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de plusieurs opérations, que dans une mesure de bois de cette espèce, soit corde, soit stère, il y avoit cinquante-cinq parties de solidité réelle, et quarantecing parties de vides.

J'observerai que cette évaluation des vides ou interstices de la mesure, est forte; surtout pour des bois droits, qui, comme les pins et sapins se cordent mieux que les autres bois. Au reste, 'il a été fait un grand nombre d'expériences pour déterminer la solidité rela. tive des différens bois de corde, et tous les résultats ont varié d'une manière étonnante. M. de Burgsdorf a donné dans son ouvrage, le terme moyen de plusieurs épreuves , qui s'est trouvé être, pour une corde de 108 pieds cubes , de vingt-huit parties de vide et de quatre-vingts parties de solidité.

M. Hartig a fait aussi beaucoup d'expériences et d'une manière fort exacte; car il a mesuré la solidité des bois par le déplacemeut de l'eau , en le mettant dans une huche d'une capacité qui lui étoit connue, et qu'il avoit eu soin d'emplir d'eau jusqu'à la moitié. L'exhaussement du liquide lui donnoit précisément la solidité du bois qu'il y plongeoit. Les résultats qu'il a obtenus ont varie selon les différentes sortes des bois sur lesquels il avoit opéré; car il a trouvé dans une corde de 144 pieds cubes, depuis soixante-quatre jusqu'à cent parties de solidité, et depuis quarante-quatre jusqu'à quatre-vingts parties de vide.

Les commissaires eurent encore l'occasion de remarquer que la manière de corder le bois influoit beaucoup sur le nombre de mesures qu'on peut obtenir d'une même quantité de bois, et qu'à cet egard l'acheteur est toujours à la merci des mesureurs. Ils avoient trouvé, avant le façonnage, que les douze sapins destinés à être débités à la hache, contenoient

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en solidité 19 mèt. et qq. décim. ( 570 pieds) cubes ; et que onze autres, destinés à être sciés; ne contenoient que 17 mèt. et une fraction(510 pi:) cub. Cependant les premiers, dont la solidité étoit plus considérable, n'ont produit que 7 cordes , mesure du Rhin, tandis que les autres ont donné , cordes.

Quelle que soit néanmoins la difficulté d'éviter la fraude dans le mesurage ordinaire du bois, on ne pense pas que l'usage de le vendre au poids, suivi dans les pays où il est rare et d'un prix élevé, lui soit préférable; car la pesanteur spécifique du bois varie d'une manière très-sensible selon son espèce (1), sa densité, son état de dessication, et même suivant l'état de l'atmosphère ; la dessication seule fait perdre au sapin la moitié de son poids. Il n'y auroit peutêtre que le mesurage par le déplacement de l'eau, (c'est-à-dire, dans des caisses emplies d'eau jusqu'à une hauteur telle que le vide fût égal à la solidité des bois qu'on voudroit acheter) qui pút garantir de toute fraude. Mais on sent les difficultés de ce mesurage pour les forêts et même pour plusieurs chantiers. D'ailleurs, il répugncroit à beaucoup de personnes, de faire mouiller leur bois avant de le mettre au bûcher. Je ne parle donc de ce moyen que comme pouvant être utile pour des expériences.

Résumé Il résulte des observations et des calculs présentés dans le mémoire envoyé par M. le préfet du département du Haut-Rhin :

1°. Que sous le rapport de l'économie du combusti. ble, dans le façonnage à la scie, le déchet; est tout au plus d'un demi pour cent;

20. Que, dans le façonnage à la hache, il ne peut

(1) Voyez p. 381 et saiv. des Annales de 1308, le tableau de la pésanteur spécifique du pied cube des bois de France. N.° 22.

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les ou

ront le

être évalué à moins de 15 et 1 pour cent: en sorte qu'il y a 15 pour cent de bénéfice réel, sur la matière, en débitant à la scie;

30. Que sous le rapport de l'économie du temps, il faut moitié moins de temps pour débiter à la scie, que pour façonner à la hache. Il est yrai

que vriers, à qui on abandonne les copeaux, augmente

prix de la main d'ouvre, s'ils en sont privés en employant la scie; mais cette augmentation sera loin de balancer les avantages que le marchand et le propriétaire de bois trouveront dans l'exploitation à la scie. Cela devient sensible quand on considère que sur 300,000 cordes de bois, présumées nécessaires à la consommation annuelle du département du HautRhin, l'exploitation à la hache, en fait perdre 45,000.

