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- MONSIEUR et Mgr. le duc d'Angoulême ont chassé, lo 17, dans la forêt de Meudon. Ils étoient de retour à Paris à

cinq heures.

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- Le 'temps du service de M. le duc de Grammont auprès du Roi, en qualité de capitaine de ses gardes du corps, étant expiré, le 16 août, il a été remplacé par M. le duc de Luxembourg.

M. le duc de Villequier, chevalier des ordres du Roi, lieutenant-général de ses armées, premier gentilhomme de la chambre de s. M. Louis XVI, père de M. le duc de Pienne, qui lui a succédé en sa qualité de premier gentilhomine, vient de décéder dans sa terre de Villequier; il étoit âgé de 78 ans. M. le duc de Pienne est parti dans la nuit du 16 au 17 pour la terre de Villequier.

- On dit que la reine d'Etrurie, qui avoit épousé l'héritier de Parme, réclame en faveur de ses droits. Le bruit d'une alliance de cette princesse avec un archiduc qui a des Etats en Italie s'est renouvelé. Cet arrangement paroit d'autant plus probable, qu'il s'accorde avec les prétentions de cette princesse. M. Goupy, banquier à Paris, de retour de Londres, où il étoit allé pour faire valoir les droits de S. M. MarieLouise d'Etrurie, vient de recevoir une nouvelle mission pour se rendre à Vienne.

- S. A. R. MONSIEUR, comle d'Arlois, colonel-général des gardes nationales du royaume, a chargé le général en chef de consigner dans un ordre du jour les témoignages de satisfaction qu'elle a donnés à MM. les chefs de légion, après la revue du Champ-de-Mars,

S. A. R., qui savoit que la garde nationale s'étoit rassemblée et formée pendant une pluie forte et continuelle, a été plus vivement frappée de la belle tenue que conserroient les douze bataillons, et du bel ordre dans lequel ils occupoient leurs lignes de bataille. Le Prince a vu avec autant de plaisir que de surprise l'ensemble avec lequel la garde nationale a exécuté le maniement des armes et les évolutions de ligne, et la précision avec laquelle toutes les divisions ont défilé.

La satisfaction du Prince colonel-général a été partagée par S. A. R. Mør. le duc d'Angoulême, qui accompagnoit son auguste père, et par Mme. la duchesse d'Angoulême,

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qui, malgré l'incertitude du temps, a voulu assister à la revue, et par sa présence 'en augmenter l'intérêt.

Les Princes et MADAME ont été vivement émus des témoignages d'attachement que la garde nationale a donnés au Roi et à la famille royale, quand LL. AA. ont passé devant les lignes de bataille, et quand la colonne a défilé.

S. A. R. MONSIEUR, s'est mis à la tête de la colonne, avec le général en chef et MM. les officiers-généraux, et a défilé devant Mme. la duchesse d'Angoulême, à la tête de la garde nationale, doublement honorée de voir le Prince son colonelgénéral, prendre ce rang, afin de rendre à Madame un hommage dû à son sexe, à sa naissance et à ses vertus.

Plusieurs chefs de légion ont prévenu le général en chef qu'il s'étoit formé dans leurs légions de seconds bataillons d'instruction ; le général en chef a chargé le maréchal-decamp inspecteur de lui rendre compte de leurs progrès. Lorsqu'ils seront en état de paroître devant le Prince colonelgénéral, le général en chef prendra les ordres de S. A. R. pour une seconde revue.

(Moniteur). ORLÉANS. Cette ville a eu le bonheur de posséder Mme. la dachesse d'Angoulême, qui a bien voulu se détourner de sa route pour nous faire une visite. Elle revenoit de Lyon , et a pris à Fontainebleau la route d'Orléans. M. le préfet est allé la recevoir à Malesherbes, aux limites de notre département. S. A. R. est arrivée ici, le vendredi 12, à cinq heures du soir. Le maire lui a présenté les vins, sucre, confitures,

et autres productions de notre sol et de nos manufactures. La Princesse est montée dans une calèche découverte, tirée par les pompiers de la ville en uniforme, et a traversé, au petit pas,

le Mail, la rue Bannier, elc., jusqu'à la préfecture. Vingtcinq jeunes demoiselles, vêtues de blanc et parées de lis, ont reçu

la Princesse à la descente de voiture, et les corps l'ont haranguée. Après le dîner, elle a fait une promenade en calèche découverte, et a parcouru les principales rues. Les maisons étoient illuminées et ornées de drapeaux, de devises et d'emblêmes. S. A. R. s'est montrée sensible à l'accueil qu'on lui faisoit parlout, et aux acclamations dont elle étoit l'objet

