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ou revêtus d'une grande autorité, des juges assez grands pour ne fléchir ni devant leur autorité ni devant leurs distinctions ;

Qui donne aux délits contre la sûreté publique et les intérêts de l'Empire des juges essentiellement attachés à la sûreté de l'Empire et à ses intérêts ;

Qui met plus d'éclat et plus de poids dans les fonctions du législateur, plus de développement et plus d'étendue dans la discussion publique des lois ;

» Qui rappelle les tribunaux et leurs jugemens à ces antiques dénominations qui avaient obtenu le respect des siècles;

Qui garantit enfin les droits du prince et du peuple par des sermens, gardiens élernels de tous les intérêts. » Ces dispositions ont été décrétées

par

le senatus-consulte du 28 floréal dernier. Le peuple français a manifesté sa volonté libre et indépendante ; il a voulu l'hérédité de la dignité imperiale dans la descendance directe, légitime et adoplive de Napoléon Bonaparte , dans la descendance directe et légitime de Joseph Bonaparte, dans la descendance directe et légitime de Louis Bonaparte.

» Dès ce moment Napoléon a été, au plus juste des titres, empereur

des Français ; nul autre acte n'était nécessaire pour constater ses droits et consacrer son autorité.

» Mais il a voulu rendre à la France ses formes antiques , rappeler parmi nous ces institutions que la Divinité seinble avoir inspirées , et imprimer au commencement de son règne le sceau de la religion même. Pour donner aux Français une preuve éclatante de sa tendresse paternelle , le chef de l'Eglise a voulu prêter son ministère à ceite auguste cérémonie.

"Quelles impressions profondes et durables elle a laissées dans l'âme de l'empereur et dans le souvenir de la nation! Quels entretiens pour les races futures! Quel sujet d'admiration pour l'Europe !

Napoléon prosterné au pied des autels qu'il vient de relever; le souverain pontife implorant sur la France et sur lui les bénédictions célestes, et dans ses voeux pour la félicité d'une nation enibrassant la félicité de toutes les nations!

» Des pasteurs et des prêtres , naguère divisés, unissant à ses supplications leur reconnaissance et leur voix !

» Ly's sénateurs, les législateurs, les tribuns, des magistrats , des guerriers , les administraleurs du peuple , et ceux qui président à ses assemblées, confondant ensemble leurs opinions, leurs espérances et leurs voeux; des souverains, des princes, des ambassadeurs , frappés par ce grand spectacle de la France rassise sur ses anciens fondemens, et par son repos assurant le repos de leur patrie !

» Au milieu de cette pompe, et sous les regards de l'Eternel, Napoléon prononçant le serment immuable

qui assure l'intém grité de l'Empire , la stabilité des propriétés, la perpétuité des institutions, le respect des lois et le bonheur de la nation!

» Le serınent de Napoléon sera à jamais la terreur des ennemis et l'égide des Français. Si nos frontières sont attaquées, il sera répété à la tête de nos armées, et nos frontières ne craindront plus l'invasion étrangère.

» Il sera présent à la mémoire des délégués de l'autorité ; il leur rappellera le but de leurs travaux et la règle de leurs devoirs ; et s'il ne garantit pas leur administration de quelques erreurs, il en assurera la prompte réparation.

» Les principes qu'il consacre seront ceux de notre législation. Désormais moins de lois nouvelles seront proposées aux délibérations du Corps législatif. Le Code civil a rempli l'attente publique : il est dans la mémoire des citoyens; il éclaire leur marche et leurs transactions , et partout il est célébré comme un bienfait.

» Un projet de Code criminel, achevé depuis deux ans , a été soumis à la censure de tribunaux, et subit en ce moment les dernières discussions du Conseil d'état.

» Le Code de la procédure et le Code du commerce en sont encore où les avaient laissés les travaux de l'année précédente. Des soins plus pressans ont appelé l'empereur , et il est dans ses maximes de ne proposer aux délibérations des législateurs que des projets de lois mûris par de longues et sages discussions.

» Les écoles de législation vont s'ouvrir; des inspecteurs sont nommés qui en éclaireront l'enseignement, et empêcheront qu'il ne dégénère en vaines et stériles épreuves. Les lycées, les écoles secondaires se remplissent d'une jeunesse avide d'instruction. De Fontainebleau est déjà sortie une milice qui marque dans nos armées par sa tenue, par ses connaissances,

par son respect pour la discipline.

