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5° La division Victor n'a jamais été destinée à rester dans la Romagne, elle avait fait l'expédition de Rome, il lui fallait le temps de revenir. Elle devait prendre position sur l'Adige pour former le noyau d'un corps d'observation contre les Vénitiens. Elle était le 18 avril, pendant le massacre de Vérone, à Padoue. Il eût fallu être bien fou, pour laisser des troupes dans la basse Italie.

6o Après le passage du Tagliamento, Napoléon écrivit au directoire qu'au 15 avril, il serait en Allemagne dans la capitale de la Carinthie; qu'il fallait donc que les armées de Sambre-et-Meuse' et de Rhin-et-Moselle, qui comptaient, 140 mille combattants se missent sans délai en marche; et prissent position sur l'Ens; que, arrivées sur cette rivière, il dirigerait le mouvement combiné des trois armées sur Vienne. Le directoire lui répondit qu'il allait ordonner à ses armées du Rhin d'entrer en opération; qu'au moment où il recevrait ce courrier, déja les hostilités auraient commencé. Mais, le premier avril, il reçut à Clagenfurth l'avis qu'il ne devait pas compter sur la coopération des armées du Rhin, qu'il serait possible que celle de Hoche entrât en campagne, mais que celle de Moreau était hors d'état de passer le Rhin. Cette nouvelle fit naître en lui bien des soupçons. Il avait conclu un traité offen

sif et défensif avec le roi de Sardaigne, lui avait garanti ses états, et en avait obtenu un contingent de 10,000 hommes d'infanterie, 2,000 de cavalerie, et 24 pièces de canon. Cette division qu'il eût menée en Allemagne, aurait assuré ses derrières; chaque soldat piémontais eût été pour lui un ôtage. Le directoire, sans blâmer ce traité, traîna en longueur les ratifications, et la campagne s'ouvrit avant que l'armée eût pu être renforcée de cette division de bonnes troupes. C'était d'autant plus fâcheux, que ces 12,000 hommes ayant été rendus mobiles pouvaient être dangereux. Napoléon avait aussi à se plaindre de l'influence qu'excitait le ministre Quirini, qui ouvrait les portes avec la clef d'or, et entravait les affaires de Venise. Il se convainquit de la nécessité de faire la paix, et écrivit sa lettre si connue à l'archiduc. Tous les courriers de Paris, qu'il reçut jusqu'au 18 avril, le confirmèrent dans l'idée que les armées d'Allemagne ne bougeaient point. Il n'apprit leur passage du Rhin, qu'après la si-` gnature des préliminaires de Léoben, qu'il n'eût signés que dans Vienne, s'il eût su que les deux armées françaises du Rhin voulaient entrer en campagne, quand meme elles n'eussent passé le Rhin qu'au mois de mai, cela lui eût été suffisant.

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ET ouvrage est écrit avec facilité. Il justifie son titre. Sa lecture a été l'objet d'un grand nombre d'observations. Dans les quatre notes que nous mettons ici, nous ne traiterons que de ce qui est relatif, ro à la politique de Pitt; 2o au général Moreau; 3° à l'armistice naval; 4° aux différentes, assertions sur les guerres d'Égypte.

Ire NOTE.

POLITIQUE DE PITT.

(tome 3, page 1, 1800.)

« Ce célèbre ministre, dit-il en parlant de Pitt, fidèle aux principes de la vieille politique insulaire, n'ad

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✨ « mettait aucune garantie tant que la France conserverait, << avec la Belgique et la disposition des ressources maritimes « de la Hollande, une situation toujours hostile contre l'AnDepuis la cession des Pays-Bas à la France, « consentie par la maison d'Autriche, au traité de Campo« Formio, le but de la guerre échappait au gouvernement anglais, tous ses efforts tendaient à le ressaisir. M. Pitt «< était convaincu que, pour arracher aux Français cette belle conquête, il fallait épuiser les ressources de la France, et << la consumer en portant dans son sein une guerre que la « fureur des partis comprimés, et l'indignation des puis<< sances humiliées, devaient lui rendre à jamais funeste, « si elle en devenait le théâtre. La conquête de l'Italie, et tous les avantages remportés par les alliés pendant la campagne de 1799, ne suffisaient plus pour remettre en question la rétrocession de la Belgique, parce que ces « avantages étaient balancés sur le Rhin par la victoire de Zurich, et dans le Nord par le mauvais succès de l'expé«dition sur les côtes de Hollande. La continuation de la << guerre était donc invariablement résolue par le ministère << anglais, avant les ouvertures faites par Bonaparte. Elles « donnèrent lieu à de vifs débats dans le parlement, les « principaux orateurs du parti de l'opposition, remontèrent jusqu'aux premières causes de la guerre. Ils en attribuè« rent l'explosion, les malheurs, la perpétuité, à ceux qui • voulaient établir l'immutabilité des gouvernements, et « l'aliénation irrévocable de la souveraineté comme base « fondamentale d'un pacte social pour le maintien duquel << toutes les puissances devraient être à jamais solidaires. — « MM. Erskine, Fox et Sheridan, se distinguèrent dans «< cette discussion mémorable : ils opposèrent à la doctrine « des gouvernements de l'Europe moderne, les plus forts arguments que purent leur fournir les principes du droit

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« naturel et du droit politique, l'esprit et la marche du « siècle, les exemples tirés de leur propre histoire, le chan"gement de systême en France, qu'ils trouvaient favorable « au rétablissement de la paix.......

1o Le ministre anglais a-t-il pu se refuser aux ouvertures que lui a faites le premier consul, en 1800, sans se rendre responsable des malheurs de la guerre? 2o Le refus était-il politique et conforme à l'intérêt de l'Angleterre ? 3o La guerre était-elle alors à desirer pour la France? 4° Quels étaient, dans cette circonstance, les intérêts de Napoléon ? Pitt se refusa à entrer en négociation dans l'espérance que, en continuant la guerre, il obligerait la France à rappeler les princes de la maison de Bourbon, et à rétrocéder la Belgique à la maison d'Autriche. Si ces deux prétentions étaient légitimes et justes, il a pu, en justice, se refuser à la paix, mais si l'une et l'autre sont illégitimes et injustes, il a rendu son pays responsable de tous les malheurs de la guerre. Or la république avait été reconnue par toute l'Europe, l'Angleterre elle-même l'avait reconnue en chargeant, en 1796, lord Malmesbury de ses pouvoirs pour traiter avec le directoire. Ce plénipotentiaire s'était rendu successivement à Paris et à Lille, il avait négocié avec Charles Lacroix, Letourneur et Maret, ministres du direc

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