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De zéro à 30 degrés centigrades, le volume de l'acide carbonique liquide augmente dans le rapport de 20 à 29, ce qui donne 0,015 pour le coefficient de la dilatation, pour chaque degré d'augmentation en température, à partir de zéro, c'est-à-dire le quadruple du coefficient de la dilatation des gaz, qui est, comme on sait, de 0,00375. Ce résultat est véritablement extraordinaire, et change toutes nos idées sur la dilatabilité des corps.

M. Faraday avait estimé à 36 atmosphères la force élastique de l'acide carbonique liquide à la température zéro. Nous ignorons quel est le nombre obtenu par M. Thilorier. Il annonce que la pression augmente d'une atmosphère par degré de température; mais, près du point de liquéfaction de l'acide carbonique, ce gaz ne suivrait plus rigoureusement la loi de Mariotte, la densité augmentant plus rapidement que la pression. Ce fait avait déjà été observé

par M. Oersted pour

gaz

acide sulfureux. Maintenant, si l'on considère qu'un volume déterminé d'acide carbonique liquide, renfermé dans un espace dont il n'occupe pas toute la capacité, augmente par le réchauffement, et diminue par sa transformation en vapeurs de plus en plus condensées, on pourra considérer trois cas : celui où la dilatation surpasse l'effet de vaporisation; celui où la vaporisation dépasse la dilatation; celui enfin où ces deux effets sont égaux et se contrebalancent. Tous ces cas dépendent du rapport entre les volumes primitifs du liquide et de l'espace qu'il laisse inoccupé. Dans le premier cas, le liquide se dilatera par la chaleur et se contractera par le froid; dans le second

cas, le liquide semblera se contracter par la chaleur et se dilater par le refroidissement; dans le troisième cas, le liquide sera comme insensible aux impressions de la chaleur.

le

C'est par des considérations de ce genre que M. Tulorier a pu mesurer les lois de la vaporisation de l'acide carbonique. I a trouvé, par exemple, que si l'on remplit aux deux tiers la capacité d'un tube par de l'acide carbonique liquide à zéro, on obtiendra une dilatation uniforme, et l'on aura ainsi formé un thermomètre très-sensible, c'est-à-dire qui marchera considérablement pour chaque degré de variation en température; mais ici, il fait une remarqne qui ne semble pas tout-à-fait juste.

Il rappelle que la capacité des boules des thermomètres ordinaires, diminue avec le temps par une contraction lente des molécules du verre. Alors il donnerait la préférence aux thermomètres d'acide carbonique, fermés d'un simple tube de verre très-épais, sur lequel la pression de l'atmosphère n'aura aucune influence. Ce n'est pas la pression de l'air qui fait varier les boules des thermomètres ordinaires, mais bien les changemens de température, et ces altérations ne sont pas toujours dans le même sens, comme l'a fait remarquer M. Bellani, dont les expériences ont été vérifiées par M. Despretz. Le verre, quelle que soit d'ailleurs son épaisseur, n'obéit pas instantanément aux variations de la chaleur; mais il lui faut un temps assez considérable pour prendre un volume correspondant à une température déterminée. Ainsi un thermomètre, en passant d'un liquide chaud à un liquide froid, n'accusera pas la même différence de température que s'il avait passé du liquide froid au liquide chaud.

M. Thilorier fixe à 0,83 la densité de l'acide carbonique liquide à la température zéro, en prenant pour unité la densité de l'eau.

L'acide carbonique liquide se dissout en toute proportion dans l'alcool, l'éther, etc. Le potassium le décompose, mais non les métaux ordinaires.

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Un jet d'acide carbonique, dirigé sur un thermomètre à alcool, fait tomber celui-ci à la température de ga degrés spus zéro. Ge froid serait encore plus considérable si l'on pouvait couvrir toute la boule du thermomètre par le jet d'acide carbonique; car le refroidissement s'opère seulement. sur le point de la boule du thermomètre touché par le jet. Ce froid produit une sensation de brûlure; mais l'épiderme seule en est affectée.

M. Thilorier a formé un mélange d'éther et d'acide carbonique, qui reste gazeux aux températures ordinaires, et qui peut servir à produire des froids intenses par son expansion subite : de là, une espèce de chalumeau de froid, qui peut congeler le mercure. L'auteur remplacera l'éther par le sulfure de carbone, et il espère obtenir ainsi des effets encore plus marqués. '

5.61 A la température, zéro, l'acide carbonique liquide se vasí. porise en un volume douze fois plus grand. A 30 degrés, le, liquide triple son volume en passant à l'état gazeux au maxis. mum de pression. De zéro à 30 degrés, la pression maximum du gaz s'élève de 36 atmosphères à 33.

