leurs branches; ou bien est-il des circonstances naturelles qui puissent faire prendre aux arbres, les formes recherchées pour les constructions navales?

La première partie de cette question est déjà résolue , et il suffit pour s'assurer qu'elle l'est affirmativement, d'observer ce qui se passe à l'égard des arbres et même des plantes en général, suivant la manière dont-ils sont frappés par l'air et la lumière. On remarque que tous les végétaux recherchent constamment ces fluides et qu'ils se dirigent toujours vers les endroits où ils sont plus abondans. Duhamel observe, dans son traité de la physique des arbres que quand on met des plantes ou des arbustes qui poussent vigoureusement, en différens endroits d'une chambre ou il n'y a qu'une croisée, toutes les pousses tendres perdent leur perpendicularité, pour se diriger vers cette croisée. On sait aussi que des plantes, mises contre un mur ou à l'extérieur d'une croisée fermée, se courbent du côté de l'air libre, et que si on les re

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observa que,

tourne du côté du mur ou de la croisée, peu d'heures suffisent, quand ce sont des plantes herbacées, pour que la tige se replie sur elle-même et se dirige de nouveau vers la lumière. Cette force d'attraction est telle

que des arbres formant palissade sur des murs et retenus par de forts crochets de fer, brisent souvent ces crochets et déplacent les pierres dans lesquelles ils sont scellés. Ce sont des faits que j'ai observés souvent et que tout le monde peut vérifier.

Une courte analyse des observations faites par Bonnet et Duhamel sur la direction des tiges et sur la nutation des différentes parties des plantes, me paroit nécessaire pour faire connoître le parti qu'on peut tirer de ces observations, pour favoriser la formation de bois propres aux constructions navales. Bonnet ayant semé des haricots dans une cave,

dans le jour, les tiges s'inclinoicnt vers le soupirail, et que, dans la nuit, elle se redressoient un peu. La même chose arrive en plein air, dit Duhamel; car on peut remarquer que souvent les arbres isolés poussent plus vigoureusement du côté du midi que du côté du Nord; néanmoins cet effet est souvent dérangé par la vigueur des racines; parceque les arbres poussent avec plus de force du côté ou les racines sont plus vigoureuses.

« La direction des tiges du côté de l'air, ajoute l'auteur de la physique des arbres, est bien autrement sensible dans les massifs d'un bois : un jeune arbre qui se trouve entouré de tous côtés par

de grands arbres qui ne lui laissent d'air qu'au-dessus de lui , pousse tout droit, toujours en s'élevant, mais prenant peu de corps; de sorte que cet arbre fort mince, gagne en peu de temps la hauteur de ceux qui l'environnent, in

« J'ai particulièrement fait cette observation sur

un chêne vert, qui était planté entre des cyprès beaucoup plus grands que lui ;, il s'éleva, en un an, de près de quatre pieds, et en peu d'années, il gagna la hauteur des principales branches de ces cyprés : quand sa tête se trouva assez élevée pour profiter de l'air, alors il cessa de croître en hauteur et il prit de la grosseur, »

« Si un jeune arbre planté dans le massif d'un bois n'a pas la liberté de l'air au-dessus de sa tête, mais qu'à une certaine distance, il se trouve une clairevoie, toutes ses productions tendront à

gagner

l'air que leur fournit cette claire-voie; de sorte qu'elles s’inClineront de ce côté là, comme les arbustes places dans une chambre s'inclinent vers la croisée. »

« On sait que toutes les branches des arbres plantés en espalier le long d'un mur, s'en écartent pour gagner l'air, et il m'a paru que les branches des arbres frappés par le soleil de midi, s'en écartoient plus que celles des arbres plantes à l'exposition du nord. »

Tout ce qui vient d'être extrait de Duhamel est incontestable; mais il fait plus loin une observation qui ne me paroît pas de la même exactitude. Il dit qu'en examinant avec attention la direction des branches des arbres touffus, on remarque assez ordinairement que les branches du haut fonit un angle plus aigu avec la tige que les branches du bas. Ceci est vrai ; mais la cause à laquelle il rapporte cette différence, n'est peut-être pas la seule qui la produise : il attribue cet écartement des branches du bas, à ce qu'elles s'inclinent pour chercher l'air. Je ne pense pas que ce soit là la cause principale de cet écartement, car il a lieu dans toutes les positions où puissent se trouver les arbres; même dans celle où leur tête est plus exposée à l'air et à la lumière que ne le sont leurs branches inférieures. On peut s'en con

,

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vaincre dans les hauts taillis, où les futaies réservées n'ont

que le tiers ou le quart de leur hauteur audessus du plein bois; nonobstant cette circonstance, qui, d'après l'opinion de Duhamel, devroit causer l'écartement des branches supérieures , puisqu'elles reçoivent beaucoup plus d'air et plus de lumière que celles d'en bas, on remarque toujours que le contraire arrive, et que les angles formés par

les branches inférieures, sont infiniment plus ouverts que ceux décrits par les branches de la cime. Mais quelles seront alors les causes de l'inclinaison qui a lieu successivement dans les branches des arbres en commençant toujours par celles d'en bas ? Elles résident principalement dans l'alongement que ces branches rez çoivent chaque année; dans leur propre poids qui augmente, à raison de cet alongement; dans celui de l'air, qui pèse sur elles et qui est d'autant plus cona sidérable

que

leur surface est plus grande et plus serrée, comme dans le cèdre du liban et dans le hêtre; elles résident encore dans la pesanteur des feuilles ; dans la surcharge des eaux pluviales, des neiges et des givres; dans l'oblitération des vaisseaux de la partie inférieure des branches , et la distension des fibres de la partie supérieure ou la sève abonde en raison du retrécissement des vaisseaux de dessous. Ces causes réunies me paroissent plus efficaces que celle unique supposée par Duhamel

. D'ailleurs les arbres en plein air, reçoivent les rayons de la lumière dans toutes les parties de leur surface et même beaucoup plus vers leur cime que plus bas, et cependant l'inclinaison des branches inférieures est toujours plus considérable.

« C'est probablement continue Duhamel, cette même raison (celle qu'il a indiquée) qui produit le parallélisme des branches des arbres qui sont plantes

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