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Ces trois points sont: 10. l'uniformité de dispus sition des plans; 20. l'uniformité de leur échelle; 30. le rattachement à des points fixes, pris au dehors de chaque partie de bois décrite.

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DES FORÊTS , pour rendre uniformes les arpentages, pour les rattacher aux grands canevas trigonométriques, et RENDRE CES OPÉRATIONS, si MULTIPLIÉES , UTILES A LA TOPOGRAPHIE, Les arpenteurs forestiers répandus

effet sur la surface entière de la France, opérant, à la fois, sur un nombre trèsconsidérable de points différens, et se livrant , tantôt à des travaux qui concernent des parties de bois importantes , tôt au levé de simples coupes ordinaires, ne sauroient donc trop se bien convaincre du soin qu'ils doivent mettre dans chacune des opérations qui leur sont confiées.

Ils doivent surtout ne jamais oublier que les plans des forêts entières, les plans mêmes des simples coupes, non-selllement doivent offrir avec exactitude la configuration et l'ém tendue do sol qu'ils décrivent, mais encore que chacun de ces plans ( quel qu'il soit ) doit être mis en position et dressé, de manière à pouvoir être facilement réuni aux objets environnans.

Ils doivent enfin considérer toujours que le plan d'une forêt entière peut servir à la description topographique

toute la contrée où se trouve cette forêt, et à faire connoître les débouchés nouveaux 'que ses produits sont susceptibles de recevoir : et qne le plan d'ane simple coupe devient l'élément de la description de la forêt entière, description qu'on parviendra à obtenir , si les plans successivement levés des coupez

de cette forêt, présentent l'exactitude recommandée par les instructions.

Disons de plus ( en terminant cette note, déjà peut-être trop longue ), que la perfection du travail d'un arpenteur ne dépend pas seulement de l'exactitnde qu'il doit mettre au levé et au rattachement de ses plans : il faut encore que, dans la manière dont les plans qu'il présente sont constraits et dessinés, on retrouve cette harmonie que la commission dont nous venons de parler a eu ponr but d'introduire : c'est un autre point essentiel sur lequel nous reviendrons , en faisant connoître les bases qu'elle a posées à cet égard.

Ce dernier objet ( le rattachement ) doit nous occuper à présent; et c'est pour indiquer les moyens les plus sûrs et les plus prompts d'opérer le rattachement des plans, qu'après avoir parlé des grands triangles , nous avons à traiter ici des triangles de second et de troisième ordre.

Observons, d'abord, que les sommets des grands triangles (peu nombreux, eu égard à l'étendue du territoire sur lequel ils reposent) se trouvent , presque toujours, éloignés du point ou l'arpenteur opère, et ne peuvent que très-rarement, dès lors , être rappelés dans les travaux de détail.

Cette circonstance faisoit désirer des triangles intermédiaires.

Les côtés de ces triangles devoient, d'une part, se lier , autant que possible , aux sommets des grands triangles; et d'une autre part, ne pas avoir une longueur telle qu'il devint impraticable de tracer sur un canevas ( dressé à une échelle de quelqu'étendue), une certaine quantité de ces triangles dans leur entier.

En effet, nous avons dit que les côtés des grands triangles avoient assez ordinairement de quinze à trente mille mètres de longueur; il se rencontre dės-lors peu de sommets de ces grands triangles dans certains départemens : quelques - uns même n'en offrent pas du tout.

Afin de remédier à cet inconvénient et de donner les moyens de former, pour chaque arrondissement d’inspection, un canevas trigonométrique, on a pensé qu'il falloit deux sortes de triangles d'ordres inférieurs; et que la longueur des côtés des triangles de chacun de ces ordres , fût maintenue dans une proportion telle que les angles , formés par ces côtés, ne se trouvassent ni trop grands ni trop petits.

En cherchant donc à nous fixer sur la longueur

qu'il paroissoit convenable de donneraux côtés des triangles de second ordre, et sur celle que devoient avoir les côtés des triangles de troisième ordre, nous avons considéré que, pour un arrondissement d'une étendue moyenne (telle que celui de Wassy, pris pour exemple) (1), il suffisoit, pour en assurer l'encadrement (2), de former un parallelogramme rectangle, de soixante mille mètres de base sur cinquante mille mètres de hauteur; ce qui donne une superficie de trois cent mille hectares , que peut aisément comprendre ( à l'échelle de un à cent mille ) une seule feuille de papier grand aigle (3) quelle que soit d'ailleurs l'irrégularité de la configuration de l'arrondissement (4).

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(1) Le taux moyen de la surface d'un arrondissement de sous-préfecture (calculé d'après l'étendue de l'Empire entier ) est d'un peu plus de 150,000 hectares. L'arrondissement de Wassy, que nous avons pris pour exemple, en contient 163,000: d'où l'on voit, qu'en partant de cette étendae, nous ne sortons pas du taux moyen auquel nous avons dû nous arrêter.

