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GEORGES IV. 1820. Le 30 janvier, Georges IV, né le 2 août 1762, et proclamé roi dès le jour précédent, tint, suivant l'usage, sa première cour à Carlton House ; tous les membres de la fainille royale et du conseil privé, et beaucoup de personnages distingués s'y trouvèrent : mais on n'y vit point Caroline Amélie-Élisabeth de Brunswick-Wolffenbuttel, seconde fille du duc de Brunswick, qu'il avait épousée le 8 avril 1795, et qui était alors absente d'Angleterre. Le roi annonça la mort de son père, qui l'appelait à lui succéder, et exprima la confiance que la nation et le parlement lui continueraient l'assistance nécessaire à sa situation. Tous les assistants prêtèrent le serment de foi et hommage dans le conseil privé tenu immédiatement après. Le roi continua dans leurs emplois tous les membres qui le composaient. Ils signèrent la proclamation qui annonçait l'avènement du nouveau roi : elle eut lieu le 31. Le même jour, les membres des deux chambres du parlement prêtèrent le serment. La chambre des communes s'ajourna au 17 février.

Le sujet qui , au milieu des changements produits par la mort du roi, fixait le plus l'attention du public, était Ia position dans laquelle allait se trouver l'épouse du nouveau monarque. Des bruits , peu avantageux pour elle, étaient

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Le 17,

pour

parvenus en Angleterre. On pensait qu'il serait pris quelque mesure à son égard. Ce fut le premier objet dont le cabinet s'occupa sérieusement. Le ii février, un ordre du conseil statua qu'à l'avenir, dans la liturgie, on prierait pour le roi et la famille royale, sans faire une mention particulière de la reine. La question du divorce fut ensuite agitée. Les jurisconsultes de la couronne, consultés

sur ce projet, avaient été d'avis qu'il ne pouvait avoir lieu légalement. On disait que l'opinion du roi différait tellement de celle de ses conseillers responsables, que ceux-ci avaient donné leur démission. Enfin, le roi parut sacrifier ses sentiments personnels aux conseils constitutionnels de la couronne; et on essaya des négociations auprès de la reine pour l'engager à ne pas venir en Angleterre.

les deux chambres s'assemblèrent: un message du roi leur annonça l'intention de convoquer incessamment un

aveau parlement, et leur recommanda de pourvoir, en attendant qu'il fût ouvert, aux mesures nécessaires pour le service public.

Le 21, la chambre des communes vota 800,000 liv. le service de l'année, et 230,00n liv. pour la liste civile; elle adopta une résolution portant qu'une somme de 7,000,000 liv. serait prise sur les subsides de 1819 non-employés, et appliquée au service de 1820. A cette occasion, M. Tierney demanda si la pension de la reine était comprise dans la liste civile ; le chancelier de l'échiquier déclara que l'annuité payée à la princesse de Galles, le serait dorénavant à la reine.

Les autres bills , tels que celui de l'armée et de la marine, passèrent également. Le 28, la session fut close par une commission; le discours du roi se terininait par le témoignage de sa sincère satisfaction, des services importants que le parlement avait rendus à la patrie dans des circonstances où les tentatives et les pratiques séditieuses avaient obligé d'adopter des mesures sévères pour protéger les lois et la constitution du royaume. Le lendemain. une proclamation déclara le parlement dissous, et convoqua le nouveau pour le 23 avril.

Les expressions de la fin du discours du roi avaient rapport à une conspiration découverte cinq jours auparavant. Un ramas de furieux, à la tête desquels était Arthur Thistlewood, homme perdu de dettes, avait fortné le projet de renverser le gouvernement et de commencer

par

assassiner les ministres ; les autres conspirateurs principaux étaient John-Thomas Brunt', cordonnier, et James Ings , boucher. Déjà ils s'étaient réunis dans divers endroits ; la police était sur leurs traces , et avait même des agents parmi eux. Informés

le 23 février, il devait y avoir, chez lord Harrow by, président du conseil, un grand dîner, auquel se trouveraient tous les ministres, ils arrêtèrent pour ce jour-là l'exécution de leur complot. Pour être plus près du lieu de la scène , ils avaient loué, dans Cato-Street, ruelle étroite et obscure, une maison à dix minutes de chemin de l'hôtel de lord Harrowby, chez lequel l'un d'eux se serait introduit en remettant à un domestique une lettre qu'il eût assûré être une dépêche d'importance ; et les autres conspirateurs se seraient précipités dans la maison en y jetant des grenades pour'occasioner une confusion favorable à leur projet d'assassinat; ils comptaient surprendre par un coup de inain semblable l'hôtel du lord-maire dans la cité. Dès le matin , Brunt avait fait apporter, dans la maison de Cato-Street, une grande quantité d'armes , sabres, épées , fusils, espingoles , pistolets et grenades.

