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chargé de cette surveillance de 1810 à chaos, semblent prêts à se détacher à cha1830. Ses soins et son activité ont con- que instant. Plusieurs peintres de décors tribué beaucoup à amener les travaux en ont fait , dit-on, un objet d'étude. au point de perfection où ils sont parvenus, et qui offre, dans toutes les parties plus remarquable est, sans contredit, la importantes, une sécurité complète. portion placée sous le lieu dit la Tombe

On pénètre dans ces carrières par plu- Isoire, près de la route d'Orléans, et sieurs entrées, dont la principale s'ouvre décorée du nom un peu prétentieux de dans un des pavillons de la barrière Catacombes (voy.), qui rappelle trop bien d'Enfer. Leur profondeur est ici de 19", les célèbres sépultures de Naples et de tandis qu'elle n'est guère que de 6 à Rome, si vantées par les voyageurs. Cel7" à la descente de la rue du Pot-de- les que nous décrivons u'ont pas servi Fer. Au moyen du système de soutène- d'ailleurs au même usage: on y a seulement qui a été adopté et dont nous ne ment déposé les ossemens retirés à dipouvons donner ici qu'une idée fort im- verses époques des cimetières de Paris, parfaite, il existe sous chacune des rues à partir de l'année 1786. M. De Crosne, portant sur les anciennes carrières, une dernier lieutenant de police, eut

méou deux galeries latérales, répondant rite d'avoir fait exécuter les travaux préaux rangées de maisons de droite et de paratoires et le transport des ossemens gauche, et communiquant entre elles dans les vieilles carrières de la Tombepar des traverses. Les murs et voûtes de Isoire, ce qui (à cette époque surtout ) ces galeries sont construits en moellons offrait des difficultés de plus d'un genre. extraits dans le voisinage et jetés par des Les premiers qu'on y déposa provetrous communiquant au jour, qu'on ap- naient du grand cimetière des Innopelle puits de service. Un assez grand cens, dont la suppression, bien souvent nombre d'autres puits, dépendant des demandée par les habitans d'un quartier maisons sous lesquelles s'étendent les populeux, où ce foyer perpétuel d'incarrières, descendent jusqu'au fond des section donnait lieu à de fréquentes épitravaux et offraient ainsi un moyen de démies, fut enfin décidée à celte époque. communication dont les contrebandiers Bientôt après, les journées désastreuses ont profité plus d'une fois, mais qui leur des premiers temps de la révolution, a été depuis long-temps enlevé.

le combat du 10 août, et surtout les Ces carrières, autrefois ouvertes au massacres de septembre, amenèrent dans public au moyen de billets et dont l'ac- ce même lieu les corps de plusieurs milcès est maintenant tout-à-fait interdit, liers de victimes récentes, au milieu des présentent divers objets faits pour piquer débris de tant de générations oubliées. la curiosité. On avait surtout soin de Aujourd'hui même on y transporte enfaire remarquer aux étrangers une re- core, de temps à autre, les débris huprésentation de la citadelle de Port- mains trouvés dans les fouilles de quelMahon, exécutée par un ouvrier, ancien ques vieux bâtimens ou d'anciens cimesoldat, qui avait assisté à la prise de tières, etc. Des calculs, peut être exagécette ville sous le maréchal de Riche- rés, représentent cette population soulieu, en 1756, et qui, sans autre guide terraine comme étant trois fois plus que ses souvenirs d'une longue captivité, nombreuse que celle qui habite aujouremploya pendant cinq ans le temps de ses d'hui la surface du sol. repas à exécuter ce vaste relief. Il périt, Dans le but seulement de leur faire peu après l'avoir terminé, par suite d'un occuper un moindre espace, ces osseéboulement.

mens avaient d'abord été rangés syméUn amas confus de débris énormes triquement en piles, de chaque côté des appelle ensuite les regards. Ces frag- galeries, avec des cordons de têtes à dimens, à demi brisés par un autre éboule- verses hauteurs. De nombreuses inscripment dont la date est déjà fort ancienne tions placées sur ces piles rappellent le et que contient une faible pierre placée néant de la vie et l'espoir d'un plus heucomme clé de voûte au milieu de ce reux avenir. On imagina plus tard de