Les recherches de M. Thilorier sur l'acide carboniqne linie quide sont du plus haut intérêt; et il est bien extraordinaire ! que M. Faraday n'ait pas poursuivi sa découverte. Afina d'être justes envers tout le monde, nous ajouterons query M. Cagnard Latour était arrivé à des résultats semblables i, sur l'éther, et l'alcooi a renfermés dans un tube de verre à fortes parois, ces liquides occupant la moitié et même les deux tiers de la capacité du tube, passaient à l'état de vapeurs invisibles quand on élevait suffisamment leur températuregi! en sorte qu'on voyait des liquides devenir fluides élastiques, l, sous un volume tout différent. Ces belles expériences sont demeurées presque inconnues; elles se trouyent consignées

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dans quelque compte-rendu des travaux de l'Académie, et l'on semblait même douter de leur réalité. Nous engageons M. Caghard Latour à les reprendre.

Une nouvelle eothmunication faite le 12, à l'Académie, a dépassé tout ce que l'on pouvait attendre, et l'auditoire est demeuré comme pétrifié à l'audition de pareils faits; car

il ne s'agir de rien moins que de la solidification de l'acide carbonique. Ce corps qui, à la température de zéro, possède une forbe élastique maximum de 36 atmosphères, en possede encore une de 26 atmosphères à 20 degrés sous zéro, et devient solide Vers tod degrés sous zéro. Voici comment on obtient ce dernier résultat:

On reçoit un fet d'acide carbonique liquide dans une fiole de ferre : l'expansion de ce corps, qui prend alors un volume ettitoi 468' fois plus grand, produit un froid si intense qu'une partie d'acide carbonique se co'ngěle en une poudre blanche, pulvéralente, et'adhérente au verre. Cette poudre subsiste durant quelques minutes et sans compression; on peut la manier quelques instans. Si l'ón pose le doigt sur une pårcelle d'acide carbonique solide, la chaleur la résout en gáz dont l'expansion repousse le doigt. Quelques décigrammes de cette poudre, renfermės dans un tase, finissent bientôt pat lancer le bouchon.

L'acide carbonique solide conserve un peu d'eau, provedänt sans doute de l'humidité de l'air. Cependant, pour levet tous les doutes, il serait nécessaire de faire disparaître l'eau Hygrométrique, tant de l'air que des vases, parce qu'on pourrait croire que cette eau facilite la congélation de l'acide, comme dans le cas du chlore. Quant à la température de cette congélation, pour la déterminer, on a fait usage d'un thermomètre à alcoól qui a marqué 86 degrés sous zéro, à quoi il faut ajouter ehviron 7 degrés pour la colonne du

thermomètre , qui n'a pu être refroidie; en sorte que le froid
observé n'était

pas
moindre

que 93 degrés.
M. Thénard ajoute que tous ces faits ont été vérifiés par
lui, et par les autres commissaires, au nombre desquels se
trouve M. Dulong

ainu

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Propriétés moléculaires de l'acide tartrique, par M. Biot.

Lorsqu'un même poids d'acide tartrique, pur et crise, tallisé, est dissous dans diverses proportions d'eau distillée, à des températures comprises entre 22° et 26°. centésimaux ( telles que l'ont été dernièrement les températures ordinaires ), si l'on fait traverser ces diverses solutions par un rayon polarisé d'une réfrangibilité fixe, tel que le donne par exemple un verre rouge coloré par le protoxide de cuivre, on observe les phénomènes suivans :

» 1. Pour chaque dissolution, observée à diverses épaisseurs, le plan primitif de polarisation est dévié vers la droite, d'une quantité angulaire exactement proportionnelle au poids d'acide que le rayon a traversé.

» 2° Mais l'étendue absolue de cette déviation, pour le niême poids d'acide, varie selon les proportions d'eau que

la solution contient. Depuis la limite de 60/100 jusqu'à 20/100 d'acide dans l'unité de poids de la dissolution, la déviation du rayon, pour un poids égal d'acide įraversé, croît avec la proportion d'eau, et dans un rapport qui lui est sensiblement proportionnel.

» Le premier de ces phénomènes montre que, dans chacune des solutions dont il s'agit, la déviation totale du rayon est la somme des déviations élémentaires successivement

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