Page images
PDF
EPUB

mouf à sarjoie, un objet à ses hommages. Le nom de Bonaparte restait dans tous les coeurs ; il serait venu sur toutes les lèvres si les mots Sa Majesté l'empereur, écrits partout let répétés par les agens du pouvoir, n'éthient venus s'y placer accompagnés de la tristesse ou de Pironie. Le peuple persistait à ne voir que Bonaparue, 'er il se vengeait de Napoléon par des sarcasmes contre ses valets de cour , qui déjà paraissaient vieillis dans leurs fonctions plus tard on verra sa 'noblesse Se montfer dès sa naissance aussi superbe que l'an cienne. C'est en vain que Bonaparte se disait encore empereur par les Constitutions de la République , et qu'il affectait même des formes jadis' usitées chez les vainqueurs du monde; la France n'avait plus de Rome que son Sénat dégénéré.

15172 py La plus belle et la plus imposante des fêtes du cou1! * do

[ocr errors][ocr errors][merged small]

ture , l'autre de sculpture , représentant des actions d'éclat ou des événemens mémorables puisés dans notre histoire ;

» 7o. Au compositeur du meilleur opéra représenté sur le theatre de l'Académie impériale de musique.

» 6. Les grands prix de la valeur de cinq mille francs' se ront au nombre de treize, et décernés :

** 10. Aux traductears de dix manuscrits de la bibliothèque impériale ou des autres bibliothèques de Paris, écrits en langues anciennes ou en langues orientales, les plus utiles soit aụx sciences , soit à l'histoire , soit aux belles-lettres, soit aux arts ;

? Aux auteurs des trois meilleurs petits poëmes, ayant pour sujet des événemens mémorables de notre histoire, ou des actions honorables pour le caractere français.

» 7. Ces prix seront décernés sur le rapport et la proposition d'un juri composé des quatre secrétaires perpétuels des quatre classes de l'Institut , et des quatre présidens en fonctions dans l'année qui précédera celle de la distribution. Signé NAPOLÉON." les corps

1

ronnement fut celle du 14 frimaire ; c'est la distribution des aigles, faite par l'empereur at Champ de Mars, où se trouvaiend réunis les dépátations de tous

de l'armée et des gardes nationales de tous les départemens. « Les aigtes étaient portées par les pré» sidens des colléges électoraux pour les départemens, » et par les colonels pour les corps de l'arniée. A un », signal donné, toutes les colonnes se mettent en » mouvement, se serrent, s'appprochent de l'empe>> reur, qui leur dit: Soldats, voilà vos drapeaust! »s Ces aigleš vous serviront toujours de point de ratu! » liement; elles seront partout rotre empereur » le jugera nécessaire pour la défense de soir' tróne » et de son peuple.' Vous furèz de sčicrifier votre >> vie pour les défendre et les maintenir constam» ment par votre courage sur le chemin de la vic» toire ; vous le jurez ! Nous le jurons ! ont » répété l'armée par ses envoyés d'élite, et les départe» mens par les députés des gardes nationales, en élevant » dans les airs les aigles confiées à leur vaillance, en

confondant leurs acclamations réitérées avec le >> bruit des instrumens et des fanfares militaires. »)

Si le couronnement, cette cérémonie fastuellsement mystique, n'eut pour le people d'autre attrait . que celui d'un spectacle extraordinaire, c'est que la pompe et l'esprit des fêtes nationales avaient placé les citoyens au dessus de semblables représentations, qui excitent la curiosité, et laissent le cœur sans souvenirs : elles n'étaient plus dans les moeurs ; la patrie seule , non celui qu'elle a commis pour diriger ses intérêts, la patrie seule inspirait encore la joie civique.

Peu de jours avant le couronnement on put observer la

[ocr errors]
[ocr errors]

différence qui existe entre l'hommage sendu au pouyoir et celui qu'on offre à la chose publique. Pour la dera nière fois, ile peuple venait d'être appelé tàn saluer l'anniversaire de l'immortel quatorze juillet que l'on avait associé, comme pour en faire perdre la mémoire, à la cérémonie de la distribution des signes de la Légion-d'Honneur et du serment des légionnaires , prété entre les mains de l'empereur. A ce ressouvems dupremjerjour de son héroïque révoluțion, le peuple, par ses douces émotions, par ses expressions sans“ fard, par sa franche gaité, prouva qu'il était peu " sensible à la pompe orgneilleuse qu'on déployait à ses « yeux; il ne félait que la liberté. L'oratene lui-même, entraîné malgré lui, parụt s'agrandir dans son style. Le discours prononcé par M. Lacépède dans cette e circonstance pent être considéré comme le passage de : l'éloquence patriotique aux froides inspirations de la a louange et de la servitude.

[ocr errors]
[ocr errors]

Discours prononcé le 26 messidor an 12, anniversaire du

quatorze juillet , dans l'église des Invalides, lors de prestation du serment des membres de la Légion-d Honneur; par M. Ladépède, grand chancelier.

Sire, quelle auguste solennité réunit dans cette enceinte l'élite de la nation!

