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droit, mais peu brillant ; leur caractère est sombre ou distrait,

29. L'ordre se traduit sur l'arc sourcilier, en dedans du calcul. Son développement rend le sourcil proéminent en cet endroit, et dénote une personne qui aime

que tous les objets qui l'entourent soient rangés avec symétrie. La dépression de cet organe annonce, au contraire, ces individus qui se complaisent à laisser tout pêle-mêle autour d'eux, et qui égarent sans cesse les objets à leur usage.

Appliqué aux productions intellectuelles, l'ordre est la méthode de l'esprit.

30. Éventualité. . C'est la faculté de conserver le souvenir des faits et des événements ; c'est la moire des choses. Elle se borne à recueillir les matériaux que l'ordre dispose, que la comparaison et la causalité jugent et systématisent. Chez les enfants, qui apprennent tant de choses du monde extérieur, l'éventualité est proportionnellement très-saillante sur le milieu du front, qu'elle fait bomber. 31. Temps.

C'est à l'aide de cet organe, découvert par Spurzheim, qu'on se rend compte du temps qui s'est écoulé, et qu'on apprécie sa succession; il donne au poëte le rhythme, au musicien la mesure. On le voit au-dessous des bosses frontales et au-dessus du sourcil.

32. Tonalité. - A côté et en dehors de l'organe du temps, apparaît celui de la tonalité. Toutes les fois qu'il est assez développé, les individus sont agréablement affectés par la mélodie et l'harmonie, et d'une manière désagréable par la discordance des tons. Sa prédominance annonce un penchant sou

vent irrésistible pour l'art musical. « La musique et le chant, dit Gall, ne sont pas des inventions de l'homme; le Créateur les lui a révélés à l'aide d'une organisation particulière. »

33. Langage. — C'est au sens du langage que l'on doit rapporter la mémoire des mots, y compris celle des noms propres. Les yeux creux et enfoncés sont un signe de l'absence de cette faculté, tandis que les yeux

à fleur de tête annoncent des individus doués d'une élocution facile.

34. Comparaison. - 35. Causalité. Ces deux facultés intellectuelles, dites réflectives, constituent principalement ce que l'on appelle la raison. La première , sagacité comparative, juge les rapports des choses pour en connaître les ressemblances et les différences; la seconde ne se borne pas à les comparer,

elle va jusqu'à l'induction, qui, en présence des faits, considère l'un comme cause, l'autre comme effet.

L'organe de la comparaison est situé sur l'os frontal, entre la bienveillance en haut, et l'éventualité en bas. Son développement excessif annonce des hommes qui aiment les hiéroglyphes , les allégories, les apologues, et dont le langage est rempli de métaphores.

Placée au niveau et sur le côté de la circonspection, la causalité, si elle est trop prédominante, peut devenir une source d'erreurs, en voyant sans cesse des effets et des causes là où il n'existe souvent que de simples coïncidences. Elle constitue alors l'esprit systématique et paradoxal.

Le défaut absolu de comparaison et de causalité

produit une incapacité intellectuelle qui rapproche l'homme de la brute. Convenablement développées, ces deux facultés sont les puissants auxiliaires de la morale et de la religion, en faisant comparer avec justesse les bonnes et les mauvaises actions, en faisant remonter aux causes des unes et des autres, et surtout en manifestant l'éternelle sagesse de la cause première de toute la création.

Il résulte de ce court exposé, que la physiognomo. nie et la phrénologie ont également pour but la connaissance de l'homme moral; que toutes deux considèrent l'homme extérieur comme le relief de l'homme intérieur; seulement, que la première s'attache plus particulièrement aux formes acquises des diverses parties du corps; la seconde, aux formes natives du crâne, ou plutòt de l'encéphale, dont elle fait dépendre notre constitution et notre caractère.

