Page images
PDF
EPUB
[merged small][merged small][merged small][merged small][ocr errors][ocr errors][merged small][merged small]

Les Antilles forment un archipel con- sur leurs rives de lointaines querelles, sidérable dans l'Océan Atlantique, et s'é- changent de maîtres selon les fortunes de tendent entre les deux Amériques, du la guerre, et servent dans les traités de 10° 3' au 27° 50' de latitude nord, du paix à faire la balance des pertes ou le 61° 53' au 87° 18' de longitude ouest, prix des victoires. formant des groupes irréguliers depuis Aussi, voit-on flotter sur l'archipel le golfe du Mexique jusque sur les les pavillons de diverses puissances. Chacôtes de la Guyane.

cune a sa proie, car chacune a eu ses Les îles contenues dans cet archipel, au jours de succès; et de toutes ces îles nombre de quarante-deux, se divisent dont Christophe Colomb a pris possesen grandes et petites Antilles.

sion au nom du roi d'Espagne, neuf Les grandes sont Cuba, Saint-Domin- seulement appartiennent à leurs premiers gue ( Haïti), Puerto-Rico et la Jamaïque. envahisseurs : l'Angleterre en possède

Les petites sont subdivisées en Antilles dix-huit, la Hollande six, la France du vent et Antilles sous le vent. 1° Celles cing, le Danemark trois et la Suède une. du vent sont: la Barbade, Antigoa, Saint- Il faut donc pour la plupart des Antilles Christophe, Nièves, Mont-Serrat, la Bar- se contenter de signaler le moment ou boude, l'Anguille, le groupe des Vierges, elles passent d'un maitre à l'autre, et Saint-Vincent, la Dominique, la Grenade, suivre à de longs intervalles leurs destila Trinité, Tabago, la Guadeloupe, les nées , lorsqu'elles deviennent le théâtre Saintes, la Désirade, la Martinique, de quelque incident, au milieu des guerres Sainte-Lucie, Marie-Galande, Saint-Bar- que leur apportent les querelles du conthélemy, Saint-Eustache, Saba, Saint- tinent européen. Martin, Sainte-Croix, Saint-Thomas et Quelques-unes cependant, entreautres Saint-Jean ; 20 celles sous le vent sont : Saint-Domingue et Cuba, ont pu voir des Marguerite, Curacao, et Bonaire. événements assez importants pour qu'il

Les Antilles n'ont pas d'histoire qui ne soit pas sans intérêt de leur consacrer leur soit propre : leurs annales se trou- une histoire spéciale. Toutes d'ailleurs vent mêlées aux entreprises et aux ont un lien commun dans l'histoire de guerres des Européens. Haïti seule, in. la découverte, et dans un phénomène dépendante depuis

quarante ans, peut of social bien étrange à notre époque, l'esfrir à dater de cette époque une histoire clavage, souvenir opiniâtre des institunationale. Les autres iles, vassales de tions antiques , transporté dans le noul'antique hémisphère, entendent retentir veau monde, et perpétué en dépit des fre Livraison. (ANTILLES.)

1

[ocr errors]

traditions chrétiennes. De graves ques- qu'on a improprement conservé justions devront donc se présenter lorsque qu'aujourd'hui aux habitants des Antilles nous aurons à parler des tentatives faites et de l'Amérique. Nous serons par conpour émanciper une race malheureuse, séquent oblige de nous conformer à cet pour concilier les droits de la propriété usage erroné. avec les lois de l'humanité, et les intérêts Mettant de nouveau à la voile, et guidé des possessions coloniales avec les pré- par les indications de quelques indigènes ceptes de la morale évangélique. de Cuba, qu'il avait pris à son bord,

Des études de statistique nous sont Colomb aperçut les montagnes d'une aussi réservées, lorsque nous aurons à ile nouvelle. Les Indiens qui l'accompaexaminer les résultats des échanges des gnaient la désignaient sous le nom de productions presque spontanees du tro- Bohio ( maison ), ou d'Haïti ( terre pique avec les produits fabriqués de nos montagneuse). Colomb y jeta l'ancre, manufactures; lorsque nous verrons les le 6 décembre 1492, dans un port richesses de certaines îles croître ou dé- formé par un petit cap. qu'il nomma croître suivant les lois que leur impose- Saint-Nicolas. Quelques jours après, il ront les métropoles, soit qu'elles demeu prit solennellement possession de l'ile, rent soumises à la même puissance qu'au- qu'il appela Española. paravant, soit que les hasards de la guerre Un mois après, Colomb retournait en ou les combinaisons des traités leur ap- Espagne pour aller jouir un instant de portent une nationalité nouvelle et une la gloire de ses travaux. nouvelle législation.