» Français , quelle époque mémorable venez-vous célébrer! Ce jour de 89 ou la nation fit entendre sa voix souveraine, et reprit ses droits usurpés. Alors elle brilla de son éclat céleste cette liberté sainte que le peuple français venait de conquérir! Mais quels orages funestes s'amoncelerent bientôt sur la tête de la patrie, trompée, trahie, livrée à l'or corrupteur d'un étranger perfide! Elle allait succomber et périr , lorsque le héros du dixes, neuvième siècle, interrompant ses triomphes lointains et ac- ,, courant à sa voix, est venu la sauver , la délivrer , et la rendre à la gloire et au bonheur.

indoor

Malgré toutes les tempêtes, le vaisseau de l'Etat est entré dans le port : il a jeté l'ancre, et la révolution est terminée.

Quels Lableaux cependant pour l'histoire! quelles leçons pour l'homme d'état! quels exemples pour des nations !:-1X5

L'expérience, faisant retentir au loia sa voix forte et salutaire , signale pour les siècles à venir les rochers menaçans et les écueils cachés répandus au milieu de cette mer' terrible, ''sur laquelle tant d'erreurs désastreuses et de discordest san

glantes nous ont si longtemps agités, que la philosophie redoutait si vivement pour la justice et pour l'humanité, et dont les gouffres auraient été le terme de nos malheurs si le génie qui maîtrise la victoire, et que la sagesse éclaire, n'était venu com- 1 mander à la fureur des flots!

» La tourmente révolutionnaire finissait à peine; on croyait encore entendre gronder l'orage ; et néanmoins la paix étendait 'ses rameaux sur l'Europe continentale"; des états ébranlés raffermis sur leurs fondemens; des lois conservatrices demandées par des peuples amis ; l'industrie souriant à la vue de tant de canaux, de routes et de ports, créés pour ainsi dire par une puissance magique ; les arts se glorifiant de nouveaux chefsd'oeuvre ; le temple de la science reconstruit sur un plan plus vaste; la justice recevant d'une méditation savante le Code Napoléon (1); les baines éteignant leurs flambeaux ; la religion consolée , et ne voyant autour de ses autels relevés que des enfans d'un même père , et des ministres citoyens : tout présentait un enchaînement de merveilles, tout présageait le grand événement qui réunit à jamais la liberté, la concorde et le bonheur; tout annonçait ce concours de désirs, de voeux et

(1) M. Lacépède est le premier qui ait donné le nom de Napoléon au Code civil. Son idée ne fut point perdue. Une loi rendue dans la session de 1807, le 3 septembre, en substituant des expressions monarchiques aux expressions républicaines qui se trouvaient dans ce Code, le promulgua de nouveau sous le titre de Code Napoléon.

C'est de cette époque, et en vertu de la même loi, que dans les préambules des actes du pouvoir, après ces mots : Napoléon ,' empereur, on supprima ceux-ci : par les Constitutions de lla République.

[ocr errors]

C:

de suffrages qui ont proclamé le sauveur de la France empereur des Français.

at any al 2016 Alujourd'hui tout ce que le peuple a voulu le 14 juillet 89 existe par sa volonté. Il a conquis sa liberté ; elle est fondée sur des lois immuables': il a voulu l'égalité ; elle est défendue par un gouvernement dont elle est la base : il a voulu que la propriété fût sacrée; elle est rendue inviolable par toutes nos instilations. Répétez ces mots, qui déjà ont été proférés dans cette enceinte, et qu'ils retentissent jusqu'aux extrémités de l'Empire ! Tout ce qu'a établi le 14 juillet est inébranlable ; rien

de ce qu'il a détruit ne peut reparaître.' -1009» Et quelle garantie plus forte pouvait être offerte à la vo

lonté du peuple et à la raison du sage , que la grande ebnouvelle institution à laquelle vous appartenez, Français, mem1.ibres de la Légion-d'Honneur!

TO 1 Résultat d'une conception sublime , créée sans modelo,

comme toutes les vastes pensées des têtes supérieures , ne pbo. - vant ressembler à rien de ce que nous découvrons dans le passé,

parce qu'elle ne pouvait être inspirée que lorsque le progrès des lumières aurait élevé les sociétés européennes au degré de civilisation qui les distingue aujourd'hui, et cependant ena preinte partout du sceau du caractère national, elle est un hommage éclatant rendu aux droits imprescriptibles du peuple , le rempart le plus durable de l'égalité, de la liberté, de la prospérité, le présage le plus sûr des plus heureuses destinécs.

» Immense monument de gloire, elle montre toutes les professions honorées, toutes les affections réunies , tous les services récompensés, toutes les grandes actions célébrées, lous les hauts faits couronnés, toutes les vertus, tous les talens

offerts à l'admiration des siècles ; et au faîte de ce monument "simpérissable resplendissent ces mots sacrés, désormais inséo sparables , et si chers à tous les vrais Français : honneur, patrie et Napoléon !

» Voilà ce que vous allez jurer de défendre sur vos armes,

votre renommée, sur vos vertus, sur l'autel du dieu des su batailles, de la paix et de la liberté. 139] » Et dans quelle enceinte allez-vous prononcer ce serment solennel!

9.30

191

SW

« PreviousContinue »