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THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY

ASTOR. LENOX AND
TILDEN FOUNDATIONS.
R
1910

L

THÉOLOGIE

DOGMATIQUE ORTHODOXE.

PARTIE III.

DE DIEU SAUVEUR ET DE SON RAPPORT PARTICULIER

AVEC LE GENRE HUMAIN.

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$ 122. Liaison avec ce qui précède ; importance du sujet; doctrine de

l'Eglise sur ce sujet et division de cette doctrine.

Jusqu'ici nous n'avons été, pour ainsi dire, que dans le
sanctuaire de la Théologie dogmatique orthodoxe; à présent
nous allons pénétrer dans le Saint des saints. La religion chré-
tienne n'est pas simplement une religion, c'est nommément la
religion rétablie. Les dogmes de Dieu en Lui-même et dans son rapport général avec le monde et l'homme, ces dogmes, que nous avons précédemment étudiés, appartiennent au Christianisme en général comme religion, et ils auraient eu place dans la religion primitive, si l'homme l'avait conservée, parce qu'Adam lui-même ne connaissait point d'autre Dieu que

le vrai Dieu , en trois hypostases, par conséquent le Dieu créateur et provident, à qui il devait obéir et rendre l'adoration légitime; - et telle était de son côté l'expression de la religion primitive. Maintenant nous exposerons les dogmes qui appartiennent au Christianisme, proprement comme religion rétablie : les dogmes de Dieu Sauveur et de son rapport particulier, surnaturel, avec l'homme déchu, ces dogmes qui ne pouvaient avoir place dans la religion primitive, et qui forment le centre mème et l'essence de la prédication évangélique : « Nous préchons Jésus crucifié » (I Cor., 1, 23); « car je n'ai point fait profession de savoir autre chose parmi vous que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (Ibid., 11, 2), dit le saint apôtre Paul, voulant désigner l'effet principal de la doctrine chrétienne.

L'importance de ces dogmes est d'autant plus grande pour nous qu'ils nous touchent de plus près. Précédemment, éclai

la révélation, nous avons contemplé Dieu, comme être suprême, avec ses perfections infinies, en son incompréhensible Trinité; nous l'avons contemplé, comme créateur et provident, pour tous les êtres en général, entre autres aussi pour nous. A présent nous le verrons se rapprochant de nous jus qu'à l'extrême et participant en toute vérité à notre sang et à notre chair (Flébr., II, 14); nous le verrons surtout comme notre Dieu, notre second Créateur, notre Providence, notre Rédempteur et Rémunérateur, qui, s'll répand aussi sur les autres créatures les bienfaits qu'Il nous a départis, ne les répand que par nous.

Les trois principaux traits de la doctrine orthodoxe, sur ce sujet si important et nous tenant de si près, sont contenus dans les dix derniers articles du Symbole de Nicée et de Constantinople, et ainsi exposés ;

rés par

(Je crois en un seul Seigneur Jésus-Christ , Fils unique de Dieu...) qui, pour notre humanité et pour notre salut, est descendu du ciel, s'est incarné dans le sein de la Vierge Marie par l'opération du Saint-Esprit et s'est fait homme; qui a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate, a souffert la mort et a été enseveli; qui est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures; qui est monté au ciel et est assis à la droite du Père; qui reviendra un jour dans sa gloire pour juger les vivants et les morts, et dont le règne n'aura pas de fin. » (Art. II-VII.)

(Je crois) aussi au Saint-Esprit, Seigneur vivifiant, qui procède du Père, qui est adoré et glorifié conjointement avec le Père et le Fils , qui a parlé par les Prophètes. Je crois l'Église, qui est une, sainte, catholique et apostolique. Je confesse un seul baptême pour la rémission des péchés. J'attends la résurrection des morts et la vie à venir. Amen. » (Art. VIIIXI.)

Ici la grande euvre de notre salut se présente sous deux faces d'abord, comme une æuvre appartenant exclusivement à Dieu Sauveur , qui l'a aceomplie par son Fils unique, qui s'est fait homme et a souffert sur la croix, qui est ressuscité et monté au ciel, et qui est assis à la droite du Père (art. ItI-VI); et ensuite comme une envre appropriée à l'homme par Dieu Sauveur, avec la coopération de l'homme lui-même, qui croit, confesse et attend, – appropriée au moyen de l'Église, du baptème et des autres sacrements, par la grâce du Saint-Esprit vivifiant, et pour l'appropriation ou la non-appropriation de laquelle le Seigneur viendra un jour juger les vivants et les morts, et rétribuer chacun selon ses mérites dans la vie du siècle à venir. (Art. VII-XII.) En d'autres termes, ici est exposée : 1o fa doctrine de Dieu Sauveur en Lui-même, comme ayant consommé notre salut; et 2° la doctrine de Dieu Sauveur dans son rapport particulier avec le genre hamain.

SECTION 1.

DE DIEU SAUVEUR.

C'est Dieu qui a réconcilié le monde avec soi en Jésus-Christ.

(II COR., V, 19.)

$ 123. Contenu de la section.

Dans la sainte Écriture et dans la doctrine de l'Église orthodoxe, l'æuvre de notre salut est attribuée, soit à Dieu en général, comme l'æuvre commune des trois personnes de la très-sainte Trinité, soit en particulier au Fils de Dieu, NotreSeigneur Jésus-Christ, qui, pour consommer cette œuvre, descendit sur la terre, se fit homme, souffrit et mourut sur la croix. Telle est la raison pour laquelle on nomme quelquefois Sauveur Dieu en général (1), et quelquefois, dans un sens plus

(1) Par exemple : « A Dieu seul notre Sauveur, par Notre-Seigneur JésusChrist, gloire et magnificence, empire et force, avant tous les siècles, et maintenant et dans tous les siècles des siècles. » (Jude, 25.) « Paul, Apòtre de JésusChrist, par l'ordre de Dieu notre Sauveur et de Jésus-Christ notre espérance.» (I Tim., 1, 1.) « Cela est bon et agréable à Dieu notre Sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu'ils viennent à la connaissance de la vérité; car il n'y a qu'un Dieu ni qu’un Médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ homme. » (Ibid., 11, 3, 4.) « Depuis que la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes a paru dans le monde, Il nous a sauvés, non à cause des æuvres de justice que nous eussions faites, mais à cause de sa miséricorde, par le baptème de la renaissance et par le renouvellement du Saint-Esprit, qu'il a répandu sur nous avec une riche effusion par Jésus-Christ notre Sauveur, » (Tite, 11, 4-6.) Et dans les livres d'Eglise : « Écoutez-nous, ó Dieu notre Sauveur, espérance de toutes les extrémités de la terre... Car vous êtes un Dieu miséricordieux et ami des hommes, et nous disons : Gloire à vous, Père et Fils et Saint-Esprit... » (Invoc. à la Litanie); ou : « Tu es roi de l'univers et sauveur de nos ámes, et nous Te glorifions comme Père, Fils et Saint-Esprit. (Invoc. après le vie chant canonique.)

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