Une nouvelle expédition se prépara Puis apparaîtront les tableaux de au milieu de l'enthousiasme universel. maurs, soit que nous ayons à peindre Colomb s'imaginait qu'Haïti était l'anle créole avec sa brillante hospitalité et cien Ophir de la Bible, et chacun, son apathique existence, soit que nous exalté par les récits du navigateur, ayons à retracer la physionomie du nègre voulait faire avec lui le voyage aux pays luttant contre les labeurs de l'esclavage de l'or et des diamants, et prendre part et les instincts paresseux d'une nature aux richesses nierveilleuses qu'avec endormie, avec ses humilités et ses ven- tout le monde il rêvait. geances, ses dévouements serviles et ses La flotte, composée de trois grands haines féroces ; soit enfin que nous de- vaisseaux, et de quatorze caravelles, vions saisir le caractère mobile et incer- partit de Cadix le 25 septembre 1493. tain du mulâtre, qui appartient aux deux Ce voyage ne devait pas remplir les esraces et qui est également renié par les pérances folles des aventuriers; mais il ne deux , triste enfant du maitre et de l'es- devait pas être sans fruit pour la science clave femelle, que son père méprise et géographique. Colomb, dirigeant sa qui désavoue sa mère.

route beaucoup plus vers le sud qu'à DÉCOUVERTE. POPULATIONS INDI- son premier voyage, découvrit, après GÈNES. - La découverte des Antilles vingt-cinq jours de navigation, la Do. est le premier épisode d'un des événe- minique, Marie-Galande et la Guade. ments les plus importants de l'histoire loupe, puis successivement Mont-Sermoderne. Elle commence la série des rat, Saint-Christophe, Antigoa, Saintetravaux maritimes qui devaient révéler Croix et Puerto-Rico. à l'ancien monde l'existence du vaste Le 29 novembre, il jeta l'ancre decontinent américain. Après avoir décou- vant Haïti. Dans l'histoire particulière vert San-Salvador, la Conception, Fer- de cette contrée nous raconterons ce dinanda et Isabella, Colombaiteignit une qui s'y passa. Nous bornant mainteterre nouvelle:c'était Cuba, la plus grande nant à suivre ses explorations, nous le des Antilles. L'étendue de son territoire voyons aborder à la Jamaïque le 5 fit croire au navigateur génois qu'il avait mai 1494. enfin atteint le continent nouveau qu'il A son troisième voyage, parti d'Eucherchait, et la persuasion où il était, rope le 30 mai 1498, il découvrit la Trid'être parvenu à l'extrémité orientale de nité, le 31 juillet, puis, quelques jours l'Inde, lui fit donner le nom d'Indiens après, Tabago, la Grenade, Sainte-Maraux populations qu'il y rencontra, nom guerite. Dès lors l'archipel, continuelle

[ocr errors]

ment exploré par les navires espagnols, osaient à peine se défendre contre ces ne tarda pas à être entièrement connu, hardis pirates. et toutes les autres Antilles furent suc- Fiers de leur indépendance, et jaloux cessivement découvertes.

de la suprématie que leur assuraient Lorsque les Espagnols abordèrent leurs habitudes guerrières, les Caraïbes aux Antilles, ils y rencontrèrent deux accueillirent avec méfiance les étranpopulations de mæurs différentes, et gers qui débarquaient sur leurs côtes, qui leur semblèrent en conséquence et leurs dispositions hostiles furent le appartenir à deux différentes races, premier prétexte des cruautés qui deL'une habitait principalement les gran- vaient signaler la domination espagnole. des iles de Cuba, Saint-Domingue, Puer- Chez les Caraïbes comme chez les Into-Rico, la Jamaique : c'est celle que diens, on rencontrait des notions reliColomb appelle les Indiens, l'autre oc- gieuses. Ils croyaient à un premier cupait les plus considérables des iles homme, père de tous les autres, adodu vent : c'était la population des Ca- raient des dieux bons et méchants; mais raïbes.

