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de Mersch à des essais dont voici le résultat : 1° Quand on expose le minerai, mêlé de sousborate de soude, sur un charbon, à l'action de la flamme de réduction, on le fond assez facilement au moyen du chalumeau, et on obtient une scorie noire, du fer, et du titane métallique, de couleur rouge de cuivre, et indissoluble dans l'acide hydro chlorique froid.

2o Traité par l'acide hydrochlorique bouillant, le minérai se dissout, en laissant un résidu de petits grains de quartz et de quelques flocons siliceux; la dissolution se précipite par l'ammoniaque caustique, de sorte qu'après la filtration elle ne contient que l'hydrochlorate d'ammoniaque, formé pendant l'opération. Le précipité, composé principalement d'hydroxide de fer et, d'après l'essai rapporté n° 1, d'oxide de titane, contient de l'alumine et du deutoxide de manganèse que l'on peut en séparer par des opérations décrites dans tous les ouvrages de chimie.

On n'a trouvé dans le minerai ni de l'acide phosphorique, ni de la chaux ou de la magnésie; et quoique le titane se soit manifesté d'une manière si inattendue, et que le fer titané agisse sur l'aiguille aimantée, on n'a pu découvrir dans le minerai trituré aucun grain de fer titané attirable à l'aimant, Le minerai des environs de Mersch est exploité de temps immémorial,au moyen de puits à gradins et sans boisage de 25 à 30 pieds de profondeur. Sur les pentes du plateau, la couche du minerai està fleur de terre; l'exploitation s'étend jusqu'aux environs de Miesdorf et

de Cruchten; le lavage a lieu à Mersch. Une exploitation régulière serait impossible, puisqu'il reste peu d'endroits où le minerai ne soit pas exploité, et que c'est un pur effet du hasard, lorsque le mineur rencontre avec son puits la couche vierge et exploitable.

On s'occupe d'une exploitation semblable entre Mamer et Holzen, et dans les communes de Garnich, de Kinzing et de Hohn, à l'O. de Luxembourg. Entre Mamer et Holzen, les morceaux de minerai de fer sont plus gros qu'à Mersch; souvent ils atteignent la grosseur d'un œuf de poule. M. Steininger a trouvé des traces de ces couches alluviales de minerai de fer à la surface du sol jusqu'aux environs de Schouweiler; à Rodange près de Messancy et à Musson près d'Halancy, il y a encore des exploitations de ce genre, mais, à ce qu'il paraît, moins considérables.

La mine de fer la plus remarquable dans le Luxembourg est celle de Ruette près de Virton. Le calcaire oolitique couronne les hauteurs au S. de ces localités; et c'est dans le bois sur la montagne qui domine Ruette que le calcaire oolitique est traversé d'une large fente remplie d'alluvions semblables à celles dont on vient de parler. On peut admettre que la fente a 50 ou 60 pieds de largeur à la surface du sol, et 100 pieds environ de profondeur. Les alluvions dont cette fente est remplie, consistent en grandes masses angulaires de calcaire oolitique et de calcaire jurassique compacte, contenant des madrepores mal conservés, et en grandes masses angu

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laires, mais roulées d'hydroxide de fer compacte, d'un brun foncé, et traversé quelquefois de veines de quartz hyalin cristallisé, dont le poids comporte jusqu'à 80 livres et davantage. Les interstices de ces masses sont remplies de terre argilo-calcaire, colorée par le tritoxide ou par l'hydroxide de fer; la direction de la fente étant N. O. 174 O., et passant par SaintPancré, on ne peut pas douter que ce ne soit le même gîte de minerai qu'on exploite auprès de ce dernier endroit. Les travaux d'exploitation se font à ciel ouvert. Au reste on ramasse de la mine de fer alluviale en petits morceaux, semblable à celle de Musson et de Mamer, dans les champs qui couvrent les flancs de la même montagne vers Ruette.

Relativement à la fente que l'on vient de décrire, il est bon de remarquer, 1° que ce n'est pas un filon; c'est plutôt une large crevasse de peu de profondeur, remplie de masses alluviales et en grande partie roulées; 2° que la direction de cette fente est parallèle à la direction de la vallée entre Ha lancy et Virton; 3° que le minerai de fer y pro

vient de la destruction d'anciens filons. Il est à remarquer en même temps que le minerai de fer, dont on vient de parler, quoiqu'alluvial, diffère de celui des couches alluviales de Mersch et peut-être de toutes les couches semblables qui s'étendent depuis Mersch jusqu'à la frontière de France, en ce qu'il est compacte et n'appartient pas aux minerais de fer en grains. Enfin il n'est pas sans intérêt d'observer que la grosseur des fragmens de ces alluvions diminue à

mesure que l'on avance vers le nord; avance vers le nord; c'est pourquoi M. Steininger croit qu'on peut admettre qu'il y a eu anciennement un courant d'eau dirigé du S. au N. qui a charié le minerai de fer dispersé actuellement sur une grande partie de la surface du Luxembourg au midi des Ardennes.

La fente de la Ruette étant parallèle à la vallée qui s'étend d'Halancy à Virton, on peut présumer que son origine a des rapports avec la formation de cette vallée. Peut-être que d'anciens courans d'eau douce ont charié les minerais, provenant en partie de la destruction du grès bigarré et du grès ferrugineux, avant que les eaux de la Moselle et de la Meuse se fussent creusé leurs lits. Mais cette recherche sortant du domaine de l'observation, doit rester étrangère à la description minéralogique du Luxembourg qui ne saurait être mieux terminée que par le résumé général des observations discutées dans cet ouvrage.

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