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former, avec ces mêmes débris, des antels | eux une lutte quelquefois sanglante. Dans funèbres, des croix et autres ornemens les carrousels, il ne s'agissait que de déen rapport avec les localités. Des per-ployer la force et l'adresse nécessaires pour sonnes d'un goût sévère ont blâmé cette obtenir une victoire toute pacifique, dont espèce de recherche, et cet emploi de aucun accident funeste ne venait dimimatériaux semblables dans des construc- nuer le prix. Suivant le P. Ménestrier, qui tions, dont au reste la plupart ont de- a publié un traité spécial sur les tournois, puis long-temps disparu.

joútes et carrousels, ces spectacles, touSur le côté d'une des galeries, M. de jours pompeux et donnés dans des occaThury, qui a fait exécuter la presque sions solennelles, se composaient d'une totalité des travaux dont on vient de suite d'exercices à cheval, exécutés

par parler, a établi une collection géologi- divers quadrilles (voy.), entremêlés de que, disposée sur une suite de gradins représentations tirées de la fable ou de offrant la coupe verticale des Catacom-l'histoire, et où figuraient des machines bes, depuis le sol supérieur jusqu'au ingénieuses, introduites par les Italiens terrain de craie qui compose le fonds du qui y excellaient. On s'y exerçait surtout bassin de Paris. On y voit des échantil- à courre des bagues ou des tétes, c'estlons de tous les bancs de pierre recon- à-dire, à enlever, à la pointe de la nus sur cette hauteur d'environ 38", et lance ou de l'épée, une suite d'anneaux dont plusieurs fouinissent des matériaux suspendus (d'où est venu notre jeu de de construction d'excellente qualité; la bagues, vor.) et des têtes de carton, reprémême suite offre des fragmens assez vo- sentant d'ordinaire des Maures ou des lumineux de l'ancien aqueduc romaid, Turcs. Ce dernier genre d'exercice, connu qui conduisait les eaux d'Arcueil au pa- seulement en France sous Louis XIV, a lais des Thermes de Julien. Une collec- été, dit-on, inventé par les Allemands, tion d'un genre tout différent, mais non au temps de leurs guerres avec la Turquie. moins curieuse, est celle d'anatomie pa- Il est par conséquent assez moderne. thologique, offrant un cheix fait dans On ne peut reporter l'origine des carles Catacombes même, des ossetiens qui, rousels proprement dits, du moins en par leurs dimensions et leurs divers France, au-delà du règne de Henri IV. accidens, peuvent fixer l'attention des Il y en a eu de fort brillans sous Louis XIII; hommes de l'art.

ils doivent être regardés comme une déIl y a environ 20 ans, les Catacombes génération des tournois et comme ayant étaient devenues l'objet d'une curiosité remplacé ces exercices dangereux, à très vive, en quelque sorte un but de peu près abandonnés après la fin tragipromenade à la mode. En 1814, les que de Henri II. Ils étaient un peu plus officiers et généraux des armées alliées anciens en Italie (voir le Théâtre d'hons'empressèrent de les visiter. On raconte neur de la Colombière). On ne doit pas que l'empereur d'Autriche s'arrêta long- s'arrêter à l'opinion de quelques écrivains temps devant une inscription italienne, qui ont fait remonter les carrousels à la gravée sur l'un des piliers et tirée des plus haute antiquité et qui désignent sous Nuits clémentines, où l'on remarque les cenom les fêtes des Grecs et des Romains, deux vers suivans :

et surtout les jeux du cirque. C'est aussi E poichè andar del mortal fango scarchi des Italiens que nous est venu le nom Che distingue i pastor dai gran monarchi. de carrousel, dérivé, suivant l'opinion la

C. N. A. plus raisonnable, de carroselo ou de carCARROSSE, voy: VOITURES. rozże (d'où carrosse), désignant les chars CARROSSIER, voy. SelliER. employés souvent dans ces solennités.

CARROUSEL, espèce de jeu mili- Deux carrousels célèbres furent donnés taire que l'on a quelquefois confondu à par Louis XIV: en l'honneur de Mlle de tort avec les tournois.Dans ceux-ci (voy.), La Vallière, à Paris en 1662, et à Verdont l'origine est beaucoup plus ancienne, sailles deux ans plus tard (voir le Siècle chaque chevalier se choisissait un ou plu de Louis XIV et les cuvres de Molière). sieurs adversaires, et il s'établissait entre | Les seigneurs de la cour déployèrent,

