Page images
PDF
EPUB

plus remarquables ; elles méritent sous tous les rapports, d'être cultivées par millions dans nos forêts ou elles acquerront, à n'en point douter, les belles dimensions auxquelles elles parviennent dans celles de l'Amérique.

L'auteur en dédiant son ouvrage au ministre des finances, lui rend compte des efforts qu'il a faits pour remplir ses vues et celles de l'administration générale des forêts. « Les renseignemens que j'ai l'honneur de H vous présenter, dit-il, sont le résultat d'observa« tions faites dans quatre cents lieues de pays, avec w toute l'attention et la perseverance dont je suis K capable ».

Il retrace ensuite, dans une introduction aussi sim. ple qu'instructive, les travaux des savans naturalistes qui ont parcouru l'Amérique septentrionale, et dont les relations avoient appris combien cette partie du nouveau monde étoit favorisée de la nature sous le rapport du règne végétal. Mais il ne peut s'empêcher de relever un grand nombre d'erreurs échappées à ces voyageurs et de faire remarquer l'insuffisance des notions qu'ils ont publiées. Les recherches et les observations qu'il a faites pour y suppléer, quant aux arbres forestiers, rectifient et complètent d'une manière satisfaisante, cette partic intéressante de l'histoire naturelle. Il s'est particulièrement attaché à reconnoître les différens degrés d'utilité des bois dans les arts , et c'est auprès des artisans, dans les chantiers de constructions et tous les ateliers ou l'on s'occupe du travail du bois , qu'il a puisé les renseignemens qu'il nous transmet.

M. Michaux rappelle ce qu'il avoit déjà dit dans un mémoire à la Société d'agriculture de Paris, en 1805 ; savoir que l'Amérique septentrionale possède cent trente espèces d'arbres forestiers qui s'élèvent au

[ocr errors]
[ocr errors]

dessus de 9,74 mètres ( 30 pieds) dont quatre-vingt
quinze sont employés dans les arts; tandis qu'en
France, nous n'en avons que trente sept qui par-
viennent à cette élévation , dont 18 seulement sont
employés dans les constructions civiles et maritimes.

Cette introduction est suivie d'un tableau indicatif
de 152 espèces d'arbres que

l'auteur se propose de décrire dans son ouvrage. Les deux premières livraisons que nous annonçons, contiennent les PINS et les SAPINS, qui sont :

10. Le pin rouge (pinus rubra); arbre de 22 à 25 mètres d'élévation (70 à 80 pieds), sur 50 à 60 centimètres (20 à 24 pouces) de diamètre; qui vient dans les terrains arides et sablonneux; dont le bois fort et durable est souvent employé dans les constructions navales;

20. Le pin des rochers (pinus rupestris); connu dans le Canada sous le nom de pin gris; petit arbre peu important pour son bois;

3o. Le pin mitis (pinus mitis); très-grand arbre, dont le bois, de bonne qualité et très-durable, est employé dans la construction des maisons, dans celle des vaisseaux et qui forme un objet considérable d'exportation pour les colonies occidentales et l’Angleterre;

4o. Le pin chétif (pinus inops); arbre médiocre, dont le bois, chargé d'aubier , est peu employé;

50. Le pin appelé (pinus pungens ); arbre de 45 à 50 pieds, peu répandu dans l'Amérique septentrionale, dont le bois ne sert à aucune usage particulier ;

6', Le pin du sud (pinus australis); très-grand arbre, dont le bois peu chargé d'aubier, compacte et serré, est employé pour la construction des maisons; qu'on préfère à toute autre espèce de pins,

pour celle des vaisseaux, et qu'on exporte en grande quantité pour l'Angleterre et les Indes occidentales; dont la résine forme un objet important de consommation dans les Etats-Unis et d'exportation pour l'Angleterre;

70. Le pin des marais (pinus serotina); arbre de 35'à 40 pieds, dont le bois n'est point employé dans

le pays;

8o. Le pin résineux, ou à écorce rude ( pinus rigida); arbre, dont la hauteur varie, suivant les pays, depuis 35 jusqu'à 80 pieds, dont le bois est employé à quelques usages, et dont on tire du goudron;

9°. Le pin à poix (pinus læda); qui s'élève à 80 pieds, dont le bois est chargé d'aubier, mais qui par la rapidité de sa croissance et la grande quantité de térebenthine qu'il fournit , mériteroit d'être cultivé dans les landes de Bordeaux;

