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HISTOIRE ABRÉGÉE

DES

TRAITÉS DE PAIX,

ENTRE

LES PUISSANCES DE L'EUROPE,

DEPUIS LA PAIX DE WESTPHALIE.

SUITE DE LA QUATRIÈME PÉRIODE,

SUITE DU CHAPITRE XXXVII.

SECTION III.

Conventions entre la Prusse et la France, pos

térieures à la paix de Tilsit.

sa

La Prusse venoit d'obtenir la paix par le crifice de la moitié de ses provinces ; cette pais devoit mettre un terme aux maux des vaincus et des bornes aux prétentions du vainqueur. A ce prix, Frédéric-Guillaume ne crut pas l'as voir achetée trop cher. Mais cette condition fondamentale de tous les traités de paix conclus entre les nations civilisées , n'étoit rien aux yeux du gouveșnement françois. Long-temps après la paix il resta en état de guerre contre la Prusse; il lui montra même plus d'animosité que pendant les hostilités ouvertes ; il lui fit une guerre lente, sourde et d'autant plus ruineuse qu'il tira de l'existence du traité de paix l'avantage de s'éprouver aucune résistance'.

D'après la convention de Kønigsberg, du 12 juillet 1807, toutes les provinces que le traité de Tilsit avoit laissées au roi, devoient être évacuées au 1.** octobre, à condition que les contributions de guerre dont Buonaparte avoit frappé ces provinces , auroient été acquittées, ou que l'on auroit donné des sûretés suffisantes pour ce qui resteroit à payer.

Pour rendre impossible l'exécution de cette condition, Buonaparte fit cantonner 150,000 hommes et 50,000 chevaux dans les provinces situées entre la Vistule et l'Elhe, aux dépens des habitans. Les commissaires françois continuèrent en même temps à lever dans ces pays tous les revenus publics , et à leur imposer les mêmes charges extraordinaires qu'auparavant.

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Le tableau des vexations que la Prusse a éprouvées sous l'ombre de la paix de Tilşit, est tiré d'un mémoire publié, en 1813, par M. de Kuster, aujourd'hui ministre de Prusse près la cour de Munich. Ou en trouve la traduction dans le deuxième volume du Recueil de Pièces officielles, p. 23a

bing, da i3 octor

bie 1807.

L'article 16 du traité de Tilsit avoit éta- Convention IXL bli, entre la Saxe et le duché de Varsovie , une route militaire qui traverseroit les états prussiens. Mais le maréchal Soult demanda ayşsi une route commerciale pour les prodyits de l'agriculture et du commerce de la Saxe et du duché, de même que l'établissement de postes saxonnes le long de cette route, et des exemptions très-considérables pour

le passage de ses produits, et la navigation des étrangers par les canaux et les rivières de l'intérieur de la Prusse. Pour prévenir tout délai à l'évacuation de ces provinces, le roi fut obligé de condescendre à ces demandes , et de faire signer à Elbing, le 13 pctobre 1807, une convention onéreuse. La zm.tw militaire de la Saxe à Varsovie fut tirée par Crosşen et Züllichau, à Karge et Köpnitz et trois routes commerciales traverserept la Silésie, l'une de Dresde à Varsovie , par Bunzlau, Liegnitz , Breslau, Oels et Wartemberg; la seconde, de Dresde à Kalisch, par Bunzlau, Liegnitz, Steinau, Winzig et Hernstadt; la troisième, de Dresde à Kalisch, par Sorau , Sagan, Grossglogau, Fraustadt. Les produits du sol et de l'industrie de la Saxe obtinrent le transit, contre le payement d'un lés ger droit, faveur extraordinairement préjudiciable au commerce, å l'industrie et au système administratif de la Silésie 1.

'Voyez cette convention dans MARTENS, Recueil, Tome XI, p. 474.

Secondo con vention d'Elbing, du jo novembre 1807

, qui

Les articles 2 et 3 du traité de Tilsit régloient les limites entre le grand-duché de Varsovie et les provinces restées à la Prusse, n'avoient

pas

distrait de la Vieille-Prusse le cercle de Michelau pour le donner au territoire du duché, ni fait dépendre l'évacuation de la Prusse de la fixation finale des limites. Le maréchal Soult n'en présenta pas moins le projet d'une seconde convention qui offroit une démarcation des frontières uniquement avantageuse à cet état auquel on attribua le cercle de Michelau. Le maréchal insista sur celte condition, et le roi, pour n'entraver en rien ce qui pouvoit conduire à l'évacuation du pays, consentit encore à cette fixation des limites et à ce nouveau sacrifice. Dès que ce point fut accordé, Soult éleva d'autres prétentions. L'art. 2 du traité de Tilsit avoit nommément désigné la Nouvelle-Silésie comme devant rester au roi de Prusse. Le maréchal demanda qu'elle fût réunie au grand-duché. Le roi, pour arriver au but, objet de ses væux; accorda encore ce point. Buonaparte avoit disposé, en faveur des maréchaux Berthier et Mortier, de deux domaines du roi, Schenlanke et Camin, dont une partie, située hors de la ligne de démarcation, devoit être restituée : on en demanda le sacrifice , et le roi y souscrivit. Ainsi fut signée, le 10 novembre 1807, la seconde convention d'Elbing , entre le général d’Yorck et le comte de Dankelmann, au nom du roi; et le prince Jablonowski

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