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Les lettres C. L. indiquent que l'article est traduit du Conversations-Lexicon.

C. L. m. signifie Conversations-Lexicon modifié.

ERRATA.

Tome Vill, p. 591, col. 2, li ne 36, lisez 1520, au lieu de 1620.

p. 595, col. 2, 22, lisez tourner les rapides, au lieu de détourner.
p. 596, col. 1, 39, lisez qui se rattachent, au lieu de raltachaient.
p. 507, col. 1, 10, lisez au soccage, au lieu de lounge.
1b. col. 2, 31, lisez debouché pour les formes , nu lieu de débouchant des

fermes.
p. 732, col. 2, 2 i et dans 10:11 l'article, lisez le carpe, au lieu de la carpe.

6, lisez grand Sablon, au lieu de grand Salon, Tome IX, p. 70, col. 2, 40, lisez de la femme, au lieu de d'une fille.

etc., etc., etc.

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p. 800,

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CARRIER , ouvrier employé à l'ex- des hommes dont la carrière révolutionploitation des carrières (voy.) et qui naire a laissé les plus odieux souvenirs. peut être assimilé au mineur : même obli- Il n'était qu'un obscur procureur quand gation de travailler sous terre, dans des la révolution éclata, et jusque là rien positions souvent pénibles ; emploi des dans sa vie n'avait pu faire présager les mêmes moyens pour extraire les miné - atrocités où l'entraina son zèle fanatique raux qu'ils recherchent; mêmes dangers pour le triomphe des idées nouvelles. d'être enseveli sous les éboulemens ou Cependant, envoyé à la Convention en blessé par les explosions des mines qu’on 1792, il se rangea sur-le-champ parmi fait jouer. D'ailleurs, ces deux profes- les membres les plus ardens, et l'année sions présentent quelques chances diffé- suivante, il concourut à la formation rentes : ainsi, les carriers ont bien plus du tribunal révolutionnaire, après avoir rarement à craindre les inondations et voté la mort de Louis XVI et repoussé les exhalaisons méphitiques, mais ils l'appel au peuple; plus tard, il réclama sont exposés à respirer une atmosphère l'arrestation du duc d'Orléans, son colpulvérulente, source d'affections de poi- lègue, et prit une part active à la trine souvent graves, surtout dans les journée du 31 mai , qui amena la proscarrières d’où l'on extrait le grès et la cription de la Gironde. A cette époque pierre à plåtre. On a remarqué que l'isola Montagne victorieuse, voulant imprilement dans lequel vivent les carriers aux départemens une impulsion développait chez eux des sentimens mi-conforme à ses vues , songea à revêtir santhropiques, auxquels peuvent ajouter quelques-uns de ses membres de poule défaut d'éducation et l'intempérance voirs proconsulaires. Chargé d'abord qui leur est familière.

d'une courte mission de ce genre en NorC'est avec des coins, des leviers, des mandie, Carrier fut ensuite envoyé à tarières et des marteaux de forme et de Nantes. Ses instructions autorisaient dimensions différentes, que le carrier atta- l'emploi de toutes les rigueurs pour metque les blocs de pierre qu'il doit diviser.tre un terme à l'esprit d'insurrection qui Souvent aussi , pour opérer avec plus de

se maintenait et s'étendait dans les dépromptitude et sur des masses plus consi- partemens de l'Ouest. Il dépassa tout ce dérables, il a recours à l'action de la pou- qu'on avait pu attendre de lui à cet dre à canon ou à un moyen plus simple égard. Arrivé à Nantes le 8 octobre et très puissant, l'introduction dans les 1793, il organisa sur-le-champ une léfentes de coins en bois sec et poreux gion de satellites, dite compagnie Masur lesquels on jette de l'eau pour les rat, avec laquelle il jeta la terreur dans faire gonfler.

F. R. les esprits. Lui-même était bien fait pour CARRIER (JEAN-BAPTISTE ), né à l'inspirer par son extérieur d'effréné Yolai, près d'Aurillac, en 1756, est l'un démagogue, livré à une sorte de délire Encyclop. d. G. d. M. Tome V.

