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Sur 1,000 crimes de cette nature :

Haine et vengeance en ont produit........
Dissensions domestiques, haine entre parents..
Querelles au jeu ou dans les lieux publics....
Vol (pour l'exécuter ou en assurer l'impunité).
Querelles et rencontres fortuites....
Discussions d'intérêts ou de voisinage...
Adultère.....
Débauche, concubinage, séduction..
Désir de recueillir une succession ou d'éteindre

une rente viagère...
Désir de toucher une prime d'assurance sur la

vie ou les propriétés... Amour dédaigoé ou contrarié, refus de mariage. Jalousie...

264 143 113 102 94 80 64 53

26

25 20 16

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Pour l'année 1839, sur 772 crimes d'empoisonnement, d'incendie, d'assassinat, de meurtre, et de coups et blessures suivis de mort, bien que portés sans intention de la donner, on trouve que :

La cupidité en a produit...
L'adultère..
Les dissensions domestiques..
L'amour contrarié et la jalousie.
Le concubinage et la débauche..
La haine et la vengeauce....
Les rixes au jeu....
Les rencontres et querelles fortuites.
Motifs divers....

TOTAL....

113 43 94 20 38 243 88 31 102

772

Sur 813 crimes de même nature constatés pour

chacune des années 1840 et 1841, on trouve que :

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8,014 individus accusés de crimes ont comparu, en 1838, devant nos cours d'assises. Sur ce nombre, 2,189 (27 sur 100) étaient poursuivis pour des crimes contre les personnes, et 5,825 (73 sur 100) pour des crimes contre les propriétés. Les tribunaux de police correctionnelle ont statué, cette même année, sur le sort de 192,254 prévenus. Enfin, les tribunaux de simple police ont rendu 154,088 jugements contre 202,814 inculpés. Ainsi, pour une seule année, on compte en France :

Accusés (de crimes)...

8,014 Prévenus (de délits).

192,254 Inculpés (pour contravention)... 202,814 Suicides.....

2,586 Morts subites par ivrognerie....

215 Duels suivis de mort...

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Pour compléter cet effrayant résumé des effets sociaux produits par les passions, il faut ajouter

le nombre des enfants naturels, qui s'élève à 70,089; il faudrait aussi donner le chiffre des vénériens (1) et celui des aliénés pour toute la France, mais il nous a été impossible de nous procurer ces renseignements.

A Paris seulement, il a été admis, en 1838, à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce et à ses succursales , 849 vénériens.

Cette même année, les deux hospices de la Vieillesse ( Bicêtre et la Salpêtrière) ont reçu 1,252 aliénés.

Dans ces divers établissements, le chiffre des vénériens s'est élevé, en 1840, à 1,213, et celui des aliénés à 1,332.

Pour ce qui concerne les erimes commis en 1840, le nombre des affaires excède de 225 (4 pour 100) la moyenne des trois années antérieures, et celui des accusés s'est accru dans la même proportion. D'autre part, les tribunaux de police correctionnelle on jugé en 1840, 152,892 affaires qui comprenaient 204,401 prévenus, chiffres qui offrent une augmentation d'environ 10,000 affaires et 12,000 prévenus sur les trois années précédentes : ainsi , de tous côtés, il y a progrès vers le mal.

Un des plus pernicieux effets des passions dégénérées en habitude est d'étouffer le remords, ce cri accusateur de la conscience blessée. Quant à leur fatale influence sur la foi, il n'est aucun de nous qui

(1) Dans l'espace de vingt années (1814-1834), ces seuls malades ont occasionné aux hôpitaux civils de Paris une dépense de 4,940,226 francs. (Voir l'article LIBERTINAGE.)

n'ait observé sur soi ou sur les autres que le développement de quelque violent désir produit presque toujours l'affaiblissement de pos croyances et surtout la négligence des pratiques imposées par la religion. Du reste, c'est la plupart du temps l'orgueil et non la conviction qui nous rend incrédules. La religion est un frein qui nous gêne : nous nous en débarrassons pendant la fougue des passions; nous le reprenons quand notre cœur est redevenu calme.

ooommmmmmm

CHAPITRE VIII.

TRAITEMENT DES PASSIONS.

Traitement médical. — Traitement législatif. — Traitement

religieux,

Ne corporis quidem morbos veteres et diu auctos, « nisi per dura et aspera coerceas; corruptus & simul et corruptor, æger et flagrans animus a haud levioribus remediis restinguendus est, « quan libidinibus ardescit. »

Tacit., Annal., II, 54.

La médecine moderne ne me paraît pas attacher assez d'importance au traitement des maladies

produites ou entretenues par les passions. Le dirai-je? On voit tous les jours des praticiens distingués formuler exclusivement des prescriptions pharmaceutiques dans des cas où il faudrait , avant tout, s'occuper du moral des individus. D'autres fois, faute de temps, de patience ou d'intérêt pour leur client, après avoir découvert la cause de sa souffrance, ils se contentent de dire : «C'est une affection morale qui le mine ; nous n'y pouvons rien ! » et ils rendent leurs visites moins fréquentes, lorsqu'ils devraient les multiplier, les prolonger par ces douces causeries qui font tant de bien à celui qui voit prendre part à sa douleur. Non , sans doute , l'ambitieux, le vindicatif, le jaloux, atteints d'hépatique chronique, ne guériront pas à l'aide de nos seuls médicaments; mais si, par nos conseils ou

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