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même il semble inspirer plus de confiance. Les amis de la religion, les bons François sauront gré à l'auteur d'avoir fait connoîlre cette estimable et pieuse princesse, qui but aussi dans la coupe des affictions de son auguste famille, mais à laquelle on ne ravira plus la couronne qu'elle s'est acquise. La France et nos Rois ont une protectrice de plus, et peut-être que c'est aussi à ses prières qu'il faut attribuer la cessation de vos calamités communes. B.....ş.

Tradition de l'Eglise sur l'institution des Evéques; par

l'auteur des Réflexions sur l'état de l'Eglise (1).

Nous ne pouvons rendre aujourd'hui qu'un conipte succinct de cet ouvrage , qui ne vient que d'être publié. On sentira aisément l'importance du sujet qui y est traité, si l'on veut se rappeler que l'institution des évêques fut un des motifs de la longue persécution exercée par l'ancien gouvernement contre le chef de l'Eglise. Bonaparte, accoutumé à faire tout plier sous ses voloutés, prétendit asservir la religion même à ses caprices. Il résolut de changer l'ordre de transmission légitime de la mission spirituelle, et crut s'assurer, par la terreur et la corruption, assez d'influence sur les évêques, pour les déterminer à seconder ses desseins. Le résultat du concile national de 1811, montrą qu'il s'étoit trompé. Mais en se déclarant incompétent pour opérer les changemens qu'on demandoit de lui, le concile ne poria aucun jugement sur le fond

(1) 3 vol. in-8°. ; pris, 16 fr. 50 c., et franc de port, 21 fr. A Liége, chez Lemarié et Duvivier, imprimeurs-libraires ; et se trouve à Paris, à la Société Typographique, place SaintSulpice, no. 6; et chez Adrien Le Clere, au bureau du Jourual.

de la question qu'on lui avoit soumise; et comme l'expérience a prouvé que cette question est de pature à se renouveler plus d'une fois, il étoit éminemment utile qu'elle fût enfin complètement approfondie; c'est ce qu'on a essayé de faire dans l'ouvrage que nous annonçons. Nous laisserons l'auteur en exposer lui-même l'objet et le plan.

« Personne n'ignore qu'une église particulière, » n'ayant pas le pouvoir de changer la discipline gé» nérale, ni de s'y soustraire, elle ne sauroit ôter au » Pape le droit d'instituer les évêques qu'il possède » depuis plusieurs siècles. Mais l'Eglise entière le » pourroit-elle? Voilà ce que vous examinons; et nous » prouvons, ce nous semble, jusqu'à la démonstra„ tion, que le droit dont il s'agit appartient essen» tiellement aux successeurs de saint Pierre, et qu'il » faudroit, pour les en dépouiller, détruire leur pri» mauté même....

» Quant à la distribution des matières, voici l'ordre » qu'on a suivi.

» La première partie commence par une histoire » abrégée de l'établissement des patriarcats. On fait > voir qu'ils ont été tous institués par l'autorité de » saint Pierre, et que leurs priviléges, parmi les» quels il faut compter le pouvoir de confirmer les » évêques, n'étoient qu'une émanation de la primauté » du Siege apostolique. On montre ensuite que les pa» triarches eux-mêmes ont toujours été confirmés par » les Pontifes romains, à qui l'église grecque, de» puis son origine jusqu'au schisme qui la sépara de » l'unité catholique, n'a pas cessé d'attribuer un droit » suprême et inaliénable sur les ordinations.

» La seconde et la troisième partie sont consacrées » à prouver, que la doctrine de l'église d'Occident

V n'étoit pas différente sur ce point de celle de l'église » Orientale. On explique en quel sens le Pape peut » être appelé patriarche d'Occident, expression dont » quelques-uns ont abusé pour tâcher d'ébranler les » droits du souverain Pontife sur l'Eglise universelle. » Après avoir répondu aux objections qu'on tire du » sixième canon de Nicée, et fixé le vrai sens de ce » canon, on démontre que les métropolitains n'a» voient d'autre autorité que celles qu'ils tenoient du » saint Siege, qui les avoit établis, et dont ils étoient, » à proprenient parler, les vicaires; d'où il suit que, » plus on relève et plus on étend leurs droits, plus » aussi on étend et on relève ceux de la chaire sur» éminente qui les leur avoit conférés. Si on nie cette » origine du pouvoir des métropolitains, on est ac» cablé sous une multitude presqu'infinie de témoi» gnages qui se succèdent sans interruption de siècle » en siècle : si on l'avoue, il faut, reconnoître que » les Papes possédoient essentiellement les droits » qu'ils communiquoient à d'autres évêques ; à moins » qu'affectant de ne voir dans cet acte qu'une pré» tention abusive, on ne se laisse emporter jusqu'à » cet excès d'en nier la légitimité, ce qui forceroit » de soutenir que l'églisc d'Occident, depuis le ivo. » siècle, n'a eu que de faux pasteurs; proposition si » évidemment impie qu'elle se détruit de soi-même; » l'énoncer, c'est la réfuter.

