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Lavalette écrivit à Napoléon Buonaparte par un courrier, en toute hâte, à Fontainebleau.

En même temps il empêchoit M. le comte Ferrand d'aller rejoindre le Roi à Lille; ne lui: donna un permis de poste qu'à condition qu'il iroit à Orléans.

Lavalette est accusé d'avoir donné trois ordres par écrit.

Le premier, pour arrêter le départ de tous les journaux, et par conséquent du Moniteur , alors seul journal officiel, et dont le numéro dudit jour contenoit la déclaration du Roi sur son départ forcé, et son ordonnance sur l'ajour. nement des chambres. : Pie

Le second , pour arrêter aussi les lettres ministérielles et celles du préfet de la Seine. - Le troisième, pour rétablir surles deux routes de Lyon le service des postes que M. le conte Ferrand avoit suspendu. Ces trois ordres sont datés du 20 mars, signés comte Lavalette.

D'avoir le même jour , 20 mars, à quatre heures et demie du soir, expédié par divers courriers de malles , une circulaire qu'il a signée avec la mention de sa prétendue qualité de directeur des postes, conçue ainsi : « L'empereur sera à Paris dans deux heures, et peutêtre avant; la capitale est dans le plus grand enthousiasme; tout est tranquille, et quoi qu'on

puisse dire, la guerre civile n'aura lieu nulle part. Vive l'empereur, vinti apimties.. « Le conseiller délat, directeur général « des postes.

« Signé le comte LAVALETTE. »

La cour d'assises du département de la Seine a commencé le procès de M. Lavalette, le 20 novembre à dix heures.

L'instruction a été reprise le 22 , à onze heures , en présence de l'accusé. On a procédé à l'audition des témoins à décharge.

M. Tripier , l'un des célèbres avocats du barreau de Paris, défenseur de M. Lavalelle si n'a rien négligé pour justifier son client. Il voulut prouver que M. Lavalette a été étranger aux faits qui ont préparé l'attentat de Buonaparte.

Il réclame la proclamation d'amnistie donnée par le Roi , à Cambrai, il la demande pour son client.

A sept heures et demie du soir les jurés ont passé dans leur chambre de délibération jusqu'à minuit. Le président du juri dit, d'une voix émue : Sur mon honneur et ma conscience , devant Dieu et devant les hommes, la déclaration du juri est : oui , l'accusé est coupable d'avoir commis le crime, avec toutes les cira

COMTE LAVALETTE.

- DU COMTE LAVALETTE. : 649 constances comprises dans la position des questions.

On fait rentrer l'accusé ; il n'avoit plus son grand cordon de la Légion-d'honneur, ni ses autres décorations. Sa physionomie conserva l'assurance et le calme qu'il a fait paroître pendant tout le cours des débats. Il'écoute , sans émotion apparente, la lecture de la déclaration du juri.... i;. . ;

Le président prononce la peine de mort, d'après les articles 86, 87 et 60 du code pénal.

Lavalette se lève , dit adieu à son avocat ; je vous reverrai , lui répond celui-ci. — Que voulez-vous, iñon ami, continue le condamné, c'est un coup de canon ; et saluant de la main, les nombreux employés des postes qui ont figuré comme témoin dans le procès : Adieu, messieurs de la poste. Prin ;oo.

DU MARÉCHAL NEY,

Duc dElchingen, prince de la Moskowa, pair

de France , chevalier de Saint-Louis, grand cordon de la Légion-d'Honneur, officier de la Couronne de Fer, grand-croix de l'ordre dy Christ.

MICHEL Ney paquit, à Sarre-Louis, le jo janvier, 1769, d'une famille peu fortunée; une vie dissipée lui fit négliger son éducation ; il s'enrôla , comme soldat, avant la révolution, dans le quatrième régiment de hussards , alors Colonel-Général; doué d'une force et d'une adresse extraordinaires pour tous les exercices du corps , en outre d'une taille avantageuse, et très-bon cavalier , il fut successivement brigadier et maréchal-des-logis; en 1792, adjudant sous-officier ; lieutenant, en 1793; et capitaine , en 1794. Il plut au général Kléber, par son air décidé et son activité, ce qui le fit surnommer l'infatigable. Kléber l'ayant fait nommer adjudant-général chef d'escadron , lui confia plusieurs missions de partisan, dont Ney s'acquitla avec succès.

En 1794, il se signala au passage de la Lahn; en 1800, à l'armée du Rhin , dans toutes les campagnes d'Allemagne, en Espagne, en Italie et en Russie , où il fit preuve de courage et de talens militaires.

Le bruit conrut dans l'armée ennemie que le maréchal Ney avoit été tué. Voici comment s'exprime , à ce sujet , le prince-royal de Suède (Bernadotte), dans son bulletin du 12 septembre 1813 : « Si le prince de la Moskowa (Ney) est mort, l'empereur Napoléon a perdu l'un de ses meilleurs capitaines. Accoutumé à la grande guerre depuis long-temps, il avoit donné, dans toutes les occasions, des preuves d'une rare valeur et d'un talent consommé. Dans la dernière campagne de Russie, ce fut lui qui sauva les débris de l'armée française ; elle et toute la France lui ont rendu cet honorable témoignage.» · Il est malheureux que sa conduite envers Louis XVIII slétrisse ses lauriers. Le Roi , voulant reconnoître ses services distingnés et sa haute réputation militaire, le nomma, par ordonnance du 20 mai 1814, commandant en chef du corps royal des cuirassiers, des dragons , des chasseurs et des chevaux-légers-lanciers de France; chevalier de Saint-Louis le 1er juin, et pair de France le 4 du même mois. :

A la nouvelle de l'arrivée de Buonaparte,

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