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pour Dieu et pour les hommes. On y célèbre son courage et sa nierveilleuse délivrance, où l'on ne sauroit s'em. pêcher de voir l'empreinte de la puissance divine. En conséquence, un Te Deum a été chanté solennellement à la Métropole. Le clergé des paroisses s'y est rendu en procession, et les fidèles se sont joints aux ministres de la religion pour faire monter vers le ciel leurs actions de grâces. Ce diocèse en avoit d'autant plus à rendre qu'il a toujours été tranquille. Ce qu'on a dit de quelques divisions qui avoient eu lieu n'est point exact. Les grandsvicaires seuls ont toujours gouverné le diocèse, et nul n'a prétendu y exercer une autre autorité.

NOUVELLES POLITIQUES.

PARIS. Monsieur est arrivé, le 1er. août, à quatre heures du soir, de Saint-Cloud, et a repris son logement du pavillon Marsan, qu'il occupoit avant son départ. Ses gardes du corps font déjà leur service auprès de sa personne. S. A. R. continue à prendre les bains de Tivoli.

S. A. R. le duc de Berry est parti, le même soir à onze heures, pour Douai, d'où il doit se rendre à Lille. Il s'embarquera, lo 7, pour l'Angleterre, d'où l'on croit qu'il sera de retour pour la Saint-Louis, toute la famille royale se proposant d'être réunie à cette époque, et de célébrer ensemble la fête de S. M.

- Mme la duchesse d'Orléans, à son passage par Valence, le 19 juillet, a été complimentée par les soeurs hospitalières de la congrégation du Saint-Sacrement, qui lui ont offert leurs respects, et lui ont demandé sa protection, non pour devenir plus riches, mais pour leur faciliter les moyens de faire encore plus de bien, suivant l'esprit de leur vocation. S. A. S. leur a répondu avec bonté. Elle arrive ces jours-ci à Paris, où elle occupera l'hôtel Nivernois, rue de Tournon,

Le Roi vient de nommer une commission chargée do l'examen des demandes en restitution de biens non vendus. Elle est composée de M. Ferrand, ministre d'Etat; de

M. le baron Henryon de Pansey, et de M. le comte Chabrol, conseiller d'Etat; de MM. les barons Favard de Langlade , et Zangiacomi, maître des requêtes.

- Le 3 août, à deux beures, le Conseil d'Etat s'est réuni, pour la première fois, dans, l'ancienne salle du Conseil au palais des Tuileries. MM. les conseillers d'Etat et maîtres des requêtes ont prélé serment entre les mains de S. M., ei ont été classés en cinq comités, savoir : de législation, de l'intérieur, du contentieux, des finances et du commerce.

Ordonnance du Roi. Louis, etc.

Nous étant fait rendre compte de la situation des écoles militaires, et voulant que l'organisation de ces établissemens soit en rapport avec celle que nous avons donnée à l'armée, par nos ordonnances da 12 mai dernier;

Ayant reconnu qu'une seule école militaire pourroit suffire aux besoins du service;

Désirant en outre récompenser les services des officiersgénéraux et supérieurs de nos armées, et faire jouir la noblesse de notre royaume des avantages qui lui ont été accordés par l'édit de notre aïeul, du mois de janvier 1751, relatif à la fondation de l'Ecole royale militaire; Sur le rapport de notre ministre de la

guerre; Avons ordonné et ordonnons ce qui suit :

Art. 1°r. Les trois Ecoles militaires actuellement existantes sous la dénomination d'Ecole militaire de Saint-Cyr, d'Ecole militaire de Saint-Germain et de Prytanée militaire de la Flèche , sont supprimées.

2. L'Ecole royale militaire, créée par édit du mois de janvier 1751, sera rétablie, avec les modifications que

les circonstances exigent, et qui nous seront proposées ultérieurement par notre ministre de la guerre.

3. Cette Ecole sera établie le plutôt qu'il sera possible, à Paris, dans les bâtimens de l'ancienne Ecole militaire.

En attendant, elle sera placée dans le local qu’occupe en de moment l'Ecole de Saint-Cyr.

4. Tous les élèves qui font partie de l'Ecole de Saint-Cyr et de celle de Saint-Germain seront maintenus dans la nouvelle Ecole, et y jouiront des mêmes avantages.

5. L'Ecole royale. et militaire de la Flèche sera également

rétablie sur l'ancien pied, sauf les changemens nécessaires; elle servira d’Ecole préparatoire à l'Ecole royale militaire de Paris.

6. Notre ministre de la guerre fera rédiger un réglement général sur la composition de l'état-major et du corps enseignant dans l'Ecole royale militaire et l'Ecole de la Flèche, sur le nombre d'élèves qui sera reçu dans ces deux maisons, sur les études, la police, la discipline et l'administration.

7. Ge réglement sera soumis à notre approbation, voulant par

là faire conuoître l'intérêt particulier que nous portons à ces deux établissemens, et les soins qu'il est dans notre intention de donner à leur prospérité.

Signé, LOUIS. Par ordonnance du même jour, le lieutenant-général Dupont de Chaumont est nommé gouverneur de l'Ecole

royale militaire, et inspecteur de l'Ecole militaire de la Flèche.

- Par une autre ordonnance, S. M. a permis la libre exportation des grains et farines hors du royaume, en se réservant de la suspendre par la suite, quand elle le croiroit nécessaire.

