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en 1819. Klüber en a donné lui-même, deux ans après, une édition allemande, notablement modifiée et augmentée en beaucoup de points (Stuttg. 1821).

Dans les réimpressions françaises qui ont été faites depuis de cet ouvrage, notamment dans celle de Paris, 1831, il n'a été tenu aucun compte de ces changements.

Klüber avait préparé une seconde édition de sa traduction allemande. Mais la mort l'a surpris avant qu'il ait pu la publier et personne n'a fait usage des matériaux qu'il avait réunis dans ce but. L'édition allemande de 1821 a été réimprimée sous le titre de Deuxième édition, revue avec soin, commentée et complétée par le professeur docteur Ch.-Ed. Morstadt, Stuttg. 1847, et Schaffh., 1851, in-8°. Mais cette édition ne fait que reproduire le texte de Klüber, et le commentaire se réduit à quelques notes insignifiantes et à des mentions bibliographiques.

La présente édition n'est pas accompagnée d'un commentaire. Klüber a exprimé ses opinions assez clairement pour qu'elles puissent se passer d'explications, et, vraies ou fausses, ces opinions auront toujours une plus grande valeur par elles-mêmes que celle qu'elles pourraient tirer de l'approbation ou de la désapprobation d'un commentateur. Cependant il n'était

pas possible, après trente ans d'intervalle, de reproduire şans changement les éditions de 1819 et de 1821, et voici en effet les améliorations dont elles ont paru susceptibles :

Il était nécessaire avant tout de donner le texte le plus récent de l'auteur. L'édition française de 1819 a donc été soigneusement revue sur la traduction allemande de 1821, et toutes les modifications et additions dont cette dernière a été l'objet y ont été introduites. Il est résulté de là que pour répondre à la plus grande précision du texte allemand, la rédaction française de Klüber a dû souvent être remaniée. Est-il besoin d'ajouter que ces corrections de style, loin d'altérer la pensée de l'auteur, n'ont eu pour

but

que de la rendre plus fidèlement?

Il fallait, en second lieu, mettre l'ouvrage au courant des changements si nombreux survenus depuis l'époque où Klüber a écrit, soit dans l'état politique de l’Europe, soit dans les usages et les doctrines mêmes du droit des gens. La division de l'Europe n'est plus la même qu'à cette époque; les développements de la civilisation ont créé entre les nations des relations nouvelles; le progrès des idées a résolu spontanément de grandes questions longtemps controversées et en a soulevé d'autres que la science devra élucider à leur tour. Enfin, beaucoup d'ouvrages, et des travaux très-importants, ont été publiés sur diverses matières du droit des gens. Il était impossible de ne pas tenir compte de cette marche des événements et de la science.

Le traité de Klüber se compose d'un texte divisé en paragraphes et de notes nombreuses. Sauf les corrections nécessaires pour rendre l'ouvrage conforme

à l'édition allemande, je n'ai rien changé au texte proprement dit, mais j'ai cherché à le compléter et le rectifier au besoin, dans une série de notes spéciales, imprimées en caractère particulier et signées de mes initiales.

J'ai été moins scrupuleux à l'égard des notes jointes au texte par l'auteur et les ai modifiées en quelques points pour les mettre au courant des faits survenus depuis. J'y ai fait plusieurs additions, distinguées seulement par des parenthèses; enfin j'en ai élagué des indications bibliographiques vieillies que j'ai remplacées par de nouvelles. Ces suppressions n'ont porté d'ailleurs sur aucun ouvrage concernant le droit des gens même, mais sur des livres historiques, des brochures politiques ou d'autres publications appartenant à des sciences accessoires et qui ont perdu toute valeur aujourd'hui. J'ai opéré des modifications analogues dans la bibliographie qui forme le supplément de l'ouvrage. Cette bibliographie a été mise complétement au courant.

J'ose espérer que ces changements n'auront diminué en rien la valeur du livre de Klüber, et qu'ils contribueront au contraire à donner à cet excellent manuel une utilité plus pratique et plus générale.

А. Отт. .

NOTICE

SUR LA VIE ET LES ÉCRITS DE KLÜBER.

Klüber n'est guère connu en France que par son Droit des Gens moderne de l'Europe, bien qu'au moment de la publication de cet ouvrage, il se fût acquis déjà une grande réputation dans son pays par ses travaux sur le droit public allemand, et que pendant les vingt dernières années de sa vie, il n'y eut pas en Allemagne d'autorité égale à la sienne dans cette branche de la science.

Né le 20 novembre 1762, à Thann, près de Fulde, Jean-Louis Klüber débuta, en 1785, par plusieurs dissertations moitié historiques, moitié juridiques, relatives surtout au droit public allemand ', qui lui valurent une chaire de professeur de droit à l'université d'Erlangen. Ses premiers essais indiquèrent le caractère général de ses travaux futurs. Doué de l'esprit positif du jurisconsulte, mais peu porté vers les questions ardues du droit privé, alliant

4 De Arimannia. Comm. duo. Erl. 1785. in-40. Versuch über die Geschichte der Gerichtslehen, mit einigen Urkunden. Erl. 1785. in-8°. – De jure nobilium feuda militaria constituendi. Erl. 1786. in-8°, — De pictura contumeliosa. Erl. 1787. in-8°.

au contraire aux études juridiques le goût des sciences administratives, des investigations historiques et de l'érudition, peu apte d'ailleurs aux hautes spéculations de la philosophie, Klüber, qui avait consacré ses premiers travaux aux institutions politiques de l'Allemagne, allait suivre ces institutions dans toutes leurs transformations successives pour les expliquer et les commenter. Il devait se placer ainsi, dans cette partie de la science, au premier rang de ces savants estimables, de tout temps si nombreux en Allemagne, qui, par d'excellents traités destinés à l'enseignement, des monographies consciencieuses, de précieuses collections de pièces rendent des services si utiles au progrès des connaissances humaines.

Tout en continuant à Erlangen à s'occuper de questions relatives au droit public de l'empire germanique ', Klüber manifestait son goût pour les recherches historiques et les travaux d'érudition d'abord par la traduction de l'ouvrage de la Curne Sainte-Palaye sur la chevalerie ?, qu'il enrichit de nombreuses notes et observations, en second lieu par la publication périodique de notices littéraires sur les livres de droit nouveaux

et bientôt par une

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1 A ces études se rattachent les écrits suivants : De nobilitate codicillari Argumentum juris germanici tam publici quam privati. Erl. 1788. in-4o.

Isagoge in elementa juris publici quo utuntur Nobiles Immediati in imperio R. G. Erl. 1793. in-8°. Einleitung zu einem neuen Lehrbegriff des deutschen Staatsrechts. Erl. 1802. in-8°.

2 Das Ritterwesen des Mittelalters nach seiner politischen und militärischen Verfassung. Aus den Französischen des Herrn La Curne de Ste-Palaye, mit Anmerkungen, Zusätzen und Vorreden. Nurnb. 1786-91.3 vol. in-8°. — Plus tard Klüber a publié en langue française : Essai sur l'ordre de Malte ou de St-Jean. Bâle, 1806. in-8°.

3 Kleine juristische Bibliothek oder ausführliche Nachrichten von neuen kleineren juristischen, vornämlich akademischen Schriften mit un

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