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farouche qu'exaltaient encore des excès | Bretagne était délivrée de la présence du de tout genre, et menaçant de la guillo- cruel proconsul. Carrier, de retour à la tine quiconque s'opposerait à ses moin- Copvention, lutta avec énergie contre la dres volontés. Tel se montra cet homme, réaction amenée par cette journée et qui jeune encore, aux autorités du départe- devait l'atteindre des premiers. Averti ment. Dès l'abord il avait annoncé l'inten- qu'il allait être mis en accusation, il ne tion de frapper sans pitié et à la fois le voulut ou ne put s'enfuir, et fut en effet, fédéralisme et la Vendée; une commis- après une insţruction qui dura 21 jours, sion révolutionnaire fut instituée pour traduit par la Convention, à la majorité juger ces deux classes de prisonniers, de 98 sur 500, devant le tribunal revoalors entassés par milliers à l'entrepôt. lutionnaire. Dans sa défense il avait cherOn fusillait les uns et on guillotinait les ché à faire retomber ce qu'il y avait eu autres. Ce moyen ne lui parut pas assez d'excessif dans sa conduite sur les comiexpéditif et il conçut l'effroyable idée tés et sur la Convention elle-même, dont de se servir de la Loire pour l'exécution il avait suivi les instigations et qui avait de ses sanglans arrêts. Quatre-vingt-dix accordé des éloges à son patriotisme. Il prêtres furent placés sur un bateau, puis dit avec véhémence, que s'il était coupade là déposés à fond de cale dans un bâ- ble, tout dans cette enceinte l'était comme timent dont on avait cloué les sabords; lui, « jusqu'à la sonnette du président. l'entrée du pont étant fermée par des plan. Il reproduisit ces mêmes moyens de déches, les exécuteurs se retirèrent, et des fense dans le cours du procès, qui dura charpentiers, en ouvrant les flancs du bâti- deux mois, et où il eut pour coaccusés les ment, le firent couler bas avec les victimes, membres du comité révolutionnaire de que 98 autres suivirent de près. Ainsi Nantes et quelques soldats de la compas'effectua ce genre de supplice renouvelé gnie Marat. Accablé par les déclarations du temps de Néron et qui a conservé le de témoins nombreux, dont les paroles nom de noyades nantaises ; Carrier lui- firent plus d'une fois frémir l'auditoire, même, par une atroce dérision, l'appe- et surtout par des ordres d'exécution lait déportations verticales ou baignades sans jugement préalable signés de lui révolutionnaires. Après ce premier essai, et qu'on lui représenta, Carrier fut conil écrivit à la Convention, et, sa lettre damné à mort, le 16 décembre 1794, ayant été mentionnée honorablement au ainsi qu'un membre du comité et un de procès-verbal, il ne mit plus de bornes ces soldats, qui avaient servi de minisà ses fureurs : des exécutions sans nom- tres à ses cruautés, Pinard et Grandmaibre eurent lieu par le même moyen et par son, qui avaient pris une part directe aux les fusillades ; des enfans, des femmes, y noyades; les autres furent considérés furent compris. On dit que parfois deux comme des instrumens passifs d'un syspersonnes de l'un et de l'autre sexe étaient tème qui avait un moment dominé le pays liées ensemble pour périr ainsi dans les tout entier. Carrier et ses deux coaccusés flots, union

que

Carrier ou ses bourreaux marchèrent ensemble à l'échafaud, le appelèrent un mariage républicain. On premier protestant toujours de son inévalue à 4 ou 5,000 personnes le nom- nocence et de son patriotisme. Au mobre de victimes qui périrent ainsi dans la ment de l'exécution , Pinard , transporté Loire. L'eau du fleuve était infectée par d'une sorte de rage, se précipita tête ces cadavres : une ordonnance de l'auto- baissée sur lui, et, le frappant à la poirité monicipale défendit aux habitans trine, le jeta presque sans vie sur les ded'en boire, comme aussi de manger le grés de l'échafaud. Il y fut porté inanimé poisson, devenu malfaisant, qu'on y pê- après ses deux complices. chait. Tant d'horreurs émurént enfin la La mission et le procès de Carrier ont Convention, et Robespierre, qui avait donné lieu à divers écrits; on remarque conçu le projet de gouverner par un au- dans le nombre celui qui est intitulé : tre système, envoya à Carrier un agent la Vie et les crimes de Carrier, 1794, pour'arrêter le cours de ces exécutions par Gracchus Babeuf, devenu lui-même et le rappeler. Avant le 9 therinidor la un peu plus tard le chef du parti dont