ne faisaient jamais d'offrandes qu'aux Les Indiens étaient d'un caractère mauvais esprits, les Indiens par peur, doux, pacifique et hospitalier. Sans sou- les Caraïbes par sympathie. cis, et presque sans besoins, ils lais- Toutefois, il est probable, malgré ces saient couter leurs jours dans une douce différences de mours, que les deux peuparesse, trouvant toujours sous la main ples ne formaient qu'une variété de la ce qui était nécessaire à leur existence même race. Car leurs caractères phymodeste. Aussi, donnaient-ils avec siologiques sont absolument les mêmes. une généreuse indifférence tout ce qui Grands et agiles, ils n'ont pas les extréleur était demandé, toujours sûrs de mités inférieures grêles comine beaucoup retrouver dans les richesses d'un climat de peuplades sauvages. La tête est bien prodigue de quoi remplacer ce qu'ils formée et la figure d'un ovale agréaabandonnaient. « Ils sont, écrivait Co- ble, quoique le front soit singulièrelomb, si aimants, si doux, si paisibles, ment aplati. Le nez est long, proqu'il n'y a point dans l'univers une meil- noncé et fortement aquilin; la bouche leure ráce ni un meilleur pays. Ils ai- moyenne, avec les dents verticales et ment leurs voisins comme eux-mêmes. les lèvres minces. L'æil est grand et Leur langage est aftable et gracieux, brun, les cheveux noirs, plats et luisants. et ils ont toujours le sourire sur les lè- On dit qu'ils ne grisonnent jamais. Les vres. Ils sont nus, il est vrai; mais leurs hommes sont presque glabres, ou s'armanières sont remplies de décence et de rachent soigneusement les poils qui candeur. »

croissent en petite quantité sur les difCes peuples étaient divisés en tribus, férentes parties du corps. La couleur de dont chacune était soumise à l'autorité leur peau est rougeâtre, tirant sur celle d'un cacique. Mais cette autorité était de cuivre de Rosette. Chez les femmes, toute paternelle, et reposait sur des tra- condamnnées aux travaux les plus durs, ditions héréditaires, dont il était difti- et réduites à l'état de domesticité, le cile de retracer l'origine.

sein, quoiqu'un peu bas, est assez bien Les Caraïbes, au contraire, étaient conformé tant qu'il n'a pas servi à l'alcruels et inhospitaliers. Toujours en laitement, et la nubilité se développe guerre entre eux ou avec les Indiens, de très-bonne beure (1). ils faisaient des incursions meurtrières La physionomie identique des deux dans toutes les îles de l'archipel, dévo- peupiades a conduit M. Bory de Saintrant les ennemis qui suceombaient à la Vincent à les confondre dans une même guerre, et réservant pour leurs festins race ; et sans admettre les divisions les prisonniers qui leur tombaient en- ethnologiques de ce naturaliste, nous tre les mains. Bien faits, vigoureux, sommes tenté d'adopter, pour les peuadroits à tirer de l'arc, ils parcouraient ples qui nous occupent, les mêmes conles mers sur des pirogues creusées avec clusions. Toujours est-il certain qu'ils des haches de pierre, inspirant une pro

(1) Bory de Saint-Vincent, Dictionnaire clasfonde terreur aux Indiens efféminés qui siquc d'histoire naturelle , article Homme.

