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Bornons-nous à ce qui peut être regardé comme devant concerner plus particulièrement l'administration des forêts, savoir les travaux publics et les mines.

Voici comme s'explique, à cet égard , le ministre:

TRAVAUX PUBLICS : « Le séjour que Sa Majesté fit alors (1) à Paris, a été marqué par le soin qu'elle a pris de régler les parties de la vaste administration de son Empire. Ses ordres ont donné une activité nouvelle aux immenses travaux qu'aucune époque de paix n'a. vu entrepris en si grand nombre, ni suivis avec tant d'ardeur. Des prisonniers de guerre de diverses nations envoyés par la victoire, ont achevé le canal de Saint-Quentin. Deux lieues d'un souterrain imposant, ouvrent la communication entre les fleuves et les mers du nord de l'Empire, les fleuves et les mers. du centre et du midi.

<< Sept mille ouvriers n'ont cessé de travailler au canal du Nord, et près de huit lieues de cette voie nouvelle, ouverte au Rhin et à la Meuse , pour faire arriver leurs eaux réunies à Anvers, sans quitter le sol de la France actuelle , sont exécutées. Ce canal, si important pour le commerce, ne sera pas un moindre bienfait pour l'agriculture. Des landes, égales en superficie à plusieurs départemens, seront peuplées et fertilisées : conquête paisible de l'industrie, elles augmenteront bientôt nos richesses et notre prospérité.

(1) Le ministre parle de l'époque où l'EMPEREUR, comme S. M. l'avoit elle-même annoncé : « replaçoit sur le trône de Madrid son auguste frère, forçoit les Anglois à se précipiter vers leurs raisseaux et ne cessoit de les poursuivre que pour se rapprocher du centre de ses états, pour être plus à portée d'étudier et d'arrêter les projets de l'Autriche, s)

« Deux millions ont été dépenses utilement, en 1809, au canal Napoléon , qui unira le Rhône au Rhin; Marseille, Cologne et Anvers paroîtront baignées par les mêmes eaux.

« Ce canal sera mis en communication avec la Seine, par celui de Bourgogne, dont les travaux abandonnés

par l'ancien gouvernement, viennent de recevoir la plus grande impulsion : déjà, la navigation a lieu de Dôle à Dijon ; on travaille aujourd'hui entre Dijon et le pont de Pauy, entre l'Yonne et SaintFlorentin.

« Plusieurs écluses importantes sur la Seine, sur l’Aube, sur la Somme, ont été achevées en 1809; partout, les projets qui tendent à améliorer les navigations anciennes, à les prolonger , à en créer de nouvelles , ont été entrepris ou suivis avec activité.

« Les travaux maritimes ont fait de grands progrès; ceux de Cherbourg offrent déjà à l'ail étonné, un immense port creusé dans le roc. Sa profondeur a été portée cette année, à trente-huit pieds au-dessous du niveau des hautes mers. Il est garanti de leur invasion par

un bâtardeau, vont l'exécution a été aussi parfaite que l'idée en a été hardie : des revêtemens de granit donnent au port, à ses quais extérieurs, le le caractère le plus imposant de grandeur et de durée ; les fouilles descendront encore de seize pieds; de sorte qu'il restera dans le port de Cherbourg, vingt-six pieds de hauteur d'eau , lors des plus bas

« L'écluse de chasse du Havre est à peu près terminée, elle assurera dès le milieu de la campagne prochaine, l'entrée constante des vaisseaux dans le chenal.

« A Dunkerque, une écluse octogone , qui doit

ses mers.

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dessécher des terreins précieux et assurer une navia
gation facile, a été achevée cette année.

« Le bassin d'Anvers est creusé dans toute sa
partie antérieure , et l'écluse à la mer, s'élève au-
dessus de ses fondations.

« Le port de Cette a été approfondi; il a donné asile à des vaisseaux de haut bord.

« Le port de Marseille offre un mouillage plus facile qu'il n'a jamais été.

« Les routes du Mont-Cénis, du Simplon , celles
qui traversent dans tous les sens , les Alpes, les
Apennins, les Pyrénées, ont reçu un nouveau
degré d'avancement ou de perfection. Des chemins,
aussi beaux que faciles, conduisent d'Alexandrie à
Savone , des bords du Tanaro et du Pô, aux ri-
vages les plus prochains de la Méditerrannée.

