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peu d'années.

dises, ou comptent leur argent, et où le Le cardinal de Richelieu créa en 1642, plus souvent leur caisse est déposée. une espèce de compagnie des Iudes ; ses

vues étaient mal conçues ou furent mal On nomme encore comptoir, en termes

secondées; celte compagnie fut ruinée en de relations, un bureau général de commerce établi dans différentes villes des Indes, pour chaque nation de l'Europe. Ainsi à Il était réservé, à Louis XIV, en créant Surate, à Amadabat il y a des comptoirs de la marine française, de tracer à ses peuples Hollandais, d'Anglais, de Français; des

une nouvelle route vers la gloire, et de bureaux où chacun d'eux fait son trafic à

leur ouvrir de nouvelles sources de ripart. Les plus fameux comptoirs sout ceux

chesse; mais Louis XIV, plus heureux que des villes apséatiques, établis à Anvers, à son prédécesseur, était secondé par Colbert. Berghen , à Novogorod, et autres villes de Indépendamment des priviléges qu'il acl’Europe; car ce sont de grandes maisons corda aux deux compagnies, qui, sous ses magnifiquement bâties, qui ont trois ou auspices, entreprirent le commerce des quatre cents chambres magnifiquement Indes, il les aida de quatre millions, qui, meublées, qui entourent une grande cour aujourd'hui , en feraient huit de notre monavec plusieurs cabinets, portiques, gale- naie. Les commencemens de cette entreprise ries, magasins et greniers pour y recevoir furent assez brillans; mais elle perdit bientoutes sortes de marchands et de marchan tôt ses capitaux, son crédit, et enfin ses dises. Ils y ont un consul ou juge, avec ressources , avec le génie qui la conduisait. plusieurs officiers et serviteurs de leur

Colbert étant mort en 1683, le commerce nation, même des colleges et des précep- des lodes fut presque entièrement anéanti teurs entretenus , parce qu'ils y envoient

et ruiné. leurs enfans pour apprendre les langues et Le système de Law, si funeste à tant de le négoce, et faire rendre compte à leurs citoyens, raniina l'esprit de commerce et facteurs et commissionnaires.

la compagnie des Indes en 1719. ( Voyez L'histoire des établissemens des Euro- ci-devant les articles Commerce et compéens modernes dans les Indes est connue.

pagnies. On sait que les Français sont arrivés un peu

Par-tout où la domination française est plus tard que les autres peuples pour par- paisiblement établie, les colons y font le lager les riches dépouilles de ces contrées. commerce,

ainsi
que

dans les villes et ports Quelques négocians de Rouen, conduits de l'Europe. Les comptoirs n’existent que par Genonville, avaient basardé un faible dans les pays dont les naturels sont encore armement en 1535; mais ils essuyèrent au maitres, et en verlu des traités faits avec cap de Bonne-Espérance des tempêtes si violentes, qu'ils furent obligés de revenir

Les Français domiciliés dans les différens en Europe, après avoir long-temps erré

comptoirs de la nation, sont sujets entre eux sur des côtes inconnues, et y avoir couru

aux lois du royaume et aux règlemens parles plus grands dangers.

ticuliers faits pour les colonies. Une société formée en Bretagne en 1601, Par un décret de l'assemblée législative, expédia deux navires, pour prendre part, du 12 janvier 1792 (0° 306, pag. 66), s'il était possible aux richesses de l'Orient, quatre commissaires civils furent nommés que les Portugais, les Anglais et les Hollan

pour les iles de France et de Bourbou , dais se disputajent. Pyrard qui les com

dont la mission s'étendait à tous les établismandait, arriva aux Maldives, et ne revit

semens français au-delà du cap de Bonnesa patrie qu'après dix ans d'une navigation Espérance; et ils furent chargés par le malheureuse.

même décret de visiter toutes les iles et Girard le Flamand et le capitaine Réginon tous les comptoirs français de l'Inde, et de essa yèrent en 1616, 1619 et 1633, de faire des rapports exacts sur les concessions , former des associations de commerce pour les réformes et les améliorations dont ils l'Inde; mais ces tentatives ne réussirent étaient susceptibles; de présenter aussi des poiot.

vues et des projets sur les territoires qui

eux.