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dans ces deux occasions, un luxe inoui Pendant la tourmente révolutionnaire et cherchèrent à s'effacer mutuellement qui bouleversa la France et fit suspendre par la magnificence de leurs costumes an- tous les travaux d'arts, le ciseau de Cartiques ou chevaleresques, et le choix de tellier obtint quelques encouragemens: leurs devises composées par Benserade. dans l'église de Sainte-Geneviève, transL'emplacement où la dernière de ces formée en Panthéon français, il décora deux fêtes eut lieu, en face du château deux des pendentifs de la coupole des des Tuileries, a retenu le nom de Place figures de la Force et de la Victoire, du Carrousel.

qui disparurent plus tard, ainsi qu'un basCette espèce de divertissement s'est relief représentant la Nature, appuyée renouvelée, même à des époques assez sur la Liberté et l'Égalité. On cite aussi modernes.Il y eut un très beau carrousel à avec distinction les deux figures en arBerlin, en 1750, où se distingua le prince rière-corps de la façade du midi du Henri, frère du grand Frédéric. En 1828, Luxembourg représentant la Vigilance l'école de cavalerie de Saumur donna à et la Guerre; la statue de Vergniaud, Mme la duchesse de Berry une fête de qui décorait le grand escalier de ce ce genre. Les officiers, avec l'uniforme palais; celle d'Aristide, placée dans la particulier de leur arme, se livrèrent å salle des séances de la Chambre des divers jeux d'adresse et d'équitation, et pairs. Aux ouvrages d'une époque plus les mieux faisans reçurent le prix des heureuse pour Cartellier appartient sa maios de la princesse. Elle y trouva un charmante figure de la Pudeur, exécutée si grand plaisir qu'elle fit recommencer en marbre en 1808 pour la Malmaison, la fête le lendemain matin, au moment sur le modèle qu'il en avait exposé au de son départ, ce qui n'était peut-être salon de 1800; les statues de Bonupartc jamais arrivé à aucun spectacle de ce consul, de Napoléon-empereur, de Louis genre.

C. N. A. Bonaparte, en costume de grand connéCARTE, voy. CARTES.

table, de Walhubert, de Montebello à CARTE-BLANCHE, voy. BLANCO

cheval. Son bas-relief de la Gloire disSEING et Pouvoir (plein).

tribuant ses couronnes, placée au-desCARTEL, voy. Duel.

sus de la principale porte du LouCARTELLIER (PIERRE), sculpteur vre, cité avec tant de distinction dans le parisien, né en 1757 et mort en 1831, rapport sur les prix décennaux, mit le fut de bonne heure inspiré par le génie sceau à sa réputation. Parmi les autres des arts. Mais il eut à lutter, une grande ouvrages de Cartellier nous ne pouvons partie de sa vie, contre les embarras passer sous silence le bas-relief de la Cad'une position sociale contraire à ce que pitulation d'Ulm à l'arc de triomphe du réclame l'étude longue et difficile du Cartousel; le Louis XIV, statue équestre dessin. Pendant long-temps il n'eut d'an- du frontispice de l'hôtel des Invalides; tres leçons que celles données à l'école le Louis XV en bronze, sur la place de gratuite de dessin aux enfans destinés à Reims, et sa Minerve faisant naître des professions industrielles. Ses parens, l'olivier, au château de Versailles. ayant fini par reconnaitre en lui une Pour avoir été exécutés loin de l'Italie, vocation décidée pour la sculpture, fi- les ouvrages de Cartellier n'en sont pas rent abnégation de leur propre intérêt et moins empreints du vrai sentiment de l'anplacèrent le jeune Cartellier chez Ch. tique, et si quelques-uns n'ont pas toute Bridan, slatuaire et membre distingué de la sévérité de style des chefs-d'æuvre l'ancienne académie. Cependant la mort grecs, ils ne le cèdent point à la plupart prématurée de son père l'obligea de de ceux sortis du ciseau d'artistes qui, nouveau de se livrer à des travaux su- plus heureux que lui, ont pu recevoir, balternes et obscurs pour subvenir aux dans le pays des arts, toutes les inspirabesoins de sa mère et aux siens. Ses étu- tions qu'il fait naitre. des furent ralenties, et, dans trois con- Les récompensés et les honneurs dus cours pour le prix de Rome, il eut la au mérité n'ont point thatiqué à Carteldouleur d'échoner.

