Page images
PDF
EPUB

Paris, — Imprimeric et Fonderie de Rigsoux,

ruc

Monsieur-le-Prince, 29 bis.

LA

MÉDECINE DES PASSIONS,

OU

LES PASSIONS

CONSIDÉRÉES DANS LEURS RAPPORTS AVEC LES MALADIES,

LES LOIS ET LA RELIGION;

PAR J.-B. F. DESCURET,
DOCTEUR EN MÉDECINE ET DOCTEUR ÈS LETTRES DE L'ACADÉMIE DE PARIS.

Deuxième édition,

REVUE, CORRIGÉB ET AUGMENTÉE.

Il appartient à la médecine de seconder la

morale dans le grand cuvre de l'amélio-
ration du sort des hommes.
(J. Droz, De la Philosophie morale.)

PARIS.

ANCIENNE MAISON BÉCHET JEUNE,
LABÉ, SUCCESSEUR, LIBRAIRE DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE,

place de l'École-de-Médecine , 4.
PERISSE, à Paris et à Lyon.

1844

[ocr errors][merged small]

K-PF551

D4 18:44

Biof.

ib

AVERTISSEMENT

DE LA PREMIÈRE ÉDITION.

En publiant ce livre, je n'ai point la pensée de donner un Traité complet des Passions : ce titre comporterait un grand nombre de volumes, et exigerait une vie entière d'études spéciales, auxquelles ma profession ne m'a pas permis de me livrer autant que je l'aurais voulu. Dans ce vaste travail, on devrait examiner par quelles vertus les différents peuples se sont illustrés, et à quels vices ils ont dù leur décadence; car les bonnes meurs sont l'âme des sociétés : elles seules peuvent y entretenir la vie, la force et la prospérité. Pour remplir le cadre de cette véritable philosophie de l'histoire, l'érudition de l'auteur ne devrait pas se borner à une connaissance exacte des nations qui ne sont plus; elle devrait aussi embrasser les principaux peuples qui s'agitent aujourd'hui sur la scène du monde; indiquer les traits physiques et moraux qui les caractérisent, les maladies qui les affectent, les passions qui les asservissent,

ces,

les mouvements politiques qui les travaillent. Une pareille tâche, dont je sens si bien toute l'importance, est trop au-dessus de mes for

et je n'ai pas eu la prétention de l'entreprendre.

L'ouvrage que je livre à la publicité n'est autre chose qu'un manuel, qu'une grammaire des Passions considérées dans leurs rapports avec la Médecine, les Lois et la Religion. Toutefois, il est le résultat de l'observation la plus attentive et la plus constante pendant vingt-trois années. Durant ce laps de temps, j'ai été à même de voir beaucoup; aussi mon livre, plutôt pratique que théorique, contient-il plus de faits que de raisonnements. Cinquante-deux mille visites faites aux pauvres du douzième arrondissement de Paris, trois mille environ à la classe riche, près de soixante mille à la classe moyenne, m'ont permis d'examiner l'influence de la fortune et de la maladie sur le développement des passions. En même temps, gens de toutes les professions; étrangers de tous les pays; maîtres et domestiques; hommes et femmes libres, détenus ou cloîtrés; catholiques et protestants ; spiritualistes et matérialistes; élèves et professeurs; savants, littérateurs, artistes du premier mérite ; malheureux

« PreviousContinue »