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

appartiennent à cette diversité de l'espèce belle de l'archipel des Antilles. Sa lon. humaine qu'on appelle la race rouge. Il gueur est d'environ cent soixante-quinze est difficile de déterminer quel fut son lieues, sur unelargeur moyenne de trente. berceau : on peut présumer cependant Elle a trois cent cinquante lieues de qu'elle descendit des inonts Apalaches, se tour, non compris les anses, et quatre répandit au nord dans le vaste bassin du cents lieues carrées. fleuve Saint-Laurent et au midi dans la Au centre de l'ile s'élève un groupe de Floride; puis, passant d'iles en fles, elle montagnes superposées l'une à l'autre, occupa les rives orientales des régions d’où sortent trois chaînes , qui courent mexicaines, tout le groupe des Antilles, dans différentes directions. L'une s'étend et enfin l'espace contenu entre l'Oréno- vers l'est: c'est la plus longue ; elle traque et le fleuve des Amazones.

verse le milieu de l'ile, qu'elle partage La différence de mours et de coutu- en deux moitiés presque égales. Une semes que rencontra Colomb entre les conde chaîne se dirige vers le nordCaraïbes et ceux qu'ilappelle des Indiens ouest, et aboutit au cap Fou. La troine saurait contredire notre hypothèse. sième, moins longue que la précédente, Il est à présumer que les tribus qui s'é- suit d'abord la même direction; puis, tablirent dans les grandes îles oublièrent décrivant une courbe vers le sud, elle promptement leurs habitudes guerrières, va se terminer au cap Saint-Marc. On au milieu des richesses d'un sol fertile. rencontre aussi, dans les parties occiD'ailleurs le rapprochement de grandes dentales de l'ile, d'autres chainons moins tribus sur une même terre, qui fournissait considérables. Cette multiplicité de abondamment aux besoins de tous, dé- montagnes rend très-difficile la commuveloppait le sentiment social, et adou- nication entre le nord et le sud de l'île. cissait les mœurs. Les tribus caraibes, Au bas de toutes ces montagnes, se au contraire, retranchées dans les petites trouvent des plaines couvertes d'une îles, conservaient les traditions farou- végétation luxuriante. Celle du Cap, ches et les sentiments hostiles que favoc si célèbre par les magnifiques cultures rise toujours l'isolement. Séparées depuis qu'y avaient établies les colons franlongtemps de leurs anciens frères, elles cais, est longue de vingt lieues sur cinq avaient appris à les considérer comme de large. En outre, la plupart des mondes étrangers , et professaient pour eux

tagnes dont l'ile est couverte, peuvent se le mépris que témoignent toujours les cultiver jusqu'au sommet; celles qui, trop tribus guerrières envers les populations hautes ou trop escarpées, se refusent à dont le caractère s'est adouci par les la culture, sont sillonnées par des ravins travaux paisibles de l'agriculture, ou le qui entretiennent une constante humirepos constant d'une vie trop facile. dité. Ily croît des bananiers, des palmiers,

Au surplus, peu après l'arrivée des et des mimosa de toute espèce. Ces monaventuriers espagnols, les deux peupla- tagnes contiennent différents métaux, des allaient être confondues dans une du cristal de roche, du soufre, du charcommunauté de malheurs; et s'il est en- bon de terre, et des carrières de marbre, core douteux qu'elles aient eu le même de schiste et de porphyre. berceau, l'histoire peut dire avec certi- Les rivières sont nombreuses ; les tude qu'elles ont été couchées dans le principales sont : l'Ozama, la Neyva, le même tombeau.

Macoris , l'Usaque ou rivière de Monte-
Christo , l'Yuna et l'Artibonite, la plus

étendue de toutes. Mais elles sont à peine SAINT-DOMINGUE.

navigables. Les plus considérables ne Tre PARTIE.

peuvent être remontées en canot que CHAPITRE PREMIER.

pendant quelques lieues. Trois beaux lacs

complètent le système hydraulique de ce Premiers établissements des Espagnols.

pays fertile ; l'un d'eux n'a pas moins Leurs querelles intérieures; leur cruauté de vingt-deux lieues de tour. envers les indigènes. Conquête et extermination.