C'est pour prévenir une perte de combustible aussi énorme, que le magistrat qui administre ce département, a pris la sage mesure d'ordonner qu'à l'avenir les bois de chauffage seroient débités à la scie dans les forêts appartenant aux communes, ainsi qu'ils doivent l'être dans les forêts de cet arrondissement.

Comme il y a encore quelques pays où l'on se sert de la hache pour le débit des bois de moyenne grosseur, il seroit utile qu'on y connût les abus de cet usage; car, bien que l'économie de temps et du combustible ne soit pas aussi considérable , pour les bois de moyenne grosseur, que pour les arbres d'une circonférence égale à celle des sapins sur lesquels on a opéré, il n'en est pas moins constant qu'il y aura encore beaucoup de bénéfice à préférer la scie , pour leur réduction en cordes, En général, on ne devroit employer la ser ou la hache pour débiter les bois de chauffage , que lorsque l'amputation peut s'en opérer sans soustraction de matière.

On pense, d'après ces observations, qu'il ne peut

qu'être très-utile de faire connoître les résultats des expériences faites , d'après les ordres de M. le préfet du Haut-Rhin, en insérant le présent rapport dans le Bulletin. Adopté en séance, le 20 décembre 1809. Sigré BAUDRILLART, rapporteur.

No. 3.

Compte de l'administration des finances an 1808. (Extrait en ce qui concerne l'administration des forêts.)

« L'état ci-joint no. 2 présente les résultats de cette administration pendant l'année 1808.

« Les améliorations dans les forêts deviennent chaque jour plus sensibles : les délits sont poursuivis avec plus d'exactitude: les coupes sont déterminées dans une mesure qui garantit une perpetuité toujours égale dans les approvisionnemens en combustible, et l'état a encore recouvré, pendant le cours de l'année dernière, des bois usurpés sur lui dans des temps de troubles.

« Un fonds extraordinaire d'un million a été affecté, partie à l'ouverture de nouveaux débouchés qui doivent faciliter l'exploitation des forêts, partie à des semis et plantations.

« Plus d'abondance et moins de cherté dans les chantiers, deviendront avec le temps, les heureux résultats des nouveaux secours que des circonstances plus prospères mettront VOTRE MAJESTÉ à portée de donner à cette intéressante partie du domaine public.

Il résulte de l'état joint au compte du ministre ;

1°. Que la contenance des forêts impériales est de 2,321,802 hectares. Nota. La contenance des forêts impériales étoit en l'an 1807..

de 2,322,474 hectares : cette quantité a été diminuée en l'an 1808, de 672 hectares de bois restitués.

20. Qu'il a été vendu en 1808, 60,473 hectares et 250,820 arbres épars : ce qui présente une différence en moins , de 512 hectares et de 133,461 arbres, sur la quantité vendue en 1807 (1).

30. Que cette quantité de 60473 hecta, y compris les 230,820 arbres, a produit (2) Par adjudications

publiques . . . 46,836,768" 27": Par les affouages et les délivran

47,076,4854.35C. ces sur estimation. ..

239,717 08.
Les autres produits accessoires sont :
Les menus produits. 406,049 68.
Le décime pour

franc, du pro-
duit des ventes
de bois com-
munaux et d'é-
tablissemens pu.
blics.

1,108,021"86

701,972 18.

(1) Il a été effectivement vendu , en 1807, 60,985 hectares et 364,281 arbres épars ; quantités qui ne se trouvent

pas

les mêmes que celles portées an compte de 1806 dont nous avons présenté l'extrait (page 284 et suivantes du volume des Annales de 1808); parcequ'à l'époque où le compte de 1807 a paru, ces quantités n'étoient

pas

vérifiées et fixées avec précision. (2) Il en est de même des quantités portées ici : on n'a pu encore les vérifier et les fixer, parce que les états des coupes invendues et des arbres abattus ne sont pas tous parvenus à l'administration. La comparaison dont on vient de parler n'est donc qu'approximative.

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