Aujourd'hui que ces deux systèmes comptent presque autant de prosélytes que de détracteurs (1), il

(1) Ce qu'il y a de surprenant, c'est que la plupart des indivi-, dus qui se prononcent énergiquement pour ou contre ces deux systèmes ne se sont pas seulement donné la peine de les étudier, et encore moins de les approfondir. Quant à moi, je me trouve encore trop peu éclairé pour me permettre de les juger. Je crois cependant pouvoir dire, dès à présent, que la localisation des facultés ne me semble ni impossible ni contraire à notre libre arbitre. Du reste, que cette localisation soit une vérité ou bien une chimère, nos prédispositions natives n'en restent pas moins ce qu'elles sonl; seulement, dans le premier cas, les parents et les maitres auraient un moyen de plus pour les reconnaitre et leur imprimer de bonne heure une direction harmonique. Lavater, Gall, Spurze heim, n'ont certainement jamais voulu prèober le matérialisme pi l'irréligion, et il serait par trop injuste de les rendre responsables du tort de ceux qui sont venus donner à la science une si fåcheuse

me semble qu'il serait aussi utile qu'intéressant de répéter en grand, c'est-à-dire sur des masses, les observations individuelles qu'ont pu faire Lavater, Gall, Spurzheim, Broussais et M. Dumoutier, ainsi que leurs prédécesseurs.

Une commission, composée d'adversaires, de partisans et de froids observateurs de ces deux systèmes, pourrait , à Paris mieux que partout ailleurs, en démontrer clairement l'exactitude ou la fausseté. Ainsi, la conformation cérébrale des trois cents élèves de l'École polytechnique viendrait nécessairement confirmer ou renverser la localisation de l'organe du calcul et de ses congénères; le Conservatoire de musique fournirait le nombre comparatif des élèves et des professeurs qui ont les organes de la mesure et de l'harmonie considérables ou déprimés ; l'École royale des beaux-arts, les ateliers particuliers de peinture et de sculpture, les écoles de dessin, comptent une foule de jeunes artistes dont les dispositions devraient correspondre à la prédominance ou à la dépression des organes du coloris, de l'étendue, de la configuration ou de la constructivité; enfin, les membres les plus distingués de chacune des einq elasses de l'Institut devraient également présenter un développement cérébral en rapport avec la branche des connaissances humaines qu'ils ont spé

direction. — Voir les ouvrages de Gall et de Spurzheim, ainsi que les divers écrits publiés eontre leurs systèmes par MM. Lelut et Leyret. Voir surtou; la Phrénologię mwale de notre savant confrère le docteur Serrurier (Paris, 1810, in-8°), et l'Examen de la Phrénologie, publié en 1842 par M. Flourens.

que

cialement cultivée, et dans laquelle ils ont pu dépasser leurs collègues.

La localisation des sentiments serait tout aussi facile à vérifier celle des facultés intellectuelles. Il suffirait pour cela de s'assurer, dans les pensions , dans les colléges et dans les séminaires, si le caractère des élèves, que l'on peut observer chaque jour, est ou n'est pas en harmonie avec tel ou tel développement de la région supérieure du crâne.

Quant aux penchants inférieurs, les prisons de la capitale, et, au besoin, les bagnes, sont encore là, et permettent de répéter les observations contradictoires des phrénologistes et de leurs adversaires.

Pendant le cours de leur inspection, les mêmes commissaires examineraient simultanément si les caractères physiognomoniques indiqués par Aristote, Galien, Albert le Grand , Lavater, sont vrais ou illusoires; si les deux systèmes dont nous parlons ne s'accordent que dans quelques points, ou bien s'ils sont intimement liés; si l'un ne serait

pas

la conséquence de l'autre, et, dans ce cas, quel est celui auquel appartient la prééminence. Enfin, un examen comparatif de la physionomie, du geste, et de la conformation crânienne d'un grand nombre d'individus, fait à plusieurs années d'intervalle, démontrerait si les changements apportés par l'éducation dans le caractère et l'intelligence ont amené au physique des modifications correspondantes. Ces recherches, qu'on ne s'y trompe pas, exigeraient de longues années d'études consciencieuses et parfois difficiles ; mais les données précieuses qu'elles fourniraient à la religion, à la médecine, à la jurispru

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