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riz!... S. 2: Ouvrages noweauž.
No 1. Etat des connoissances et des qualités re-

quises pour former un bon garde ; par M. Hartig,
grand maitre des forêts du Royaume de Wir
tomberg
Les cannoissances et 'les

, qualités requises par nos règlemens de la part des gardes

, forestiers ;. ne sont pas, à beaucoup près, aussi étendues que celles qu'on exige de cette classe d'employés dans les états de l'Allemagne, l suffit chez nous, pour être admis comme garde,

que le candidat sache lire, écrire et un peu calculer ; qu'il ait l'âge, fixé par la loi; quil şoid de viere

et moeurs, honnêtes, et d'une bonne constitution physique. On ne lui fait point subir, comme en Allemagne, un examen sur les différentes con“. noissances de l'économie forestière , ni sur les dispositions réglementaires concernant ses devoirs et ses obligations. C'est dans la pratique qu'il s'en instruit, mais souvent il n'arrive au degré d'instruction oonvenable , qu'après avoir éprouvé bien des difficultés et commis bien des fautes. La loi du 29 septembre 1791, vouloit qu'il y eût des élèves-gardes, près les Conservateurs, Une telle institution eût remplacé, jusqu'à un certain point, les écoles forrstières établies chez nos voisins, et l'on ne peut que regreller

qu'elle n'ait point eu lieu ; elle eut fourni des sujets qui ayant suivi les principales opérations foá restières ; sous des hommes instruits, eussent été en état de faire un service utile , dès leur entrée en activité. Mais cette idée ne sera peut-être point per. due, lorsqu'il sera possible de la réaliser. Il en résulterá un grand soulagement pour les officiers supé. rieurs, car l'ignorance absolue d'un nouveau garde devient pour ses chefs , un sujet d'inquiétude et de sureroit de travail; en ce qu'ils ne peuvent s'en rapporter à lui dans un grand nombre de cas, et qu'ils se trouvent obligés de le guider, et de le rectifier sans cessé. Cet embarras retombe principalement sur un ordre d'employés déjà largement partagés dans la distribution du travail, je veux dire les gardes géa néraux, Occupés de l'instruction des gardes et quel, quefois même de leur service, ils n'en sont pas moins tenus de remplir les fonctions qui leur sont spécialement attribuées, et souvent aussi de suppléer les agens supérieurs , lorsque ceux-ci sont trop éloignés ou qu'ils opèrent sur d'autres points. Combien les gardes généraux éprouveroient de soulagement et de satisfaction , s'ils avoient des subordonnés formés com me le veut M. HARTIG! Au lieu d'avoir à censurer et à rectifier, ils n'auroient que des éloges à donner et que de bons témoignages à rendre. Libres d'inquiétude sur la tenue des triages, sur l'état des opérations surveillées ou dirigées par les gardes, sur la constatation des délits, et sur l'exécution des, formalités prescrites par la loi , ils' n'auroient qu'une surveillance d'ordre à exercer et que de bonnes 'opérations à signaler. Ils pourroient se livrer pour

l'é tendue de leur cantonnement à des travaux d'ensemble utiles pour la chose et satisfaisans pour eux mêmes. D'un autre côté, ils rendroient plus de ser

vice encore aux officiers supérieurs, qu'ils ne peuvent le faire dans l'état actuel, et de ce secours mus. tuel resulterait une marche plus rapide dans l'ex, pédition des affaires et en general une meilleure conservation. Il sera facile de juger du fond qu'ils pour roient faire sur leurs gardes, si ceux-ci étoient ins-, truits d'après les principes de M.' Hartig, en exam minant ce que ce grand-maitre exige de cette classe d'employés. Les conditions qu'il établit pour être admis comrne garde , sont renfermées dans l'extrait ciaprès, que j'ai traduit d'une instruction publiée en 1808, par cet auteur-praticien. On verra à quel degré doit étre portée la sience forestière dans un pays. où l'on exige une si grande diversité de connoissances de la part de simples gardes.

