Page images
PDF
EPUB

feines , doivent être enfoncées de quatre à six centimètres (1 pouce et demi à 2 pouces ).

On emploie, dans la forêt d'Orléans , un moyen aussi prompt que sûr, de faire des semis de bouleau, soit en grand, soit en pépinière: on prépare le terrein par l'incinération des plantes et des gazons qui le recouvrent. Cette préparation se fait de deux manières; l'une à feu courant, l'autre à feu couvert. On l'appelle écobuage, et, dans les Ardennes , elle est généralement pratiquée sous le nom d'essartage. Pour

que

le semis de bouleau réussise, il est utile que

le terrein soit léger et un peu frais, et qu'il offre à sa surface des matières combustibles, telles que des bruyères, des genêts, des épines, et autres plantes qui puissent procurer une ceriaine quantité de cendres. Le temps le plus favorable aux essartages est la fin du mois d'août et le commencement de septembre, lorsque les chaleurs de l'été ont desséché les herbes et la terre, Dans le mode d'incendie à feu courant, on fait, autour de l'emplacement, un large fossé ou un pelage à la houe, de plusieurs mètres de largeur, sur lequel on ne laisse aucune matière qui puisse communiquer le feu aux parties environnantes; ensuite, si le vent est favorable, c'est-à-dire, s'il ne souffle pas avec trop de force, et s'il se trouve dans une heureuse direction par rapport au terrein à incendier, on allume le feu du côté d'où il vient. Le feu gagne petit à petit toute la surface du local et s'arrête aux limites formées par les fossés ou pelages. On fait ensuite gratter la surface de la terre avec la 'herse. Ce mode est pourtant moins sûr que celui à teu couvert, attendu que souvent la rapidité du feu ou l'épaisseur de la mousse qui recouvre la terre , s'opposent à une combustion complète. Mais, lorsque cet inconvénient n'a pas lieu et que l'incinération des matières combus

tibles a été bien faite, on peut répandre les semences de boulcau à la volée sur toute la surface de l'essartage, et compter sur un succès assuré.

Dans la seconde manière qu'on appelle écobuage, ou essartage à feu couvert, on enlève de la superficie du terrein, les gazons, les bruyères , les genets et autres plantes qui s'y trouvent, et dont on fait des petits tas ou fourneaux, auxquels on met le feu et dont on répand les cendres sur le parterre. Aussitôt l'expansion des cendres, ou dès que la graine de bouleau est mûre, on la jette à la volée ,comme dans la méthode précédente. Il n'est besoin d'aucune autre opération; herser le terrein seroit même dangereux. Il est à observer que si on n'apporte pas quelqu'attention à vider les cendres à l'endroit même du fourneau, il n'y lèvera rien. La grande dessiccation causée par le seu produit sans doute cet effet, qui a été remarqué par M. le conservateur d'Orléans, sur l'emplacement de plus de douze cents fourneaux faits dans la forêt de ce nom et sur toutes les faudres à charbon semées par les gardes de cette forêt , ou la graine ne lève

que dans les contours. A cet égard, on observe encore que la trop grande quantité de charbon, de eendres, et le défaut de terre se réunissent à la dessiccation du sol, pour s'opposer à la germination des semences. Le moyen de parer à cet inconvénient, est de faire houer les places à charbon, avant de les ensemencer:

Il n'y a point de doute que les semences des autres bois, et notamment celle des arbres résineux, ne puissent être employées dans les terreins ainsi préparés, concurremment avec celles du bouleau.

La méthode de l'écobuage , pratiquée dans la forêt d'Orléans , y a eu des succès qui garantissent ceux qu'on obtiendroit d'un pareil procédé dans les autres arrondissemens. Elle offre un moyen économique de faire faire de grands pas à la restauration des forêts; d'autant que la graine de bouleau manque beaucoup moins que celle des autres arbres.

BAUDRILLART.

No. 2.

Rapport fait par M. Baudrillart, à la société d'en

couragement pour l'industrie nationale, sur une brochure relative à l'emploi de la scie, préférablement à celui de la hache, pour débiter les bois de chauffage.

L'usage abusif de débiter les grands bois de chauffage à la hache, auquel on a renoncé depuis long-temps dans presque toutes les forêts de la France, s'étoit conservé dans celles qui avoisinent le Rhin ; sans doute parce que la rareté du combustible s'étoit moins fait sentir dans ces contrées qu'ailleurs. Presque partout on emploie la scie , pour réduire en cordes les bois qui ont plus de six pouces de tour, et on se sert de la serpe pour les brins qui, pouvant se couper en un ou deux coups , ne sont propres qu'à faire du charbon, des cotterets, des bourrées, des fagots et autres menus bois.

