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Paris. – Soc. d'imp. PAUL DUPONT, 41, rue J.-J.-Rousseau. (Cl.) 10.1.84.

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E. DENTU, LIBRAIRE-ÉDITEUR

PALAIS-ROYAL, 15-17-19, GALERIE D'ORLÉANS

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PRÉFACE

En écrivant cette première partie de nos Mémoires, nous avons eu principalement pour but de retracer les événements du Deux-Décembre; nous avons voulu montrer quel enchaînement de circonstances en avait fait naître la nécessité et mettre en lumière les conséquences qu'il avait engendrées.

Pourquoi avons-nous appelé mémoires ce qui, plus naturellement, eût dû prendre le titre d'histoire du Deux-Décembre ? Quelques mots suffiront pour le dire.

Dans une oeuvre purement historique, l'écrivain a le devoir de se tenir soigneusement en dehors des faits qu'il expose. Or, la part prise par nous aux événements dont nous avions à parler rendait impossible une abstraction complète de notre personnalité. Ce que nous avons vu, ce que nous avons su, ce que nous avons fait, devait, pour conserver tout son intérêt, être présenté, à certains moments, sous la forme particulière aux mémoires. Avec notre titre, nous avons eu plus de liberté pour écrire et pour donner une série de détails que la méthode rigoureusement historique nous eût forcé à présenter sous une forme moins vivante.

En pénétrant, comme nous l'avons fait, dans l'intimité de cette intéressante époque qui commence et finit avec la présidence de Louis-Napoléon, nous nous exposons peut-être encore à réveiller des susceptibilités et à ranimer des colères. Et cependant plus de trente années nous séparent des événements dont on va lire le récit. A semblable distance, les faits ne doivent-ils pas apparaitre déjà sous leur véritable jour ? Ne peut-on pas espérer, sur eux, un jugement impartial ! C'est pour qu'il en soit ainsi que nous. avons, non sans une explicable impatience, attendu jusqu'à ce moment pour publier ces mémoires. A cet ajournement, nous avons trouvé un autre bénéfice. Nous avons pu voir se dérouler une série de publications faisant, par leurs calomnies, un scandaleux outrage à la vérité, et nous avons été amené par l'examen de ces libelles à rétablir, dans leur exactitude, des faits complètement dénaturés.

Peut-être attendait-on plus de nous; peut-être eût-on voulu la rectification détaillée de toutes les faussetés inventées par nos détracteurs. Nous eussions pu, en effet, nous donner cette satisfaction; mais à quelles interminables digressions n'eût pas entraîné

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