100. Le pin du Lord - Weihmouth (pinus sirobus); l'une des espèces de pins de l'Amérique septentrionale, qui offre le plus d'intérêt par son élévation qui passe souvent 150 pieds; par la facilité avec laquelle il se multiplie; par la qualité de son bois employé dans les constructions civiles et navales et une infinité d'ouvrages, et qui fornie un objet considé. rable d'exportation pour les colonies occidentales et pour l'Angleterre; mais c'est dans l'ouvrage même qu'il faut lire l'histoire de cet antique et majestueux habitant des forêts du nord de l'Amérique, qui est le plus élevé comme le plus précieux des arbres qui les composent;

11°. Le sapin noir (abies nigra); grand arbre de 70 à 80 pieds, dont le bois doué de force, d'élasticité et de légèreté, sert à faire des mâts, d'excellentes vergues et même des genoux de vaisseaux;

mêmes usages;

nissent à l'avantage de parvenir à de grandes dimen

12°. Le sapin blanc. (abies alba); arbre de 50 pieds, dont le bois, quoiqu'enférieur en qualité à celui de l'abies nigra, esi pourtant employé aux

13o. La sapinette du Canada (abies canadensis); arbre de 78 à 80 pieds d'élcvation sur 6 à 9 pieds de circonférence, dont le bois n'est pas de très bonne qualité, mais dont l'écorce est employée au tannage des cuirs;

14°. Le baumier de Giléad ( abies balsamifera); arbre de 40 pieds dont le bois est inférieur en qualité à celui de notre sapin argenté, qui, suivant Burgsdorf (1), s'élève à 160 pieds et acquiert jusqu'à 6 pieds de diamètre.

Il résulte de l'extrait qui précède que l'auteur a réuni, sur les arbres de l'Amérique septentrionale, un grand nombre d'observations propres à les mieux faire connoitre , qu'ils ne l'ont encore été; et que parmi ceux dont les deux premières livraisons de son ouvrage nous offrent la description, il y en a 6 qui réusions, celui d'être employés très-utilement dans les constructions civiles et navales, et une foule d'ouvrages importans ; et que sur les huit autres, quatre parviennent aussi à une élévation considérable, mais sans présenter autant d'avantages sous le

rapport de la qualité de leur bois ; et enfin que

les
quatre

derá niers en qualité, ne sont que d'un foible intérêt comme arbres forestiers.

Le nombre des arbres utiles et qui méritent d'être cultivés dans nos forêts, est, comme on le voit, dans une proportion avantageuse, avec ceux qui présentent moins d'utilité.

(1) Ouvrage eu 2 volumes in-8°., chez Arthus-Bertrand,

L'ouvrage de M. Michaux, en nous les signalant avec l'exactitude qu'on peut attendre des con: noissances d'un homme qui en a fait une étude par-, ticulière, aura le double mérite d'avoir fixé l'attention du

gouvernement sur les espèces qu'il importe d’introduire sur notre vaste territoire, et de lui avoir révélé les ressources en bois, qui existent dans les Etats Unis de l'Amérique et leur importance dans les arts et le commerce.

Comme il est impossible, dans cet extrait de rendre compte d'une infinité de détails précieux que l'ouvrage contient, ni de donner une idée exacte des figures qui représentent les arbres , nous renvoyons à l'ouvrage même ceux de nos lecteurs qui sont jaloux de connoître les richesses forestières du nouveau monde, et qui voudront apprécier le mérite des arbres de ce continent.

BAUDRILLART.

No. 22 Traité des délits , des peines et des procé.

dures en matières d'eaux et forêts. Par M. DRALET, conservateur des forêts , ( 2*. ÉDITION. ) Un Vol. in-12, Prix 3 fr. et 4 fr. franc de port. A Paris , chez DEMONVILLE , imprimeur , rue Christine , No. 2 (1).

(Second article.) En annonçant dans le No. 28 de ces Annal s( pag. 383 ) la seconde édition de l'ouvrage dont il s'agit, nous avons dit que nous reviendrions sur ce livre, pour indiquer les avantages que presente le développement donné par l'auteur , à quelques chapitres qui, dans les circonstances actuelles, en devenoient susceptibles.

li

(1) Se trouve aussi à Paris; chez Arthus-BERTRAND, braire, rue Hautefeuille No. 23.

« PreviousContinue »