pourraient y être ajoutés, par cession libre crites; et les railleries, ou pour mieux dire et amicale de leurs légitimes possesseurs et

les satires devinrent si sanglantes, que l'aunon autrement.

torité royale, de concert avec la puissance Un décret de la couvention nationale,

ecclésiastique, détruisit cette compagnie. du jer août 1793 (feuilleton 305, pag. 5). On en appelait le chef'; l'abbé des conards déclare traîtres à la patrie, tous Français

ou des cornards. Cette place qu'on n'obtequi placeraient des fonds sur les comptoirs

nait qu'à la pluralité des voix, était fort

enviée. ou banques des pays avec lesquels la république serait en guerre.

Les conards avaient droit de juridiction

pendant leur divertissement, et ils l'exerCOMPULSOIRE. Tome 5, page 59. çaient à Evreux dans le lieu où se tenait

alors le bailliage, mais qui cessa d'être le COMPUT.

même depuis l'établissement du présidial.

Tous les ans ils obtenaient un arrêt sur. Terme de chronologie; computatio. Il ne requête , du parlement de Paris ayant l'étase dit que des suppulations des temps qui blissement de celui de Rouen; et de celuiservent à régler le calendrier et les fêtes de ci depuis le 16e siècle, pour exercer leurs, l'église , comme le cycle solaire , le nombre facéties. d'or, l'épacte, l'indiction romaine, et le

Taillepied , dans son Livre des antiquités temps des fêtes mobiles, aussi bien que les

et singularités de la ville de Rouen, dit que calendes , ides , quatre-temps , bissexte, etc.

dans cette ville les conards avaient leur Scaliger dit que c'est Julius Firmicus, qui, le premier, s'est servi du mot de computus velle, où ils avaient un bureau pour con

confrairie à Notre-Dame de Bonne-Nouen ce sens , lequel, dans la basse latinité, a aussi signifié un chapelet, ou plusieurs sulter de leurs affaires. « Ils ont succédé,

dit-il, aux coque-luchiers, qui se présengrains enfilés.

taient le jour des rogations en diversité COMPUTISTE.

d'habits; mais parce qu'on s'amusait plutôt

à les regarder qu'à prier Dieu, cela fut C'est le nom qu’on donne à un officier de réservé pour les jours gras à ceux qui jouent la cour de Rome dont la fonction est de des faits vicieux, qu'on appelle vulgairerecevoir les revenus du sacré collége. On le ment conards ou cornards, auxquels par donne aussi à celui qui travaille au comput, choix et élection préside un abbé mitré, et à la composition du calendrier : Qui crossé et enrichi de perles , quand solennelcomputat, computator, computorum auctor. lement il est trainé en un charriot à quatre

chevaux le dimanche gras et autres jours de COMTE, COMTÉ. Tome 5, page 72.

bacchanales. » Le titre de comte ne pourra être pris

A Evreux on le menait avec beaucoup et donné par qui que ce soit. (Loi du 19-23

moins de pompe ; on le promenait par toutes juin 1790.)

les rues et dans tous les villages de la banlieue monté sur un âne et habillé

grotesCONARDS ou CORNARDS. quement. Il était suivi de sa compagnie,

qui, pendant la marche, chantait des cbanNom d'une ancienne société qui subsis- sons burlesques, moitié latin, moitié frantait autrefois dans les villes d'Evreux et de cais, et la plupart du temps très - satiri-, Rouen, et qui y a fleuri pendant plus d'un ques. siècle. L'objet de cette compagnie était ridi

Ce dernier excès fit supprimer la comcule, et ressemblait assez à celle des fous et pagnie des conards , dont la principale fèle à celle de la mère folle de Dijon.

se célébrait à la Saint-Barnabé; età sa place Le premier but de son institution cepen- Paul de Capranic nommé à l'évêché d'Edapt était de corriger les moeurs en riant; vreux en 1420, établit une confrairie dite mais cette liberté ne demeura pas long; de Saint-Barnabé, pour réparer, dit-il, les temps dans les bornes qu'elle s'était pres- crimes, malfacous, excès et autres cas in

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humains cominis par celle compagnie de découlent, le but auquel il teud, et la maconards, au déshonneur et irrévérence de pière dont il l'atteint. Dieu, notre créateur, de saint Barnabé et