(2) Dans des lignes tracées à nombre rond, de dix mille mètres ; de la méridienne de Paris et de sa perpendiculaire.

(3) On sait, en effet , que la feuille du papier format grand aigle, a plus d'un mètre de base, sur plus de six décimètres de hauteur : ce qui donne soixante décimètres carrés de snperficie, non compris l'espace nécessaire aux marges. Si l'on se rappelle, qu'à l'échelle d'un à dix mille, le décimètre carré, tracé sur le papier, représente cent hectares pris sur le terrein , verra qu'à l'échelle de un à cent mille, ce décimètre tracé sur le papier, contiendra dix mille hectares : les soixante décimètres carrés, que fournit la feuille de papier grand aigle, contiendront done six cent mille hectares.

(4) Nous ne dissimulerons cependant pas qu'il existe quelques arrondissemens qui pourroient faire exception , mais ce cas seroit très-rare : en effet, trois arrondissemens; ceux de Mont de Marsan , de Bordeaux et de Grenoble ont : le premier, 638,000 hectares; le second, 483,000 ; le troisième, 445,000. Ajoutons que la fornie assez régulière, de ces arondissemens per

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Si l'on consulte la carte trigonométrique de l'arrondissement de Wassy (jointe au No. 19 des Annales ), on voit que les côtés des triangles, formant les lignes qui le traversent dans ses plus grandes dimensions (en aboutissant à des points pris au dehors de cet arrondissement ), ne sont jamais qu'au nombre de quatre, au plus , et que la longueur réunie de ces quatre côtés n'est que

de cinquante à soixante-cing mille mètres : ce qui donne, comme taux moyen de la longueur de ces côtés, douze à quinze mille mètres (1).

Cet exemple nous a autorisés à croire que des côtés de dix à quinze mille mètres , suffisent pour la triangulation du second ordre; et que, sans trop multiplier les triangles dont elle sera formée, on en obtiendra cependant assez pour assurer le rattachement des triangles de second ordre , avec les grands triangles.

Si l'on admet le premier rattachement opéré, il ne s'agissoit plus que de considérer les triangles de second ordre, à l'égard de ceux de troisième ordre, de la même manière que les grands triangles l'ont été à l'égard des triangles du second ordre : c'est-à-dire, qu'après avoir formé le réseau de ces triangles de second ordre, il a fallu chercher les moyens d'établir celui des triangles de troisième ordre , dont les côtés doivent également, d'une part, se lier autant

met de croire qu'ils excéderoient de très-peu les dimensions de la feuille de papier grand aigle, si même ils ne s'y trouvoient pas entièrement compris.

(1) La ligne qui part de Trémont au nord , pour aboutir à Rizaucourt au midi, en passant par les points de Saint-Dizier, Wassy et Doulevent, n'a qu'environ 55,000 mètres,

Celle qui part de Cirefontaine à l'est, pour aboutir à Hampigny à l'ouest, en passant par les points de Joinville, Wassy et Montierender, n'a qu'environ 65,000 mètres.

que possible, aux sommets des triangles de second ordre , et, d'une autre part, ne pas avoir une longueur telle que, sur les réductions prescrites par l'administration, soit à l'échelle de un à vingt mille , soit à celle de un à dix mille (1), on ne pút trouver dans leur entier, un certain nombre de ces triangles.

Or, une feuille de papier grand aigle, contenant soixante décimètres carrés (ainsi qu'on l'a vu dans la note précédente), et chaque décimètre carré, tracé sur le papier, représentant , à l'échelle de un á vingt mille , quatre cents hectares sur le terrein, et à celle de un à dix mille, cent hectares , on pouvoit en conclure que les dimensions de la feuille de papier grandaigle permettroient d'y faire entrer, à la première de ces échelles, un territoire de vingt quatre mille hectares , et à la seconde, un territoire de six mille hectares.

Cet espace de six mille hectares est beaucoup plus que suffisant, pour y placer, à l'échelle de un à dix mille , tous les plans des aménagemens des bois des communes, et même ceux de la plupart des forêts impériales, avec les points de rattachement que ces plans doivent offrir.

En cas d'insuffisance; on pourra recourir à l'échelle de un à vingt mille qui donnera un espace quadruple.

Ayant cherché à connoître l'étendue moyenne du ressort d'une justice de paix (2), on a vu que le taux

(1) La première pour les grandes forêts, la seconde pour les parties de bois moins étendues.

(2) Nous parlons ici de justices de paix, parce que c'est par canton on par arrondissement de justice de paix ( ce qui est la même chose ), qu'on procéde pour le levé des plans da cadastre.

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