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DOCUMENTS

SUR LE

ROYAUME D’ÉTRURIE

(1801 – 1807)

PARIS

EMILE PAUL, EDITEUR

100, Faubourg-Saint-Honoré, 100.

1900

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D 738.43 .M36

N°30

0930153-190

INTRODUCTION

Dans l'histoire de toutes les monarchies fondées par Bonaparte, le « royaume d'Etrurie » est la première en date et la seule qu'il ait établie du temps de son consulat. Jusqu'à 1801, année du traité de Lunéville, par lequel la branche des Bourbons de Parme est appelée à régner sur les Toscans, Bonaparte s'est plutôt signalé, en France comme en Italie, par un rôle simultané de destructeur et de réorganisateur de républiques. Et s'il apparaît parfois même déjà distributeur de constitutions, – tel, par exemple, pour la Cispadane et la Cisalpine, - c'est que son temperament de dictateur déborde au delà de ses pouvoirs ; en réalité, il est encore, sinon dans toute l'acception du mot, au moins dans les faits, un agent principal du Directoire. Mais en 1801, maitre de la France depuis plus d'un an, fortifié par ses belles victoires de la seconde campagne d'Italie, et ne rencontrant plus d'obstacles, il agit de son propre chef. Il n'éprouve peut-être pas encore pour lui-même le goût d'un sceptre, mais il le ressent pour d'autres, pour ses alliés. C'est ainsi qu'ayant besoin de pourvoir la famille des Bourbons de Parme, dont les Etats vont être annexés au Piémont déjà français, Bonaparte renverse le pouvoir vieilli de la Maison de Lorraine dans le grandduché de Toscane, tout en se réservant d'indemniser l'archiduc Ferdinand III, son ci-devant titulaire résidant. Bref, il donne Florence à l'Infant de Parme, qui prend le nom de Louis Jer, roi d'Etrurie. Le nouvel Etat ne dura que jusqu'en 1807, et j'en ai naguère raconté l'odyssée (1).

(1) Voyez : le Royaume d'Etrurie (1801-1807), un vol. in-8°, 1896 (Ollendoril)

Les documents ici présentés sont de ceux qui m'ont servi à la composer. Accueillis avec empressement par M. le Directeur du Carnet historique, ils lui ont paru dignes d'être publiés in extenso. Je suis heureux de l'en remercier.

Ils émanent des acteurs eux-mêmes ou de témoins qualifiés pour bien juger. A les lire sans parti pris, on saisit les nuances des moindres incidents qu'ils relatent, et hommes et choses y sont analysés avec netleté. Pour ces diverses raisons, ils seront, nous l'espérons, appréciés. Enfin ils ne font pas double emploi avec mon récit antérieur, qu'ils confirment sûrement, que parfois même ils complètent.

Paris, 31 mars 1900.

P. M.

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