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N. B. Nous n'avons suivi dans ce Recueil qne l'ordre chronologique des pièces qui le composent: ordre qui offre de singuliers rapprochemens. Par exemple, les décrets que Buonaparte rendit à Lyon, pour dissoudre le

gouvernement royal, sont du 13 mars, et ce même jour, Buonaparte fut mis hors des relations civiles et sociales par le congrès de (Vienne,

Le 25 mars, un décret impérial renouvelle les lois de la république contre la Famille des Bourbons, et ce même jour paroît un

d'Angleterre, M. de Goltz, ambassadeur de Prusse, M. Pozzo di Borgo, ambassadeur de Russie.

Dans cette conférence, relative à une demande de passeports faite par Lucien Buonaparte pour se rendre en Amérique, il a été résolu que les Etats-Unis ayant reçu un grand nombre de mécontens et de réfugiés français, la présence de Lucien Buonaparte dans ce pays seroit plus dangereuse qu'en Europe, où il peut être mieux surveillé.

Il a été reconnu aussi qu'il étoit convenable de lui assigner une autre résidence que celle de Rome, où la surveillance est difficile à exercer, et de l'éloigner des côtes, afin de rendre ses projets d'évasion plus difficiles.

Nota. Le Courrier qui donne cette pièce ajoute qu'on doit à l'activité du gouvernement espagnol les premières informations sur les intrigues des révolutionnaires en Europe et en Amérique.

nouveau traité des puissances contre l'invasion de Napoléon Buonaparte (1).

Le 24 avril, résurrection des jacobins par le pacte fédératif signé en Bretagne; et ce même jour, manifeste du Roi dont les paroles paternelles viennent charmer et consoler tous les bons Français au milieu des sinistres accens de la tyrannie. Nous ne pousserons pas plus loin ces rapprochemens; il suffit d'avoir mis sur la voie la sagacité du lecteur, qui n'aura pas de peine à les multiplier.

(1) Ce traité n'offrant que des mesures pour l'exécution de la déclaration du 13 mars , nous ne l'avons pas rapporté parmi les Pièces justificatives.

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PIÈCES JUSTIFICATIVES.

N' I.

PROCLAMATION DE S. M. L'EMPEREUR,

au peuple français.

Au golfe Juan, le 1er mars 1815. NAPOLÉON , par la grâce de Dieu et les constilutions de l'Etat, empereur des Français, etc. etc. etc.

Français ! La défection du duc de Castiglione livra Lyon sans défense à nos ennemis; l'armée dont je lui avois confié le commandement étoit, par le nombre de ses bataillons, la bravoure et le patriotisme des troupes qui la composoient, à même de battre le corps d’armée autrichien qui lui étoit opposé, et d'arriver sur les derrières du flanc gauche de l'armée ennemie qui menaçoit Paris.

Les victoires de Champaubert, de Montmirail, de Château-Thierry, de Vauchamp, de Mormans, de Montereau , de Craonne, de Reims, d'Arcis-surAube et de Saint-Dizier; l'insurrection des braves paysans de la Lorraine, de la Champagne, de l'Alsace, de la Franche-Comté et de la Bourgogne, et la position que j'avois prise sur les derrières de l'armée ennemie, en la séparant de ses magasins de ses parcs de réserve, de ses convois et de tous ses équipages, l'avoient placée dans une situation désespérée. Les Français ne furent jamais sur le point d'être plus puissans, et l'élite de l'armée ennemie étoit perdue

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sans ressource; elle eût trouvé son tombeau dans ces vastes contrées qu'elle avoit si impitoyablement saccagées, lorsque la trahison du duc de Raguse livra la capitale et désorganisa l'armée. La conduite inattendue de ces deux généraux: qui trahirent à la fois leur patrie, leur prince et leur bienfaiteur, changea le destin de la guerre. La situation désastreuse de l’eunemi étoit telle, qu'à la fin de l'affaire qui eut lieu devant Paris, il étoit sans munitions, par la séparation de ses parcs de réserve,

Dans ces nouvelles et grandes circonstances, mon cæur fut déchiré ; mais mon âme resta inébranlable. Je ne consultai que l'intérêt de la patrie; je m'exila i sur un rocher au milieu des mers. Ma vie vous étoit et devoit encore vous être utile. Je ne permis pas que le grand nombre de citoyens qui vouloient m’accompagner partageassent mon sort; je crus leur présence utile à la France, et je n'emmenai avec moi qu'une poignée de braves nécessaires à ma garde.

Elevé au trône par votre choix, tout ce qui a été fait sans vous est illégitime. Depuis vingt-cinq ang la France a de nouveaux intérêts , de nouvelles institutions, une nouvelle gloire, qui ne peuvent être garantis que par un gouvernement national et par une dynastie née dans ces nouvelles circonstances. Un, prince qui régneroit sur vous, qui seroit assis sur mon trône par la force des mêmes armées qui ont ravagé notre territoire, chercheroit en vain à s'étayer des principes du droit féodal; il ne pourroit assurer l'honneur et les droits que d'un petit nombre d'individus ennemis du peuple, qui depuis vingt-cinq ans les a condamnés dans toutes nos assemblées nationales:

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