. Elle a reconnu entr'autres la maison de M. Hard..... aus inscriptions qui y étoient écrites. Ce fidèle serviteur du Roi, ce compagnon de l'exil de nos Princes, avoit cité les propres paroles de la Princesse, dans deux lettres qu'elle écrivoit à Millaw. Voici une de ces inscriptions: Oui, mon oncle , c'est

celle dont ils ont...... (1), qui, à genoux, vous demande leur grâce et la paix. La Princesse a été très-touchée de ce souvenir. Il n'y a que M. Hard..... qui ait pu écrire cela, a-t-elle dit tout de suite. Les tours de la cathédrale étoient illuminées. La Princesse , après avoir paru à une fête qu'on lui avoit préparée à l'hôtel-de-ville, s'est retirée à son hôtel. Elle s'est remise en route le samedi matin à six heures. La foule s'est constamment pressée autour de sa voiture. Les habilans et les étrangers, qui étoient venus en grand nombre, lui ont témoigné leur joie et leur dévouement par des cris unanimes et répétés, et la ville d'Orléans n'oubliera point cette journée. La Princesse a encore augmenté notre satisfaction, en nous faisant dire

par M. le préfet combien elle éloit contente de notre accueil.

CASTELNAUDARY. Une adresse du conseil municipal de cette ville a été présentée au Roi par M. Galabert, maire. S. M. a daigné faire la réponse suivante : « Je suis sensible aux sen» timens qne vous m'espriniez au nom de la ville de Castel» naudary. Le député Martin d'Auch l'honore à jamais, et » elle peut compter sur ma protection ». On voit que ce Prince n'omet aucune occasion où il peut rendre justice à la vertu et au mérite. On ne sauroit en effet accorder trop d'éloges au dévouement qui signala M. Martin d'Auch dans un temps de faction. Peu de jours après que l'assemblée nationale se fut constituée, un hérault d'armes proclama dans la salle que les séances étoient suspendues, et que le Roi tiendroit une séance royale le 22 juin. Aussitôt. Bailly rassemble les députés dans le jeu de paume. Une voix s'élève, et demande le serment de ne pas se séparer jusqu'à ce que la régénération publique soit établie. Tous les députés donnent leur signature; un seul s'y refusa. C'étoit M, Martin d'Auch. Ce fidèle royaliste, bravant tous les dangers, dit avec une intrépide assurance : « La ville de Castelnaudary ne m'a pas envoyé pour insulter au monarque et déchoir la monarchie; je proteste contre le serment adopté». Ce trait est consacré dans deux ouvrages, qui ont pour litres; Précis de l'Histoire de la révolution, par Rabaud, et Louis XVI et ses vertus, par l'abbé Proyard.

(1) On sent assez ce qui mangue ici, et ce que M. Hard..... avoit omis à dessein par une attention délicate, et pour ne pas rappeler des idées trop fâcheuses dans un moment de joie.

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Sur le nombre précis d'évéques démissionnaires et non

démissionnaires.