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Carrier avait été le bourreau. P. A. D. Ainsi, celles-ci sont-elles à peu de dis

CARRIERE. On désigne sous ce tance de la surface du sol ou en masses nom les lieux d'exploitation d'où l'on isolées ? on pratique des carrières à ciel tire la pierre, le marbre, le granit, le ouvert. Sont-elles disposées par couches sable et la plupart des matériaux propres ou par bancs, à une profondeur telle à différens travaux et à diverses cons- que les frais de découverte doivent augtructions, Ces lieux sont toujours plus ou menter considérablement la main-d'æupoins utiles à observer pour ceux qui e? on ouvre les carrières à ciel couvert, s'occupent de géologie ou plutôt de géo ou, pour mieux dire, en galeries. C'est gnosie, parce qu'on y voit distinctement ce qui a lieu surtout lorsque les mala succession des couches qui forment tières à exploiter forment une série de l'écorce du globe. Sous ce rapport, elles bancs superposés ; le banc supérieur est sont un sujet d'études pour le géolot alors ménagé pour former ce qu'on apgiste.

pelle le ciel de la carrière, et de nomAu lieu de pe suivre que la routine breux piliers en maçonnerie sont conde ses devanciers ou de se faire des re- struits pour le soutenir. Tantôt on ouvre cherches que sur des indications yagues çes sortes de carrières dans le flanc des et incertaines, celui qui veut exploiter collipes, comme à Nanterre et à Saintune carrière devrait toujours consulter Leu, où şur le plateau , comme à Montles personnes qui s'occupent de géologie: rouge, à Châtillon, à Saint-Nom , etc.; elles lui indiqueraient și la matière que dans ce dernier cas on descend dans la l'on désire se procurer est disposée en masse par un puits, et c'est au moyen bancs continus ou en masses isolées, d'un treuil placé à l'ouverture que l'on notions essentielles à connaitre d'une enlève les pierres exploitées. La craie, manière précise, avant de déterminer le le calcaire grossier ou la pierre à bâtir mode d'exploitation; ou bien, ce qui est

des environs de Paris , et le gypse ou encore plus important, il apprendrait pierre à plåtre, s'extraient, selon les lo par elles s'il y a probabilité pour que calités, suivant l'un ou l'autre de ces l'on trouve la matière à exploiter. Com

modes. bien d'argent dépensé inutilement et que Ajoutons que, lorsque la pierre est de simples notions de géologie auraient tendre ou d'une faible dureté, ou facile épargné, en faisant voir que telles sub- à se fendre par la pereussion, on la transtances ne pouvaient exister là où on les che, c'est-à-dire que l'on fait avec le cherchait! Ces exemples, en se renouve- pic, gros marteau pointu aux deux extrélant, ont dû prouver à beaucoup d'en- milés, une trace profonde sur son lit trepreneurs d'exploitations hasardées ou supérieur, et que l'on place aussi dans infructueuses l'utilité de la géologie dans cette petite fente un coin en fer sur leses applications à différentes branches quel on frappe avec une masse pour en d'industrie.

déterminer la rupture. Le calcaire grosQuant à ce que nous avons à dire des sier, et même le grès à pavé, se fendent carrières sous le point de vue technolo- de cette manière; mais plus ordinairegique, nous commencerons par rappeler ment on pratique dans l'une ou l'autre qu'on leur doppe ordinairement des pierre ụn trou' avec une tarière; on noms différens , selon la nature des subs- l'emplit de poudre, et, en 'y mettant le tances qu'on exploite. Ainsi, s'agit-il du feu, la mine produit le résultat désiré. marbre, de l'ardoise, du plâtre, du sa- C'est ainsi que les carriers (voy. ) sépable ou de la terre glaise, etc., on donne rent les

grosses de gypse. Quant aux excavations pratiquées pour extraire à la pierre meulière, lorsqu'on l'exploite ces matières les noms de marbrière, pour en faire des meules d'un seul niorardoisière, plátrière, sablière, glaiceau, on trace, dans le bloc d'où l'on sière , etc.

veut tirer la meule, un cercle; puis, de La disposition qu'affectent, dans le distance en distance, on y fait un trou sein de la terre, les substances à exploi- dans lequel on enfonce un coin en bois ter détermine le mode d'exploitation très sec; après quoi on verse de l'eau

