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Bien mieux que vous mon coeur dira lai-même :
Ah! qu'il est doax de chanter ce qu'on aime,
De lui prêter nouveau serment d'amour !

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J'écris trop longuement, si l'on croit en d'Ancoar ;

Lui , n'écrit point, c'est bien plus court.

ENIGME.

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Je snis , lecteur, one prison
Faite d'une double cloison;

On m'ouvre et ferme tout de suite ;
Mes prisonniers sont plus ou moins nombreus;

Mais je ne crains pas qu'aucun d'eux
S'avise de prendre la fuite.
Quoique telle habitation
Soit sans plancher comme sans fond,
Dès qu'une fois je suis fermée ,
Cen est fait, l'on ne m'ouvre plas,
Et la bande des décenas
A jamais reste renfermée.

Ces délepas, pour l'ordinaire,
Sont nègres, ou da moins sont de même couleur ;
Mais leur forme varic ainsi qae leur grandear.
Tendae en blanc , leur demeure est fort claire;
Toas, tant qu'ils sont , aux parois attachés,
Je les y tiens, et sans corde et sans chaine ;

Cependant ce n'est qu'avec peiue,
Et qa'à l'aide du fer, qu'ils en sont détachés.

S........

munun

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CHARADE.

Mon premier est affirmatif,
Mon second négatif,
Mou tout alternatif.

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LOGOGRIPHE.
Jadis je faisais des miracles;
Mais, par un régime nouveaa,
On ne croit plus à mes oracles,
Et je langais près d'un trumeaa ,
Dans un boudoir, sur une porte ,
Dans les plis nombreux d'un rideau ,
Sur les murs d'une place forte,
Et dans le contour d'un chapeau.
Le Russe me trouve assez beau ,
Le Musulman fort détestable,
Et le Suisse , si misérable
Qu'il ne me souffre qa’au poteau.
Veux-tu , lecteur, we reconnaitre
Sans t’alambiquer le cerveau
De ce que je suis ou puis être ,
Produit de la terre ou de l'eau ?
Par le milica tranche mon être,
Et fais- en juste deux morceaux ;
Souffle dans l'un; sa voix perçante
Portera soudain l'épouvante
Parmi les cerfs oa les taureaux;
Si ton âme est compatissante ,
Répands l'autre sur les hameaux
Que la nécessité tourmente.

BONNARD, ancien militaire.

Mots de l’Énigme, de la Charade et du Logogriphe

insérés dans le dernier numéro. Le mot de l'énigme est Fable. Le mot de la charade est Merveilles.

Le mot du logogriple est Plaideur, dans lequel on trouve Laideur.

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DE LA FORTUNE.

Nous avons parlé de l'Amour; parlons d'un autre aveugle, c'est la Fortune. Tout le monde l'adore , et tout le monde s'en plaint. Nous attribuons ses faveurs à notre mérite, nous la rendons coupable de nos fautes ; et, comme l'a dit La Fontaine ,

Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune :
On a toujours raison, le Destin toujours tort.

C'est une question assez difficile de savoir si elle est aussi injuste qu'on le pense ; et un avocat qui entreprendrait sa défense ne manquerait peut-être pas de moyens pour motiver ses arrêts, et pour justifier sa conduite.

La législation de Sparte devait assurer la gloire militaire de la nation, la prospérité de l'état, la sagesse des rois et la liberté des citoyens. Les premières institutions de Romulus et de Numa pouvaient facilement faire présager la gloire de Rome et sa domination ; de même que son accroissement, ses richesses, sa corruption annonçaient sa décadence. Un homme qui aurait vu la cour de Darius et le

camp

d'Alexandre, n'aurait pas eu de peine à prédire la ruine de l'empire persan et les victoires du Macédonien. Le génie de Charlemagne créait sa race; la faiblesse de son successeur préparait la chute de sa dynastie, la puissance du clergé, et fondait l'anarchie féodale.

Le caractère incertain de Mayenne, les folies de la ligue, le courage et la bonté de Henri IV, laissaient peu de doute sur la chute des ligueurs et sur le triomphe du roi. De nos jours, enfin, l'enthousiasme des Français pour la gloire et la liberté, et la divisiou qui régnait entre les cours étrangeres, nous promettaient des triomphes éclatans, comme l'esprit de conquête poussé à l'excès fit prédire depuis nos revers.

En observant bien les peuples et les hommes, on voit presque toujours quelques talens, quelques standes qualités qui causent l'élévation , et quelques fautes qui amenent l'abaissement; mais l'amour-propre et l'esprit de parti n'en conviennent pas. Si un peuple est démoralisé, il attribue ses malheurs, non à son défaut de vertus, mais à l'incapacité de ses chefs ; et d'un autre côté le gouvernement, qui ne sait pas s'attirer l'opinion publique, et rendre le peuple heureux, se plaint de l'injustice du sort, de l'ingratitude des sujets. Voyez une armée qui fuit : les soldats accusent l'ineptie des chefs, le général crie à la trahison.

On ne peut nier pourtant une vérité reconnue: souvent le destin couronne le crime, et fait réussir la sottise , tandis qu'il précipite la vertu et le génie dans l'adversité; mais, prenons-y bien garde, il y a toujours un peu de notre fait dans ces apparens caprices du sort. A la longue, le gain est pour celui qui joue le mieux ; il perd moins aux mauvaises chances, et gagne plus aux bonnes.

Le philosophe fabuliste vous fait un joli conte lorsqu'il vous présente la Fortune vous attendant près de votre lit. Il est plus vrai lorsqu'il vous dit: Aide-toi , Dieu l'aidera. Les Lacédémoniens voulaient qu'on invoquát la Fortune en étendant la main ; ils savaient que c'est l'activité qui atteint cette déesse, que le courage la dompte,

la

sagesse la fixe. Le prince Potemkin racontait que son cheval avait été la cause de sa grande fortune. Il servait dans la garde ; il avait dix-huit ans le jour ou se fit la révolution qui détrôna Pierre III, et qui couronna Catherine II: cette jeune princesse étant en upiforme , et n'ayant pas de dragonne à son épée, s'adressa par hasard à Potemkin pour lui demander la sienne; il s'avança et la lui présenta avec grâce et respect : il devait ensuite se retirer; mais son cheval, accoutumé à l'escadron, ne voulut plus quitter le cheval de l'impératrice près duquel il se trouvait. Il eut beau l'éperonner, le coursier s'obstina; Catherine rit de l'aventure, et

et que

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