lier : il fut nommé membre de la Légion

CAR
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CAR
d'Honneur en 1808, de l'Académie en jeu dans sa patrie, on peut dire qu'il le
1810, professeur à l'école royale des naturalisa français par le choix des figu-
Beaux-Arts en 1816, chevalier de l'or- res qu'il substitua aux anciennes. Plus
dre de Saint-Michel en 1824. L. C. S. tard, sous le règne de Charles VII, il

CARTERET (PHILIPPE), navigateur perfectionna encore lui-même son in-
anglais du xvi11° siècle, connu dans les vention prétendue et assigna à ces figu-
annales de la marine britannique par res les noms qu'elles portent encore au-
un voyage de découvertes fait autour du jourd'hui. Ainsi David, le roi de pique,
globe, pendant les années 1766, 67, 68 fut l'emblème de Charles VII, également
et 69,en partie de conserve avec le ca- tourmenté par un fils ingrat, et le roi
pitaine Wallis. On ignore d'ailleurs les de cæur prit le nom de Charlemagne,
autres circonstances de sa vie et même l'un de nos plus illustres inonarques. Ar-
l'époque de sa mort; les biographies an- gine anagramme de Regina) figura, dans
glaises ne fournissent aucun renseigne-| la dame de trèfle, la reine Marie, épouse
ment à cet égard.

J. M. C. du prince régnant; Pallas, dame de piCARTES A JOUER. L'invention que, la vaillante pucelle d'Orléans; Rades cartes à jouer, comme la découverte chel, dame de carreau, la tendre Agnès de l'Amérique, a été long-temps attribuée Sorel, et la dame de cæur, Judith, la plus à un homme qui avait seulement su l'ex- que galante Isabeau de Bavière. Les quatre ploiter habilement. Personne ne mettait valets, dans l'origine varlets (ce qui réen doute que Jacquemin Gringonneur, pondait à peu près au titre d'écuyers), peintre français du xive siècle, n'eût le furent quatre vaillans capitaines, Ogier premier imaginé ces petits cartons peints, et Lancelot sous Charlemagne, Hector pour amuser les instans lucides de la dé- de Gallard et La Hire sous Charles VII. mence de Charles VI. Mais deux savans Le reste du jeu offrait une sorte d'allélittérateurs du siècle dernier, l'abbé de gorie guerrière dans le goût du temps. Longuerue et l'abbé Rive, ont prouvé, Le cœur était l'emblème de la bravoure, dans leurs dissertations, que le jeu de le pique et le carreau (voy.) représencartes était autérieur au règne de ce taient les armes; le trèfle, les vivres, prince. Une pièce authentique qui le dé- fourrages et munitions. L'as (voy.), enfin, montre, c'est un acte d'un concile de était, dans sa signification latine, ce qu'on Cologne, d'une date plus ancienne, qui a toujours considéré comme le nerf de la défendait ce jeu aux ecclésiastiques. Si guerre, c'est-à-dire l'argent. le nom du véritable inventeur est resté Le peintre Gringonneur a fait à sa painconnu, il parait certain au moins que trie un legs qui, sans doute, a beaucoup c'est en Italie, et vers le commencement contribué à dissiper l'ennui des oisiss, du xive siècle, que les cartes parurent

et à varier les distractions de nos pour la première fois. D'après les re- cercles; il est fâcheux qu'il ait en même cherches de l'abbé de Longuerue, elles temps fourni un aliment de plus à la fuavaient alors 7 à 8 pouces de longueur neste passion du jeu. Le fisc lui doit bien (comme celles qui sont connues aujour-aussi quelque reconnaissance : il a, de d'hui sous le nom de tarots), et les fi- nos jours, établi un impôt sur les cartes, gures représentaient un pape et des em- impôt, sans contredit, le plus moral de pereurs.

tous, et qui n'est pas le moins productif. Jacquemin Gringonneur ne fut donc Nous indiquerons ici succinctement que l'importateur des cartes qui, en ef- quelques différences qui existent entre fet, furent d'abord destinées à distraire les cartes dont on fait usage en France le roi Charles VI dans les intervalles de et celles des autres nations principales sa folie. Une somme considérable

pour
de l'Europe.