» L'histoire des conciles de Constance et de Bâle, » de la pragmatique sanction et du cancile de Trente, » prouve qu'en France niême on n'a jamais mis en » question le droit des Pontiles romains sur la con» firmation des évêques; droit que l'Eglise gallicaue, » fidèle aux principes qu'elle avoit hérités de ses » saints fondateurs, s'est plue à proclanier, jusque

» dans ces derniers temps, avec une fermeté et une >> constauce aussi honorable pour elle, que désespé» rante pour

les novateurs ». Nous nous proposons de rendre un compte plus détaillé de cet ouvrage, qui pous semble propre à intéresser tous les amis de la religion, tant par le fond du sujet, que par la manière dont il est traité. L'auteur prouve, dans l'Introduction, que le dogme révoluuionnaire de la souveraineté du peuple, dogme funeste qui a fait couler tant de sang, et dont l'unique effet a été de nous conduire par l'anarchie à la tyrannie la plus horrible qui ait jamais pesé sur aucun peuple, a été inventé, au xive, siècle, par des docteurs qui s'en servoient pour combattre la monarchie spirituelle du Pape. D'où il résulte, que les Princes ont autant d'intérêt que les Pontifes à proscrire les doctrines schismatiques, qui, en détruisant l'unité, ne tendent pas

moins à renverser le gouvernement de l'Etat, que le gouvernement de l'Eglise; avec celte différence, néanmoins, que l'Eglise toujours attaquée est certaine de triompher toujours; landis que le salut de l'Etat, abandonné au hasard des chances humaines, repose presque uniquement sur la sagesse de ceux qui le régissent. Cette réflexion, qui a pu être quelquefois si effrayante, est aujourd'hui pour nous, grâce au caractère du monarqué que la Providence nous a rendu le motif même de notre confiance, et le gage le plus assuré de notre bonheur dans l'avenir.

NOUVELLES ECCLÉSIASTIQUES. PARIS. La fête de l'Assomption a été célébrée dans la Métropole avec toute la pompe que méritoit une si grande solennité. Dès midi la place du parvis Notre-Dame et Jes avenues de la basilique éloient couvertes de troupes.

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MIM. les gardes du corps du Roi et de MONSIEUR vecupèrent les postes de l'intérieur de l'église. A trois heures, on commença nones. Peu après , arrivèrent LL. AA. RR. ALONSIEUR, M. le duc d'Angoulême et MADAME: après avoir fait leur prière à genoux, ils se placèrent sur des stalles à côté du trôuc, que l'on avoit recouvert de veJuur's cranioisi semé de fleurs de lis. On entonna les vêpres. LL. AA. suivoient avec une religieuse allention, les prières de l'Eglise. M. l'abbé de Latil, aumônier de Monsieur, lui présenta son livre. Un clergé nombreux remplissoit le sanctuaire. On y voyoit dix évêques, l'abbé de la Trappe et beaucoup d'oeciésiastiques eu manteau long. Daus les stalles, la Cour de cassation, la Cuur royale, la Cour des comptes , l'Université, les maires, etc. Dans le milieu du chaur, des officiers supérieurs et les persounes de la niaison des Princes. Après les vepres, on commença la procession hors de l'église, couloiméincnt au væeu de Louis XIII et aux ordonnances de ses successeurs. Les deux Princes et la Princesse l'ont suivie à pied pendant loul le trajet, On remarquoit sur leurs figures l'esprit de piété qui les animoit. Ils donnoient l'exemple du recueillement. Nous devons dire que cet exemple a élé imilé; que la procession s'est faile avec beaucoup d'ordre, et que chacun s'y tenoil dans la posture la plus convenable. MM. les gardes du corps étoient dans l'allilude la plus respectueuse. Le peuple inéme sembloit se conformer à l'esprit de ses Princes, el profiter de la grande leçon qu'ils lui donnoient en ce moment. En rentrant, le célébrant a donné la bénédiction du SaintSacrement; après quoi les Princes sont retournés aux Tuileries, vers six heures.

- La procession s'est faite également dans les paroisses de Paris, sinon avec la même pompe, an invins avec édification. Beaucoup de fidèles suivoient la procession en récilant des prières, et sembloient se mettre eux et le royaume sous la prolection de la reine du ciel,

- A la chapelle du Roi, il y a eu grand office. M. l'évêque de Troyes, d'après le choix de S. M., it

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