C'est en conséquence de tout ce que supde la sainte Eglise.

pose ainsi la conception dans l'esprit, que Voyez le Glossaire de Ducange, et le l'on dit que l'on conçoit une démonstration, Supplément de Morery'.

que l'on concoit le mécanisme d'une

pompe, d'une sphère armillaire, que l'on 1. CONCEPTION. (Logique.) conçoit un système d'astronomie, de bola

nique, d'histoire naturelle, etc. Ces mots qui, dans le sens propre expri

Il parait par le détail de ce qu'une heument une action physique, ont été trans

reuse conception suppose dans l'intelligence portés aux choses spirituelles, pour exprimer cet acte de 'l'entendement, qui, les choses elles-inèmes, pour être conçues,

dont on dit qu'elle conçoit les choses, que saisissant un certain nombre d'idées dont doivent être présentées sous une l'assemblage forme un tout, se les repré- à en faciliter la conception. Les conditions

face propre sente dans leur ensemble et sous leurs vrais

nécessaires pour cela , de la part de l'objet rapports, en sorte qu'il a du tout une idée composée , mais distincte, dont il apperçoit que l'on veut concevoir , sont : 1° que l'on

emploie pour la faire connaître des expresles relations, les dépendances et les consé

sions claires et entendues dans leur vrai quences, et par rapport auquel il peut porter

seps par celui que l'on veut instruire ; des jugemens, former des raisonnemens , et

2° que l'on exprime toutes les idées essenprendre des résolutions fondées sur une

tielles qui entrent dans celles du tout; 3o que connaissance distincte.

l'on n'y mêle rien d'étranger et d'inutile; La conception est donc l'acte, ou la capa. 4° que l'on présente ces idées dans lení cité de faire l'acte par lequel l'entendement

ordre véritable, et sous leurs vrais rapse représente l'objet d'une idée composée, ports; 50 que l'on indique le but et les assez distinctement, pour en appercevoir raisons des choses

raisons des choses que l'on présente ; 6o que les rapports extérieurs ou intérieurs, les l'on montre les couséquences que l'on veut principes , les causes et les conséquences. On ne conçoit point ce qu'on ne se repré- Un esprit bienfait à qui l'on présente sente que d'une manière confuse, ce dont ainsi les choses, non seulement les concevra on n'apperçoit pas la raison, dont on ne telles qu'elles sont, mais encore, aidé par voit pas les divers rapports réels qui sub- l'attention et la méditation, il perfectionsistent, soit entre les parties du tout,

soit

ces idées, il en découvrira de nouentre le tout et les objets extérieurs, dont veaux rapports et de nouvelles conséquences; on de découvre pas les priocipes qui don- iloapperçevra de pouveaux moyens ,,

de Dent lieu à la chose et les conséquences nouveaux effets, et de plus grandes utiqui en découlent.

lités. L'acte de l'intelligence, que l'on nomme

La faculté de concevoir est en partie déconception, suppose donc, 10 la faculté pendante de la perfection des sens , qui nous d'avoir des idées simples des choses; 20 celle fournissent les idées des choses sensibles et de se' représenter clairement les idées com- de leurs rapports; en partie de celte orgaposées; 30 celle de savoir les décomposer pisation intérieure, qui est comme l'outil par l'abstraction pour les rendre distinctes ; immédiat de l'ame, ou

immédiat de l'ame, ou le moyen de son 4° la capacité d'appercevoir les rapports de commerce avec le corps ; mais beauconp chacune d'elles avec les autres, qui par leur plus encore de l'exercice fréquent, régulier ensemble ; forment l'objet entier; 50 le et babituel des facultés de polre jotellipouvoir de se représenter le tout avec ses gence, l'attention, la méditation, la méparties comme” un seul objet; 60 celui de thode, l'habitude des idées distinctes qui est découvrir les principes ou raisons de son le fruit de l'usage de l'abstraction, qui existence; igo celui d'appercevoir' les effets décompose les idées ei qui en voit les rapqui en résultenr, les conséquences qui én pórts.

en tirer.