On peut se rappeler que dans notre 32o. numéro, nous donnâmes une liste des évêques non-démissionnaires qui existent encore, et nous y joignîmes quelques réflexions sur le rétablissement des siéges épiscopaux, et sur l'organisation future de l'église de France. Cet article étoit fait sur des documens très-exacts, et dès le lendemain, plusieurs journaux nous firent l'honneur de nous copier textuellement. Depuis, un de ces journaux, dans le numéro du 18 août, a donné de pouveaux renseignemens qu'il annonce comme authentiques, sur le nombre précis des évêques démissionnaires et non-démissionnaires. Ces renseignemens toutefois ne sont point parfaitement exacts, et ce journal n'a point à se féliciter de nous avoir prévenus sur une matière sur laquelle nous osons dire que vous sommes plus instruits que lui. Les détails que nous allons présenter sont plus sûrs et plus complets que les siens. Ils sont le résultat de recherches soignées; et nous avons d'autant plus de plaisir à les consigner ici, que ceux qui ont été publiés en différens temps se contredisent sensiblement. M. Barruel, par exemple, dit, dans son ouvrage du Pape et de ses droits religieux à l'occasion du Concordat, que sur 10g évêques des anciens et des nouveaux partemens, 53 étoient morts; que 52 ont donné leur démission, et que 34 l'ont refusée. Ce calcul n'est point juste. Il y avoit, dans l'ancienne France seulement, Tome II. L'Ami de la R. et du R. No. 36. L

135 siéges épiscopaux. Sur ce nombre, 51 titulaires étoient morts à l'époque du Concordat (1). Il n'y en avoit donc plus que 84 vivans en 1801. La Quotidienne , dans l'article cité, ne compte que 47 évêchés vacaps par

la mort des titulaires. Elle a suivi en cela une liste imprimée à la suite des réclamations des évêques. Mais cette liste doit être portée à 51, en y ajoutant les 4 évêques de Corse, morts avant 1801, et qui faisoient partie des évêques françois. Quant aux 84 prélats vivans en 1801, 3 doivent être mis dans une classe à part. Ce sont les évêques de Viviers, d'Orléans et d'Autun, qui avoient renoncé à leurs siéges. Reste donc à 81 évêques. Sur ce nombre,

(1) Évêques de France morts depuis 1790 jusqu'en 1801.

Le cardinal de la Rochefoucault, archevêque de Rouen; P. L. de Leyssin, Embrun; R. de Durfort, Besançon; Fr. de Conzie, Tours; J. M. Dulan, Arles; E. C. de Brienne, Sens;Y. A. de Marbeuf, Lyon; G. A. de Plan des Augiers, évêque de Die; P. F.X. de Lambert, SaintPaul-Trois-Châteaux; J. B. A. de Grégoire, Bazas; G. Corinis de Quincey, Belley; J. F. H. de Furnel, Lodève; F. d'Etienne de SaintJean, Grasse; H. Hachette des Portes, Glandeve; C. F. S. de SaintSimon, Agde; M. L. de Saint-Aulaire, Poitiers; B. A. Doria, Ajaccio; H. L. Ř. Desnos, Verdun; J. D. de Cheylus, Baïeux; A. F. V. de Breteuil, Montauban; A. C. d’Anteroche, Condom; de la Cropte, Aleth; F. de Narbonne-Lara, Evreux; J. de la Croix de Castries, Vahres; L. J. de Suffren, Nevers; C. J. M. de Rafelis, Tulles; A. F. de Talaru, Coutances; N. B. de Hercé, Dol; J. Arnaud de Castellane, Mende; F. T. de Cambon, Mirepoix; J. de la Ferronnaye, Lisieux; L. H. de Bruyères, Saint-Pons; J. J. M. de Guernes, Aléria; F. J. de. la Rochefoucaud, Beauvais; F. M. Guasco, Sagone; L. E. de Cugnac, Lectoure; G. L. du Tillet, Orange; F. J. F. de Couen de Saint-Luc, Quimper; H. F. de Regnaut-Bellesise, Saint-Brieux; F. G. de Gonssans, le Mans; Fr. de Bonal, Clermont; L. M. de Nicolaï, Cahors; J. A, L. d'Albaret, Sarlat; A. J. M. A. de Bruyères, Saint-Omer; D. de Lastic, Conserans; A. R. L. le Mintier, Tréguier ; P. L. de la Rochefoucaut, Saintes; J. B. A. de Faye, Oléron; E. J. de Villevielle , Bayonne ; A. É. de Leyris, Perpignan; I. F. de Joannis, Mariana.

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