以90 1. l'époque fut affectée par la chambre des En Angleterre, où, suivant quelques comptes au paiement du premier jeu écrivains, elles ont élé connues avant de confectionné par l'artiste. Gringonneur, l'être chez nous, on se sert dans la sotoutefois, ne se borna pas à une inita-ciété de deux sortes de carles à jouer. tion servile: en transportant ce nouveau Les unes, plus hautes et plus larges d'un

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tiers que les nôtres, offrent aussi des fi- re, et malheureusement les amateurs de gures de rois, de reines, etc., beaucoup cette espèce sont en majorité; mais les plus grosses, et par-là nême encore plus gens en état d'apprécier dans leur vérigrotesques. Aucune d'elles, en outre, ne table essence les qualités et les défauts porte les noms de David, Pallas, etc., de ce genre de productions s'attachent qu'on lit sur les nôtres, et nul autre nom moins à ces beaux dehors qu'à la valeur n'y a été substitué. Dans l'autre sorte de intrinsèque des constructions géogracartes anglaises, les figures ont deux tê- | phiques, et leur nombre est si restreint tes, l'une en haut, l'autre en bas, de que celui des cartographes qui puissent sorte que le joueur n'est point obligé de prétendre à leurs suffrages est naturelles relourner; innovation tout-à-fait dans lement aussi fort borné; car ce sont les les goûts d'un peuple ami de ses aises et applaudissemens du public qui détermidu confortable.

nent l'émulation et le progrès. En Allemagne, les cartes ont conservé Tâchons donc de montrer aux gens quelques teintes du moyen-âge : aux du monde où sont les difficultés, et par rois, aux reines, aux valets, ou varlets, conséquent où est le véritable mérite des on a ajouté une quatrième sorte de fi- cartes géographiques, afin que leur disgures, les chevaliers. Un jeu entier, qui cernement éclairé, faisant justice de tant n'est chez nous que de 56 cartes, en con- d'œuvres médiocres (quelque beauté matenait long-temps 64 dans ce pays, et les térielle dont elles se parent d'ailleurs), 21 å-tous qu'il renfermait avaient pour apprenne aux éditeurs que les intérêts désignation le diable, la mort, etc., etc. du commerce cartographique ne se trou

La différence la plus notable entre vent plus que là où sont aussi les intérêts dos cartes et celles de l'Espagne et de de la science; et le charlatanisme du desl'Italie, c'est que, dans ces deux contrées, sinateur, dont l'ineptie se cache sous le nos quatre couleurs, cour, trèfle, pique, titre dérisoire d'ingénieur-géographe , carreau, sont remplacées par les quatre n'étouffera plus, sous la multitude de ses dénominations de coupe, denier, épée indigestes plagiats, l'auvre originale fruit et báton. Les Italiens ont, de plus, leurs des longues veilles du véritable géolongues cartes, dites tarots, qui furent, graphe. dit-on, inventées chez eux dans la pro- L'art de construire des cartes exige, vince de Taro, en Lombardie, et dont dans l'homme qui prétend s'y livrer, un on fait souvent usage pour le jeu en Po- rare assemblage de connaissances, puilogne et en Russie. On sait que ces ta- sées à la fois dans le domaine des scienrots, représentant les figures les plus bi- ces exactes et dans les trésors d'une éruzarres, servent aussi chez nous à former dition profonde et spéciale; et ces proce qui s'appelle le grand jeu, parmi les visions de savoir ne seraient encore que devineresses et tireuses de cartes, encore d'un mince secours si l'esprit de critiassez nombreuses dans ce siècle de lu- que, avec ses qualités indispensables, une mières (voy. CARTOMANCIE). — Pour la vive perspicacité et une grande rectitude fabrication des cartes, voy. l'article Care de jugement, n'en venait féconder et ré

M. O. gler l'usage. Un géographe accompli est CARTES GÉOGRAPHIQUES. A un savant du premier ordre, et les noms en juger par le grand nombre de cartes à citer sont bien rares : Guillaume de géographiques répandues dans le com- L'Isle ouvrant la carrière; d'Anville la merce, on pourrait croire que rien n'est parcourant en entier, avec une gloire enplus aisé que l'art de les dresser; mais core sans égale; Rennel régnant avec éclat les connaisseurs en trouvent si peu sur un moindre domaine: voilà les prinbonnes, que l'on est forcé d'admettre ces de la géographie; après eux on a peine qu'il existe dans cet art des difficultés à trouver cet heureux concours de sadont il n'est pas donné au vulgaire de voir et d'habileté. Voy. l'art. suivant. triompher. Beaucoup de gens, il est vrai, La construction d'une carte géograne font consister le mérite des cartes que phique offre à considérer deux parties dans la netteté et l'élégance de la gravu- constitutives distinctes, la forme et le

TIER.

de

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