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Que. QUES

uelques observations préliminaires ne seront sans doute
pas inutiles pour donner une idée juste et précise de l'en-
semble du nouveau travail que nous allons offrir, et de l'as-
pect sous lequel nous l'avons envisagé.

Il fallait, en traitant de la France et de l'Angleterre, re-
tracer simplement la naissance et les progrès des institu-
tions politiques qui ont régi ou régissent encore les deux
peuples, former le corps de droit public de chacun d'eux, en
l'accompagnant du tableau historique, d'où nous le voyons
naître avec tant d'intérêt. Là se bornait notre travail. Ici
il s'agrandit et présente deux points de vue distincts sur les-
quels l'attention doit se fixer. En effet, sous cette dénomination

TOME II.

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d'ALLEMAGNE nous comprenons plusieurs États séparés et in-
dépendans, mais formant toutefois la plus antique et la plus
imposante des fédlérations modernes. Cette observation divise
naturellement ce précis en deux parties.

La première ne doit traiter que des lois générales, publi-
ques et fondamentales, composant la constitution de l'Empire.

A la seconde, doit se rapporter tout ce qui est relatif aux
principes ou actes qui établissent le droit public de chacun
des États appartenans à l'association germanique. Une division
semblable a dû se retrouver dans le texte même des lois poli.
tiques que nous avons cru devoir comprendre dans ce recueil.

L'histoire de la constitution de l'Empire est certainement
un des points les plus intéressans, et je puis ajouter, les moins
connus en France, de l'histoire moderne. Toutes les questions
qui intéressent la société politique, tous les droits et toutes
les libertés que gevendiquent les 6ųjęts ou la 'couronne, tous
les principes que proclament la sagesse et l'esprit de conser-
vation, y sont successivement amenés par les évènemens. Là,
sur des faits discutés; sin des habitudes avérées, l'expé-
rience a pu basei des.Joctrines positives, tandis qu'on créait
ailleurs de vagues et dangereuses théories. Enfin, dans les
derniers siècles, l'Empire devient le point central de l'Eu-
rope ; et la connaissance des traités qui le constituent est
indispensable pour l'intelligence des évènemens dont cette
partie du monde est le théâtre.

Malheureusement, les esprits ont été long-temps détour-
nés en France des études historiques approfondies, soit par
une légèreté naturelle, soit par l'impulsion que savait im-
primer le gouvernement vers une littérature plus légère.

Il
est arrivé encore, et peut-être par une conséquence naturelle,
que les livres d'histoire ont été en général faits parıni nous
avec de l'érudition sans esprit, ou avec de l'esprit sans
dition. On n'a pas lu les premiers, et l'on a cru savoir
avoir lu les seconds. Le résultat a dû être une infériorité de
connaissances sur ce point que nous avouons aujourd'hui ; **
ce qui prouve que nous marchons à une instruction plus

sans éru-

après

!

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grands corps

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vaste et plus solide. Cette infériorité a été telle qu'elle a
pu

être facilement sentie dans une foule de nos écrits les
plus estimés ; la plupart, en effet, constatent que leurs au-
teurs n'ont eu que des notions fort superficielles sur ces

de faits, sur ces vastes collections d'actes et
de pièces des divers peuples, dont l'examen et la comparai-
Place

son sont les véritables et principales sources de l'histoire
far

moderne; il ne faut que citer l'étonnant ouvrage de Voltaire,
pour faire sentir toute la justesse de cette réflexion.'

Le tableau qu'on offre ici, où l'on verra naitre successi-
purement la fameuse bulle-d'or, les divers recès de l'Empire,

la paix publique, les traités et actes fédératifs qui ont consti-
tué ou constituent l'Allemagne; ce tableau sera donc de

quelque intérêt et neuf jusqu'à un certain point; quoique
the rapide et court, il ne sera pas fait avec la légèreté qu'on vient

de reprocher à la plupart des ouvrages où la même matière
est traitée : il faut ajouter encore que la série des évènemens
sera marquée dans ce précis d'une manière plus précise et plus
positive que dans les précédens, parce qu'ils sont générale-
ment beaucoup moins connus.