M. le préfet du département du Haut-Rhin, insa truit

par M. Picquet, inspecteur forestier à Colmar, de l'énorme perte de bois qui étoit occasionnée par l'emploi de la hache, au lieu de la scie, pour débiter les bois de chauffage, chargea une commission de faire des expériences pour s'assurer de la différence duite par les deux méthodes,

Les scies dont on a fait usage sont celles connues dans le pays, sous la dénomination de fscies de forêts (waldsågen).

pro

[ocr errors]

La lame a pm.55cent. ( près de 5 pi. ) de longucur, et environ 2 mil. (près d'ı li.) d'épaisseur. La distance des dents, d'une pointe à l'autre, est de 2 cent. (9 lignes): elles ont i cent. ( 4 li.) de base et autant de saillie. Leur distance, à la base, est de 13 millimètres ( près de 6 lig.). Ces lames , au lieu d'être terminées, à leurs deux extrémités, par une poignée en bois, comme les scies dites passe-partout, dont se servent les charpentiers et les bucherons dans l'intérieur de la France, sont montées sur un bois courbé en forme d'arc, dont elles représentent la corde. Le bois qui forme l'arc, a environ 5 centimètres de diamètre, et sa courbure est telle qu'il y a environ 74.(2.pi.) de flèche entre le milieu de la longueur de la lame et le point le plus élevé de l'arc. Les scies montées de cette manière, et dont les dimensions sont suffisantes pour les plus gros arbres qu'on soit dans l'usage de débiter en bois de chauffage, ont paru aux commissaires, offrir plus d'avantage que le passe-partout, à cause de la forte et continuelle tension , opérée sur la lame par l'are en bois.

On employa six scieurs pour faire mouvoir trois scies; et, après avoir tenu note du temps employé pour scier chaque tronçon d'un diamètre connu, on obtint , pour terme moyen de trente sept épreuves, les résultats suivans : savoir :

1o. Que deux hommes de force ordinaire, faisant mouvoir une scie, peuvent scier, en quatre minutes, un tronçon de sapin de 44 centimètres (

16

pouces ) de diamètre;

3°. Que, dans les sections de différens diamètres faites à la scie, les temps sont, à peu de chose près, proportionnels au carré du diamètre; ou, ce qui revient au même, à la surface des sections circulaires : en sorte que, s'il faut quatre minutes pour une sec

tion de 44 cent. (16 po.) de diamètre, il faudra seize minutes pour une section de 88 centimètres (32 po.).

30. Que les ouvriers soutiennent, plus long-temps et avec

moins de fatigue , le travail à la scie que celui à la hache; surtout quand ils font mouvoir la scie à la hauteur des hanches.

On estima ensuite le déchet résultant des traits de scie, et pour cet effet, on examina le vide laissé par chaque trait. Il étoit exactement de 6 mil. ( 2 } li.), ce qui, d'après le calcul, ne fait guère que pour cent de perte.

Après cette première vérification , les commissaires portèrent leur attention sur douze arbres sapins, que l'on débitoit à la hache, et ils constatèrent que la perte, résultant des entailles faites des deux côtés de l'arbre

le

couper, et de la portion de bois enlevée sur chaque tronçon, étoit de 15 ; pour cent au moins , et que le temps employé pour ce travail étoit, à très-peu près, double de celui du travail à la scie. On doit observer que les copeaux sont absolument perdus pour le chauffage, attendu qu'on les abandonne aux

pour

bucherons qui les font brûler sur place, pour en faire de la cendre destinée à la fabrication de la potasse. Cet usage est d'autant plus abusif, que, d'un côté, le bois qu'on réduit ainsi en copeaux, fourniroit également de la cendre s'il étoit consommé dans les foyers, et que, de l'autre, les bucherons ont un intérêt de faire des entailles plus considérables. Aussi arrive-t-il souvent que ces entailles ont jusqu'à 22 centimètres (8 pouces) de hauteur, ce qui occasionne alors une perte de 17 pour

La Commission profita des calculs qu'elle avoit faits pour s'assurer en même temps, de la solidité d'une mesure de bois de sapin : elle trouva pour terme moyen

cent.

« PreviousContinue »