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LA FIE VRE.

Air : Si Dorilas n'en parlait guère, La fièvre est une maladie Dont il ne faut pas se guérir ; Car sans elle ici-bas la vie Serait ennuyeuse à périr. Sans la fièvre qui nous excite, Partout le sommeil nous prendrait : Sans la fièvre qui nous agite, L'espèce humaine s'éteindrait.

A quatorze ans Lise est novice,
Du moins je le crois ; car vraiment
Aux cours des filles la malice
Germe de bonne heure à présent :
Près d'elle en tremblant je m'avance ,
Je la fixe , et dans le moment
Fièvre d'amour en nous commence ,
Ei promet on redoublement.

Quinze ans après je revois Lise;
Ab! depuis moi qu'elle eut d'accès !
Par la fièvre prise et reprise ,
Elle eo subit tous les progrès.
Le souvenir de son aurore
De la fièvre me fit le don;
Mais, loin de mc brûler encos
Je n'en sentis que le frisson.

Jugez on pea de sa colère ,
Elle en a pleuré de dépit.
Hélas ! une fièvre éphémère
Pour les femmes n'est qu'un delit!

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ENIGME.
C'est en vain que , poar le défendre ,
Mon maître croit pouvoir compter sur moi ;

S'il ne me donne encor de quoi
Seconder mes efforts, qu'il cesse d'y prétendre.

Je ne suis pas trop exigeant,
Je lui demande seulement
Pour tout renfort un cbien fidèle.

C'est alors que brûlant de zèle ,
Mon chien laché, je pars avec fracas,
J'allcins les ennemis el je les mets en bas.

S........

LOGOGRIPHE.
Personne plus que moi n'est propre à la conquête :
Or, s'il faut au combat que j'expose ma tête,
Contente-toi du reste , et tu pourras avec
Ne pas absolument déjeuner de pain sec.

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CHARADE.
Mon premier est parfois le siège du vainqueur ;

Mon second travaille au bopheor,
Autant qu'il est en lui, des hommes ses semblables ,
Qae mon tout rend aussi noirs que des diables.

Mots de l'Énigme, de la Charade et du Logogriphe

insérés dans le dernier numéro. Le mot de l'énigme est Volonté. Le mot de la charade est Poumon.

Le mot du logogriple est Rosier, dans lequel on trouve Or, Soie et Rose.

BEAUX-ARTS EN ESPAGNE,

Premier point.

Le quinzième siècle ramenait en Italie les beaux jours de Péricles; mais cette heureuse révolution , qui sur les rives du Tibre voyait renaître les arts, ne faisait qu'en préparer le retour en Espagne,

Il est vrai que les Maures, ce peuple magnifique , avaient laissé dans ces lieux de superbes monumens d'ara chitecture arabe et gothique ; mais leurs somptueux édifices semblaient demander aux peintres et aux sculpteurs des chefs-d'oeuvre pour les orner.

Parmi les sculpteurs, l'Espagne comptait déjà de grands artistes dans leur genre; ils adoptaient le fini et l'extrême détail qui distinguaient la peinture d'Albert Durer. Ils drapaient avec exactitude, dessinaient avec correction; mais ils manquaient de gråce, et surtout d'expresa sion.

Parmi les peintres, Gallegos fut le seul qui acquit assez de renommée pour balancer peut-être celle de Durer : malheureusement, il n'existe, intact de lui, que le magnifique tableau de la chapelle de Saint-Clément à Salamanque.

On peut citer encore Vélasco , qei suivît Gallegos, et juger la vérité de cette assertion, puisqu'on possède à Paris l'un de ses ouvrages, qui sans doute est une des. merveilles de l'art.

Celui de Gallegos, à Salamanque, représente la Vierge tenant l'enfant Jésus, et ayant à ses côtés saint André et saint Christophe. Celui de Velasco, dans Paris, représente le triomphe de la religion chrétienne sur le judaïsme.

Le seizieme siècle s'ouvre sous les plus heureux auspices; l'Espagne, dominant les mers, triomphait en Italie

Elle découvre les Amériques, et parvient à un degré de splendeur qui la met au-dessus des autres nations.

Les Romains, après avoir vaincu la Grece, y puisèrent le goût des lettres, des beaux-arts, et firent voir à Rome l'étonnant spectacle d'un peuple de vainqueurs éclairés par les vaincus : ainsi les Castillans, souverains en Italie , admirèrent à loisir les chefs-d'œuvre de Michel-Ange , de Léonard de Vinci, de Raphaël, de Bramante , du Titien, du Corrège et de beaucoup d'autres grands maîtres. Ainsi, portés d'eux-mêmes à la grandeur, les Espagnols, s'alliant avec le goût , porterent sur les rives du Bétis le luxe, la politesse , les lettres et les arts du Latium. Ce fut alors que Berruguete, Valdelvira , Becerra, Vergara , et quelques autres, enrichis des connaissances qu'ils avaient acquises dans ces heureux climats , revinrent dans leur patrie pour l'orner de leurs chefs-d'æuvre.

Mais les partisans de l'ancien goût en voulaient perpétuer les maximes. En sculpture, le maître autel de la cathédrale de SéEn peinture, les ouvrages de Sturme et d'Arfian ,

Sont une preuve de leur opiniâtreté; car ces æuvres sont du milieu du seizième siècle , et cependant cet âge est l'époque du bon goût en Espagne.

L'architecture gothique , immortalisée par de magnifiques bâtimens, ne pouvait céder la place à la moderne, qui , par sa simplicité, avait une apparence trop mesquine ; c'est ce qui produisit un grand mal, et voici comment :

Les architectes voulaient plaire: pour obtenir cet avantage, il fallait se conformer au goût du jour"; mais, sans trop vouloir se départir de leur maniere , ils voulurent se rapprocher du style gothique , et ils s'égarerent. Ils étaient tous peintres, sculpteurs et architectes à la fois. De leur indécision naquit une architecture mixte. Dans les arceaux , les colonnades, les dimensions, et dans tous les principes fondamentaux, cette architecture était celle de Vitruve ; mais elle était couverte de grotesques, surchargée d'une sculpture divisée en petits corps, tantôt delicate , tantôt confuse, parfois mesquine , parfois riche

ville ;

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