L'Ecole polytechnique peuple de sujets utiles nos arsenaux, nos ports et nos ateliers.

» A Compiègne, l'école des arts et métiers obtient tous les jours de nouveaux succès. Celle qui se forme sur les limites de la Vendée y est attendue avec impatience, et bientôt y sera en pleine activité.

» Des prix ont été décernés aux sciences, aux lettres et aux arts ; et dans une période de dix ans, assignée aux travaux que Sa Majesté veut récompenser , elle a droit d'attendre que le génie français enfantera des chefs-d'oeuvre.

Dans le département des ponts et chaussées les ouvrages

commencés ont été suivis avec constance ; d'autres sont médités, et chaque année prépare aux années suivantes de nouveaux projets pour la prospérité de l'Etat. Mais l'intempérie des saisons a trompé la prévoyance et le zèle de l'administration ; des pluies, des torrens ont dégradé les routes avec plus de rapidité qu'on n'a pu en mettre à réparer leurs ravages; quelques travaux ont été détruits ; d'autres ont été un moment suspendus; de grandes calamités ont affligé quelques départemens, et surtout celui de Rhin-et-Moselle. Un préfet , judicieux interprète des intentions de l'empereur, a porté les premiers secours aux malheureux qui en ont été les victimes. Sa Majesté a relevé leur courage par sa présence, et les a consolés par ses bienfaits.

» Le fléau de la contagion affligeait des contrées voisines ; la vigilance de l'administration en a préservé notre territoire : il s'apaise dans les lieux où il exerçait ses ravages. En maintenant les mesures que commandent encore la prudence et l'intérêt de la santé publique, on préviendra l'invasion du mal sans interrompre les cominunications nécessaires à l'aliment de notre commerce et de nos manufactures.

» Au centre de la Vendée s'éleve une nouvelle ville destinée à être le siége de l'administration. De là elle portera sur tous les points une surveillance active et sûre; de là les lumières et les principes se propageront dans tout ce département, ou l'ignorance et le défaut d'information a livré si souvent des ámes simples et honnêtes aux intrigues de la malveillance.

» Des décrets de l'empereur ont rappelé le commerce sur la rive gauche du Rhin, et donné à Mayence et à Cologne tous les avantages des entrepôts réels, sans les dangers des versemens frauduleux dans l'intérieur de la France.

» Nos manufactures se perfectionnent; et tandis que, dans de vaines déclamations, les mercenaires soudoyés par le gouvernement britannique vantent ses ressources lointaines et ses ressources précaires, dispersées sur les mers et dans les Indes ; tandis qu'ils peignent nos ateliers déserts et nos ouvriers niourans de misère, notre industrie étend ses racines sur notre propre sol, repousse l'industrie anglaise loin de nos frontières, est parvenue à l'égaler dans ce qui faisait sa gloire et ses succès, la perfection de ses machines , et s'apprête à lui disputer des consommateurs dans tous les lieux où elle

pourra

la rencontrer et l'atteindre.

» Notre manufacture première , l'agriculture, s'agrandit el s'éclaire : un système d'exportations, tellement combiné qu'il s'ouvre ou se ferine au gré de nos besoins , assure au cultivateur le prix de son travail, et l'abondance à nos marchés.

» De nouveaux encouragemens préparent l'amélioration de la race de nos chevaux. Nos laines se perfectionnent; nos cam. pagnes se couvrent de bestiaux, et sur tous les points de l'Empire se niultiplient ses véritables richesses.

» Avec la richesse , la sécurité renaissante a donné un plus libre essor à l'active bienfaisance : excitée par la religion et par le souvenir de nos malheurs, celle-ci ne se borne plus à des charités du inoment; elle embrasse l'avenir , et confie ses trésors au gouvernement, qui lui en garantit un emploi conforme à ses vœux. Jamais tant de legs , de donations pieuses n'ont été faits en faveur des hospices et des établissemens de bienfaisance. Quelques unes de ces institutions ont été créées ou rétablies par de simples particuliers. Jamais l'humanité souffrante n'a trouvé plus d'amis, ni l'indigence plus de secours. Ils sont distribués avec autant de lumière que de zèle ; et les hospices de Paris, dirigés avec une intelligence qui multiplie les soins en économisant les fonds , soulagent tous les besoins , guérissent beaucoup de inaux, et ne sont plus ces asiles meurtriers qui dévoraient leur nombreuse et misérable population. Aussi le nombre des indigens de la capitale est-il de trente-deux mille au dessous de ce qu'il était en 1791, et de vingt-cinq mille de ce qu'il était en l'an io.