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dans ce trou, et le coin, et se gon- | parler des carrières sous Paris, dont une flant l'effet de l'eau, opère la rup- partie a obtenu, depuis quelques années, ture de la pierre suivant la circonférence une célébrité presque populaire, sous le tracée,

nom de Catacombes. Les excavations pratiquées dans les Il est aisé de concevoir que, lorsque couches horizontales du calcaire grossier cette ville commença à prendre un cerdes environs de Paris, pour l'extraction tain accroissement, vers les xu et xuio de la pierre à bâtir, sont généralement siècles, surtout aux temps de Philippeplus considérables que celles que, dans Auguste et de saint Louis, ses faubourgs le même but, on pratique dans les gra- qui, d'abord, se trouvaient à une assez nits et les schistes ardoisiers, ou dans grande distance des ateliers souterrains les carrières de marbres antérieurs au d'où l'on tirait les matériaux de construcdépôt de la craie. Nous croyons même tion, s'en rapprochant peu à

, à peu, finirent que c'est dans la craie et dans le calcaire par les recouvrir et même par

s'étendre grossier qui lui est supérieur qu'ont été au-delà. Une portion de ces faubourgs creusées les carrières les plus étendues. se trouva ainsi réposer sur des vides Qui ne connait les profonds et considérables, d'autant plus dangereux souterrains qui servent de caves à Éper-qu'ils étaient alors à peu près ignorés, nay et dans les environs de cette ville ? puisqu'aujourd'hui même on ne les conils sont creusés dans la craie et n'ont nait encore qu'imparfaitement. On sait pas besoin de construction en maçonne- que ces anciennes carrières s'étendent rie, parce que leurs voûles se soutien

sous les quartiers populeux des faunent; il suffit d'y ménager des piliers. bourgs Saint-Jacques, Saint-Germain C'est aussi dans un calcaire semblable, et Saint-Marcel , sous une partie de la mais plus inférieur , plus tendre et plus plaine de Mont-Rouge et de la route grenu, qu’au sein de la montagne de d'Orléans , etc. ( Nous ne parlons pas ici Saint-Pierre, à Maestricht , les carrières de celles qui existent hors des barrières, se sont succédées depuis une époque très à Saint-Maur, Charenton, Vaugirard, reculée. On ne connait pas le nombre Passy, etc. ). Dans le vaste espace que ni l'étendue des galeries souterraines qui nous avons indiqué se trouvent compris, minent cette colline; mais il est facile de comme on voit, des édifices de premier s'en faire une idée par la date de leur ordre, tels que le Val-de-Grace, l'Obserorigine, qui parait remonter à 18 siè- vatoire, le Musée d'histoire naturelle, cles; par leur étendue, qui, bien que le palais du Luxembourg, etc. mal connue, occupe au moins 5 à 600 " Des accidens trop souvent renouvemètres de largeur sur 12 à 1500 de lon- lés, et dont plusieurs sont consignés dans gueur, et par le nombre de malheureux les journaux et mémoires du temps, apqui, à diverses époques, se sont égarés pelèrent enfin, sur les causes qui les daus ce vaste labyrinthe, où ils ont faisaient naitre, l'attention d'une police trouvé le désespoir et la mort. Les car- trop peu vigilante. Ce ne fut qu'en 1776 rières creusées dans le calcaire grossier que l'on comprit enfin la nécessité d'endes environs de Paris peuvent rivaliser tretenir, au moyen de voûtés, de murs d'étendue avec celles même de Maes- et de remblais solidement établis, ces tricht. Voy. l'art. suivant. J. H-T. excavations pour la plupart en très mau

CARRIÈRES SOUS. PARS. In- vais état, et dont la chute, de plus en dépendamment des carrières de pierre à plus probable, pouvait amener de si efplâtre, à chaux et à bâtir, qui existent frayans résultats. Ces travaux furent exéen grand nombre aux environs de Paris cutés de 1777 à 1808, par les soins de et dont le voisinage a exercé une si heu M.Guillaumot,nomméinspecteur-général reuse influence sur l'accroissement ra- des carrières , et continués après sa mort pide de cette capitale, il en est d'autres par une commission composée de géos qui, bien qu'abandonnées depuis long-mètres et d'architectes; puis enfin détemps, n'en sont pas moins dignes d'un finitivement confiés à l'administration intérêt tout particulier. Nous voulons des mines. M. Héricart de Thury a été

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