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des convives a chanté un couplet charmant adressé aux momusiens par ce vénérable patriarche de la littérature. MM. Casimir-Ménestrier, Léopold et Adolphe, lui ont surle-champ répondu par ce couplet improvisé :

Fils de Momus, quoi! dans son temple

Ximenès paraît à nos yeux!

Qu'en lui chacun de nous contemple

Le vieil ami de nos aïeux.

Respect à cet octogénaire,
Député du sacré vallon!

Il porte un brevet de Voltaire,
Contre-signé par Apollon.

La note, insérée dans le dernier numéro du Mercure, sur les écrivains attachés à cette feuille, a échappé au rédacteur en chef. Cette note, dénuée de toate vérité, désignait, entre autres, comme rédacteur, un homme qui est mort il y a dix ans.

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L'Europe tourmentée par la Révolution en France, ébranlée par dix-huit années de promenades menrtrières de Napoléon Bonaparte. Précis critique, politique et chronologique des événemens remarquables en Europe, avec les pièces justificatives et diplomatiques, Jes traités de paix, etc., par L. P.; ornés de portraits.

Deux vol. Prix: 7 fr. brochés, 7 fr. 50 c. par la poste.
Paris, chez Pelicier, lib., Palais-Royal, 1. cour, no. 10.

L'Évidence, ou quelques mots sur le Divorce.

Brochure in-8°. Prix : 75 c., et go c. franc de port.

Paris, au cabinet littéraire, cour du Commerce, no. 7, faubourg Saint-Germain, et chez les marchands de nouveautés.

Et chez A. Eymery, rue Mazarine, no. 3o.

De l'imprimerie de FAIN, rue de Racine, place de l'Odéon, no. 4.

MERCURE

DE FRANCE.

AVIS ESSENTIEL.

Les personnes dont l'abonnement est expiré, sont invitées à le renouveler, si elles ne veulent point éprouver d'interruption dans l'envoi des numéros.

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Le prix de l'abonnement est de 14 fr. pour trois mois, 27 fr. pour six mois, et 50 fr. pour l'année. On ne peut souscrire que du 1er. de chaque mois. On est prié d'indiquer le numéro de la dernière quittance, et de donner l'adresse bien exactement, et surtout très-lisible. Les lettres, livres, gravures, etc., doivent être adressés, francs de port, à l'administration du MERCURE, rue Mazarine, no. 30.

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POÉSIE.

DE LUDOVICO OPTATO

AVITUM

SOLIUM

RECUPERANTE.

REX venit ecce tibi, felix o Gallia! carns:
Incipè festivos ducere læta dies.
Cum fidibus voces concordent! omnia templa
Et thure et sertis nunc redolere decet.
Post gemitus longos vobis nunc omnia rident
O cives! nunc vos dulcia fata manent.
Vivite felices, belli furor undiquè cessat ; ·

Pax redit atque alacris rura paterna colit

Rege sub optato tandem securus arator.
Nil pecoris custos, nil ovis ipsa timet;
Nec mater imberbi, nondùm florente juventâ,
Ultima cum lacrymis oscula dat filio

Qui procul à patriâ, mox unà fortis et audax,
In pugnâ se se nobilitare valet,

Vulneraque extremâ, labens, ostendit in horâ,
Pro patriâ, clamans, est mihi dulce mori.
Ah! si fata meæ possent satis addere vitæ,
Præsto esset semper tibiâ fidâ mihi
Ut canerem nova Francorum miracula gentis
Quæ semper viguit regis amore sui.
Ante obitum saltem jucundo munere fungor,
Dulcia nunc celebrans otia facta mihi.

O nimiùm felix, tua cessant aspera fata,
Gallia! Di tibi dant in Lodoïce patrem
Solemnes illis, tali pro munere grates,
Persolve; incipiunt aurea secla tibi.
En venit illa dies in quâ Discordia tandem,
Dentibus infrendeus, pallida, scissa comas
Rugiet, et, nullâ bellum civile movendi
Spe remanente sibi, Tartara nigra petet.

PETRUS CHAS,

Rhetoricæ quondam professor.

A UNE DAME REDEVENUE GRANDE DAME.

Oh! combien vous étiez aimable
Dans cet heureux abaissement,

Où vous ne songiez seulement

Qu'à vous montrer honnête, affable,
Affectueuse à tout venant,

Qui, chez vous arrivé gaîment,

En s'asseyant à votre table,

Sans froid respect, sans compliment,

Bien que servi très-sobrement,

Trouvait le diner delectable,
Et, dans un entretien charmant,
De votre esprit inépuisable
Appréciant tout l'agrément,
Quand la pendule inexorable
Le congédiait brusquement,
Se retirait si tristement!

An faite des grandeurs le Destin vous replace;
Que je vous plains! le matin et le soir
Il vous faut, hélas! recevoir

Solliciteurs honteux dont l'aspect embarrasse,
Gens, sous un faux dehors, venant vous décevoir,
Et femmes sans esprit et courtisans sans grâce
Qui, de vos vrais amis en usurpant la place
De vous importuner s'imposent le devoir.
Vos vrais amis ! pour eux désormais quel espoir !
Votre porte, à leur nom, ne s'entr'ouvre qu'à peine;
Lorsqu'ils veulent vous voir, vous avez la migraine ;
Si vous les recevez, vous êtes à la gêne,

Et semblez, de leurs soins vous faisant un souci,
Dire de chacun d'eux: Que vient-il faire ici?

Pardon cent fois de ma franchise!
Mais cet air digne, ce grand ton,
Qu'à présent vous croyez de mise,
Qu'est-ce au prix de cet abandon
Et de cet accueil sans façon
Qui d'une politesse exquise
Était

pour nous une leçon ?

Il n'est donc que trop véritable
Que les honneurs changent les mœurs !

Vous consacrez par des rigueurs,

Et des dédains, et des hauteurs,

Cet axiome détestable ;

Et néanmoins souvenez-vous

De ces temps si tristes, si doux,
Où, pour mieux supporter la vie,
Vous armant de philosophie,

Vous disiez sans cesse entre nous :
« Les titres, ce sont des chimères;
» Les rangs, des faveurs éphémères ;
» Le hasard seal fait tout cela.
» L'amitié vive, tendre et pare,
» Croyez-moi, tenons-nous-en là.
C'est l'Amitié qui nous assure
» De nos jours le don viager.
» Ah! petit cercle et vie obscure,
>> Entretien libre et sans danger,
» Et, se pouvant le ménager,
» Amour fidèle et sans mesure,
» Lien secret et sans rupture,
» Voilà ce qu'il faut désirer,
» Ce qu'il serait doux d'espérer
»De la bonté de la Natore. >>

Vous parliez ainsi. Maintenant
Autres souhaits, autre langage.
Eh bien! sur le sable mouvant
Où d'un nom l'éclat imposant
Vous devait frayer un passage,
Marchez sans trouble, sans orage.
Moi, je perds tout en vous perdant,
Je le sens bien; et cependant
A vous toujours je penscrai sans peine :
Je chérirai toujours la chaîne
Qui long-temps nous unit tous deux.
Un crépuscule nebuleux
N'empêche pas qu'on se rappelle
Que d'une aurore fraîche et belle,
Sur un ciel pur on vit briller les feux.

M. le chevalier VIGÉE.

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