Si l'on veut, dit M. #artig, élever l'économie forestière au plus haut degré de perfection, et diris, ger cette brauche importante du domaine, pour le bien-être public et l'avantage du gouvernement, il est nécessaire que tous les emplois forestiers soient. remplis par des sujets formés à cet effet , et que dans aucune classe d'employés, on ne fasse d'exceptions à cette règle générale. Il faut que tout le per-sonnel de l'Administration, tant ceux qui dirigents et inspectent, que ceux qui surveillent et par cons séquent les simples gardes , possèdent les connoissances requises pour remplir dignement les devoirs importans de leurs places , et les intérêts considérables que l'Etat leur confie. ...

Mais s'il est vrai qu'un forestier ne puisse rem plis l'objet de son institution, sans une éducation particulière, il ne l'est pas moins que souvent on exige de lui plus qu'il n'est raisonnable de le faire. Cette rigueur produit quelquefois le mauvais effet de faire regarder comme superflu même ce qui est:

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nécessaire, et c'est ainsi que l'on manque le but qu'on s'étoit proposé, par l'excès des moyens employés pour l'atteindre ».

L'auteur trace de la manière suivante, le portrait d'un garde tel qu'il devroit être, en considérant sa. constitution physique , son caractère moral, son temperament, son intelligence, son éducation.

Constitution physique. - Il veut que son garde soit d'une constitution robuste et d'une bonne santé ; qu'il soit bon marcheur; qu'il ait une bonne vue et l'ouïe fine , parce que l'état du garde et du chasseur exige beaucoup d'activité et de fatigues de corps; parce que sa surveillance se trouvera souvent en défaut, s'il n'est pas bien servi par ses yeux et ses oreilles. L'auteur, en plaçant au premier rang la condition: d'une bonne constitution, voudroit que la loi consacråt cette condition, comme cela a déjà été fait dans plusieurs pays, afin de détourner des emplois forestiers, des hommes valetudinaires, ou foibles, dont on ne peut jamais attendre un bon service,

Caractère moral. - S'il est nécessaire, continue-> t-il, que tout homme attaché à un service public soit d'unc moralité irréprochable, cette qualité est indispensable à un garde ; parce que son service est bicn plus difficile à contrôler que tout autre, et que c'est à lui que sont confiés les capitaux que représentent les forêts. Il faut écarter tout candidat , qui ne seroit pas? porté à remplir ses devoirs avec zèle et fidélité, et punir avec sévérité le garde en fonction , qui auroit prévariqué.

Teinpérament. Comme cet objet a une in fluence particulière sur la manière dont le garde fait son service, l'auteur repousse celui qui est d'un tem : pérament flegmatique et indolent , qui ne fait son service que par la crainte, qui ne va que parce qu'il

est forcé d'aller , et qu'on ne peut faire sortir de son état de nonchalance et d'engourdissement, quand même le feu seroit à la forêt. Un tel sujet, dit-il, ne convient nullement au service forestier, auroit-il d'ailleurs toute la capacité requise. La bonne humeur, l'activité, la persévérance et un goût particulier pour l'état de forestier, lelles sont les qualités qu'il exige de son garde.

Intelligence. — Il s'élève avec force contre le prejugé où sont plusieurs personnes qu'il suffit d'avoir un corps robuste pour être forestier , et que l'admie nistration des bois exige moins d'intelligence, moins de capacité que les autres sciences ; et il démontre la fausseté de cette opinion par l'état déplorable où l'ignorance a précipité les forêts. Mais aujourd'hui que l'on reconnoit la nécessité de faire succéder à une admi. nistration désastreuse, un système fondé sur des connoissances positives, on ne peut , dit-il, exiger trop d'intelligence de la part des forestiers. D'après ce prin cipe, il veut que l'on exclue des places de gardes, tout candidat dépourvu d'une certaine aptitude et qui ne posséderoit pas d'ailleurs les connoissances ordinaires que l'on enseigne dans les écoles.

Instruction. - M. Hartig exige de son garde les connoissances suivantes comme indispensables :

1.0 Savoir lire et écrire correctement et pouvoir faire un rapport clair et méthodique;

2. Connoitre le calcul des nombres entiers et des fractions, et savoir assez de géométrie et de stéréométrie pour être en état de mesurer la contenance d'une coupe, ou d'une clairière à repeupler , et de .. cuber les solides qui se rencontrent dans l'économie forestière ;

3. Avoir une idée juste et générale de l'admi

nistration ;

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