La veille, Thomas Hyden, un des conjurés, rencontrant lord Harrowby qui se promenait à cheval, lui révéla tout le détail du complot. Le 23, dans la soirée, les conspirateurs armés se réunirent, au nombre d'une trentainé, dans leur local. Thistlewood avait rédigé une proclamation fort courte pour annoncer la destruction de la tirannie et l'organisation d'un gouvernement provisoire; on était en train d'en tirer des copies signées par Ings, comme secrétaire , lorsque douze officiers de police saisirent à l'entrée de la maison deux conjurés qui s'y tenaient en sentinelle, puis montèrent dans le grenier où les autres se préparaient å se défendre ; il s'engagea un combat à coups de sabre et de pitolet; des officiers de police furent blessés ; les conjurés avaient éteint les lumières ; Thistlewood , Brunt et d'autres parvinrent à s'échapper. Un détachement d'un régiment des gardes, commandé par le capitaine Fitzclarence, arriva sur ces entrefaites, et s'empara des neuf autres, qui firent peu de résistance. Il y avait de quoi armer cent homines avec ce qu'on trouva dans le grenier.

Les prisonniers, dès le premier interrogatoire , avouèrent les principales circonstances du complot. Une proclamation affichée même dans la nuit, promit une récompense de 1,000 livres à quiconque aiderait à découvrir ou à faire arrêter Thistlewood : le lendemain matin, à onze heures, on le trouva dans une petite maison très-éloignée de son quartier; bientôt Brunt et quelques autres furent également arrêtés; on saisit chez Tidd, l'un d'eux, plus de neuf cents cartouches à balles et des armes, et chez Thistlewood , une quantité considérable de papiers, entre autres une correspondance volumineuse avec les radicaux du nord : l'examen de ces pièces fit connaître que le complot ne s'étendait pas au-delà de Londres.

Les chefs, après avoir été interrogés, furent traduits , le 17 avril, devant l’oldbailey ou cour criminelle de la cité de Londres. Thistlewood et Brunt se plaignirent de ce qu'on ne sesait point paraître dans la cause, comme on l'avait annoncé, un nommé Edwards, qui avait été l'un des premiers provocateurs de la trahison, qui avait fourni de l'argent et montré les dispositions les plus sanguinaires, puis était disparu au moment de l'exécution. Thistlewood convint d'avoir voulu renverser le gouvernement et conspiré contre la vie des ministres, uniquement afin de venger la mort des infortunés si horriblement massacrés ou mutilés à Manchester, et rendre sa patrie heureuse et libre. Lui et ses principaux complices entendirent leur sentence sans émotion, Thistlewood , Ings, Brunt, Davidson, homme de couleur, et Tidd furent déclarés coupables de haute trahison et condamnés à mort. La peine des six autres fut commuée en celle de la déportation à Botany-Bay. Toutes les précautions nécessaires avaient été prises ; l'exécution des criminels eut lieu sans le moindre désordre; leur supplice parut exciter dans la multilude plus d'intérêt en leur faveur que d'indignation de leur attentat.

Vers cette époque, il se manifesta quelques mouvements dans les cantons où il y avait déjà eu des troubles dans l’Yorkshire et en Écosse : des placards séditieux furent affichés ; ils invitaient les ouvriers à s'abstenir de tout travail; la plupart obéirent à cette injonction, sans doute par crainte de leurs compagnons. On vit jusqu'à soixante mille ouvriers volontairement oisifs à Glasgow et dans les environs. Le 5 avril, une sorte d'escarmouche eut lieu entre une troupe de radicaux et un peloton d'un régiment de hussards; il y eut un rebelle tué, quatre blessés et dix-neuf faits prisonniers. Le même jour, onze membres du comité pour organiser le gouvernement provisoire, furent arrêtés à Glasgow. Bientôt tout rentra dans l'ordre.

En Irlande, les mécontents nommés ribbon-men (ru

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