Page images
PDF
EPUB

trop flatter l'homme, en le définissant «une intelligence servie

par
des

organes. » Peintre sublime, mais infidèle , il s'est complu à représenter l'homme tel qu'il devrait être, et non tel qu'il est : l'histoire de tous les temps ne nous montre, en effet, l'intelligence que comme une reine détrônée, et devenue l'esclave des sens, qu'elle était appelée à gouverner en souveraine.

Pour tous les moralistes de bonne foi, l'homme est une intelligence unie à des organes, un animal doué de la raison. Pour le philosophe chrétien, c'est une intelligence chue, luttant contre des organes. Cette lutte presque continuelle entre les besoins et les devoirs, entre les organes et l'intelligence, ou, si on l'aime mieux, entre la chair et l'esprit; cette lutte est toute la vie de l'homme, que l'Écriture appelle avec tant de raison un combat : Militia est vita hominis super terram; magnifique pensée, rendue par un vers d'autant plus heureux, qu'il nous montre en même temps la lutte glorieuse de l'homme contre ses passions, et le prix réservé à ses généreux efforts :

La vie est un combat dont la palme est aux cieux.

(C. DELAVIGNE.) Ce combat, devenu encore plus dangereux

par les progrès mêmes de la civilisation , exige une continuelle vigilance, si nous ne voulons pas nous laisser entrainer par les passions, ces perfides et redoutables ennemies de notre repos. Mais, pour leur résister avec avantage, il ne suffit

pas

de se bien fortifier sur un point, il faut se fortifier de tous les côtés, il faut être armé de toutes pièces. Cette armure, une éducation complète (et elle ne saurait l’être que par le christianisme) pourra seule la donner à l'humanité par la culture simultanée des facultés physiques, morales et intellectuelles des enfants. En veillant donc avec plus de soin sur l'éducation; en ne per. mettant pas de développer imprudemment une ou deux des facultés de l'élève au détriment des autres ; en s'attachant, au contraire, à développer, å diriger, à satisfaire convenablement tous ses besoins, les

gounements finiraient par rendre les hommes plus forts et plus intelligents, parce qu'ils seraient meilleurs ; et en même temps meilleurs, parce qu'ils seraient plus intelligents et plus forts.

DES MATIÈRES CONTENUES DANS CET OUVRAGE,

[ocr errors]

PREMIÈRE PARTIE.

Pages.

[ocr errors]

CHAPITRE PREMIER. Définition des Passions, – Distinc-

tion à établir entre les émotions, les sentiments, les

affections, les vertus, les vices et les passions..... 1

Char. Jl. Division des Passions selon les moralistes et

selon les médecins. — Théorie nouvelle des Besoios. 9

CHAP. III. Du Siége des Passions.....

27

CHAP. IV. Causes des Passions : influence des diffé-

rents Ages ; des Sexes ; des Climats, de la Tempéra-

ture et des Saisons; de la Nourriture; de l'Hérédité

et de l'Allaitement; des Tempéraments ou Constitu-

tions; des Maladies; de la Menstruation et de la

Grossesse; de la Position sociale et des Professions ;

de l'Éducation, de l'Habitude et de l'Exemple; du

Grand monde, de la Solitude et de la Vie champêtre;

des Spectacles et des Romans; de l'Irréligion ; des

différentes formes de Gouvernements; de l'Imagi-

nation....

34

Chap. V. Séméiologie des Passions, ou exposé des

Signes physiognomoniques et phrénologiques au

moyen desquels on prétend pouvoir les caractériser. 111

CHAP, VI. Marche, Complication, et Terminaison des

Passions..

142

Chap. VII. Effets des Passions sur l'organisme. Réac-

tion de l'organisme dans les Passions. — Leurs Effets

sur le corps social et sur les croyances religieuses. 148

Chap. VIII. Traitement des Passions : Traitement mé-

dical; Traitement législatif; Traitement religieux.. 160

Chap. IX. De la Récidive dans la Maladie, dans le

Crime et dans la Passion....

209

Chap. X. Des Passions considérées comme moyens

de

guérison dans les maladies.....

230

« PreviousContinue »