» La religion a repris son empire; elle ne l'exerce que pour le bien de l'humanité; une sage tolérance l'accompagne , et les ministres des différens cultes qui adorent le même Dieu s'honorent par les témoignages d'un respect reciproque, et ne veulent plus connaitre d'autre rivalité que celle des vertus. » Telle est notre position au dedans. Au dehors , le

courage français, secondé par la loyauté espagnole, nous conserve Santo-Domingo: la Martinique brave les menaces des ennemis, et sous un gouveruement paternel se rétablissent, plus durables et plus forts , les liens qui l'attachaient à la mère pairie.

» La Guadeloupe s'est enrichie des dépouilles du commerce britannique , et la Guyane prospère toujours sous une active et vigoureuse administration.

Les îles de France et de la Réunion seraient aujourd'hui le dépôt des richesses de l'Asie; Londres serait dans les, convulsions et le désespoir, si l'inexpérience ou la faiblesse n'avaient trompé le projet le plus habilement concerté: du moins les îles de France et de la Réunion s’alimentent encore des prises que nous avons faites sur nos ennemis.

» Nos armées sont toujours dignes de leur réputation. Avec la niême valeur et la même discipline, elles ont acquis cette patience qui allend sans murmurer les occasions , et se confie

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à la prudence et aux desseins du chef qui les conduit. Nos sol-dats, nos officiers apprennent à maîtriser l'élément qui les sépare de cette île objet de tous leurs ressentimens; leur audace et leur adresse étonnent les marins les plus vieux et les plus expérimentés.

» Nos flottes, dans des manoeuvres continuelles , préludent aux combats ; et tandis

que

celles de nos ennemis s'usent contre les vents et les tempêtes, les nôtres apprennent à lutter contre elles sans se détruire.

» Enfin, depuis la guerre nous avons gagné le Hanovre. Nous sommes plus en état que jamais de porter des coups décisifs à nos ennemis : notre marine est en meilleur état qu'elle ne l'a été depuis dix ans; sur terre, notre armée plus nombreuse et unieux tenue, plus approvisionnée de tout ce qui donne la victoire qu'elle ne l'a jamais été.

» Dans le département des finances, c'est toujours la même activité dans les recettes, la même régularité dans les régies, le même ordre dans l'administration du trésor, et presque toujours la même fixité dans la valeur de la dette publique.

» La guerre a nécessité des dépenses premières, des dépenses extraordinaires ; mais elles ont été faites sur notre propre sol, et nous ont donné des vaisseaux, des ports , et tout ce qui est nécessaire au développement de nos forces contre nos ennemis.

Aujourd'hui ces dépenses extraordinaires cessent , et celles qu'exige notre attitude guerrière seront dirigées désormais avec une économie que ne permettait pas l'urgence des préparatifs nécessaires à l'attaque et à la défense.

» Les revenus de la couronne supporteront toutes les dépenses du sacre et du couronnement de l'empereur, et celles que demandera encore la splendeur du trône. L'éclat qui l'environne ne sera jamais une charge pour la nation.

» La situation de l'Europe n'a éprouvé qu'un changement important.

» L'Espagne reposait dans une neutralité que la France avait consentie, et que le cabinet britannique avait avouée ; tout à coup ses vaisseaux ont été attaqués, et le traité d'Amiens a été violé pour elle comme il l'avait été pour

la France. Sa Majesté catholique a pris le parti que lui commandaient la dignité de son trône, ia foi trahie , et l'honneur de la nation généreuse dont il dirige la destinée.

L'empereur d'Autriche consacre à la restauration de ses finances, à la prospérité de ses provinces , aux progrès de leur commerce, le repos que

lui conseillent la loyauté de son carac., tere et l'intérêt de ses sujets.

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