nera

La conception, dit le chevalier de Jau- consacrée pour lous les peuples civilisés, a court, ne fait pas le génie; mais sans elle , son origine, et parait avoir są cause dans la le génie n'existe pas. Elle le fait sortir, elle nature même. Le mariage établit, mainl'étend, elle ouvre devant lui la carrière tient et renouvelle les familles; son objet dans laquelle il s'exerce; elle maintient son principal est de veiller sur l'existence, sur feu et augmente son énergie lorsqu'elle agit l'éclucation des enfans. Sa dignité inspire un promptement, et que d'un coup d'oeil elle respect religieux. Les avantages que la saisit l'ensemble et les vrais rapports des société en retire doivent être principale

choses ; c'est l'activité de la conception qui ment attribués à ce que, pour fixer la . aide et anime l'industrie, et qui donne nais- paternité, il établit une présomption qui,

sance aux inventions si nécessaires dans les presque toujours, suffit pour écarter tous arts et dans les sciences.

les doutes. La facilité de la conception est nécessaire

Cette présomption admise chez tous les à l'homme d'état, au magistrat, au juris- peuples, est devenue une règle d'ordre puconsulte et à tous ceux qui sont employés blic dont l'origine, comme celle du maau maniement des affaires publiques, soit riage, se perd dans la nuit des temps; elle au dedans ou au dehors. L'administration réside dans cette maxime : Pater est quem languit sous un homme d'une conception

nuptiæ demonstrant. Quels pourraient donc dure, lente et pénible. Les affaires trainent; être les indices plus puissaps, plus imporien ne s'achève; on manque des hommes

sans , que ceux qui résuliedi de la foi proprécieux ; les abus se multiplient, ou pren- mise des deux époux , de leur cohabitation, nent une force qui les rendent impossibles des regards de leurs concitoyens au milieu à extirper. Sous un mivistre dont l'esprit desquels ils passent leur vie. pénétrant saisit au premier abord les différentes faces des choses, l'expédition des Cependant lorsqu'on est forcé d'avouer affaires est prompte et facile. On exécute que celle règle , si nécessaire au maintien comme il conçoit; la machine du gouver de la société, n'est établie que sur des innement est dans une action continue; les dices, le législateur se mettrait en opposition affaires ne font pour ainsi dire que paraitre avec les premiers élémens du droit de la et disparaître.

raison, s'il faisait prévaloir une présomp

tion à une preuve positive, ou à une preuve 2. CONCEPTION. (Médecine. Physiologie.) plus forte. Au lieu de soutenir la dignité du

mariage, on l'avilirait ; on le rendrait C'est l'action par laquelle un enfant odieux, s'il servait de prétexte à légitimer est conçu dans le ventre de sa mère.

un enfant, qui, aux yeux du public con

vaincu par des circonstances décisives, n'apPrésomption légale.

partiendrait point au mariage. 2. La nature a voulu couvrir d'un voile

Tel serait le cas où le mari aurait été impénétrable la transmission de notre existence; cependant l'ordre social veut que la

dans l'impossibilité physique de cohabiter

avec sa femme. Cette impossibilité peut paternité ne reste pas incertaine. C'est par elle que les familles se perpétuent, et

avoir pour cause l'éloignement ou quelque qu'elles se distinguent les unes des autres;

accident; la distance qui a séparé le mari

et la femme doit avoir toujours été telle , c'est une des principales bases de l'association; on doit donc la maintenir et la con

qu'il ne reste aucun doute sur ce qu'il n'a solider.

pu y avoir eu aucun rapprochement. Il est à regretter que pour établir des La loi n'a dû admettre contre la prérègles sur les moyens de la constater, la somption résultant du mariage, que les nature seule ne puisse plus servir de guide. accidens qui rendent physiquement imposa Il a fallu, pour y parvenir, s'attacher à sible la cohabitation. Elle a aussi dû prédes faits extérieurs et susceptibles de preu- venir tous ces procès scandaleux ayant pour ves : c'est le mariage. On trouve un premier prétexte des infirmités plus ou moins gra , point d'appui dans celle institution, qui, yes, ou des accidens don; les gens de l'art

1.

