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tageoient tout son temps. Il prêchoit presque tons les dimanches et fêtes de l'année. Ses sermons étoient solides, et la simplicité évangélique, le ton animé et plein d'onction avec lesquels il les débitoit, et qui montroient l'ardeur de sa foi et de son amour pour Dieu , soutenus par la sainteté de sa vie, donuoient un grand poids à ses prédications. Il confessoit presque tous les jours jusqu'à huit heures du soir , et le 13 juin il confessa encore jusqu'à la même heure: le même jour, après son souper, il fut frappé d'apoplexie : les renièdes qu'on employa furent inutiles; il recouvra un peu de connoissance, mais non la parole, et rendit son ame à Dieu le 16 juin. M. l’évêque qui l'étoit allé visiter le second jour de son accident, déclara qu'il perdoit en lui un des prêtres les plus saints et les plus utiles de son diocèse. Son corps fut gardé deux jours, pendant lesquels il y eut grand concours de monde pour le voir et faire toucher des chapelets à son corps, au point qu'on fut obligé de fermer les portes pour empêcher la foule. Il a été frappé d'un accident subit, mais non d'une mort imprévue.

MADRID. On se rappelle que le nonce du Pape, Mgr. Pierre Gravina, archevêque de Nicée, fut des premiers en butte à la tyrannie du dernier usurpateur, qui vouloit le punir d'un double crime, de sa fidélité pour son souverain, et de son attachement à la cause espagnole. Ce prélat ne voulut jamais reconnoître Joseph. Obligé de s'éloigner, il ne plât pas non plus aux ambitieux cortès, qui lui interdirent ses fonctions et mirent le séquestre sur ses biens. Le roi, informé de ces mesures illégales, a fait écrire à Mer. Gravina, par le duc de San Carlos, pour l'inviter à reprendre ses fonctions, et lui témoigner sa joie du retour du souverain Pontife à Rome. M. l'archevêque de Nicée, dans sa réponse , datée de Tavira, le 3 juin , annonce qu'il va partir pour Madrid, et félicite, à son tour, s. M. de son rétablissement sur le trône de ses pères. Les adresses des

corps ecclésiastiques et religieux continuent. Les abbayes et les monastères rentrent dans tous leurs domaines. Les couvens qui avoient été exceptés de la restitution générale faite aux religieux de tous les ordres, doivent être rendus, comme les autres, à leurs possesseurs, d'après un ordre du roi, qui ne veut point qu'on ait égard à aucun des prétextes allégués pour retarder celte restitution. M. Raphaël Menendez de Luarca, évêque de Saint-Ander, vient d'être nommé à l'archevêché de Séville, sur le refus de l'évêque d’Orense. Ce prélat, quoiqu'âgé de 80 ans, a montré beaucoup de zèle et de dévouement pour la cause du roi. M. Vermond-Arias Fregeiro, évêque de Pampelune, a été nommé à l'archevêché de Valence. Il est de l'ordre de Saint-Benoît, est âgé de 72 ans, et ne s'est guère moins signalé que l'évêque de Saint-Ander contre l'usurpateur qui, si on s'en souvient bien, a souvent injurié celui-ci dans ses bulletins. Le roi a accordé un logement dans son palais à son ancien confesseur, le chanoine D. Blas Ostolaz, qui, jusque dans les derniers cortès, a plaidé la cause du prince el de la monarchie. Il l'a fait chapelain d'honneur.

NOUVELLES POLITIQUES.

Paris. S. M. est beaucoup mieux. Néanmoins elle ne s'est pas rendue dimancbe à sa chapelle, et elle a entendu la messe dans l'intérieur de ses appartemens.

-On travaille avec activité au château de Versailles. Tout annonce que cette magnifique habitation sera rendue prochainement à sa destination. Il y a deux mille ouvriers, et les réparations avancent, dit-on, comme par enchantement.

- Par ordre du Roi, il a été établi, depuis le 5 de ce mois, au palais des Tuileries, un nouvel ordre de service fort honorable pour la garde nationale. Jusqu'alors, l'ordre étoit transmis par l'intermédiaire de l'adjudant du palais : le Roi a ordonné que MM. les capitaines commandans les postes

de la garde nationale se rendroient tous les soirs avec MM. les officiers des gardes du corps, dans la salle du trône, pour y recevoir en même temps l'ordre de M. le capitaine des gardes de quartier. C'est aussi à M. le capitaine des gardes que l'officier de la garde nationale fait directement le

rapport de neuf heures du matin.

Lorsque le Roi se rend à la messe, un grand nombre de personnes se trouvent dans la salle des maréchaux , sur le passage de S. M. MM. les grenadiers et chasseurs de service, et d'autres gardes nationaux en uniforme, se méltoient ordinairement dans la foule : S: M. s'en est aperçue ; elle a ordonné qu'il y eût, dans la salle des maréchaux, une place réservée à MM. les gardes nationaux; et dans son passage, elle leur a donné des marques particulières d'attention et de bienveillance.