Dans la séance de la Chambre des Députés, du 1er août, M. Raynouard a fait, au nom d'une commission, un long rapport sur la liberté de la presse. Il a conclu au rejet du projet de loi que le gouvernement avoit présenté à cet égard, et dont nous avons fait mention dans le temps. Nous avions trouvé que ce projet donnoit une grande latitude à la liberté de la presse : M. Raynouard trouve, au contraire, qu'il la restreint trop. Toute censure le choque, toute restriction l'indigue, toute précaution l'épouvante. Il voit de l'arbitraire et du despotisme dans les mesures proposées. Il ne craint aucun abus de la liberté la plus illimitée. Il a dit sérieusement qu'aucun insensé n'oseroit attacher son nom à un libelle. Il nous suppose tous calmes, sages, froids, zélés

pour le bien , remplis des meilleures vues. Nous n'avons plus de passions, plus de préjugés. Les idées libérales nous ont tellement gagnés que personne de nous ne peut résister à leurs attraits. Il n'y a plus à craindre que la religion soit attaquée, que la morale suit blessée, que la société soit troule gouvernement soit compromis par

des

pamphlets. L'honneur et la réputation de personne ne seront of

blée, que

feusés par des publications indiscrètes ou méchantes. La perfectibilité de l'esprit humain a fait de si grands progrès que nous n'avons rien à craindre des plus mauvais écrits. L'éclat de la vérité dissipera toujours le mensonge, et nos lumières triompheront de l'esprit de malice et de ténèbres. Voilà ce que l'on dit. Il y a vingt-cinq ans qu'on nous répète ces beaux adages, et c'est avec cela qu'on a fait la révolution. Il paroît que l'expérience est perdue pour nous. Nous avons déjà oublié ce qui a produit nos maux. Nous nous laissons éblouir par les mêmes illusions et entraîner par les mêmes chimères. Nous nous réfugions dans l'avenir pour nous consoler du passé. Nous invoquons le beau idéal, à défaut du réel. Nous ne voulons tenir comple ni des dispositions des esprits, ni des passions des hommes, ni de la diversité des intérêts, ni de l'extravagance des opinions, ni des égaremens des partis. Des hommes d'ailleurs estimables, et que je crois bien éloignés d'avoir de mauvaises intentions, se sont laissés séduire par la perspective des avantages d'une liberté indéfinie. Ils repoussent comme une tyrannie toute espèce de répression, comme si les lois ne pouvoient pas arrêter les abus. En raisonnant ainsi, on ne feroit point des lois sur aucune matière. Le Roi n'a point promis une liberté illimitée, mais une liberté restreinte suivaut des réglemens. Son projet ne blesse donc pas la constitution qu'il nous a donnée, et bien des personnes eussent souhaité que la première loi le Roi propose, n'eût pas essayé un refus, et que la Chambre eût pu s'en rapporter aux lumières et à la sagesse d'un monarque qui n'est pas moins éloigué qu'elle des mesures arbitraires, et qui ne veut pas le bien moins ardemment.

que

A VIS. Des Abonnés nous ont offert leurs services pour nous adresser les pièces et faits qui pourroient intéresser nos lecteurs. Ne pouvant avoir l'honneur de leur répondre à chacun en particulier, nous leur demandons la permission de le faire ici collectivement. Nous recevrons avec reconnoissance tout ce qu'ils auront à nous faire passer , et dous désirons seulement qu'ils trouvent bon que nous puissions abréger quelquefois leurs relations, pour les faire entrer dans le cadre

que rons à leur donner. Le grand nombre de pièces ne nous laisse pas toujours la possibilité de donner à chacun autant de place qu'il le désireroit. Mais du moins nous tâcherons que personne de sõit oublié, el que l'essentiel ne soit pas omis. Il faut avoir soin d'affranchir.

I

nous au

Pensées de Descartes , sur la Religion et la Morale;

par M. Emery, supérieur-général de la Congregation de Saint-Sulpice (1).

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Le travail de M. Emery sur Descartes offre trois parties bien distinctes. La première consiste dans un discours préliminaire, où il entreprend de mettre dans tout son jour le mérite de Descartes. Il ne craint

pas de dire, et il prouve, qu'il n'est peut-être, depuis l'origine du monde jusqu'au temps de Descartes, aucun homme, quels qu'aient été son mérite et ses progrès dans la géométrie, la physique ou d'autres parties des mathématiques, à qui Descartes ne puisse disputer, avec avantage, la supériorité des talens et des services.

Descartes joignoit à la connoissance des langues anciennes, celle de plusieurs langues vivantes. Il parloit et écrivoit la sienne avec une pureté rare pour le temps où il vivoit. Un mémoire qu'il eut occasion de faire pour sa défense contre les deux Voëtius père et fils, qui lui avoient voué une implacable haine, est écrit avec beaucoup d'éloquence. Baillet assure

(1) Gros vol. in-8°.; prix, 7 fr., et 9 fr. franc de port. A Paris, chez Adrien Le Clere, quai des Angustins, no. 35. En y ajoutant 1 fr. 5o c.,, on recevra, franc de port, le portrait de l'auteur, même format, et très-bien gravé en taille-douce. Tome II. L'Ami de la R. et du R. No. 32.' G

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