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Clément-de-Ris; Colchen; Cornudet; d'Abqville; de Croix ; de Delay-d'A gier ; Dejean; Fabre (de l'Aude); Gaffendi ; Lacépède ; Latour-Maubourg ; de Barral, archevêque de Tours; Boissy-d'Anglas; de Canclaux, Casabianca; de Montesquiou ; de Pontécoulant Rampon; de Ségur; de Valence; Belljard ; les maréchaux, duc de Dantzick; le duc d'Albufera ( Suchet); le duc de Conegliano ; le duc de Trévise ; et le maréchal duc d'Elchingen ; le duc de Praslin ; le duc de Plaisance (Lebrun.); le duc de Cadore (Champagny).

2. Pourront cependant être exceptés de la disposition ci – dessus énoncée ceux des dénommés qui justifieront n'avoir ni siégé ni voulu siéger dans la soi-disant chambre des pairs, à laquelle ils avoient été appelés , à la charge par eux de faire cette justification dans le mois qui suivra la publication de la présente ordonnance. »

Ce dernier article est encore un acte d'inJulgence du Roi, car nous pouvons certifier que plusieurs pairs, qui n'ont pas été renommés par l'usurpateur, sont tout aussi coupables que ceux ci-dessus. Ils ont tous intrigués pour obtenir un regard favorable de leur ancien maître, qui les a comblés d’or.

M. Lanjuinais pourroit donner des renseignemens à cet égard, lui-même avoit déclaré qu'il

n'accepteroit pas la présidence de la prétendue chambre des représentans. Mais il fait réflexion que cent mille francs méritoient de faire le

sacrifice de sa concience.

Nous citerons, à cet égard, un fait qui prouvera que M. Lanjuinais s'est toujours sacrifié pour sa patrie.

Lors de la nouvelle constitution décrété le 6 avril 1814, par le sénat, dans laquelle ces messieurs se donnoient encore trente-six mille francs; plns, la dotation des sénatories, l'un des membres, M. Grégoire, observa que le peuple françois avoit à se plaindre de la couduite du sénat. Pendant quatorze années, il verra avec indignation les sénateurs se donner encore de fort,émolumens : il faut renoncer à toutes rétribution pour obtenir sa confiance. M. Lanjuinais lui répondit : « Cela vous est bien facile d'abandonner votre salaire, vous êtes célibataire; moi, j'ai des enfans, etc. » ( Voy. pag. 398.)

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DU

COMTE CHAMANS LAVALETTE,

EX-DIRECTEUR GÉNÉRAL DES POSTES.

20 NOVEMBRE. MARTE-CHAMANS LAVALETTE, NÉ à Paris, en 1769, d'un marchand du quartier Saint-Antoine ; étudiant en droit ; après la mort de Louis XVI, il s'engagea dans la légion des Alpes et devint officier au bout de six mois; en 1792, le général Custines l'attacha à son état-major; en 1795, il fut aide-de-camp du général Baraguey-d'Hilliers, et nommé aidede-camp du général en chef de Buonaparte, dans les premières campagnes d'Italie. Le lendemain de la bataille d'Arcole, Buonaparte lui confia le travail de son cabinet; mais le général, mécontent du directoire, de ce qu'il ne vouloit lui laisser prendre la suprématie à laquelle il croyoit avoir des droits par ses victoires, imagina de ne plus correspondre directement, et d'avoir à Paris un homme entièrement à lui , et auquel il adressa ses dépêches, en lui laissant tout pouvoir de transmettre par des

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Tectoire èut la foiSyrie, sous le consulat, il l'accompagna dans

notes ce qui pouvoit servir à ses desseins ; ce fat Chamans, Lavalette qui fut chargé d'itre blesse de souffrir en silence cette insulte.

La fanieuse journée du 18 fructidor, ayant été improuvée d'une manière insolente par Buonaparte, le directoire vouloit comprendre son agent dans la proscription.

Lavalette se sauva en Allemagne où déjà nos armées se frayoient un chemin. 11 fut employé dans les bureaux de la légation française , à la diète de Ratisbonne.

Revenu en France , il épousa mademoiselle de Beauharnais, nièce de l'épouse de Buonaparte ; dès ce moment, lié à cette famille , il fut toujours attaché aux destinées de ce général, qu'il suivit dans l'expédition d'Egypte ct de

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la campagne d'Allemagne. A son retour à Paris, il abandonna la carrière des armes, Buonaparte le nomma administrateur de la caisse d'amortissement, pour pouvoir prendre à volonté les fonds sacrés de cette caisse.

Buonaparte, voulant disposer du secret des lectres, nomma, én 1801 , Lavalette, directeur général des postes, avec cinquante mille francs d'émolumens, et vingt-cinq mille francs de conseiller-d'état; puis comte, grand cordons de la Légion-d'honneur , avec douze mille

francs, et le titre de commandeur de l'ordre de la Réunion.

En 1814, lors de la déchéance de Buonaparte, Lavalette perdit sa place de directeur-général des postes; ilfut remplacé par Bourrienne, d'après un arrêté du gouvernement provisoire. Louis XVIII, rendu à la France, lui conserva une partie de son traitement ; le Roi nomma M. Ferrand directeur-général des postes , à la place de

M. Bourrienne. ',

Au mois de septembre 1815, Layalette est arrêté comme l'un des conspirateurs qui ont facilité le retour de Buona parte de l'île d'Elbe.

Voici un extrait de l'acte d'accusation :

« Le 20 mars dernier, sur les sept heures du matin, le comte Lavalette se rendit à l'hôtel de l'administration des postes, la place de directeur-général étoit alors remplie par M. le comte Ferrand, qui avoit son logement à l'hôtel. Lavalette, déjà introduit dans la salle d'audience, prononça à haute voix ces paroles : Au nom de l'empereur, je prends possession de la poste. Il dit à M. le comte Ferrand qu'il alloit se retirer dans le cabinet de Villars, pour lui laisser la liberté d'arranger ses papiers ; que le Roi avoit quitté Paris, et que l'empereur devoit y arriver le jour même. M. le comte Ferrand prit quelques papiers et se retira.

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