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C'est dans nos coupesannuelles et dans celles que nous achetions que nous avons fait nos expériences ; c'est aussi dans les aménagements appropriés à la nature du sol et aux essences que nous avons étudié la culture et l'exploitation des bois.

La réforme que nous demandons aujourd'hui, et qui est réclamée de toutes parts , est urgente et inévitable, et tous nos efforts lendent à la provoquer; c'est même un intérêt national. Les propriétaires , le commerce et les consommateurs y trouveront d'immenses avantages; et, pour qu'on ne se méprenne pas sur nos intentions, nous déclarons d'avance que nous n'avons aucun intérêt dans la reforme, aucune spéculation particulière en vue, et que nous sommes mů seulement par le vif et pressant désir de faire connaître la plus facile de toutes les cultures, qui jusqu'ici est restée ignorée comme aux temps de la plus profonde barbarie. Qui pourra le croire? Toutefois nous nous offrons de le prouver en moins de deux heures , et sans réplique, sous les murs mêmes de Paris, au moyen des exploitations qu'on fait annuel

on

une

lement dans les bois de Boulogne et de Vincennes, lesquelles, nous l'assurons, sont cependant dirigées par

des

personnes de mérite, d'un grand zèle et d'une rare probité; enfin par tout ce qu'il y a de plus distingué dans l'administration forestière, et pour qui nous professons de cœur la plus haute estime.

Suivant nous, il est ne peut plus pressant de modifier

très - grande partie du système actuel de la culture des bois; nous ne négligerons rien

pour

soutenir cette entreprise, dont le succès ne peut entraîner à aucune dépense, et tient uniquement à une bonne direction, et notamment à se renfermer dans les vrais principes forestiers indiqués si amplement par la nature, qui sont d'une extrême simplicité et, par conséquent, d'une efficacité irrévocable. Buffon, T. X, page 178, s'exprimait ainsi qu'il va suivre sur l'ignorance de la culture forestière:

« Le cultivateur éclairé apprend à ne « pas se tromper, ou du moins à se trompei

moyens

de rendre son terrain plus fertile. »

“ peu, sur les

C

« Ce même intérêt se trouvant partout, il « serait naturel de penser que les hommes « ont donné quelque attention à la culture « des bois ; cependant rien n'est moins « connu, rien n'est plus négligé. Le bois

paraît être un présent de la nature qu'il « suffit de recevoir tel qu'il sort de ses mains; « la nécessité de le faire valoir ne s'est pas « encore fait sentir, et la manière d'en

jouir n'étant pas fondée sur des expé« riences assez répétées, on ignore jusqu'aux « moyens les plus simples de conserver les · forêts et d'augmenter leurs produits. »

Malgré tous ces salutaires avertissements, nous sommes resté stationnaire dans cette culture : qu'on nous écoute, et Ion arrivera promptement à la connaître.

Notre ouvrage est le résultat d'une conviction profonde, consciencieuse, de près de cinquante années d'expériences et d'observations suivies; en considérant qu'on ne coupe les bois que de 15 à 30 ans d'âge, et même au delà, il faut bien, en effet, l'étude de près d'un demi-siècle pour se croire appelé à établir des règles dans cette

(

partie, et nous aurions à peine osé entreprendre cette tâche, si dans notre travail nous n'avions été aidé des renseignements fournis par d’habiles forestiers, et notamment par l'excellent

l'excellent ouvrage de M. de Perthuis, publié par son fils en 1803, ouvrage d'expérience comme on en faisait autrefois; il n'a été rien écrit, sur cette matière, de plus judicieux et de plus précis, et si nous nous sommes déterminé à traiter le même sujet, ce n'a été qu'avec l'intention, en avouant la bonté des théories de M. de Perthuis, de leur donner plus de développement, de les fortifier, d'y ajouter les remarques faites, comme propriétaire et marchand exploitant, et, enfin, de les faire mieux apprécier par des considérations nouvelles.

l’lus praticien que lui, nous nous sommes occupé spécialement du détail de l'exploitation des bois; nous n'avons même pas reculé devant les plus minimes articles, dans la vue de nous mieux faire comprendre des propriétaires, et de ceux, entre autres, qui ne possèdent pas assez de bois pour avoir des aménagements réglés, et n'ont, par consé

quent, à s'occuper que par intervalles de l'administration de leurs

coupes. . Nous nous sommes également aidé des ouvrages de MM. Duhamel du Monceau, Dralet, Noirot, et autres forestiers distingués ; nous dirons même que, nous trouvant d'accord avec eux sur différents points, nous les avons copiés, et nous ajouterons toujours que nous avons dû relever des erreurs, et réparer des omissions qu’une plus grande expérience acquise , comme marchand exploitant et comme propriétaire, nous a fait connaître; nous avons aussi indiqué les innovations avantageuses que le temps a fait naître, et donné une appréciation plus précise de tout ce qu'on peut obtenir aujourd'hui du prod dit des bois, produit bien supérieur à celui de l'époque où vivaient MM. Duhamel et de Perthuis.

La manière d'exploiter ce genre de propriété si importante présente maintenant des changements tels, qu'un nouvel ouvrage sur les bois était vivement désiré; celui que nous offrons au public, étant le fruit d'actes et de faits couronnés de succès, sera, nous l'espérons, accueilli favorablement de ceux

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