Lorsque les Espagnols abordèrent

dans l'ile, le pays était partagé en cing L'ile de Saint-Domingue est la plus tribus, indépendantes l'une de l'autre et

[ocr errors]

gouvernées par des chefs appelés caci. «Jamais, dit don Diego Colomb, dans auques. Leur autorité était illimitée; mais cune nation civilisée, les devoirs si vantés la douceur et l'indolence des meurs en de l'hospitalité ne furent remplis plus tempéraient l'exercice. Peut-être cepen- scrupuleusement que par ce sauvage. dant les observations à ce sujet furent- Les effets apportés des vaisseaux furent elles incomplètes; car les Espagnols ne déposés près de sa demeure, et une garde laissèrent guère aux caciques le loisir d'a- armée les entoura toute la nuit, jusqu'à buser de leur autorité.

ce qu'on eût pu préparer des maisons La première vue des vaisseaux espa- pour les recevoir. Mais cette précaution gnols et les détonations de l'artillerie semblait inutile; pas un Indien ne parut frappèrent d'abord les insulaires d'épou- tenté un seul instant de profiter du malvante; mais, Colomb les ayant rassurés heur des étrangers. Quoiqu'ils vissent ce en distribuant parmi eux une foule de qui, à leurs yeux, devait éirc des trésors petits objets qu'ils regardaient comme inestimables, jeté pêle-mêle sur la côte, des trésors, ils s'empressèrent d'offrir il n'y eut pas la moindre tentative de à leur tour tout ce dont ils pouvaient pillage, et en transportant les effets des disposer, et d'accueillir les étrangers avec vaisseaux à terre. ils n'eurent pas même les déinonstrations affectueuses d'une l'idée de s'approprier la plus légère bagahospitalité empressée. Leur naïve admi- telle. Au contraire, leurs actions et leurs ration à l'aspect de ces hommes nou- gestes exprimaient une vive pitié, et, à veaux, armés du tonnerre et couverts voir leur douleur, on aurait supposé que de vêtements éclatants, s'exprimait dans le désastre qui venait d'arriver les avait leurs gestes, dans leurs regards, dans frappés eux-mêmes (1) ! » toute leur physionomie. Ils considé- Des peuples habitant un vaste archipel raient les Espagnols comme des êtres devaient nécessairement être navigad'une nature supérieure, et en déposant à teurs. « Chacune de ces îles, écrit Coleurs pieds leurs plus beaux fruits et leurs lomb, possède une grande quantité de plus belles fleurs, ils semblaient faire des bateaux qui, quoique plus étroits, resoffrandes à des divinités.

semblent volontiers par leur longueur à Dans la première lettre écrite par Co- nos birèmes; mais ils surpassent ces lomb à Raphaël Sanxis, trésorier du roi dernières par la vitesse de leur course, d'Espagne, il dit : « Je suis toujours qui n'est dirigée que par les rames. Ils suivi d'une troupe d'insulaires qui, quoi- en ont de petits, de grands et d'autres que se trouvant avec nous depuis long- qui se trouvent au milieu de ces deux temps, nous croient descendus du ciel, espèces; il en est qui ont plus de dixet qui proclament notre céleste origine huit rameurs, et c'est surtout avec ces partout où nous abordons, en criant à petits bâtiments qu'ils parcourent les haute voix aux autres habitants : « Accou- fles innombrables de ces mers, dans lesrez, accourez; venez voir des hommes quelles ils vendent leurs marchandises, habitants du ciel.» Aussi les femmes et les ayant établi entre eux une espèce de comhommes, les jeunes gens et les vieillards, merce. Cependant, j'ai vu des bateaux, après avoir étouffé la crainte que nous qui leur appartenaient, conduits par leur avions inspirée d'abord, s'empres- soixante-dix ou quatre-vingts rasaient à l'envi sur notre chemin, dans meurs (2), » l'espérance de nous voir, portant, les Les observations de Colomb semblent uns des boissons, les autres des vivres aussi prouver l'identité de race des difde toute espèce, et témoignant pour

férentes tribus. « On ne remarque, dit-il, nous une amitié et une bienveillance parmi les habitants de ces iles aucune incroyables. »

différence dans la physionomie, aucune Cette bienveillance des naturels s'exer. dans les maurs, aucune dans le lança encore d'une manière active lorsque, gage (3). » Il décrit cependant avec exac. le 24 décembre, une tempête fit échouer titude les coutumes des Caraïbes. « Ils un de ses vaisseaux. Les Indiens accoururent pour aider l'équipage à sauver la (1) Historia del Amirante, citée par M. V. cargaison, et le cacique Guarionex fut

Schoelcher (Colonies étrangères et Haiti).

(2) Lellres á Raphael Saoxis. des premiers à porter aide aux matelots.

(3) Id.

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]
« PreviousContinue »