M. le duc de Grammont, capitaine des gardes de quartier, en transmettant ces ordres du Roi, a fait connoître que

l'intention de S. M. étoit d'accorder à MM. les gardes nationaux tout ce qui, n'étant pas contraire aux ordonnances, pourroit rendre leur service plus agréable. Sur la demande de M. le capitaine-commandant, M. le duc de Grammont a surle-champ donné des ordres pour transmettre ailleurs les postes de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers, et laisser en entier à la garde nationale le corps-de-garde du pavillon de Marsan.

MM. les brigadiers des gardes du corps de service aux Tuileries, dans une visite aux capitaines-commandans les postes de la garde nationale, ont exprimé les mêmes sentimens , et MM. les gardes du corps mettent une attention particulière à empêcher que le public ne s'empare, dans la salle des maréchaux, de la place réservée à MM. les gardes nationaux.

Mme. la duchesse douairière d'Orléans arrivera à Paris le 22 de ce mois. Les dernières nouvelles qu'on a reçues de cette princesse, étoient de Marseille, où elle a été visitée par

Mer. le duc d'Orléans, son fils, qui passoit par cette ville pour se rendre à Toulon, et qui a dû s'y embarquer pour la Sicile.

- M. Pagès, chef de division à la direction générale de l'imprimerie et de la librairie, est nommé secrétaire-général de cette administration.

Un article inséré, le 18 juillet, au Journal de Paris, porle que des agens subalternes de la police ont exercé, la veille, des vexations envers plusieurs marchands, relative ment à la fermeture de leur boutique. Il est de fait seulement, qu'un individu qui n'appartient en aucune manière à la police, et dont les mauvaises intentions sont trop évidentes , s'est présenté comme un agent de police chez quelques marchauds dans le voisinage du bureau du Journal de Paris , et s'est permis de faire des injonctions avec insolence. Quelques citoyens hoonetes ont été sur-le-champ en prévenir le commissaire de police du quartier ; mais, dans l'intervalle, le prétendu agent de police avoit disparu.

CHATELLERAUT. Il est un peu tard pour parler de la réception que notre ville a faite à M. le duc d'Angoulême lorsqu'il passa ici; mais il importe néanmoins de montrer que nos habitans ne sont pas animés d'un moins bon esprit que ceux des autres provinces. Malgré la pluie, toute la ville étoit dehors. Une garde à cheval s'étoit formée. S. A. R. fit arrêter sa voiture devant la porte de l'église de Saint-Jean où le clergé le harangua. Il reçut ensuite à la poste les hommages des autorités, et y répondit avec boolé. Il s'est montré satisfait de notre accueil, et il est vrai que la joie éloit générale. Notre ville renfermoit un grand nombre de zélés serviteurs du Roi, qui s'étoient unis secrètement pour faire prévaloir sa cause. Ils auroient combattu s'il l'avoit fallu. Dans le temps de la terreur, on força de nuit la prison pour délivrer un prêtre que l'on menoit au supplice , à Poitiers, parce qu'il avoit été trouvé disant la messe. Il a échappé ainsi à la mort. C'est une preuve, entre beaucoup d'autres, des dispositions des habitans de Châtelleraut..

ERRATUM.

Page 293, ligne 19 et suivantes. Il l'attiroit, il se faisoit un plaisir de donner les premiers développemens. Il savoit ensuite pousser et produire son jeune élève à ses dispositions. Lisez : Il l'attiroit, il se faisoit un plaisir de donner à ses dispositions les premiers développemens. Il savoit ensuite, etc.

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A L'AMI DE LA RELIGION ET DU Ror.

5. Monsieur, dans un de vos derniers numéros, vous

cen avez donné, sur l'état des catholiques romains en An gleterre, un article intéressant pour les lecteurs de votre excellent Journal. Je ne sais s'ils liront avec le même intérêt ce qui va faire le sujet de cette lettre, mais qui est de la plus grande importance pour les catholiques des trois royaumes-unis de la Grande-Bretagne.

Vous n'ignorez pas, Monsieur, que dans les siècles passés, et dans les guerres et les troubles de religion en Angleterre, plusieurs Anglois se réfugièrent dans les pays catholiques du continent, où ils obtinrent, en différens pays, et notamment en France, la permission de former des établissemens de l'un et de l'autre sexe pour l'éducation de leur jeunesse , de leur clergé, et pour la profession religieuse. Ils furent autorisés d'acheter des fonds, et de construire des bâtimens avec leurs deniers et ceux de leurs compatriotes. C'est uniquement dans ces différens établissemens ou colléges, qu'ils purent procurer une éducation catholique à leurs enfans, et pourvoir à une succession de missionnaires dans la Grande-Bretagne et l'Irlande. En

1790, à l'époque de l'envahissement des biens de l'Eglise en France, lesdits établissemens des catholiques étrangers furent cependant respectés. Ils ne furent pas considérés comme biens d'église , mais comme les propriétés particulières de chaque établissement, et ils furent exceptés de la suppression géTome II. L'Ami de la Relig. et du Roi. No. XXVII.

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