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ne

De peuvent tirer que des conjectures trom- d'impossibilité morale ; et c'est là où repose peuses.

le noeud de l'apparente contradiction que L'art. 312 du Code Civil dispose : « L'en- l'on reproche à cet article. fant conçu pendant le mariage a pour père A la vérité ces deux circonstances qui le mari; néanmoins celui-ci pourra désa- font admettre cette dernière preuve, quoivouer l'enfant, s'il prouve que, pendant le que bien graves, quoique bien fortes toutes temps qui a couru depuis le trois-centième deux, ne sont pas capables de balancer la jour jusqu'au cent-quatre-vingtième avant présomption légale qui résulte du mariage; la naissance de cet enfant, il était, soit mais si le mari fonde son désaveu sur ces pour cause d'éloignement, soit par l'effet de

l'effet de deux probabilités, et qu'il prouve tous les quelque accident, dans l'impossibilité phy- faits propres à justifier qu'il n'est pas

le sique de cohabiler avec sa femme.

père de l'enfant, alors cette réunion de faits Art. 313. « Le mari ne pourra, en allé

et d'indices, forme, comme on l'a judicieuguant son impuissance naturelle, désavouer sement observé, une masse de présomptions l'enfant; il ne pourra le désavouer, même qui ne laisse plus à celle que l'on peut tirer pour cause d'adultère, à moins que la nais du mariage, son influence décisive. sance ne lui eût été cachée, auquel cas il Ainsi donc le premier et le second articles sera admis à proposer tous les faits propres se concilient parfaitement, puisque l'un ne à justifier qu'il n'en est pas le père. fait qu'une seule exception à la règle géné

rale, et que l'autre y apporte plusieurs Art. 314. « L'enfant né avant le cent

restrictions; puisque la première disposition quatre-vingtième jour du mariage, ne pourra être désavoué par le mari, dans les s'applique à tous les cas, et que la seconde

est bordée aux deux circontances qu'elle a cas suivans : 10 s'il a eu connaissance de la grossesse avant le mariage; 20 s'il a assisté prévues, von, à la vérité, pour fonder le à l'acte de naissance, et si cet acte est signé

désaveu, mais uniquement pour faire adde lui, ou contient sa déclaration qu'il ne

mettre la preuve qui l'autorise. sait signer; 30 si l'enfant n'est pas déclaré

Si l'on admettait une toute autre interviable.

prétation que celle qu'on vient de donner, Art. 315. « La légitimité de l'enfant né

il en résulterait que l'art. 313, loin de con

tenir une nouvelle disposition plus large et trois cents jours après la dissolution du ma

plus étendue que celle portée par l'art. 312, riage, pourra être contestée.

la modifierait au contraire, et la restreinQuelques personnes ont cru remarquer drait, en ne la rendant applicable qu'au cas une sorte de contradiction entre les articles de l'adultère prouvé, et du recel de la naisque nous venons de citer, en ce que l'un sance de l'enfant; tandis qu'indépendante admet généralement et sans restriction la de toute circonstance, elle s'applique nécespreuve de l'impossibilité physique, comme

sairement à tous les cas. mogen absolu de désaveu; et que l'autre au

Quant à la maxime que l'enfant conçu contraire , en déclarant admissible la preuve pendant le mariage a pour père le mari , de la non paternité dans les deux cas qu'elle exprime, semble subordonner cette l'avouer, un de ces principes doort la vérité

cette règle générale, n'est point, il faut même preuve à ces deux conditions.

soit mathématiquement démontrée ; mais Mais cette contradiction prétendue dis- enfin, c'est une présomption légale qui paraitra bientôt, si l'on considère que le doit avoir toute la force d'une preuve, juspremier article n'admet que l'impossibilité qu'à ce qu'elle soit renversée par une preuve

contraire. physique, et l'adme dans tous les cas, sans même qu'il soit besoin de recourir à l'ex On prévoit d'avance pourquoi la loi se ception de l'adultère ; et que le second article fonde ici sur une présomption, et non sur admet, dans le cas de ladultère prouvé, un principe : c'est qu'ayant à statuer dans et du recel de la naissance de l'enfant, non une matière qui n'est pas de son domaine, seulement la preuve de l'impossibilité phy

sibilité phy- et sur un fait aussi incertain que la patersique, mais encore la preuve d'une sorte nilé, il n'était pas une seule règle de vérité Tome XII.

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