« Les grands desséchemens de Bourgoin, ceux
du Cotentin, de Rochefort, ont déjà changé en
terres fertiles, de stériles marais , et leurs résultats,
font bénir le gouvernement par les peuples, étonnes
de n'avoir éprouvé aucun des maux ,
gers , qu'on leur faisoit redouter.

Mines. « Les mines recèlent des richesses qui res-
teroient enfouies sans l'industrie: une législation des,

positive et claire, sera complétée dans le cours de votre session : des moyens d'en recueillir les fruits , les plus prochains , sont préparés. La France possède un grand nombre de houillères précieuses qui nous garantissent de toute crainte de manquer jainais de combustible.

« Des mines de cuivre, de plomb, d'argent s'exploitent : d'autres sont l'objet de recherches et d'expériences »

Ces détails, qui concernent plus ou moins directea ment l'administration des forêts , nous ont paru devoir être connus de MM. les agens forestiers.

même passa

mines,

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No. 6.

Economie du combustible.

Dans le No. précédent ( Voyez page 42 et suivan tes ) j'ai parlé des avantages que présentoit le moyen trouvé par un maître de forges, pour garantir d’incendie les usines où l'on traite le fer , et pour tirer utilement parti du calorique qui se dégage des cheminées des hauts fourneaux, ainsi que de celles des affineries. J'ai indiqué sommairement quelques-uns de ces avantages, et annoncé la possibilité de placer , sur les FOURS, une chaudière dont l'eau, mise en ébullition, donneroit le mouvement à des machines à vapeurs , qui mettroient en jeu des soufflets et des marteaux: sous ce premier rapport et , en ne considérant

que

l'économie du combustible, on aperçoit déjà l'amélioration qui doit en résulter pour la conservation et l'augmentation du produit des forêts. Mais il est un autre point de vue sous lequel la découverte dont il s'agit. doit être examinée : parce qu'elle tend, à la fois, à préserver les usines des ravages du feu, de ceux des grandes eaux, et à leur assurer une activité soutenue.

En effet, on sait que les hauts fourneaux, les forges et les autres usines sont, en général, placés sur des cours d'eau qui, rarement, peuvent leur procurer une activité uniforme.

Dans les temps d'hiver, ou lors des crues d'eau, ces usines ont à craindre les inondations qui endommagent plus ou moins les digues, les écluses, les empellemens, dont la réparation exige une dépense souvent considérable , et entraîne un chomage qui ajoute encore à la perte. Dans les mois de sécheresse, la plupart de ces usines manquant d'eau, restent sans activité: les machines à vapeurs, dont on vient de

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perfectionner le mécanisme et de faciliter l'usage ,
donneront le moyen d'assurer , sans aucune dépense
de combustible, l'uniformité et la continuité du tra-
vail des soufflets et des marteaux.

Observons de plus que, très-souvent, les usines
sont placées sur des rivières, dont elles obstruent la na-
vigation; cette circonstance empêche dès-lors le trans-
port des bois qu'assureroit le flottage que, sans les usi-
nes, on parviendroit à établir. D'où il résulte une
perte évidente pour l'état qui, d'un côté, se trouve
privé des avantages que lui présenteroit un débouché
aussi certain que peu dispendieux; et qui, d'un autre,
vend ses bois moins avantageusement, quand les
forges n'ayant pu , à raison du défaut d'eau, consom-
mer leurs approvisionnemens de l'année précédente,
ne se trouvent point dans la nécessité de les renouveler.

L'économie du combustible, l'activité continuelle
des usines , leur conservation, l'amélioration dans le
produit des forêts, semblent donc résulter du procédé
nouveau qui nous occupe.
Pour
que

nos lecteurs n'aient aucun doute sur l'ef-
ficacité de ce procédé, je donnerai ici l'extrait de
la lettre que je viens de recevoir de M. L. C. direc-
teur d'une fonderie de canons, et qui est proprié-
taire d’usines nouvellement établies dans les Pyrénées.

Cette lettre est datée des établissemens mêmes ou le procédé dont j'ai rendu compte, est mis en usage.

* Veuillez me permettre de vous faire part du plaiď sir que j'ai éprouvé en visitant les superbes ateliers « de M. À *** T, et surtout en voyant son inge« nieux procédé pour fabriquer le fer, en écono” misant un quart de charbon, par l'anéantissement «c de l'énorme gerbe de feu qui menace continuelle« ment d'embraser nos établissemens ; et en la con" centrant dans un four, où il traite deux mille

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