Page images
PDF
EPUB

en outre très-éloigné des bureaux de la police et du corps de garde, de sorte que ceux qui y sont enfermés et qui se trouvent indisposés ne peuvent être entendus s'ils appellent. Cette fâcheuse disposition a eu déjà des conséquences bien regrettables, puisque deux personnes y ont été trouvées mortes , probablement faute d'avoir pu se faire entendre. Le froid qu'il y fait en hiver est tel, que souvent les agents de police de garde pendant la nuit, mus par un sentiment d'humanité, font sortir

personnes qui y sont renfermées, afin de leur permettre de venir se réchauffer dans leur salle de garde. Il suffira certainement de signaler ces faits à l'attention de l'autorité supérieure pour qu'elle fasse cesser cet état de choses.

Ce que j'ai dit dans le cours de ce travail répond suffisamment à l'article 23, que je considère comme plus dangereux qu’utile.

L'article 30 n'est écrit que pour la forme, et jamais, que je sache, on n'a mis quelque part en observation une femme publique soupçonnée d'être atteinte de maladie contagieuse , à moins que l'on ne veuille parler du VIOLON.

Dans l'article 33, il est probablement question des maîtresses de maisons de passe; mais comment cette surveillance sévère dont on menace ces individus s'exerce-t-elle? Il serait bien difficile de le dire; et souvent même, malgré les plaintes de voisins et de locataires, certains logements n'en continuent pas moins à servir de lieu de rendez-vous à des prostituées clandestines de la plus dangereuse espèce, et à entretenir dans tout un quartier un scandale permanent.

J'en dirai autant pour l'article 34, où il est probablement fait allusion aux maisons de tolérance.

Aux considérants, après l'article ainsi conçu : « Vu l'article 8 de l'arrêté du gouvernement du 5 brumaire an ix, etc., » il serait bon d'ajouter : « et d'assurer les moyens de prévenir et d'arrêter les maladies contagieuse, » car sans ce membre de phrase, qu'on a supprimé, l'article est incomplet.

En somme, ce règlement est aussi défectueux que possible, et on peut dire sans crainte qu'il n'est écrit que pour indiquer de ne pas le suivre.

Celui que j'ai proposé, quoique beaucoup plus complet, laisse sans doute beaucoup à désirer; aussi ne le donné-je que comme un projet à discuter, persuadé que la discussion y fera retrancher ce qu'il y a de défectueux et ajouter ce qui peut y manquer de bon et d'utile.

Quand on considère que presque toutes les villes de France ont un règlement particulier concernant la prostitution, et que ces règlements sont différents les uns des autres, on doit regretter que les assemblées législatives aient toujours montré autant de mauvais vouloir et de répugnance à aborder la question si importante de la prostitution, afin de la règlementer d'une manière uniforme dans toute l'étendue du pays. Il

serait à souhaiter qu'un homme de bien, représentant du peuple , prît à la chambre l'initiative d'une proposition de ce genre, et provoquât un projet de loi que réclament à la fois les bonnes moeurs et la santé publique.

Ici se termine ce travail, que j'ai cru utile de publier malgré ses imperfections nombreuses, mais dans lequel cependant je crois n'avoir rien avancé qui ne soit l'expression de la vérité.

Je ne l'ai pas écrit pour tout le monde : il s'adresse spécialement aux médecins et aux administrateurs. Je ne l'ai pas écrit non plus avec la prétention d'avoir fait quelque chose de nouveau ni de complet.

Je me suis uniquement et spécialement attaché à tracer l'histoire de la prostitution dans ce qu'elle a de particulier à Clermont. J'ai indiqué les réformes que je crois capables de la rendre moins dangereuse pour les meurs et pour la santé publique.

Si, aux yeux de quelques gens à vue courte et à esprit étroit, j'ai eu le grave tort de combattre des préjugés dont ils sont les esclaves, j'espère que ceux qui connaissent les faiblesses et les misères de l'humanité, qui, dans les choses de ce monde, se contentent du passable en attendant le mieux ; j'espère, dis-je, qu'ils se mettront à ma place, qu'ils se pénétreront des intentions qui m'ont animé, et qu'ils me tiendront compte des difficultés de tout genre qu'il m'a fallu vaincre pour rassembler les matériaux d'un pareil travail. Ils reconpaitront, j'en ai l'espoir, que je me suis efforcé de faire une cuvre utile au triple point de vue de la morale, de la statistique et de l'hygiène publique; et que, si je suis resté loin du but que je voulais atteindre, je n'en ai pas moins cherché à mettre en pratique ce précepte bien connu mais trop oublié : FAIS CE QUE DOIS, ADVIENNE QUE POURRA!

[graphic]
« PreviousContinue »