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de Cambrai et d'Antibes ont bien mérité de la patrie pour leur fidélité au Roi; qu'il leur sera décerné une récompense nationale.»

Idem. « Les maréchaux Mortier, duc de Trévise et Macdonald, duc de Tarente ont bien mérité de la patrie ; il sera voté en leur faveur une récompense nationale. »

Il sera douné une pension aux militaires qui seront blessés, et aux familles de ceux qui seront tués en combattant Napoléon Buonaparte. »

Le comte d'Artois, le duc d'Orléans et plusieurs maréchaux font des dispositions de défense à Lyon ; la garnison étoit composée du 24 d'infanterie de ligne, du 13° de dragons et du 2e régiment de ligne arrivé de Montbrison. On fit un appel à la garde nationale; les deux ponts sur le Rhône étoient barricadés, le maréchal duc de Tarente arrive, visite les travaus; Monsieur

les

troupes en revue le 10 au matin ; toute l'aménité du Prince ne put enflammer les soldats; les officiers principalcment annonçoient des intentions de trahison; à trois heures après midi, le duc de Tarente conduisit sur le pont de la Guillotière deux bataillons d'infanterie ; mais ils passèrent de l'autre côté ; le maréchal faillit d'être arrêté par des soldats. Le comte d'Artois avoit déjà quitté Lyon, accompagné d'un seul garde national à cheval, de cette ville, qui n'a jamais voulu quitter son Prince. Le gouverneur comte de

passe

Damas, le duc d'Orléans , le préfet Chabrol venoient de quitter la ville; mais tous les officiers supérieurs étoient restés ; à cinq heures la garnison se reporta sur le pont de la Guillotière. Napoléon avoit pour lui tous les lazzaronis de ce faubourg immense. L'armée qui venoit de Grenoble, commença à faire son entrée à Lyon à sept heures du soir , ayant à sa tête Napoléon ; le lendemain u, Napoléon

passa en revue toute la division. Napoléon reçut le mêine jour les principales autorités de Lyon. L'ingratitude des royalistes de Lyon, pour le comte d'Artois, fut vengée par Buonaparte; lorsque des jeunes gens de la garde nationale à cheval, de Lyon, vinrent présenter leurs hommages à Napoléon, réclamant l'honneur de garder sa personne, il leur dit : : « Votre conduite envers le comte d'Artois me fait juger de ce que voas feriez pour moi si j'éprouvois un revers ; je vous remercie de vos services », Aussitôt son arrivée à Paris, Napoléon fit remettre la croix d'honneur au garde national qui n'avoit pas quitté le Prince.

13 mars. Proclamation du roi aux Français sur la trahison de Napoléon.

- Trabison des généraux Lallemand frères, qui, à l'aide de faux bruits sur la situation de Paris, sont parvenus à séduire quatre escadrons de chasseurs royaus, etc.

- Les ministres des puissances étrangères,

qui sont à Paris, révendiquent l'honneur d'être auprès de la personne du Roi, dans les occasions où ils pourroient, en l'environnant , donner une preuve

de leur

profond respect pour un Roi qui a déjà pénétré l’Furope de ce sentiment, par ses malheurs, par ses hautes vertus, et par un généreux exercice du pouvoir, si bien récompensé par l'amour de son peuple.

13 Mars. Le duc de Feltre i Clarke), prête serment de fidélité entre les mains du Roi, en sa qualité de ministre de la guerre. Tous les maréchaux et généraux employés dans les déparlemens, ont ordre de sé rendre dans leurs commandemens respectifs ; le maréchal Ney, qui commandoit à Besançon , et pouvoit y seconder les opérations de Monsieur , comte d'Artois, vient prendre congé du Roi ; en baisant la main de S. M. , il lui dit , avec le ton du dévouement, et un élan qui sembloit partir de la franchise d'un vrai soldát français : que s'il atteignoit l'ennemi du Roi et de la France , il le ramèneroit dans une cage de fer. L'évènement a fait voir quelle basse dissimulation lui inspiroit alors le projet d'une perfidie que tous les militaires de l'Europe n'apprendront qu'avec indignation : car ce marechal , en serrant la main du Roi, avoit dans sa poche une proclamation contre le' monarque qui lui accordoit toute confiance.

Buonaparte , avant de quitter Lyon, avoit rendu de nombreux décrets, datés des 12 et' 13 mars, dans lesquels il annonçoit déjà à tous les Français que leur empereur venoit de reprendre l'exercice du pouvoir souverain , et que l'interrègne avoit cessé.

Le 13 MARS, il arriva à Villefranche; le même jour à Mâcon.

Le 15 , Napoléon vint coucher à Autun; le lendemain, à Avalon; le 17, à Vermanton, où il déjeûna , et se rendit à Auxerre.

Dès le 13, le maréchal Ney avoit rejoint Buonaparte à Lons-le-Saulnier, où il publia un ordre du jour daté de Lons-le-Saulnier 13 mars , qu'on ne peut lire sans indignation; en voici la teneur : « Officiers, sous-officiers et « soldats ; la cause des Bourbons est à jamais « perdue : la dynastie légitime que la nation « française a adoptée , va rémonter sur le « trône : c'est à l'empereur Napoléon , notre « souverain , qu'il appartient seul de régner < sur notre beau pays! Que la noblesse des « Bourbons prenne le partide s'expatrier encore, « ou qu'elle consente à vivre au milieu de

nous, a que nous importe ? La cause de la liberté et « de notre indépendance ne souffrira plus de « leur funeste influence. Soldats ! les temps « ne sont plus où l'on gouvernoit les peuples « en étouffant tous leurs droits : la liberté

(

« triomphe enfin, et Napoléon , notre augaste « empereur va l'affermir à jamais : que déa sormais celte cause si belle , soit la nôtre et « celle de tous les Français. Que tous les « braves, que j'ai l'honneur de commander se « pénètrent de cette vérité : Soldats ! je vous

ai souvent menés à la victoire: maintenant

je veux vous conduire à cette phalange im« mortelle que l'empereur Napoléon conduit « à Paris , et qui y sera sous peu de jours : « et là, notre espérance, notre bonheur seront « à jamais réalisés, vive l'Empereur ! »

Signé, le prince de la Moskowa. Le Roi ne pouvoit plus songer qu'à faire rétrograder les troupes; en s'arançant vers l'ennemi, elles lui fournissoient presque partout des auxiliaires. On se décida à former un corps d'armée devant Paris.

13 MARS. M. le duc de Berri avoit été nommé, par le Roi, général de cette armée, avec le maréchal Macconald : on conservoit un foible espoir de maintenir dans le devoir les troupes de la r" division militaire, et celles qui formoient la garnison de Paris.

Ce fut alors que le Roi vint au milieu des représentans de la nation , dont il voulut s'entourer à la première approche du danger.

Le 17, on reçut une nouvelle désastreuse,

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