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fouta

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al

S. I. Des Germains.
La Germanie est le berceau des nations modernes. Si toutes
les hordes qui la conquirent après la chute des enfans de
Théodose n'en furent pas immédiatement originaires, au
moins peut-on dire qu'elles y firent un assez long séjour pour
en contracter toutes les habitudes politiques et sociales; aussi
l'étude réfléchie de tout ce que les Anciens nous ont laissé
sur les Germains est-elle, en quelque sorte, si je peux m'expri-
mer ainsi, la clef de l'histoire dans les premiers siècles ; c'est
là qu’on reconnaît les germes de ces moeurs et de ces insti-

elle

IL

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tutions des peuples de l'Occident, où l'on retrouve une ori-
gine commune, diversement altérée par le temps et par les
révolutions. C'est ainsi qu'en méditant, avec la profondeur de
son génie, l'admirable tableau de Tacite, Montesquieu a pu
faire tant de rapprochemens ingénieux, qui jettent un jour
tout nouveau sur quelques points curieux de l'histoire na-
tionale,

Ce qu'il y aurait de plus intéressant dans notre objet se-
rait sans doute de déterminer si les diverses peuplades qui
habitaient la Germanie étaient, long-temps avant la chute de
l'Empire, unies par un pacte fédératif; et, dans ce cas, quelle
était la nature de ce pacte. Malheureusement des notions
précises manquent sur ce point : on peut croire, à la vérité,
d'après les écrits des Anciens sur les Germains, qu'une es-
pèce d'union fut opérée en diverses circonstances à l'approche
d'un danger commun, bien qu'on puisse douter qu'elle ait
jamais été générale et composée de toutes les peuplades que
nous sommes dans l'usage d'appeler germaniques; mais il est
infiniment probable que cette confédération se formait d'une
manière en quelque sorte instinctive, qu'elle se dissolvait
quand le besoin qui l'avait produite n'existait plus, et qu'elle
n'était régie par aucune règle politique.

Dans un cercle plus rétréci, on voit que certaines nations,
ou plutôi certaines subdivisions de la même nation, étaient
réellement unies entre elles, et soumises à des lois générales
qui constituaient bien une espèce d'union fédérative : un pas-
sage de Tacite nous l'atteste, « Il faut maintenant parler des
» Suèves, dit l'admirable historien, ceux-là ne sont pas, comme

les Cattes ou les Bructères, une seule nation : ils occupent
» une grande partie de la Germanie, par peuplades séparées,
» et ayant chacune un nom qui leur est propre, quoique
» toutes soient généralement désignées sous le nom commun
» de Suèves (1). » Voilà tout ce que dit Tacite dans l'objet

(1) Do Mor. Germ.

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qui nous occupe. Les divisions et les classifications géogra-
phiques faites par Pline ou Ptolomée ne nous apprennent
absolument rien.

Après ces remarques sur la composition générale et sur la
situation politique du corps des peuplades germaniques ,
passons à quelques observations sur leur gouvernement; j'ouvre
encore Tacite : « Parmi les Germains, l'illustration du sang fait
· les rois, et la bravoure les généraux. Les rois n'y ont pas
» une autorité libre et sans entraves. Les généraux ont sur-
* tout l'autorité de l'exemple : actifs, vaillans, combattant
* toujours en tête, ils entrainent surtout l'armée par l'en-
thousiasme qu'ils inspirent.

Les petites affaires sont décidées par les chefs, la nation
entière prononce sur les plus importantes, après toutefois
qu'elles ont été discutées par les chefs. Ils s'assemblent or-
u dinairement, si ce n'est quand une circonstance fortuite et

pressante les appelle, au plein et au renouveau de la lune;
» car il's

pensent que c'est alors qu'on peut traiter des affaires
sous les auspices les plus favorables. :
· Un inconvénient caractérise leur indépendance; ils n'ar-
rivent pas tous à-la-fois à l'assemblée et comme d'après un

ordre ; deux ou trois jours se passent quelquefois avant
» l'ouverture des délibérations. Lorsqu'ils se croient assez

nombreux, ils siégent tout armés; les prêtres, auxquels
appartient le droit de maintenir l'ordre, font faire silence;
» le roi ou un autre chef sont entendus selon ce qu'ils ont
d'âge, de noblesse, de gloire militaire ou d'éloquence;
mais là, c'est par la persuasion surtout qu'il peuvent di-

riger; si l'avis déplait, il est repoussé par un sourd mur-
> mure; s'il les satisfait, ils entrechoquent leurs framées.
• Cette manière d'exprimer ainsi leur assentiment avec leurs
armes, est la plus glorieuse pour l'orateur.
loisible de porter devant ce conseil les affaires criminelles
et les accusations capitales.

Là, encore, on
i élit les chefs qui doivent rendre la justice dans les can-

Trait elle

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Il est

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